Éloge du libéralisme

Haut les cœurs, semble dire Joseph Macé-Scaron aux libéraux qu’il invite à être plus que jamais eux-mêmes. Le point de vue d’Alain Madelin sur Éloge du libéralisme, paru aux éditions de l’Observatoire.

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Éloge du libéralisme

Publié le 3 décembre 2019
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Par Alain Madelin.

Voici un titre devenu aujourd’hui quelque peu provocateur : Éloge du libéralisme.

C’est celui du dernier livre de Joseph Macé-Scaron publié aux éditions de l’Observatoire. En moins de 130 pages érudites, voici notre Joseph jouer pour notre bonheur avec les mots. Le voici ridiculiser les adversaires prétentieux du libéralisme et décaper leurs poncifs dans un style flamboyant.

Nous voilà hélas docilement soumis aux aléas et aux humeurs de l’époque. Soumis à une pensée moutonnière placée sous le règne des grandes peurs et des fanatiques verts de l’apocalypse. Soumis aux arguments anti-libéraux les plus éculés que l’on ressort de la naphtaline idéologique. Soumis à un politiquement correct ridicule qui nous envahit depuis les États-Unis.

Où sont passés les libéraux ?

« Pfff. Disparus, évanouis, enfouis les libéraux » constate Joseph Macé-Scaron. Et ce au moment où – nous dit-il – on a vraiment besoin d’eux. Au moment où nous « cabotons sans boussole sur une mer d’incertitude le long de rivages hostiles. »

Curieux destin en effet que celui des idées libérales. La chute du mur de Berlin signait la victoire des droits de l’Homme, de la démocratie et de l’état de Droit, de la grande société ouverte sur tous les replis nationalistes et les aventures totalitaires. Et pourtant, 30 ans plus tard voici le « droit de l’hommisme » devenu une injure, l’état de Droit vilipendé comme étant le gouvernement des juges contre la volonté populaire, l’individualisme libéral accusé de tous les maux.

Suivre l’auteur de cet éloge du libéralisme dans son itinéraire personnel au cœur du monde libéral, de son histoire et de quelques-unes de ses figures est un exercice bien roboratif par les temps qui courent.

Il ne s’attarde guère sur l’économie, sauf pour se moquer d’un illibéralisme mondain, « un truc de riche », nous dire aussi à quel point dans un monde aussi réglementé ou interventionniste que le nôtre il est difficile de parler des échecs d’un marché libre. Pour rappeler encore que dans une époque de profonde mutation comme la nôtre où quand il nous faut adapter tant de choses à ce nouveau monde en gestation il n’y a « rien de tel que les idées libérales pour y parvenir car le libéralisme part du réel ».

Non, ce qui retient l’attention de Joseph Macé-Scaron, au-delà de l’économie ce sont les aspects philosophiques ou politiques du libéralisme.

Défendre la raison

Face au totalitarisme islamique, au totalitarisme chinois, aux nouveaux monstres froids, défendre le libéralisme c’est défendre les libertés politiques et les libertés publiques. C’est défendre la raison. Car il existe nous dit-il « un pacte pluri-séculaire entre la grandeur du libéralisme et la primauté de la raison ». La raison des Lumières. La raison qui s’est évadée des débat politiques. La raison contre les foules numériques. La raison pour « corriger les bêtises si nombreuses que l’on entend ». La raison pour défendre le progrès et la science. À une époque où « un scientifique qui n’est pas convaincu de la fin proche de notre planète, qui ne communique pas dans la pensée magique, est forcément corrompu ou acheté par le grand Satan des lobbies ».

Il est un chapitre de ce livre particulièrement bien vu. « À plusieurs reprises, le pape François s’inscrit dans la ligne de ses prédécesseurs (du XIXe siècle) pour faire le procès du libéralisme ».

On n’a pas trop pris garde « que chaque intervention pontificale soulignait l’urgence d’éteindre les Lumières au plus vite. Salaud de XVIIIe siècle, invariablement présenté comme la matrice d’où sont sortis ces quatre cavaliers de l’Apocalypse que sont le consumérisme, l’égoïsme, le relativisme éthique et l’hédonisme radical ».

Cette réaction catholique mérite que les libéraux s’y intéressent car elle semble bénir l’étrange coalition des adversaires si nombreux du libéralisme, de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, de l’écologie religieuse aux dirigistes de toutes obédiences.

Haut les cœurs, semble dire Joseph Macé-Scaron aux libéraux qu’il invite à être plus que jamais eux-mêmes. Convaincu que le monde a plus que jamais besoin des valeurs et des idées libérales.

Tonique, rafraîchissant et bon pour le moral.

Joseph Macé-Scaron, Éloge du libéralisme, éditions de l’Observatoire, 2019, 126 pages.

 

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  • Bonjour
    Le droit de « l’hommisme » n’a jamais été libéral, l'(in)digne représentant du droit de l’hommisme c’est la ligue des droits de l’homme qui a été noyauté par les communistes et créée après l’affaire Dreyfus. La ligue des droits de l’homme soutenait certains membres des brigades rouges et entre autres C Battisti.

    • Ce n’est pas une ligue des droits de l’homme car elle soutient le totalitarisme, l’intolérance et la censure contre les droits de l’homme les plus élémentaires de l’homme!

  • Merci pour ce conseil de lecture. J’ai toujours « Quand les autruches relèveront la tête » que j’ai acheté à l’âge de 25 ans. Et 2002 est la seule année où je ne suis pas allée voter « par défaut ». Cette année là, Alain Madelin a remporté moins de 4 % des voix et on veut nous faire croire que la France est un pays libéral.

  • Il y a longtemps que je ne fais plus d’illusion sur l’avènement du libéralisme en France. On voit plus que jamais, me semble-t-il, en ce moment l’illustration de la célèbre maxime de Bastiat:  » l’état, cette grande fiction à travers laquelle tout le monde veut vivre au dépens de tout le monde » A commencer par les gilets jaunes qu’on aurait pu croire au début plus inspirés (trop de taxes) mais qui en fait souhaitent qu’on taxe davantage « les autres »….

  • « La chute du mur de Berlin signait la victoire des droits de l’Homme, de la démocratie et de l’État de droit, de la grande société ouverte sur tous les replis nationalistes et les aventures totalitaires. »

    La « grande société ouverte » est une société ouverte à l’immigration massive, à l’ingérence de puissances étrangères et financières, à la tyrannie des juges et des minorités.

    Pourquoi le nationalisme serait-il nécessairement replié sur lui-même ? Les empires coloniaux français et britanniques n’étaient pas repliés sur eux-même que je sache. Mais la « grande société ouverte » a besoin d’ennemis de paille qui servent de repoussoir, c’est pourquoi le nationalisme DOIT être replié sur lui-même, nauséabond, etc.

    La « grande société ouverte » n’est ni libérale, ni démocratique. Elle finance le totalitarisme vert, les no-border, les milices d’extrême gauche, etc.

    On a connu le social-traitre, on a maintenant le libéral-traitre.

    • Le pire du libéralisme c’est d’être phagocyté par la « bien pensance et le politiquement correct »

      • @zelectron, ce n’est pas de moi, mais dont j’ais oublié l’auteur qui dit : ce que j’exècre le plus chez les gens de bien, n’est certes pas le moins le mal qui est en eux »

  • Le titre est mal choisi, il devrait etre:
    Eloge funèbre du liberalisme francais …..

  • Et bien, voilà la bonne question: « Ou sont passés les libéraux ? »
    Voilà le fondement de la réflexion de l’article d’Alain Madelin avec pour conclusion: « Le libéralisme c’est défendra les libertés politiques et les libertés publiques ».
    Alors se pose naturellement la question de savoir si les « libertés politiques » et les « libertés publiques » font partie du quotidien des français?
    Répondre oui ou non ou encore peut être ben que oui ou non, relève de la subjectivité…
    Par exemple:
    – Les « libertés publiques » sont-elles défendues dans un pays ou, majoritairement, on n’accepte pas une représentation politique élue à la proportionnelle; lorsque des gouvernants en place acceptent la présence illégale d’étrangers qui n’ont aucune intention de s’intégrer dans notre société; lorsque l’on œuvre pour la désindustrialisation de la France source première du chômage; lorsque tout est mis en œuvre pour prélever fiscalement le fruit du travail et de l’épargne!…
    – Les « libertés publiques » sont elles défendues dans un pays ou on accepte d’être dirigés par une caste d’Enarques et de Magistrats à leurs bottes qui prétendent tout régenter; lorsque l’on se fonde sur la constitution obsolète de la Vème République pour asservir un système socio-économique qui constitue une exception en Europe!…
    Vaste débat perturbé par le Bonapartisme prégnant de notre France actuelle…..

    • Rectificatif: premier tiret lire « Les libertés politiques » au lieu des libertés publiques.

    • La france est une dictature molle. La France vit sur le mythe de 1789 qui n’a jamais représenté la France. dans sont essence la France est une éloge à la tyrannie étatique qui à commencé il y a près de 1000 ans et est plus forte que jamais.

  • Je pense que c’est une mauvaise idée de tenter d’essentialiser le totalitarisme, notamment en n’en faisant que des logiques étrangères.
    Le totalitarisme est globalement une volonté de rigidifier les structures hiérarchiques et la négation de leur historicité, de la contextualité de leur pertinence. Il faut aussi le détecter dans nos tendances internes, notamment à notre époque où différentes dynamiques de ruptures semblent coïncider : instruction de masse, technologie, globalisation de l’industrie, mobilité… etc.

  • Bien vu et très vrai pour ce qui est de la papauté.
    Mais l’actuel titulaire de la fonction, le libéralisme quel qu’il soit est l’ennemi à abattre au profit de la décroissance.
    Il lui manque certainement de ne pas avoir vécu sous la férule soviétique ou d’avoir une frontière commune avec ce « paradis » terrestre.
    Imaginez l’état du monde si Lénine et ses successeurs n’avaient pas combattu les religions mais se les étaient mises dans la poche?

  • Les commentaires sont fermés.

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