Retraites : pour la révolte des grands-pères

Grandpa By: Ikusuki - CC BY 2.0

La clause du grand-père est indigne d’un système qui se prétend solidaire entre les générations.

Par Gérard Maudrux.

La « clause du grand-père », tout le monde n’a plus que ça en tête pour faire avaler la pilule indigeste du régime universel. En tant que grand-père, je suis profondément choqué par cette appellation, et je me sens insulté.

Entre lâcheté et égoïsme

En effet, ce que propose cette mesure ne fait pas partie de mes valeurs morales, ni de celles de la quasi-totalité des grands-pères. Elle signifie, ni plus ni moins que : « oui j’accepte cette réforme, mais pas pour moi, pour les suivants. »

Celui qui la propose est un lâche, il n’ose pas faire appliquer à tous sa réforme, et veut alors la faire accepter par ceux qui ne sont pas concernés, qui vont signer pour la génération suivante. Ceux qui l’acceptent sont des égoïstes : oui, mais pas pour moi, et que les autres paient encore plus longtemps pour moi. Et mes enfants, je m’en fous, qu’ils se démm… avec les conséquences de cette réforme.

Cette mesure est indigne d’un système qui se prétend solidaire entre les générations, elle est une insulte pour nos enfants, une insulte pour les grands-pères. Honte à nos enfants qui nous collent sur le dos cette appellation, car ce sont eux les responsables.

Générations sacrifiées

Cette mesure est dans la droite ligne de notre système économique et social, imposé par les communistes de 1945 : en profiter, s’auto-distribuer, et faire payer la génération suivante, que ce soit en retraite ou en déficits publics. La société a changé, les communistes ont disparu, mais depuis, nos dirigeants portent haut et fort ces valeurs qui appauvrissent la France, après que les grands-pères l’ont enrichie pendant des siècles. Fier d’être grand-père.

Cigales ou fourmis ?

J’avoue être un mauvais grand-père dans la société actuelle. Effectivement, j’ai épargné toute ma vie pour laisser quelque chose à mes enfants et mes petits-enfants, et je dois me battre constamment contre des requins gaspilleurs qui cherchent constamment à me reprendre le peu qu’ils ne m’ont pas encore pris.

J’ai été dans des écoles où l’on enseignait Jean de La Fontaine, et mon esprit fourmi ne correspond plus à notre société de cigales. Je note au passage que si les cigales vivent plus longtemps que la plupart d’entre nous le pense, elles ignorent aussi leurs petits-enfants qu’elles ne connaissent jamais. Conclusion : avoir l’esprit cigale, ce n’est pas seulement dépenser, c’est aussi ignorer les générations suivantes.

Le 4 octobre, c’est la journée des grands-pères, et je propose que tous descendent dans la rue, accompagnés des grands-mères, au nom de l’égalité des sexes et de la parité. Bien que non mises en cause par cette mesure très sexiste, il n’y a pas de raison qu’elles ne soient pas solidaires de leurs maris pour défendre leurs petits-enfants.

Un seul grand-père a protesté cet été à Beausset dans le Var en demandant au maire de faire taire les cigales. C’était un étranger, qui sans le savoir, ne supporte apparemment pas le symbole des valeurs morales régressives de notre pays. Le 4 octobre, il faut que nous soyons des milliers dans la rue pour demander la suppression des cigales qui cachent leurs défauts en nous les mettant sur le dos.

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