La CGT coupe le courant en toute impunité

Off by Nicholas Liby(CC BY-ND 2.0) — Nicholas Liby, CC-BY

La loi permet bien aux employés d’EDF de cesser le travail, mais pas qu’ils puissent couper ici ou là le courant de manière intentionnelle.

Par Michel Faure.

Le droit de grève est reconnu par la Constitution et « s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent » nous dit l’article 7 du préambule de la Constitution de 1946, intégré à la Constitution de 1958.

La loi définit ce droit de grève comme

la cessation concertée du travail en vue d’obtenir la satisfaction de demandes professionnelles.

On peut en conclure que cette cessation ne peut pas avancer de motivations politiques, ni mener des actions d’une nature politique. Pourtant, en ce moment même, les grévistes CGT d’EDF songent à éteindre les lumières, et avec elles sans doute, leur esprit de liberté.

La loi permet bien aux employés d’EDF de cesser le travail, mais elle ne prévoit pas qu’ils puissent couper ici ou là le courant de manière intentionnelle, pour rappeler au public et au gouvernement qu’ils sont bien en grève, eux aussi, et clic, vous êtes dans le noir, et clac, revoilà le courant.

C’est ce qui s’est passé à plusieurs reprises depuis une semaine, à l’occasion de la mobilisation syndicale contre le projet de réforme des retraites du gouvernement. Jeudi dernier à Béziers (33 000 foyers sans électricité) et dans la région de Tourcoing, puis  le 17 décembre en Gironde, à Lyon, Orléans et Nantes.

Au total, ce sont plus de 167 000 foyers affectés par des coupures de courant. Et quand on y pense, c’est affreux. Des bébés dans des couveuses d’une maternité, un chirurgien soudain dans le noir avec sur sa table un patient le ventre déjà ouvert, des radiateurs froids alors que nous sommes en hiver, une femme enceinte bloquée entre deux étages dans un ascenseur… et je laisse le reste à votre imagination..

Le secrétaire général de la CGT Énergie, Sébastien Menesplier, a annoncé d’autres actions à venir « pour cibler des lieux stratégiques. » Il affirmait sur RTL que les grévistes, en coupant le courant, ne cherchent « pas du tout à gêner les usagers » (c’est raté). « Ce qui nous importe, c’est peser sur l’économie. »

Nous sommes donc ici sortis du cadre des lois. Les grévistes EDF vont au-delà de la cessation du travail.

Ils cherchent, du propre aveu de Menesplier, à dézinguer l’économie française, une chienne capitaliste, ce qui ne correspond en rien à l’objectif de la satisfaction de demandes professionnelles. Ça sent la sédition et le sabotage à plein nez. Quand les gars de Menesplier éteignent les lumières, ils devraient allumer un scandale. Mais voulons nous le voir et nous en offusquer ?

La justice devrait s’en saisir. On parie ?

Tocqueville craignait, dans la démocratie, « la dictature de la majorité ». Il s’inquiéterait aujourd’hui de celle de la minorité. On appelle cela l’ironie de l’Histoire.

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