Couvrez ce Black Friday que je ne saurais voir !

Bien au contraire de ce que l’on veut nous faire croire, le e-commerce a facilité la diffusion des informations et de la concurrence.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Black friday by Luciana Pinazzo(CC BY-NC 2.0)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Couvrez ce Black Friday que je ne saurais voir !

Publié le 2 décembre 2019
- A +

Par Bertrand Nouel.
Un article d’Entrepreneurs pour la France

Nous voici encore avec une nouvelle manifestation de populisme irréfléchi, doublé d’une bonne dose de tartufferie. Non que le sujet de la surconsommation et de la surproduction ne soit pas sérieux, et n’évoque pas immanquablement la critique marxiste du capitalisme. Mais à chercher toujours un bouc émissaire, on finit par manquer la cible.

La mise en accusation du bouc émissaire

Pêle-mêle, voici Amazon accusé de tous les maux et traité de tous les noms : esclavagiste, pollueur, climato-criminel, fraudeur fiscal, destructeur du petit commerce, destructeur de l’emploi, fauteur de consommation de produits inutiles… Des organisations comme Attac, l’ancien secrétaire d’État Mounir Mahjoubi et la députée Delphine Batho, s’en donnent à cœur joie, heureux de trouver l’occasion de redorer leur blason médiatique.

Passons sur l’accusation d’esclavagisme (??). L’accusation de destruction de l’emploi repose sur une étude américaine contredite par les études administratives françaises et les économistes qui insistent sur l’utilisation très hasardeuse des statistiques. Notons d’ailleurs qu’en général le petit commerce de proximité demande à ce qu’on les laisse profiter, eux aussi, des opportunités créées par le Black Friday.

Sur la pollution, les livraisons coordonnées à domicile ne sont-elles pas moins polluantes et génératrices de CO2 que les déplacements de courses individuelles pour chercher des objets que l’on ne trouve souvent pas ? En réalité, toute la critique repose sur l’hypothèse de surconsommation de produits inutiles. Hypothèse fermement contestée : il s’agit plutôt d’avancer les courses de Noël d’une façon à la fois commode et moins chère pour le consommateur. Non que la surconsommation n’existe pas, mais en accuser l’e-commerce ne repose sur aucune étude économique sérieuse.

C’est ainsi que Delphine Batho croit pouvoir se référer aux affirmations d’un livre sur l’achat compulsif de vêtements de mode dont une majorité n’est jamais portée1. Indépendamment du fait que la mode est un secteur bien particulier, ce livre date de 2014 et cite des sondages de 2011 : à l’époque le Black Friday n’existait pas et Amazon vendait en France surtout des livres ! À noter d’ailleurs que la part du textile et de l’habillement dans la consommation a chuté de 15 % depuis 2007.

Bien au contraire de ce que l’on veut nous faire croire, le e-commerce a facilité la diffusion des informations et de la concurrence, et les Français réservent les achats en ligne aux achats responsables, et les courses dans les magasins physiques aux achats « plaisir ».

La question de la publicité mensongère

Delphine Batho vient de réussir à faire voter par l’Assemblée nationale un amendement au projet de loi sur le gaspillage et l’économie circulaire. Visant nommément le Black Friday et la publicité trompeuse destinée à faire croire à de faux rabais, car par rapport à des prix supérieurs aux prix effectivement pratiqués, cet amendement n’a aucun intérêt.

Il est d’abord mal rédigé, et surtout il n’apporte rien par rapport aux dispositions existantes du Code de la consommation, lesquelles interdisent et punissent déjà les pratiques commerciales trompeuses, définies comme reposant « sur des allégations, indications ou présentations fausses ou de nature à induire en erreur et portant sur […] le prix ou le mode de calcul du prix, le caractère promotionnel du prix […] » (article 121,2°, 2 c).

[related-post id=359159 mode=ModeSquare]

En réalité cet amendement n’est là que pour faire du bruit autour de la surconsommation, ce qui est une autre question. Cette dernière ne peut évidemment faire l’objet d’une réglementation, étant le fait du consommateur.

Un réflexe gauchiste classique : interdire (ou taxer) et dicter

Interdire le Black Friday d’une façon ou d’une autre, c’est la revendication d’organismes comme Attac. Pour les organismes en question, il s’agit d’interdire les produits pour empêcher qu’ils soient achetés. Coluche répliquait pertinemment que s’il n’y avait personne pour les acheter, ils ne seraient pas vendus !

Une majorité de Français demande à profiter d’événements comme le Black Friday. Sommes-nous en démocratie ou non ? « Dicter » n’est-il pas à l’origine de « dictature » ? Comme nous l’avons dit, le e-commerce n’est-il pas bien au contraire bénéfique en ce qu’il ouvre pour le consommateur l’accès à une information permettant d’acheter de façon responsable ?

Les exigences écologiques ne feront que multiplier les restrictions imposées aux consommateurs. Encore faut-il que cela se fasse sur la base de décisions mûrement réfléchies et non à partir de dictats populistes et hypocrites.

Sur le web

  1. Elisabeth Laville, Vers une consommation heureuse, Allary, 2014
Voir les commentaires (17)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (17)
  • Interdire le black friday….ils peuvent aussi interdire halloween pour surconsommation de bonbons….aucune importance c’est des coutumes d’importation sans reel interet . J’ai honte de dire que je ne fais jamais les soldes , les soldes n’existent pas vraiment ,c’est un attrape couillons bien pratique pour ecouler les dechets industriels ,je ne me nourris pas de dechets

    • 20% de remise sur une plaque à induction que je devais acheter, l’ancienne étant en fin de vie, ça me paie un resto…
      D’accord avec l’article, raz le bol des fachos de gauche !

    • Le concept de solde en lui même est sujet au débât… Car lorsqu’on sait qu’en France, on a pas le droit de vendre à perte et qu’un produit est mis à -70%, on se dit que le reste de l’année, le consommateur se fait bien entubé…
      Perso, à chaque fois que j’ai voulu faire des soldes, les produits qui m’intéressaient ne l’étaient pas ^^
      Par contre, ça ne m’empêche pas de regarder le black friday (tech) ou les offres Steam (jeux vidéo), sait-on jamais 😉

      • Dans un monde capitaliste le marche decide du prix ,trop cher on ne vend pas ,pas assez cher ,on est des idiots..le blackfriday ,ha ha ha , je n’ai rien vu de vendu a un prix en dessous du marché , le mobile a -100€ est de toute facon invendable dans 3 mois car obsolète..autant acheter d’occasion des produits de qualité certaine et a des prix defiant toute concurrence..mon dernier achat , 6 radiateurs de bonne facture pour 60€ …. même pas le prix d’un bradé a 70% !

  • laissons faire le commerce .. il y a des lois naturelles auxquelles il est bien incapable d’échapper..

  • « La surconsommation ne peut évidemment faire l’objet d’une réglementation, étant le fait du consommateur. »
    A voir… un régime collectiviste peut très bien introduire le rationnement…

  • et ces crétins viennent de pondre la loi alimentation… chez certaines personnes ça induit un petit questionnement sur la pertinence de la compréhension de l’économie…

  • Des politiciens qui n’ont jamais créés d’emplois ,ni travaillés dans la vie réelle réglementent la vie des Français. Ruinant toutes les activités du pays avec les utopies réglementaires qu’ils imposent

  • Je serai curieux de connaître la définition gauchiasse de la surconsommation. Pour rire.

  • Des amendements stupides, mal rédigés et en contradiction avec la loi, ça n’est pas la première fois que ça existe mais j’ai l’impression que plus le temps passe, plus on en compte.

    Su le Black Friday, de façon spécifique, je n’aime pas beaucoup ce coup marketing mais je suis fermement contre son éventuelle interdiction. On assiste à, à un énième discours anticapitaliste aussi inepte que sans rapport avec la réalité !

    • le pire est que les députés votent de tels amendements !

      Mais même une loi de finance est tellement complexe que les députés ne la comprennent pas et pourtant ils la votent…

  • Comment ça, la consommation n’est plus le moteur de l’économie ?

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

La plupart des zones franches seront situées autour des plus grands ports de fret côtiers d’Angleterre, notamment Felixstowe, Liverpool, Hull, Southampton et London Gateway. Plymouth, Teesside et une zone autour de l’aéroport d’East Midlands seront également désignées.

Tout avance désormais très vite au Royaume-Uni, et l’Angleterre est en première ligne. Déjà huit ports ou aéroports anglais vont devenir des ports francs selon les plans annoncés par le chancelier de l’échiquier, Rishi Sunak (finance), qui a déclaré que sa politique pour... Poursuivre la lecture

Ports francs britanniques : depuis le Brexit des villes britanniques tentent de devenir des zones franches, c’est le retour du cauchemar de Bruxelles et de tous les constructivistes européens d’un Singapour-sur-Tamise. Mais c’est surtout un démenti de toute la presse française qui voyait Boris Johnson tourner le dos à Thatcher à la faveur de la pandémie.

Le gouvernement du Royaume-Uni cherche à mettre le turbo de l’économie post-Brexit sur les régions par la création de dix ports francs, une opportunité potentiellement si lucrative pou... Poursuivre la lecture

France Stratégie, en collaboration avec la Dares, vient de publier un rapport de 200 pages intitulé « Les métiers en 2030 », un très intéressant exercice de prospective fait pour éclairer les pouvoirs publics sur l'évolution des besoins de main-d’œuvre selon les professions.

Cette étude faite à l’attention de tous les organismes chargés de la formation des personnels en vue de leur permettre d’adapter leurs programmes aux besoins du marché nous éclaire, incidemment, sur la façon dont va évoluer notre économie durant les toutes prochain... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles