Géorgie : protestations pour la démocratie et contre l’influence pro-russe

Comme jamais auparavant en Géorgie, l’opposition et la société civile sont déterminées à mettre un terme au régime d’Ivanishvili en exigeant des élections libres et équitables. Un témoignage inédit.

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Géorgie : protestations pour la démocratie et contre l’influence pro-russe

Publié le 19 décembre 2019
- A +

Par Justine Colinet.

En Géorgie, les manifestations contre le gouvernement au pouvoir se multiplient depuis le début du mois de novembre.

Plus de 20 000 personnes réclament la démission du leader Bidzina Ivanishvili ainsi que des élections législatives proportionnelles.

Lors du Liberty Forum de l’Atlas Network qui s’est déroulé à New York, j’ai eu l’occasion de rencontrer Elene Saakashvili, géorgienne et membre de l’Atlas Network, qui a témoigné pour Contrepoints sur la situation d’injustice et de chaos que connait son pays en ce moment.

Géorgie
Elene Saakashvili – photo de collection personnelle

Entre fausses promesses et violences

« Les manifestants sont descendus dans la rue après que le gouvernement ait refusé de passer d’un système majoritaire à un système de vote complètement proportionnel. »

Le système géorgien actuel favorise le leader Ivanishvili et son parti, Rêve Géorgien, qu’on accuse régulièrement de pratiques oligarchiques.

« Les manifestations sont menées par de jeunes militants et un front d’opposition unifié unis sous la même devise : tous moins un. »

Depuis les rassemblements de la mi-novembre, des centaines de manifestants, journalistes et membres de l’opposition ont été blessés, parfois grièvement, voire hospitalisés.

De leur côté, les États-Unis et l’Union européenne se disent préoccupés par le recul démocratique en Géorgie. Ils ont appelé son gouvernement et ses partis politiques au « dialogue calme et respectueux » pour les élections anticipées.

Malgré les promesses mensongères et les mouvements de protestation, le gouvernement ne compte pourtant pas changer son fusil d’épaule et campe sur ses positions.

« Nous écrivons aujourd’hui avec une préoccupation grandissante concernant la récente décision d’abandon de la réforme politique promise, ainsi que les rapports de violence contre les manifestants pacifiques. […] Les Géorgiens veulent un gouvernement du peuple, pour le peuple et par le peuple. Ils veulent un gouvernement qui soit plus aligné sur les politiques de l’Ouest et aspirent à rejoindre l’OTAN. […] Si chaque gouvernement a le droit d’user de la force, de manière légitime et proportionnelle, face à des troubles de l’ordre violents, les démocraties ont l’obligation de respecter le droit des citoyens d’utiliser des moyens pacifiques pour exprimer leurs opinions. […] Il est maintenant temps pour le gouvernement géorgien de poursuivre son engagement auprès du peuple. »
Lettre du Congrès des États-Unis, adressée au Premier ministre Giorgi Gakharia le 13 décembre 2019, signée par Adam Kinzinger et Gerald Connelly.

Retour en juin 2019

Tout semble avoir commencé en juin 2019. Des milliers de Géorgiens ont manifesté contre un gouvernement aux sympathies pro-russes un peu trop prononcées.

Les affrontements entre la police et les manifestants, toujours pacifiques, avaient causé plus de 200 blessés, dont deux ont perdu la vue.

Pour apaiser la situation, le gouvernement a alors accepté de réformer son système électoral et de passer à des élections proportionnelles. Mais actuellement, aucun changement à l’horizon. Les Géorgiens sont las des promesses en l’air d’Ivanishvili, accusé d’être à l’origine du rejet de la loi introduisant la proportionnalité dans le système électoral.

« La société civile et l’opposition travaillent ensemble pour faire pression sur le gouvernement en protestant et en s’adressant à ses partenaires occidentaux pour changer le système de vote actuel. »

La démocratie géorgienne en danger

L’érosion de la démocratie en Géorgie est réelle et dangereuse pour ses citoyens. Les partenaires occidentaux en sont conscients.

Le pays est dirigé par un leader qui contrôle non seulement toutes les branches du gouvernement mais aussi les médias majoritaires du pays.

« Ivanishvili parle ouvertement de « donner un peu de bon sens » aux médias trop critiques. Il a également arrêté plusieurs chefs de l’opposition qui ont remis en question son action. Les représentants du gouvernement diabolisent souvent les organisations à but non lucratif qui critiquent le gouvernement, et il devient plus difficile d’agir en Géorgie. Ivanishvili utilise des tactiques russes pour faire face à ses adversaires et rester au pouvoir. »

Que demande le peuple géorgien ?

La principale demande des citoyens, comme on l’aura compris, est de fixer des élections législatives proportionnelles anticipées en Géorgie.

C’est le seul moyen d’élire un gouvernement compétent qui mettra fin à l’affaiblissement des institutions politiques mené par l’État et qui soutiendra le système démocratique.

Comme jamais auparavant, l’opposition géorgienne et la société civile sont déterminées à mettre un terme au régime d’Ivanishvili en exigeant des élections libres et équitables.

Voir les commentaires (9)

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  • Putin est un fin renard : pauvre Georgie !

  • Si les Etats-Unis s’en mêlent…
    Beaucoup de révoltes « populaires » ont été instrumentées de l’extérieur, à commencer par les printemps arabes…
    Et comme lar hasard, le gouvernement visé est toujours du même côté de l’échiquier géopolitique.
    Autrefois, on conquerrait un pays avec une armée. Aujourd’hui, il y a des méthodes plus subtiles: subversion du gouvernement, manipulation des élections, soutien d’une opposition locale, soft power d’ONG etc…
    Par exemple, des personnes qui se sont rendues au Liban récemment ont par exemple témoigné d’une logistique très organisée et sans doute coûteuse en soutien des manifestants.

  • Ne connaissant pas la situation, je me méfie, le même article aurait pu être écrit dans un pays se libéralisant avec des manifestations de gauchistes ou d’autres nostalgiques.
    .
    l’Atlas Network est libertarien, c’est très bien, mais qui sont les opposants au pouvoir actuel ?
    .
    Sur wiki je lis que des privatisations ont été menées et que la croissance est favorable.
    On lit aussi que « le parti Rêve géorgien est un parti politique favorable à une économie libérale et à un rapprochement avec l’Occident, l’OTAN et l’Union européenne : il déclare être partisan de relations apaisées avec la Russie. Il se réclame du centre-gauche et est affilié à l’Alliance progressiste. « 

  • Elle offre certes un visage frais et rayonnant mais il serait intéressant de savoir exactement ce que défend l’Atlas Network et qui finance derrière.
    Autant, je pense beaucoup de manifestants sincères et sans arrières pensées, je me pose toujours la question concernant ceux qui semblent animer un peu plus la chose derrière, surtout quand ils disposent visiblement de contacts et de relais à l’international.

  • Pour la proportionnelle….qui veut la proportionnelle en France…..les pro russe ou les pro Venezuela ..les minorités manipulés et manipulatrices….de toute façon je ne sais pas où est la Géorgie mais c’est sans doute tout petit et sûrement intéresse l’OTAN pour sa politique d’encerclement…stupide puisque de l’autre côté y la Chine

  • Je viens d’écouter les syndicats et le premier ministre ,pas doute possible , les syndicalistes sont compétents, le premier ministre un mauvais comédien.
    On ne sais rien vraiment sur cette chose inscrite au la profession de foi électorale de Mr Macron mais , deux ans pour en arriver là c’est la preuve que cette réforme est faite a contre coeur , sous pression de je ne sais qui mais il a sûrement financé excessivement la campagne électorale d’un looser.

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