Chômage et sécurité, les deux points noirs de la France d’Emmanuel Macron

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30 May 2018 Arrival of Emmanuel Macron, President of France OECD Headquarters, Paris, France Photo: OECD/Andrew Wheeler

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Chômage et sécurité, les deux points noirs de la France d’Emmanuel Macron

Publié le 21 janvier 2020
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Par Nathalie MP Meyer.

La France devrait être un paradis sur Terre.

À force de se répéter avec complaisance, comme le faisait Emmanuel Macron il y a un an dans sa Lettre aux Français, qu’elle « n’est pas un pays comme les autres », que « le sens des injustices y est plus vif qu’ailleurs » et que « l’exigence d’entraide et de solidarité y est plus forte », elle a fini par se pétrifier dans la croyance d’être une exception mondiale, une sorte de star délicate qui ne saurait s’asseoir à la table du tout-venant et manger dans les couverts de tout le monde.

Mission accomplie, si l’on peut dire. Où que l’on regarde, on chercherait vainement redistribution plus élevée que celle qui se pratique en France, comme en atteste ce graphique de l’OCDE concernant les dépenses sociales en 2018 :

 

Mais ce n’est pas tout. La sollicitude de l’État envers ses administrés connaît si peu de limites que ce sont aussi la presse et l’information, les pratiques agricoles, l’alimentation de nos chérubins dans les cantines, nos voitures et déplacements, nos chaudières, nos vélos, nos entreprises, ainsi que le vaste champ de notre exception culturelle – et encore suis-je certaine d’en oublier… – qui bénéficient de l’encadrement « éclairé » de l’État via moult réglementations, taxes et quotas, et tout autant de subventions astucieusement dirigées pour obtenir la parfaite discipline des citoyens dans l’accomplissement des fins sociales voulues par le pouvoir.

« La France n’est pas un pays comme les autres » ânonnait à son tour le ministre de la Culture Frank Riester devant le patron de Netflix pas plus tard que vendredi dernier, alors qu’il est fortement question d’obliger les plateformes de vidéo à la demande à consacrer, non pas 16 % comme envisagé au départ, mais 25 % de leur chiffre d’affaires en France au financement de contenus français. Vous avez dit liberté d’entreprendre ?

De là à penser que le dogme de la prétendue inexpugnable exception française n’est qu’une excuse pour faire tout et n’importe quoi dans un délire de dépenses et de réglementations aussi bien idéologiques que clientélistes, il n’y a qu’un tout petit pas.

Résultat concret, la France caracole en tête des pays comparables pour les prélèvements obligatoires (48,4 % en 2018) et les dépenses publiques (56,4 % du PIB en 2017) :

 

De ce fait ses déficits publics persistent à flirter avec les 3 % du PIB et sa dette publique ne cesse d’augmenter (100,4 % du PIB au 30 septembre 2019).

Bref, depuis le temps qu’elle s’évertue à appliquer un programme de redistribution massive de la richesse créée par le secteur privé, la France devrait être un paradis sur Terre. Et pourtant…

« Chez nous » poursuivait l’épître présidentielle citée plus haut, la santé, l’éducation, la justice, etc. sont accessibles à tous, la retraite est payée par ceux qui travaillent et les accidents de la vie comme le chômage peuvent être surmontés grâce à la solidarité de tous.

Est-ce à dire que chez les autres, chez les Allemands, chez les Néerlandais, les accès à l’éducation, à la justice, à la santé seraient… limités ? Faudrait-il comprendre que « chez eux », contrairement à « chez nous », le chômage ne pourrait pas être surmonté ?

Les Pays-Bas et l’Allemagne engagent chaque année des dépenses publiques de l’ordre de 43 % du PIB et leurs prélèvements obligatoires se montent à 40 % environ. Selon notre conception de la « solidarité » et de la « justice sociale », des niveaux aussi ridiculement bas d’implication de l’État dans la précieuse vie des citoyens devraient déboucher inéluctablement sur un chômage élevé, un pouvoir d’achat au ras des pâquerettes et une instabilité sociale élevée.

Or que constate-t-on ?

— Que le taux de chômage calculé selon les critères du Bureau international du travail (BIT) planait à 8,5 % en France au troisième trimestre 2019 quand il n’était que de 3,1 % en Allemagne, 3,5 % aux Pays-Bas et 3,8 % au Royaume-Uni. Ces pays sont au plein emploi, avec tout ce que cela suppose d’autonomie acquise pour les citoyens ; quelle horreur !

— Et que c’est « chez nous », en France, et pas « chez eux », dans ces pays ultra-libéraux mondialisés qui ne pensent qu’au profit et se fichent de l’humain, que se déchaîne une fureur sociale dont l’ampleur croît à mesure que nos grands services publics montrent leurs limites. Hôpital, éducation nationale, mais aussi police, justice… ce sont partout les mêmes désenchantements et les mêmes frustrations.

Encore récemment, plus de 1000 médecins hospitaliers étouffés par les contraintes administratives qui pèsent sur eux ont menacé de démissionner de ce magnifique système de santé que le monde entier nous envie. Juste avant, c’était la crise des urgences. Juste avant, c’était les déserts médicaux. Juste avant, c’était les grèves du personnel infirmier. Etc.

Le malaise est évident.

Quant aux réponses possibles, elles sont généralement peu créatives, car elles consistent surtout à demander « davantage de moyens » – c’est-à-dire à étatiser encore un peu plus quelque chose qui croule sous la bureaucratie.

Or comme on l’a vu, quel pays mobilise plus de moyens publics que la France ? Aucun. Il faut donc croire que nos problèmes relèvent moins d’une question de volume des moyens que de l’utilisation plus ou moins judicieuse qui en est faite.

Il est des sagesses éternelles. Et des sagesses bien de « chez nous » en l’occurrence. Que disait Vauban au roi Louis XIV (dans son ouvrage Projet d’une dîme royale) alors qu’il voyait combien la fiscalité en vigueur à l’époque – une fiscalité lourde, complexe et inégalitaire – pesait sur l’exploitation des terres et le développement économique ?

L’argent du royaume le mieux employé est celui qui demeure entre les mains des particuliers où il n’est jamais inutile ni oisif.

Eh oui, les particuliers ont mille idées pour investir, produire, échanger et consommer, beaucoup plus que M. Colbert, et certainement beaucoup plus que MM. Macron, Le Maire et Riester à eux tout seuls. Quant à l’impôt, toujours selon Vauban, il résulte de l’existence de l’État, lequel n’existe que pour assurer la protection des droits des individus.

Plus simple à dire qu’à faire, car si les Français sont à l’évidence mécontents, ils sont aussi très loin de vouloir renoncer à leur « modèle social » dont on leur dit depuis 75 ans à l’école et dans la presse que rien ne saurait le dépasser pour garantir liberté, égalité et fraternité. Au mieux voit-on parfois des audacieux suggérer qu’on pourrait mieux gérer l’existant. Vœu aussi pieux qu’inopérant régulièrement émis par la Cour des comptes.

Voici donc ma suggestion : et si l’on reparlait de l’emploi et de la sécurité des biens et des personnes ?

Du temps de François Hollande, on ne parlait guère de sécurité, mais du moins parlait-on emploi en vertu de cet engagement qu’il avait pris de ne pas se représenter s’il ne parvenait pas à inverser la courbe du chômage.

L’idée que les lourdes charges des entreprises ainsi que la complexité des nombreuses règles qui pèsent sur l’activité pourraient avoir un petit quelque chose à voir avec la persistance de notre chômage élevé quand il baisse chez nos voisins avait même commencé à faire son timide chemin dans les esprits via le CICE (mécanisme de baisse de charges) et le choc de simplification. Très timide, puisque rien ne fut simplifié, bien au contraire (on pense à l’hallucinant compte pénibilité) et que les prélèvements obligatoires ont continué à augmenter.

Avec Emmanuel Macron, silence radio sur les deux sujets. Il est certes beaucoup question des entreprises – le Président ne voit-il pas la France en start-up nation ? – mais surtout pour les contraindre encore un peu plus via la loi PACTE et leur demander d’accompagner les projets du gouvernement (sur l’égalité H/F ou le plafonnement des hauts salaires) plutôt que de se consacrer à développer leurs propres projets.

Or se préoccuper à nouveau de l’emploi après avoir testé sans succès toutes les formes possibles de traitement social du chômage (35 heures, emplois aidés, stages divers et variés, vaste nébuleuse de la formation, grands travaux, grand emprunt, etc.) revient précisément à laisser l’argent « entre les mains des particuliers » afin que les initiatives individuelles puissent se développer, faisant ainsi revenir la croissance et avec elle, l’emploi et le pouvoir d’achat.

Autrement dit, baisse des impôts et des dépenses : une attitude typiquement libérale qui combinerait l’avantage de restituer de nombreux degrés de liberté aux citoyens et de permettre de renouer avec une prospérité et une paix sociale qui nous échappent de plus en plus et qui sont pourtant accessibles, ainsi qu’en témoignent les expériences de nos voisins.

Quant à la sécurité des biens et des personnes, c’est l’une des missions fondamentales qu’on attend de l’État. À la célèbre question qui avait déclenché le mouvement des Gilets jaunes « Mais qu’est-ce que vous faites du pognon ? », Gérald Darmanin n’avait-il pas répondu :

On paie des professeurs, des hôpitaux, de la sécurité.

Eh oui, de la sécurité. Or non seulement on en parle peu, mais il est presque devenu inconvenant de se plaindre de la redistribution, certes un peu cavalière, que constituerait (selon certains esprits très généreux) un vol de vélo ou de portable.

On constate cependant d’année en année que la situation se dégrade.

Après une année 2017 peu glorieuse, si peu glorieuse que même Le Monde, généralement peu porté sur ces questions sécuritaires, titrait carrément sur la « forte hausse » des cambriolages et des violences, on a eu droit à une année 2018 similaire et on déplore maintenant une année 2019 fort peu réjouissante selon les premiers chiffres divulgués la semaine dernière par le ministère de l’Intérieur (tableau de gauche). Comme les taux de dépôt de plainte (tableau de droite) ont tendance à baisser, la situation est en réalité plus préoccupante qu’il n’y paraît :

Si le ministre de l’Intérieur est toujours très en voix pour condamner (à juste titre) les dégradations commises aux domiciles ou dans les permanences des élus LREM et pour dénoncer les violences des Gilets jaunes, on l’entend nettement moins pour le reste qui constitue pourtant l’écrasante majorité des atteintes aux personnes et aux biens.

Il se trouvent pourtant que les Français attachent une très grande importance à leur sécurité, à tel point que parmi les thématiques jugées prioritaires en vue des élections municipales de mars prochain, la sécurité des biens et des personnes arrive en tête avec un score de 47 % (55 % en Ile-de-France) quand l’environnement (second rang) n’est cité que par 35 % des personnes interrogées et que les thématiques « sport, culture, loisirs » ne dépassent pas les 15 % (sondage Odoxa de décembre 2019).

En France, la confiance dans les institutions et dans la parole politique est au plus bas. Un gouvernement qui s’attellerait sérieusement, c’est-à-dire exactement selon les codes d’une démocratie libérale, à inverser la courbe du chômage et celle de la sécurité et qui serait en mesure d’en présenter les résultats effectifs ne serait-il pas susceptible de regagner la confiance de ses concitoyens ?

C’est en tout cas une voie qui fut empruntée dans de nombreux pays qui jouissent maintenant d’une prospérité et d’une paix sociale appréciables, tandis que ce ne fut jamais essayé « chez nous ». Qu’attendons-nous ?

Sur le web

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  • mater les  » sauvageons « , enrayer la sécurité ?vous n’y pensez pas ; il en faut dans le pantalon pour ça ; et ce gouvernement n’en a pas ; pas plus que leurs prédécesseurs ; et puis …il aurait fallut prendre le problème à bras le corps il y a 40 ans ; qu’attendons nous ? quelqu’un qui en a ….une femme peut être …?

  • claude henry de chasne
    21 janvier 2020 at 8 h 12 min

    l »erreur originelle de macron c’est d’avoir cédé aux zadistes.. a partir de là il a été jugé faible..
    La faiblesse pour un GVT c’est pire que tout, çà empeche de fonctionner..
    Vivement qu’on ai un pouvoir fort!
    çà viendra par conséquence du raz le bol des électeurs..un femme peut etre?

    • @claude henry de chasse, l’erreure du marchand de tapi, c’est d’avoir pris les citoyens pour des buses et lui pour ce qu’il n’était, n’est pas, et surtout ne sera JAMAIS; un chef d’état.
      Partout où il va pour mendier des partenariats il se fait remettre à SA… place celle qu’il n’aurait jamais du quitter, celle d’un loozer.
      Il faut le rappeler, il a échoué trois fois à normale sup et était un étudiant médiocre.
      Pour finir d’aucun journaliste le qualifient d’assistant de PAUL RICOEUR, j’ai eu la chance de lire le démenti rédigé par tous ceux qui ont fréquenté P.R. et unanimement la seul trace qu’il ont trouvé c’est la rédaction d’une, oui une seul et unique fiche de lecture.
      Tout chez ce type sonne faux malhonnête incompétent arrogant et un fouteur de bordel quand même le livreur de pizza n’avait pas provoqué.
      Cela fait deux ans que la moitié du pays est dans la rue ce n’est pas par pure hasard.

  • Il existe un lien connu depuis assez longtemps entre chômage des jeunes et insécurité. Certes il n’explique pas tous les problèmes mais si en améliorant le premier on peut améliorer le second pourquoi s’en priver, d’autant que cela ne peut que provoquer un cercle vertueux.

    • claude henry de chasne
      21 janvier 2020 at 8 h 39 min

      l’amélioration de la situation de l’emploi ne peut passer que par la diminution des dépenses de l’etat et sociales qui pèsent sur la fiche de paye, pour permettre aux salaires d’être compétitifs
      Il n’y a pas d’autre voie.. c’est simple a comprendre

  • Hausse spectaculaire des agressions sexuelles, Marlene, un commentaire ?

    • C’est douteux , la seule différence est qu’on en parle aujourd’hui ,enfin on papote ça fait vendre des journaux.

      • cette hausse est due en partie au fait que les victimes de viols portent plus facilement plainte.

        Ce qui serait intéressant serait de savoir qui sont les violeurs : un migrant aura l’excuse des « codes culturels » et ne sera pas trop inquiété alors qu’un blanc chargera au maximum.

  • Tous les points noirs de la France sont surmontés par un énorme point noir: l’autoritarisme narcissique et obstiné du président de la République qui est en train de mettre à sa botte toutes les structures de l’Etat et de la société civile (travail déjà bien entamé par ses deux prédécesseurs)

  • Nos points noirs sont leurs points blancs..ils s’en foutent de tout ça ,ils se foutent du peuple sauf au moment des élections où ils nous font leur numéro de claquettes après des mois de pipeau de charmeurs de serpents.

    • Nous avons bien tenté, sans réel succès, de transformer les point noirs en rond-points jaunes…
      J’aimerais pointer du doigt ces points de divergence sur de nombreux points qui nous amènent à ces rond-points chauds dévoreurs de points de PIB;
      mais au delà de cette pointe d’humour, je ne vois aucun point positif se poindre dans un avenir proche, pas même en pointillés…

      • Pourquoi cela changerait il , la France du haut va bien et même très bien.ils ne sont pas trop exigeant, un chauffeur un logement, un homard , une télé …et des miles….si ça existe toujours.

  • Points noirs : chômage, sécurité, endettement, déficit, pression fiscale maximale délirante, mensonge climatique (RCA) tenant lieu de politique, classes moyennes en révolte, pauvreté grandissante, chômage réel à 6,5 millions, monnaie affaiblie par une banque centrale gavée de dettes irrécouvrables, industrie à l’agonie, violences et sabotages syndicaux tolérés, saccage de la ressource nucléaire, niveau scolaire catastrophique, dégradation sanitaire spectaculaire, justice erratique en déshérence aux mains d’une gauche dogmatique, diplomatie sans queue ni tête insultant nos alliés et s’accommodant avec nos ennemis, armée dépouillée et à l’os, routes et ponts en ruine, quartiers entiers en sécession abandonnés à l’islamisme triomphant, agressions antisémites et antichrétiennes en multiplication, immigration incontrôlée…

  • Cet article de Nathalie MP est une synthèse de la situation de crise perçue par les français en général et, plus particulièrement, par tous ceux qui n’émargent pas à toutes les prébendes publiques…
    Les français – ou à tout le moins les votants habituels – qui avaient misés sur « le changement » se sont aperçus que la Macronie n’était que la continuation de la Hollandie quant aux impôts et taxes et, quant à l’insécurité croissante dont la cause première est l’immigration illégale de plus en plus pesante….

  • Cet article passe totalement a coté du sujet. Le point noir c’est Macron. Je ne peux vous expliquer plus, Greta m’attends a Davos ….

  • Vauban était un homme sage… je recommande d’ailleurs sa biographie par B. Pujo.

    PS : j’allais réagir au message de Castaner qui n’en loupe décidément pas une, mais ce type n’en vaut pas la peine.

  • Revenons au régaliens, le reste dans le privé , 6 mois de grèves , 100 Milliards de perdu et hop l’économie repartirait a fond mais personne n’a le courage ni les c…lles. Tous des étatistes

  • on ne résout pas les problèmes avec ceux qui les ont créés (ou amplifiés).

  • E. Macron et Madame ont eu la malchance de voir de près un de ces points noirs : au théâtre où ils étaient, ont fait irruption des citoyens pas très jouasses qui ont scandé « Macron démission » dans la salle « les Bouffes du Nord ». M. et la première Dame ont été escortés par le cordon de sécurité à l’extérieur. Il semble que Monsieur soit revenu dix minutes plus tard pour voir la fin de la pièce et applaudir.
    D’après Mme Roselyne Bachelot, Monsieur a mis sa Dame en sécurité. Voyez-vous, la première Dame est menacée de viol et de meurtre sur les réseaux sociaux.

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