Horreur ! Un représentant des entreprises à la Convention Citoyenne pour le climat !

Les instigateurs de la Convention Citoyenne sur le Climat dévoilent leur incroyable état d’esprit, sans même se rendre compte de l’énormité de ce qu’ils écrivent.

Par Michel Negynas.

 

L’association « Giletscitoyens.org » est en réalité le principal instigateur et plus ou moins organisateur officieux de la Convention Citoyenne sur le Climat.

Convention Citoyenne : des organisateurs officiels et officieux

L’organisateur officiel est le CESE, le Conseil économique, social et environnemental.

Cinq membres de ce « collectif » sont présents dans le Comité de gouvernance de la Convention pour le Climat : Mathilde Imer, Loic Blondiaux, Jean Michel Fourniau, Michel Colombier et Laurence Tubianaqui en est co-présidente.

La mouvance Gilets Citoyens est assez floue.

Elle serait une émanation autoproclamée (et controversée) des Gilets jaunes, initiée entre autres par Cyril Dion, poète, décroissant et activiste climatique notoire, l’un des trois « garants » de la Convention, chargé de veiller à « l’indépendance » des débats.

On lira avec intérêt un entretien de Cyril Dion pour comprendre où il veut en venir.

Zoom sur un communiqué des Gilets citoyens

Un communiqué à lire sur le site Giletscitoyens.org revient sur un article de Reporterre :

« En réaction à cet article du média indépendant Reporterre, Cyril Dion, garant de la Convention Citoyenne pour le Climat, et membre du collectif des Gilets Citoyens, apporte quelques éléments de réponses, que nous partageons ici. 

En fait, l’article en question s’étrangle à l’idée qu’il puisse y avoir au Comité de gouvernance de la Convention une personne travaillant dans l’industrie : accusations diverses, dont le « lobbying », dénigrement honteux, divulgation de son salaire etc.

Bref un procédé absolument immonde.

« … Cyril Dion : « Petite mise au point à destination des amis qui se posent légitimement des questions (je m’en poserais aussi) après avoir vu cet article. J’ai moi-même été surpris par la présence de XXX au comité de gouvernance de la Convention Citoyenne pour le Climat. Avec les autres garants, nous avons demandé des explications aux co-présidents pour savoir si cela était de nature à remettre en question l’indépendance et impartialité des travaux de la Convention. C’est notre rôle. Voici quelques éclaircissements… »

« … XXX est vice-président de la section environnement du CESE […] C’est à ce titre que le CESE l’a proposé pour le comité de gouvernance…. »

Ouf ! L’honneur est sauf ! On respire !

Cette personne est là en tant que CESE, pas en tant qu’industriel !

Et puis finalement, de toute façon, on se console :

« … Une fois cela dit, quelle influence a XXX sur la Convention Citoyenne ? »

D’une part, elle est la seule représentante des entreprises et du patronat sur 15 membres (ce qui aux yeux de certains est assez peu) et même 17 maintenant que deux citoyens ont été tirés au sort (et oui) pour en faire partie… Aux yeux de beaucoup, c’est assez peu…

Assez peu en effet, pour l’ensemble des Entreprises de France.

« … De l’autre, le comité prend ses décisions au consensus ce qui ne permet pas à un de ses membres d’orienter les décisions… »

Curieusement, c’est le contraire : s’il faut vraiment le consensus, un seul membre peut exercer un droit de veto.

« … Le comité de gouvernance prend uniquement des décisions d’organisation pour permettre aux membres de la convention de travailler dans les meilleures conditions, mais n’intervient pas dans les travaux ou conclusions de l’assemblée. Il pourrait uniquement orienter les travaux par le choix des experts. Or, les membres de la Convention ont la possibilité de refuser les experts qui leur sont proposés et d’en suggérer d’autres eux-mêmes. Ce qu’ils ont fait ce dimanche. »

Fichtre ! Sur quels critères on refuse d’écouter des experts, à cette Convention ?

« … Mais en attendant de le savoir, nous faisons le maximum pour que les propositions soient à la hauteur de l’enjeu. J’invite ceux qui le veulent à faire ce qu’il faut pour que la pression extérieure sur le gouvernement et sur la société française continue, s’accentue sur la question climatique et écologique au sens large. »

Faire pression, ne serait ce pas ce qu’on appelle du lobbying ?

Ainsi, dans l’entourage de ces gens, il est exclu qu’un représentant des Entreprises (quelques millions d’entités) participe à un débat, qui plus est sur un sujet éminemment technico-économique !

L’entreprise est vraiment leur ennemie.

Ont-ils en tête que sans la création de valeur des entreprises, leur « débat » serait vain, puisqu’aucune ressource ne serait disponible pour l’organiser, ni a fortiori pour mettre leurs « idées » en pratique ?

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