Grenelle des violences conjugales : le « féminicide » politise la souffrance des victimes

La violence conjugale existe. Mais parler de « féminicide » est-il vraiment pertinent ?

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Grenelle des violences conjugales : le « féminicide » politise la souffrance des victimes

Publié le 18 septembre 2019
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Par Élodie Keyah.

L’événement ne pouvait pas mieux tomber pour Emmanuel Macron qui n’a cessé, depuis le début de son mandat, de se démarquer par son talent à porter atteinte aux libertés individuelles. Sous la pression d’un collectif de proches et familles des victimes, le gouvernement s’est emparé d’un sujet particulièrement délicat : les violences conjugales. L’occasion est parfaite pour améliorer son image, et se refaire ainsi une santé médiatique.

L’inscription du « féminicide » dans le Code pénal est aujourd’hui revendiquée par de nombreux collectifs féministes. Le principal argument en faveur de cette incrimination renvoie à la spécificité d’un meurtre commis en raison de l’identité sexuelle de la victime. Il s’agit ici de discuter de la pertinence du vocabulaire employé, ayant pour but d’influencer notre perception du crime.

Un qualificatif politique et non juridique

Deux constats s’imposent. Tout d’abord, dans l’état actuel de notre législation, le meurtre d’un conjoint constitue déjà une circonstance aggravante. Or, la création d’une infraction à part entière aura pour effet de retirer ce caractère aggravant… dans le but de conférer davantange de visibilité à une catégorie de victimes de meurtre.

Ensuite, la particularité du « féminicide » renvoie à une intention profonde de l’auteur, qui serait de nature sexiste. Si le sexisme n’est certainement pas orthogonal aux violences conjugales, la preuve de ce motif semble quasiment impossible. Or, comment dissocier les infractions qui en relèvent et celles qui n’en relèvent pas ? Cela revient, ni plus ni moins, à poser une présomption qui se déduirait automatiquement de l’acte.

Sans cohérence juridique, une telle incrimination traduit une vision collectiviste des rapports humains ; où le groupe auquel on appartient primerait sur notre individualité ; où un sexisme endémique serait présumé du seul fait de l’identité sexuelle de l’auteur et de la victime. Cette incrimination se situe dans la continuité d’un militantisme qui transforme progressivement notre droit pénal en outil de lutte féministe… sans atteindre l’objectif d’aider les victimes de violences.

Une fausse analyse d’un vrai problème

Les partisans de ce nouvel arsenal législatif ne semblent pas réaliser que leur vocabulaire cloisonne, enferme, réduit les femmes à une identité commune et pour le moins obscure ; considérées comme une catégorie à part dans la société, et victimes d’une domination structurelle où la violence à leur encontre serait de nature politique. Or, une telle vision des rapports sociaux (le sexisme structurel) ne peut être sérieusement défendue après la mise en perspective d’études à la fois historiques, anthropologiques, biologiques et psychologiques sur les hommes et les femmes.

Sans nier l’existence du sexisme – fruit d’une certaine pauvreté intellectuelle –, le constat de différences sexuées ne résulte pas nécessairement d’une action unilatérale d’un groupe sur un autre ; où les uns n’auraient aucune influence, ni aucune emprise sur l’organisation de la société et les normes sociétales ; où les uns seraient nécessairement plus violents et agressifs que les autres.

Un solution casuistique et non collective

En un mot, le « féminicide » relève d’un problème sémantique, et traduit une vision profondément biaisée des rapports humains. Il fait obstacle à la diversité et la complexité des situations individuelles, qui ne peuvent être réduites à un seul et même filtre. Il ne permet ni d’analyser, ni de traiter le problème des violences conjugales de manière éclairée et efficace.

En réalité, la réponse à ces violences ne peut satisfaire un gouvernement avant tout soucieux de son agenda politique. La solution, strictement casuistique et non collective, exige d’appliquer le droit existant dans le respect des libertés fondamentales. À savoir, l’une des fonctions régaliennes les plus élémentaires.

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  • il faudra trouer l’équivalent pour les hommes car homicide est pris…
    la premiere définition donnée par google sur le sexisme
    Sexisme
    Description Le sexisme désigne l’ensemble des préjugés ou des discriminations basés sur le sexe ou par extension, sur le genre d’une personne. Le terme peut-être utilisé soit pour les deux sexes soit pour les deux genres. Wikipédia

    l’ensemble des préjuges de qui?
    comme telle la définition ne s’applique pas à une personne donnée..mais à une société..l’ensemble
    elle ne s’applique pas aux femmes..

    elle ne préjuge pas de la véracité des préjugés
    ni de la pertinence des discriminations..voire de leur évidence…

    en outre elle est bancale vis à vis de la notion de genre..qui ne serait EN RIEN ,selon certain, associée au sexe..

    comment obtenir des privilèges en les justifiant par l’ horreur des privilèges existant??? en détruisant la possibilité de se défendre en tant qu’individu en mettant à bas la logique et la cohérence.

    je me comporte différemment selon que j’ai affaire à un mâle ou une femelle…si on me le demande je fais état de difference notable entre le groupe des mâles et des femelles..  » les hommes sont plus grands » en moyenne que les femmes , plus forts etc etc… que je n’étends pas aux individus.. hormis les caractéristiques spécifiques au sexe bien sur.. du genre les mâles ont un pénis et les femelles un vagin etc……

    mais à on opinion ce qui fait de moi un sexiste est la conviction qu’en raison des différences sexuelles, des différences dans la loi entre mâles et femelles sont justifiés..
    par exemple des toilettes pour les mâles et pour les femelles..
    une protection accrue des femelles d’abord en raison de leur potentialité à porter et s’occuper des enfants…
    comme fils d’éleveur de vaches j’ai remarquer que traiter les vaches comme les taureaux pouvait aboutir à des problèmes…

    si des gens veulent me faire dire qu’une femme n’est pas une femelle être humain , soit je veux bien leur concéder ce mot…mais dès lors « traduire » tout qui a été dit ou écrit sur les hommes et les femmes … et notamment les étiquettes sur les toilettes ou autre..
    une remarque hors sujet.si le genre d’une personne est lié à ce qu’il en dit ou pense..
    alors compte tenu qu’une personne peut mentir ce n’est pas un élément objectif..et par exemple on ne peut pas faire de statistiques qui aient beaucoup de valeur sur le genre…
    si l’auteur pouvait préciser ce qu’il entend par femme ou homme dans son article ça aiderait…

    • elle ne s’applique pas aux femmes spécifiquement…les femmes ne sont pas « victime » du sexisme…
      tout autant aux hommes..

  • Au moins aussi préoccupant est le fait que l’introduction du terme conduit à la négation de la violence féminine à l’égard de leur conjoint masculin : une victime sur cinq de meurtres violents dans les couples est un homme. C’est beaucoup moins, mais ce n’est pas anecdotique. Et, comme le soulignait un médecin, la vérité sur la violence en pourrait être atteinte qu’en pratiquant une autopsie sur chaque cadavre, ce qui ferait sans doute découvrir quelques cas d’empoisonnement ou de surmédication pas-si-accidentelle-que-ça. Et, ajouterais-je, certains suicides pas si spontanés que ça.

    • sorry : … la violence NE pourrait…

    • oui toutefois, un meurtre est un meurtre..

      les femmes sont majoritairement victimes de mort violente dans le couple ( et minoritairement partout ailleurs je crois)

      pourquoi vouloir en rendre victimes LES femmes…est un mystère…

  • Pour savoir si c’est bien du sexisme (auquel cas le mot « féminicide » est justifié), il faudrait déjà en savoir plus sur les auteurs de ces crimes, leur âge, leur origine etc. Comme nous n’avons évidemment pas de statistiques, à la lecture des faits divers, on peut se demander si une majorité (je dis bien une majorité) n’a pas été élevée dans un environnement qui lui a appris que la femme est bien un être inférieur qui peut être frappée (voire tuée) si elle n’obéit pas, décide de partir etc. Les politiques de prévention pourraient ainsi être ciblées et plus efficaces que ce « Grenelle » qui ne servira à rien. Mais bien évidemment, on préfère noyer le poisson et faire comme si ce danger concernait tout le monde. Appeler ça « violence sur conjoint » c’est aussi une façon de ne pas voir cette réalité : il y a des cultures où frapper sa femme est normal.
    Je suis tombée là-dessus, et en France ?

    https://blogs.mediapart.fr/joelle-stolz/blog/290119/pourquoi-tant-de-feminicides-en-autriche

  • Cette « vision profondément biaisée des rapports humains » relève du marxisme ou du tribalisme. Ce n’est plys la personne qui est au centre du débat, mais son appartenance à tel ou tel groupe.
    On assiste à une négation (de plus) du droit occidental qui donnait la première place à la l’objectivité des faits jugés en fonction de grands proncipes, avant les circonstances ou les intentions de leur auteur.

  • Article d’une grande pertinence.
    Il existe un collectivisme de gauche (le postmodernisme, qui est largement à l’œuvre dans ce concept de « féminicide » ) et un collectivisme de droite (le nationalisme).
    Malheureusement, le débat idéologique dans les médias se résume souvent à l’opposition entre ces deux formes de collectivisme (le politiquement correct contre le réac). Paradoxalement, les idéaux individualistes libéraux progressent en souterrain et sont sans doute ceux qui ont le plus d’impact dans la société depuis l’avènement des Lumières (voir le dernier livre de Steven Pinker) mais sont très rarement articulés et défendus dans les médias.

    • L’humain est grégaire dans sa nature profonde. L’idée d’individus atomisés se construisant seuls à partir de rien est particulièrement naïve. Déconstruire les nations ne libère pas les individus de leur déterminisme grégaire et mimétique.

      • La négation du primat de l’individu sur le groupe constitue l’une des armes favorites pour déconstruire les Nations européennes, pour faire disparaître leur originalité exceptionnelle, ce vers quoi elles ont tendu tout au long de leur histoire sous l’influence du christianisme. Le pseudo individualisme gauchiste, qui s’accorde si bien avec l’islamisme conquérant, fait systématiquement référence à des caractéristiques d’appartenance à tel ou tel groupe, les fameuses minorités et la convergence des luttes. Les revendications sont effectivement convergentes dans le sens où elles ne sont pas au service de l’individu, ce que les discours idéologiques mensongers ne parviennent plus à dissimuler. L’invention du féminicide ne sert pas les femmes. Elle les enrôle dans un conflit artificiel, hommes contre femmes, dont la plupart ne veulent pas. On retrouve une logique identique avec la dénonciation de la société patriarcale imaginaire : créer un conflit là où il n’y en avait pas. C’est pourquoi il est profondément erroné de confondre le véritable libéralisme avec l’individualisme de gauche. C’est peut-être paradoxal, mais pour assurer le primat de l’individu, pour garantir la liberté individuelle, il faut à la base une culture commune forte défendue par le plus grand nombre. Les premiers auteurs libéraux baignaient dans cette culture qui devait leur paraître indiscutable. Quand ils écrivaient, ils n’imaginaient probablement pas qu’elle pourrait un jour être remise en cause. La déchristianisation de l’Europe et la fin des Nations serait marquée par le retour de la domination du groupe et la négation brutale des droits individuels, ce que déjà nazisme et communisme proposaient en leur temps, en cherchant à abattre la culture européenne pour faire la place à leur fantasme d’homme nouveau (qui n’est ni homme ni nouveau).

  • L’ euphémisme « féminicide » est utilisé à juste titre pour reconnaître des crimes sexistes de nature passionnelle et culturelle de et au delà de la Méditerranée, culture importée et non acclimatée depuis quelques décennies, qui déteint sur tout et qui est défendue par des magistrats idéologues complètement à la masse.

  • Bravo, c’est très bien analysé et expliqué. Le terme de « féminicide » est totalement stupide.

  • Voici le résultat de plusieurs décennies de crétinisation absolue des citoyens: une partie des Français n’est plus capable de comprendre sa langue! Effectivement, le terme d’ homicide ne renvoie en aucun cas au meurtre d’un « homme » mais à celui d’une personne de « genre humain », homme ou femme! Le terme « féminicide » est aussi absurde que l’écriture dite inclusive qui mélange tout autant le sexe et le genre linguistique! Une sentinelle comme une victime peuvent bien sûr désigner des mâles!

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