Ces célébrités qui donnent leur avis « scientifique »

Jane Fonda being arrested as she advocates for addressing the climate crisis by Victoria Pickering (CC BY-NC-ND 2.0) — Victoria Pickering, CC-BY

Sans examen des faits ou des preuves, les guerriers de la justice sociale peuvent imposer leur ordre du jour avec des réponses simples : ils ont raison et le reste d’entre nous n’a tout simplement qu’à la boucler.

Par Wackes Seppi1.

L’air hagard de Jane Fonda montre que, 50 ans plus tard, son activisme a vieilli bien plus qu’elle. Quand un journaliste de BBC Newsnight lui a demandé où elle avait obtenu les chiffres indiquant un effondrement climatique menaçant l’humanité, elle a répondu péremptoirement : « De la science ! » Interrogée sur ce point, son tâtonnement a révélé que ses conseillers avaient supposé que personne n’allait l’interroger à ce sujet et lui demander si elle s’était vraiment intéressée à la science.

2019 a été l’année de la Science des Célébrités : l’année où les caméras se sont focalisées sur les stars faisant un geste symbolique en faveur de certaines croyances mystiques à vénérer ; l’année où le signalement vertueux  a rencontré la peur de passer à côté de quelque chose ; et l’année où des décennies de recherche n’ont pas pu résister à un tweet d’une célébrité écervelée.

Des stars antivaccins ont foulé des tapis rouges, des gourous ont promu la naturopathie et des people se sont fait arrêter pour avoir soutenu le combat contre l’extinction de l’humanité ou l’effondrement d’écosystèmes entiers… tout cela pour promouvoir  une « science », mener campagne et pour arrêter le business as usual.

Les Saints Luddites

Les célébrités savent comment exploiter les opportunistes ; alors, en se lançant dans la dernière campagne environnementale (pailles en plastique, fonte des glaciers, abeilles, ours polaires ou substances chimiques), elles peuvent identifier l’objectif qui convient pour maintenir l’attention du public.

Ces Saints Luddites sont habitués à lire un script, à faire dans la théâtralité et à susciter l’adulation – les causes environnementales sont donc des forums parfaits pour prolonger leur métier.

S’ils peuvent mettre leur nom sur un programme de compléments alimentaires ou de désintoxication et mettre un peu de fraîche dans leur poche, tout le monde est content (tant qu’ils peuvent conserver leur jet privé à l’abri des projecteurs des médias).

L’avis « scientifique » de Léonardo

Dans les sillages flous des célébrités, des influenceurs et des gourous se faufile l’activiste cherchant pour sa campagne un porte voix coopératif, simpliste, souvent crédule, prêt à se faire exploiter et animé par un désir insatiable de reconnaissance.

Les célébrités amènent une cohorte de fans dans un débat scientifique complexe ; elles apportent des solutions simples à des problèmes complexes, une opportunité de marketing à un public désireux de vanter et signaler la vertu.

Désolé les scientifiques, mais Leonardo DiCaprio « semble en savoir plus sur la Terre que quiconque ». C’est du moins ce que dit Lil Dicky (vu un quart de milliard de fois) et les millenials semblent ne recevoir des messages que par un tel montage de célébrités et quelques solutions simplistes confuses de deux minutes.

Ceux qui contestent la positivité d’une célébrité doivent avoir des problèmes personnels et peuvent être facilement renvoyés dans leur but. Ceux qui font le travail acharné et la recherche doivent prendre du recul et regarder la tempête de feu qui suit un tweet de Kardashian.

Les médias doivent passer par les responsables des relations publiques des célébrités. Et les décideurs politiques doivent faire la queue pour une séance photo. C’est la science à l’Âge du Stupide.

« … et le changement climatique ! »

Dans le film Miss Détective, chaque discours du concours de beauté « Fleurs et arcs-en-ciel » devait se terminer par un souhait creux : « … et la paix dans le monde ». Aujourd’hui, cet artifice de la narration est remplacée par l’expression « … et le changement climatique ».

Les météorologues glissent allègrement ces mots dans les discussions, entre les fronts froids et les hautes pressions. Chaque tempête ou sécheresse, chaque incendie ou inondation, chaque guerre ou mouvement de réfugiés est désormais directement attribué au fléau de la consommation humaine et au mépris pour les souffrances de notre Terre Mère.

Si vous êtes un activiste forcené, tout est raméné au changement climatique. C’est banaliser la culpabilité de l’humanité. Chaque action ou inaction est associée à une évaluation des émissions de carbone et un jugement de valeur environnementale. Une adolescente suédoise au regard furibond remet chaque homme blanc d’âge moyen à sa place. Un apôtre du culte de la mort, la main collée à un train électrique, se voit tendre un microphone pour son acte de contrition vertueux.

La même folie peut être évoquée à propos de la surutilisation de la menace du cancer par les chimiophobes. Une fois que ces activistes ont construit le récit selon lequel chaque substance chimique synthétique donne le cancer, la plupart des gens sont subjugués et ignorent complètement le problème.

La scène est préparée pour les célébrités, les vertueux auto-proclamés et ceux qui en font des tonnes. La peur (de l’extinction massive provoquée par le climat ou des substances chimiques) a deux demi-sœurs maléfiques : Blâme et Culpabilité.

  • Blâme : l’envie de trouver un bouc émissaire sur lequel une bonne dose de notre indignation peut être déversée. L’industrie est le suspect habituel et le régulateur remboursé pour ses frais est également méprisé.
  • Culpabilité : la prise de conscience que nous devons trouver une action de contrition pour restaurer notre auto-bienveillance. Les célébrités mettent ces émotions en scène et dynamisent notre instinct d’imitation.

Le 1er janvier apporte la joie de la saison de désintoxication, avec toutefois trois semaines de soldes massives. Cette année, je prévois que mes pages de réseaux sociaux feront s’allumer les détecteurs de signaux de vertu du Risk-monger avec des résolutions du nouvel an en faveur d’un avenir décarboné pour sauver la planète (sans viande, sans avions, sans voiture… sans animaux de compagnie ?).

Voici la voix de célébrité la plus puissante de toutes : l’avenir !

Greta est devenue la star scientifique la plus improbable de l’année – un produit d’opportunistes de l’urgence et d’activistes rusés. Posant avec la future génération ou utilisant des enfants, les activistes et les célébrités ont trouvé la formule gagnante en Greta, et les médias (sans aucun examen selon l’approche de Parkland) gobent le populisme militant mis en scène. Alors que les célébrités posent avec des enfants, dramatisent, prennent leurs marques sur la scène et lisent le scénario, l’espoir se résume en un clip sonore.

Le script a bien sûr besoin de bons et de méchants. Les hippies qui mettaient des fleurs aux canons des fusils des soldats se sont transformés en enfants condamnant les entreprises car elles développent des produits innovants (qu’ils affichent sur leurs smartphones).

Personne ne veut assister à un spectacle dont le public est le méchant, donc un complot simple avec des solutions faciles fournit aux vulnérables ce dont ils ont envie.

Personne ne veut consacrer ses futures études à l’ingénierie et à la technologie pour tenter de résoudre ces problèmes redoutables, alors un tweet devient la solution.

Personne ne veut lire la littérature scientifique et s’engager dans un débat sur les meilleures solutions innovantes, donc un clip de célébrité sur « la science » fera l’affaire.

Chacun veut se sentir bien dans sa peau, tout en détestant les autres.

Les solutions en clips

Mangez moins de viande, supprimez les produits chimiques, ne prenez pas l’avion ni la voiture, paix dans le monde, pailles en papier… Les solutions sont simples quand une célébrité prend le temps de monter sur la scène pour la cause, faisant avancer le récit. Sur la scène, nous recherchons la dichotomie entre le bien et le mal… le eux contre nous, l’espoir contre le désespoir. Comme le scientifique n’est pas un acteur (trop bavard, pas de charisme, imprévisible…), quelqu’un de plus « plaisant » est inscrit dans le scénario.

Dans le monde de la manipulation par les médias de masse des années 1990, nous parlions de phrase toute faite destinée à donner un coup de main aux experts du marketing de la peur. Maintenant, avec les réseaux sociaux à grande diffusion, la main est arrachée et nous voyons une hémorragie incontrôlée de marketing de la peur. Aujourd’hui, les solutions sont simples : quel que soit le sujet dont on parle c’est de leur faute et qui qu’ils puissent être, ils devront payer.

L’hypocrisie règne lorsque la foule cherche un bouc émissaire.

Les anti-viande vous diront de renoncer à la viande pour sauver la planète.

Ceux qui n’ont ni famille ni travail à l’étranger prévoient un « 2020 sans vol ».

Ils sont en revanche peu nombreux ceux qui demandent que nous supprimions les voitures ou abandonnions nos animaux de compagnie émettant des gaz à effet de serre.

Et puis, près de 40 % des Européens veulent « vivre dans un monde sans produits chimiques » car, eh bien… les produits chimiques sont mauvais.

Aussi absurde et simpliste que soient ces affirmations, avec les réseaux sociaux, le message simple selon lequel ce sont les autres qui doivent faire des sacrifices se propage de manière virale et est considéré comme une solution viable soutenue par « la science ». Les experts ne sont plus nécessaires dans un monde où les célébrités diffusent « la science » au moyen de tweets et de campagnes.

Se venger avec un changement systémique

Un mouvement est en cours ces dernières années pour isoler les experts et les écarter du processus décisionnel, et remplacer les évaluations des risques réglementaires par des panels de citoyens.

D’abord, des groupes comme Corporate Europe Observatory et US Right to Know ont semé la peur de l’infiltration de Monsanto dans les organismes de réglementation, et ce, pour saper la confiance dans les scientifiques de l’EPA, de l’EFSA et de l’organisme allemand d’évaluation des risques, le BfR. Solution : des panels de citoyens pour décider (avec le principe de précaution) quels produits de protection des plantes utiliser (indice : aucun).

Ensuite, Extinction Rebellion a utilisé son alarmisme du culte de la mort et de la fin du monde imminente pour exiger le renversement du système démocratique influencé par le capitalisme et son remplacement par une assemblée de citoyens théorique pouvant déterminer les mesures à prendre pour résoudre le problème du changement climatique. Comme cela pourrait être difficile !

Cet opportunisme absurde aurait dû être accueilli avec des sarcasmes, s’ils n’avaient pas été aussi influents ; mais nous n’avons pas encore vu le pire de leurs plans. Les combattants de la justice sociale réclament la justice climatique et une codification de l’écocide pour faire payer l’industrie (essentiellement pour débarrasser le monde des entreprises).

La justice climatique n’est qu’un exemple de la façon dont ces guerriers veulent passer à un monde post-entreprises et post-capitaliste en poursuivant en justice toutes les entreprises afin de les faire disparaître.

Dans son interview dans Newsnight, Jane Fonda a réitéré l’appel à des procès du style Nuremberg contre l’industrie des combustibles fossiles, considérant que les actions d’Exxon-Mobil sont bien pires que l’Holocauste. Encore une fois, rendez les autres coupables de nos propres péchés, et non les consommateurs qui ont demandé ces produits industriels.

Exxon doit payer pour l’utilisation régulière de jets privés par Jane ou pour le trajet en SUV de l’Américain moyen entre son domicile et le magasin du coin pour acheter une douzaine d’œufs.

L’hypocrisie des simples d’esprit peut être justifiée par la bénédiction d’une célébrité.

Mais rien de tout cela n’est aussi absurde que la prétention de codifier l’écocide comme un crime contre l’environnement. Le procès bidon du Tribunal Monsanto en 2016 contre une entreprise de biotechnologie de taille moyenne pour écocide a montré à quel point ces activistes étaient devenus ridicules et mesquins.

En louant une salle dans une université de La Haye, ce groupe d’olibrius anti-industrie pensait pouvoir faire passer leur canular pour une procédure judiciaire légitime. En fin de compte, ils ont dépensé beaucoup d’argent du lobby américain du biobusiness.

L’écocide, considéré de manière floue, est toute action qui diminue délibérément la qualité de l’environnement. C’est en effet très vague car tout ce que l’Homme fait implique de prélever quelque chose de l’environnement. Les activistes et les avocats opportunistes considèrent l’écocide comme une infraction pénale mais leur salivation excessive laisse certains la bouche sèche avec quelques questions. La planète a-t-elle une dignité qui mérite des droits au même titre que les humains ? Comment identifier les coupables et déterminer un juste châtiment ? Qui seront le juge et le jury ?2.

L’écocide et la justice climatique sont des outils pour l’hypocrite incurable et des célébrités comme Vivienne Westwood l’apôtre du bio.

Célébrités activistes : des prédicateurs du haut de la chaire puritaine

Bien sûr, les célébrités coûtent cher, elles pourraient ne pas relayer ce que vous leur dites (elles pourraient lire…) et elles pourraient se faire pincer à manger un steak à bord de leur jet privé. Les réseaux sociaux ont permis à chaque groupe d’activistes de générer leur propre pouvoir des stars avec leur réseau de célébrités.

J’ai récemment reçu une invitation à assister à un événement de deux jours mettant en vedette Vandana Shiva et Zen Honeycutt – des célébrités locales du culte de la chimiophobie. À mesure que cette tribu prend de l’ampleur, ses médias élargissent leur influence au-delà de leurs abonnés et leurs sujets se popularisent, attirant des platitudes de politiciens et de l’encre de rédactions.

J’ai récemment demandé à une de mes classes de faire la distinction entre les célébrités, les gourous et les influenceurs des réseaux sociaux (les stars de YouTube et Instagram). Ils n’arrêtaient pas de citer des personnalités similaires. La façon dont ces iconoclastes de la prochaine génération naviguent entre la politique, la prière et le public est transparente. J’ai appelé cela le phénomène Kardashian-West (des végans qui mangent de la viande).

Les réseaux sociaux ont engendré de nouvelles religions et de tribus cherchant le réconfort auprès de gourous émergents. Après avoir passé une journée à regarder la conférence « Vérité sur le cancer » en direct, le flux apparemment infini de prédicateurs naturophiles populistes (antivax, médecine alternative, pro-bio) m’a rappelé les guérisseurs pentecôtistes des années 1970. Un gourou renaît pour une nouvelle religion.

Alors que le grand écran rétrécit dans la paume de nos mains, que la génération Y commence à diriger le processus décisionnel et que les outils politiques deviennent dirigés par les citoyens, le monde de l’influence change beaucoup plus rapidement que nos manuels. Où est le scientifique et le leader d’opinion dans tout cela ?

De l’approbation des célébrités à l’opportunité de justice sociale

Il fut un temps où les célébrités étaient associées à une marque ou à un produit. Maintenant, avec l’obsession de la génération Y du « but », nos stars se lient à des causes, combattent l’injustice et les échecs de la société. Elles peuvent définir des solutions simples pour des problèmes compliqués, mais elles peuvent également incarner des émotions complexes lorsqu’il faut au contraire de la rationalité.

Lorsqu’Emma Thompson est montée sur le bateau rose d’Extinction Rebellion dans le centre de Londres, elle a déversé du carburant émotionnel sur une question qui a désespérément besoin d’un dialogue rationnel.

Ces dernières années ont vu l’émergence du combattant de la justice sociale en colère. C’est peut-être une réaction à Trump ou au Brexit (ou aux problèmes locaux de Budapest au Brésil, en passant par Manille et l’Italie), mais des individus généralement issus de la gauche politique ont pris sur eux de « réparer » ce qui ne va pas avec l’humanité (en faisant face à l’intolérance avec une plus grande intolérance).

Alors que la science a été retirée chirurgicalement du processus de prise de décision, les guerriers de la justice sociale se mobilisent pour promouvoir leur agenda politique sans avoir besoin d’un discours rationnel.

Le changement climatique ne peut être corrigé qu’en supprimant le système capitaliste et en pénalisant toute industrie afin de le faire disparaître. La faim dans le monde sera éradiquée en supprimant toutes les technologies agricoles et en adoptant des « solutions » agro-écologiques. Le problème avec les vaccins, nous dit-on, ce sont les mensonges du Big Big Pharma.

Sans examen des faits ou des preuves, les guerriers de la justice sociale peuvent imposer leur ordre du jour avec des réponses simples : ils ont raison et les autres n’ont tout simplement qu’à la boucler.

Lorsque des célébrités avides de raison d’exister amplifient ces causes de justice sociale, elles popularisent des idées radicales, bloquent les discussions raisonnables et, finalement, aggravent la situation.

Les activistes qui ont utilisé Greta comme bélier aux Nations Unies en 2019 n’étaient pas intéressés par les innovations ou les développements sobres en carbone : ils voulaient faire payer cher ceux qu’ils méprisent violemment. Le fait que des célébrités revendiquent « la science » ne facilite pas les décisions difficiles et ne fait que répandre davantage l’ignorance et l’intolérance.

Les guerriers de la justice sociale sont bien adaptés pour attirer des célébrités nécessiteuses et soucieuses des relations publiques. Je ne vois pas Leonardo DiCaprio défendre l’énergie nucléaire. Neil Young semble prêt à voir les agriculteurs souffrir plutôt qu’à admettre que le lobby du biobusiness l’a instrumentalisé. Gwyneth Paltrow va s’enrichir en vendant des substances dangereuses aux naturophiles tandis que Jenny McCarthy n’a pas besoin de se justifier pour le nombre de victimes de son alarmisme antivax.

Je ne vois pas de célébrités perdre leur emploi pour avoir pris de telles positions. Là encore, je ne vois pas de célébrités faisant la promotion d’une agriculture conventionnelle sûre, de la médecine établie ou de la conservation de l’énergie. « La science » n’a pas besoin d’être en phase avec la science.

Et puis il y a Jane Fonda… qui, parce qu’elle est en colère contre Exxon-Mobil, peut minimiser l’Holocauste sans susciter une étincelle d’indignation. Telle est la logique dans un monde dirigé par Celebrity Science.

Prions pour une vision plus claire en 2020. Bonne année !

Sur le web– Traduction par Wackes Seppi de  « 2019: The Year of Celebrity Science »

  1. Un article de Risk-Monger traduit par Wackes Seppi.
  2. Une anecdote : j’ai déjà titillé un activiste sur ce sujet. Il a admis qu’il possédait un téléphone et un ordinateur portables (ils étaient devant lui…). Je me suis ensuite mis à montrer comment l’extraction des terres rares, des minéraux et des substances chimiques nécessaires à la fabrication des outils de son activisme, ainsi que l’énergie pour les fabriquer, les utiliser et les recycler, privaient la planète de sa dignité et laissaient une empreinte si profonde qu’elle causait des dommages écologiques irréparables. J’ai alors accusé ce zélote empreint de pharisianisme du crime d’écocide. Il a refusé de jouer à ce jeu car l’écocide est un outil pour éradiquer une certaine catégorie d’industries et il était totalement en paix avec son hypocrisie.
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