« Nouveau monde » macronien : ne cherchez plus, il n’existe pas !

Emmanuel Macron avait promis un « nouveau monde » : il n’en est rien. Il se coule à merveille dans le moule de ses prédécesseurs.

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13 février 2015 : séance publique - examen du projet de loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques MM. Laurent Grandguillaume, Richard Ferrand et François Brottes by Richard Ferrand(CC BY-NC 2.0)

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« Nouveau monde » macronien : ne cherchez plus, il n’existe pas !

Publié le 16 septembre 2019
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Par Nathalie MP.

À peine avais-je refermé mon ordinateur sur la constatation désabusée que le budget 2020 signait le retour accéléré d’Emmanuel Macron dans « l’Ancien monde » dont il prétendait extraire la France avec une ardeur toute « printanière » et l’audace du jeune loup qui défie ses aînés, que l’actualité s’ingéniait à confirmer ce sentiment. On apprenait en effet que le Président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand n’avait nullement l’intention de démissionner suite à sa mise en examen pour prise illégale d’intérêts dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne.

On parle de Richard Ferrand. On parle de ce député socialiste du Finistère qui fut parmi les premiers à rejoindre Emmanuel Macron, qui devint rapidement instrumental dans la mise sur pied du parti présidentiel La République en Marche (LREM) et dont Emmanuel Macron ne peut manifestement plus se passer. Il déploie depuis lors un activisme de tous les instants qui lui vaut le surnom de « porte-flingue » de la Macronie.

Réélu en juin 2017 à l’Assemblée dans la foulée de l’élection de son poulain, il entre d’abord au gouvernement au poste plutôt obscur de ministre de la Cohésion des territoires, mais doit le quitter quelques semaines plus tard suite aux révélations du Canard enchaîné sur son implication dans une affaire immobilière réalisée entre sa compagne et les Mutuelles de Bretagne dont il fut le Directeur général.

Un revers qui se trouve être une très bonne affaire pour lui comme pour Macron : la confiance du Président lui étant apparemment acquise à jamais, il retrouve son siège de député et prend la tête du groupe LREM nouvellement constitué afin d’en faire une force de frappe musclée et sans bavure au service de l’exécutif.

Entre temps, la plainte déposée par l’association anti-corruption Anticor est classée sans suite en octobre 2017. La vie est belle. Et la vie politique encore plus : lorsque François de Rugy entrera au gouvernement comme ministre de l’Écologie en remplacement de Hulot en septembre 2018, Ferrand lui succédera au perchoir, devenant ainsi le quatrième personnage de l’État et le chef d’orchestre législatif dont Macron a besoin pour traverser la période houleuse Benalla et Gilets jaunes.

Tiens, justement, Rugy. Pour lui, la vie avait commencé plutôt agréablement : homard, champagne, grands crus classés, rien n’était trop beau pour les petits dîners du Président de l’Assemblée qu’il fut. Mediapart étant passé par là, les contribuables ont eu le loisir d’apprécier ce qu’il advenait de leur « pognon » et le ministre a dû quitter précipitamment le gouvernement.

C’est qu’il existe une sorte de « doctrine » non écrite qui arrange bien M. Ferrand maintenant qu’il est lui aussi sur la sellette : un ministre étant nommé et pas élu, il doit quitter le gouvernement dès lors qu’il existe un doute sur sa virginité judiciaire. À l’inverse, un député est un élu, ce qui signifie qu’il a reçu la consécration du peuple pour le représenter. Ce que le peuple a décidé dans les urnes, seul le peuple peut le défaire dans les urnes.

D’où la décision de Richard Ferrand de rester à son poste après sa mise en examen, et d’où sa déclaration pleine de bienséance démocratique :

« Un mis en examen n’est coupable de rien. »

Ce en quoi il n’a pas tort si cette formule un peu trop générale et un peu trop péremptoire est sa façon de rappeler le principe de la présomption d’innocence.

Mais c’est aussi la formule qui nous ramène à « l’Ancien monde ». Outre que celui-ci a toujours su se montrer magnanime envers les petits arrangements personnels que la classe politique tire partout et toujours de ses positions d’autorité, cet effet étant démultiplié par l’extension constante du domaine d’intervention de l’État, il se caractérise également par un maniement des plus habiles du célèbre « deux poids deux mesures ».

À l’époque de l’affaire Fillon qui a éclaté trois à quatre mois avant l’élection présidentielle de mai 2017, Richard Ferrand n’avait de cesse de fustiger les turpitudes du candidat de la droite au nom de la morale supérieure due par les élus à leurs électeurs :

François Fillon – un homme de « l’Ancien monde » qui n’avait pas hésité à tacler ses concurrents de la primaire de droite en disant : « Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen ? » et qui affirmait, à raison, « qu’il ne sert à rien de parler d’autorité quand on n’est pas soi-même irréprochable » – avait d’abord dit que seule une mise en examen pourrait le faire renoncer à sa candidature. La mise en examen étant venue, il est revenu sur son engagement préalable au nom de cette « doctrine » dont je parlais plus haut : il ne peut plus renoncer, il le doit aux électeurs qui seuls ont le pouvoir de l’écarter de la magistrature suprême.

Résumons : mis en examen, Ferrand ne démissionne pas. Après avoir intensément critiqué Fillon du haut d’un prétendu surplomb moral, il s’engouffre au contraire dans les mêmes contorsions et les mêmes justifications boiteuses. Quant à Emmanuel Macron, après avoir condamné de toutes ses forces de preux chevalier sans tache et sans reproche la « lèpre démocratique » dont l’affaire Fillon était l’abominable symptôme, il garde toute sa confiance à un Ferrand jugé « irréprochable » dans l’exercice de ses fonctions. Chassez le naturel, il revient au galop…

Troisième caractéristique comportementale de « l’Ancien monde », le renvoi d’ascenseur associé le plus souvent au « Je te tiens, tu me tiens par la barbichette ». Un sport dans lequel la Macronie se montre également très à l’aise.

Il suffit de penser que Pierre Moscovici, qui fut un pitoyable ministre de l’Économie de François Hollande de 2012 à 2014, a vu sa médiocrité récompensée par un poste de Commissaire européen à l’économie, pour mesurer l’intensité du délabrement qui présidait aux nominations aux plus hauts postes de la fonction publique de « l’Ancien monde ».

On supposerait alors qu’un Président du « Nouveau monde » s’abstiendrait naturellement de tout comportement de cet ordre. Eh bien, on supposerait mal. Car le même Moscovici arrivant au bout de son mandat le 31 octobre prochain, Emmanuel Macron n’a rien eu de plus pressé que de lui proposer la présidence de la Cour des comptes. Solidarité toute naturelle entre ex-ministres socialistes de l’Économie, probablement. Comme c’est touchant !

Mais pour les contribuables, cela marque surtout le début de questionnements sans fin sur la rigueur à attendre de cet indispensable organisme de contrôle des fonds publics et d’information des citoyens.

Il reste à se rappeler qu’en septembre 2017, Emmanuel Macron signait en grande pompe et en direct à la télévision (photo) la première loi du « Nouveau monde », la loi de moralisation de la vie publique.

Il reste à se rappeler qu’elle figurait dans la corbeille de mariage avec le Modem à l’instigation de François Bayrou qui, en bon vertueux qu’il est toujours, se voyait bien en justicier suprême de la classe politique.

Il reste à se rappeler qu’à peine nommés au gouvernement, le même François Bayrou ainsi que ses équipières Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard1 ont dû démissionner car le Modem, comme le RN, est soupçonné d’avoir financé ses permanents avec des fonds publics de Bruxelles en leur attribuant fictivement des postes d’attachés parlementaires européens.

Ce qui n’a pas empêché la France, donc Emmanuel Macron, de proposer Sylvie Goulard pour la nouvelle Commission européenne.

Bref… Des histoires de la politique ordinaire. Et ne vous y trompez pas, c’est sous Macron que ça se passe. Fond ou forme de la politique macronienne, ne cherchez pas le « Nouveau monde » annoncé, il n’est qu’illusion.

  1. Elle aurait remboursé 45 000 euros au Parlement européen.
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  • Tout le monde s’écharpe depuis quelques jours pour savoir si les agissements de Ferrand sont légaux ou pas. Le problème n’est même pas là. Ce type, et ses pareils, a à ce point perdu le sens des réalités, de la décence et de la morale élémentaire (« common decency » diraient les Anglo-saxons), qu’il trouve tout à fait normal de profiter de sa position et de l’entreprise pour laquelle il travaille pour enrichir sa compagne qui se trouve propriétaire d’un local, sans quasiment débourser un centime, en obtenant un prêt parce que les Mutuelles s’engagent à payer le loyer, le dit-loyer couvrant les remboursements… Reconnaissons que coucher avec Richard Ferrand peut justifier quelques compensations…

    • Rien d’illegal dans tout ca ,seulement l’exercice du pouvoir au sein d’une entreprise comme permettre l’embauche des amis meme pour des postes honorifiques.dans l’affaire ferrand , personne n’a ete lésé !

      • non , si çà avait été son entreprise, peut etre .. mais la il s’agit d’une organisation mutualiste , qui a des regles de conduite , dans lesquelles l’enrichissement personnel ne figure pas

        • C’est dur meme pour un liberal d’accepter que certains ont connaissance de choses et en profitent..mais c’est humain ,monsieur !
          Mais dans le cas ferrand ,on ne sait pas si la decision de louer avait le but de s’enrichir ..dans ce cas la …attendons le proces si il’y a

          • ah donc le fait que la mutuelle dirigée par ferrant garantisse
            par contrat sur le loyer le prêt bancaire effectué par sa femme .. ce n’est pas fait pour s’enrichir..

            alors il va falloir avancer une explication plausible.. parce que là

            • Quand tu achetes un bien pour le louer tu t’arranges pour que le locataire te paie ton credit ,l’entretien et le homard du dimanche….franchement je ne sus pas choqué par cette histoire sauf si l’interet de la mutuelle etait d’acheter le bien…

              • Cette affaire trouve beaucoup trop de gens défendant « l’occasion fait le larron », ou « la connivence n’est pas en soi un délit », ou « tant que les victimes sont mal identifiées, et que rien n’est prouvé par un jugement écrit, il n’y a pas mort d’homme ». Comme de plus bien des gens font le raccourci argent=malhonnêteté chez les libéraux, =aide aux plus démunis chez les socialistes, on est loin de l’établissement loyal d’une position. Chacun devrait pourtant se faire une opinion et non chercher un camp à suivre, et en l’occurrence l’usage devrait être que le suspect renonce à tout mandat, et retourne devant les électeurs s’il s’estime innocent et ne peut pas attendre les conclusions de l’enquête. Ce que les urnes apportent, les urnes doivent pouvoir le reprendre.

              • @ reactitude : dans ce cas, on ne peut qu’admirer l’abnégation de Mr Ferrand, qui aurait pu s’enrichir lui-même tout à fait légalement, en profitant juste de « ses connaissances des choses » comme vous dites, et qui a préféré enrichir sa compagne – je n’ose bien sûr imaginer qu’il ait fait ça pour éviter que son nom apparaisse trop, puisqu’il n’y a rien de répréhensible…
                Comme il n’y a rien de répréhensible dans le fait que son entrée aux Mutuelles de Bretagne n’était qu’un énième recasage entre petits copains socialistes : c’est Kofi Yamgnane, député socialiste dont il était le conseil en communication, qui lui a trouvé ce poste grâce à un « ami commun » quand il a été battu aux élections et qu’il a dû licencier son équipe.
                Bref, pourquoi voir népotisme et fourberie, là où tout n’est qu’amour et camaraderie ?

          • @ Reactitude
            Vous n’avez donc aucune morale pour approuver les combines minables d’un socialiste donneur de leçons qui enrichit sa maîtresse avec l’argent de la Mutuelle?

      • Si personne n’est lésé, pourquoi ne pas inscrire cet enrichissement par connivence dans « l’esprit mutualiste » ? Pourquoi ne pas choisir par tirage au sort parmi les sociétaires l’heureux bénéficiaire de cette crapoteuse opération ? N’importe quel quidam est aussi légitime à l’enrichissement que la compagne de Ferrand, non ?

      • « Rien d’illegal dans tout ca »
        C’est vrai, quand on appartient à la Mafia.

  • magouilles , mensonges , mains sales , incompétence…..macron appelle  » ça  » , la France du mérite…ça pue le rance chez l’exécutif ;

  • Le peuple est con.
    Non pas que les gens individuellement soient stupides , mais plus la foule augmente plus le niveau baisse c’est bien connu..
    Comment avoir gobé qu’un ‘ nouveau monde politique » pouvait naître d’une irruption soigneusement préparée par hollande pour mettre en place la social democratie a la barbe des frondeurs socialistes qui l’ont empêché de se représenter ..

    Ce n’est pas parce qu’on colle une nouvelle étiquette ,sur un ex socialiste , « en marche », qu’on crée un nouveau monde..
    Si on eut creer un « nouveau monde  » il convient de dépoussiérer la constitution de la 5 eme republique
    pour une democratie moins merdique que celle qui permet l’élection d’un president avec 21% au premier tour..
    Qu’on interdise l’élection d’un fonctionnaire qui n’aurait pas démissionné de son corps d’origine..sinon comment reformer la fonction publique avec des députés fonctionnaires eux meme..

    apres les vrais/faux scandales judiciaires font rigoler , cahusac en corse peinard, pas un jour de taule, balkany incarcéré..
    Ferrand magouilleur avéré president de l’assemblée nationale
    Fillon éliminé électoralement

    non la republique française bananière est foireuse, et çà se sait ,
    « La politique c’est comme l’andouillette çà peut sentir la merde , mais pas trop  »
    clemenceau

    • Créer un nouveau monde c’est constructiviste ; il conviendrait de dire nous allons démonter tout ce qui empêche l’émergence d’un autre (meilleur) monde.

    • sans parler de mame belloubet , ministre de la justice , qui « omet « de déclarer au fisc une maison et deux appartements …..curieux ces trous de mémoire dés qu’il s’agit d’être un tant soi peu honnête….

      • mais oui , on ne peut attendre d’un politique que l’efficacité..quand c’est possible
        la morale c’est bon pour le clergé et encore..
        Un politique est a la recherche du pouvoir , çà le fait bander ,et ce n’est pas le saint que décrivent les livres d’images distribués pendant les campagnes électorales..

        hélas les politiques français utilisent la justice ou la morale pour éliminer un concurrent , virer un affidé devenu gênant(pour pouvoir donner le poste a un autre plus porteur en l’instant etc..)
        la justice n’est pas impartiale , elle est instrumentalisée par les idéologies syndicales, le pouvoir ,et les ambitions..
        des uns et des autres..
        quand sarkosy sera t il jugé? ben jamais vous pensez bien .. un non lieu..
        quand fillon sera t il jugé? pareil en 2043 ( mis en examen en 6 semaines , par la justice de bercy)
        arff

      • @véra : et je me demande si elle ne ment pas sur la valeur de ses biens, car une maison et deux appartements (60 et 30m2) à Paris à mon avis ça vaut beaucoup plus, sachant que le m2 dans la capitale atteint aujourd’hui les 10000 euros.

        • Hélébore , possible en éffet , mais ça reste une menteuse car je ne crois pas à l’oubli ;

          • évidement les chiffres sont minorés , et l’escroquerie patente..c’est le nouveau monde qui ressemble comme deux gouttes d’eau a l’ancien

          • Il y a quand même un oubli dans l’affaire, celui que ces contraintes fiscales dont s’affranchissent les bien pourvus d’amis sont d’un poids insupportable pour ceux qui n’ont pas les moyens d’y échapper, et que les puissants devraient utiliser leur influence à les réduire pour tous plutôt qu’à y échapper personnellement.

      • Mame Belloubet ? Ah pas de chance d’être aussi tête en l’air !
        Mais bon pardonnons car quand on possède trop de propriétés on peut se tromper…
        Mettons-nous un peu à sa place… en rêve !

      • Bah , son secretaire a foiré , comme si la dame se preoccupait ,avait le temps de s’abaisser a d’aussi basses besognes !

      • @véra
        Bonsoir,
        Ce sont les mêmes qui nous exortent à cracher au bassinet sans rouspéter ; qui vont jusque sur nos salaires pour nous délester ; qui nous trouvent des raisons pour allourdir la ponction ; qui sont les premiers à éviter de payer trop dès qu’ils le peuvent. Le meilleur exemple en fut le président précédent qui s’était bien arrangé pour payer 50% d’impôts en moins, tout en plombant les nôtres.

    • « Le peuple est con.
      Non pas que les gens individuellement soient stupides , mais plus la foule augmente plus le niveau baisse c’est bien connu.. »

      En realité c’est bien plus de la simple mécanique:

      https://www.wikiberal.org/wiki/%C3%89cole_du_Choix_Public

    • En fait, c’est Edouard Herriot, né a Troyes, berceau des andouillettes :
      ‘ La politique, c’est comme l’andouillette, ça doit sentir un peu la merde, mais pas trop. ‘

    • je ne vois pas Hollande préparer quoi que ce soit de soigneusement.
      😉

    • C’est bien ça le socialisme le monde de l’illusion. D’ailleurs ne vient-il pas d’être créé un diplôme d’état de la magie dès cette rentrée scolaire ?

  • La politique c’est une efficace fabrique d’enfumage ! Croire le baratin de ces gens-là c’est être sous-équipé intellectuellement ! Je ne comprends pas qu’il existe même une profession : journalistes politiques, paradant elle aussi, (tellement fière de ses connivences) analysant les dires et les promesses de ces bonimenteurs avec un très grand sérieux ! Ces gens seraient les premiers à se moquer d’une émission télévisée populaire, allez disons P. Sébastien par exemple.
    Mais fréquenter des politiques illusionnistes, menteurs, (et des artistes engagés, et quand on dit engagés vous voyez ce que je veux dire, on ne peut être engagés qu’à gauche !) voilà leur crédo !
    Nous sommes cernés par des donneurs de leçons à tous niveaux
    dans ce monde de profiteurs, truqueurs-menteurs, les exceptions sont tellement rares qu’un niveau moyenne section de maternelle suffit pour les compter. (personnellement j’en vois à 5 ou 6)
    Ce qui les intéresse c’est leur carrière, leurs avantages, leurs gros sous. Naïve je croyais en François Bayrou, me disant : il s’est fait tout seul, il vient d’un milieu honnête, et voilà que patatras il est comme les autres !
    Je pensais que Mélenchon était honnête, quoique un doute m’était venu à un certain moment, et j’attendais confirmation. C’est arrivé.
    J’ai des doutes sur d’autres aussi. Il en effet remarquable que plus la ou le politique hurle et vitupère sur la moralité d’un confrère, c’est qu’il est lui-même sujet à caution ! Je repère les donneurs de leçons et je les attends au tournant !
    Il est tout à fait compréhensible que « les gens » ne souhaitent plus voter.
    Ce qui nous donne des scores minables comme celui des dernières élections.
    J’entendais hier à la radio l’interview d’un Tunisien lambda concernant les élections présidentielles dans son pays : « nous avons le choix entre des incompétents, des menteurs ou des corrompus ! »
    J’ai pensé : donnons-nous la main !
    La politique, où que ce soit c’est juste un opium du peuple !

    • Pourquoi voulez-vous qye les politiciens soient des saints alors que l’individualisme exacerbé conduit à un affaissement moral assez général?
      Ce n’est pas le tout de défendre la liberté des personnes, encore faut-il qu’elle soit, au moins de temps et temps, orientée vers autre chose que l’intérêt personnel immédiat…
      Ce à quoi incitait la bonne vieille morale chrétienne que la République a passée par-dessus bord.

      • Vous n’avez rien compris, c’est une question de responsabilité, pas de morale. Ce n’est pas la morale qui empêchait les gens de faire des conneries, mais les risques qu’ils encouraient à se faire prendre.
        Depuis que le risque est tombé à zéro, c’est la fête du slip.

        • Je ne crois pas. Iriez vous voler le sac a main d une petite vieille dans la rue meme si vous savez que le risque d etre pris est nul ?

          Il est clair que le risque d etre pris et puni incite a ne pas commettre d infraction, mais c est pas le seul garde fou.
          Faire de l emploi fictif par exemple est considere comme normal par nos dirigeants (je suis sur que ce pauvre Fillon n a meme pas compris ce qui lui arrivait. Tout comme De Rugy et ses homards (quoi, j ai juste fait une bouffe avec des copains aux frais de la princesse !))

          • Cela dépend, voyez-vous…
            Si c’est une « chance pour la France » qui vole le sac, tout en sachant que, à la limite, s’il se fait prendre, il aura droit à une petite remontrance puis il pourra la refaire autant de fois qu’il le veut, alors oui, il le fera (et c’est d’ailleurs ce qui se passe, assez souvent).
            Si c’est par contre un buraliste ou un bijoutier qui, excédés par l’inaction de la force publique face à des agressions répétées, essaient maladroitement de se protéger eux-mêmes, alors la peine sera exemplaire.
            « La morale » est là juste pour renforcer les principes dans l’esprit collectif. Quand les principes disparaissent, la morale n’y est plus depuis longtemps dans les parages.

            Quant aux Fillon et autres de Rugy, soyons sérieux. C’est juste la façon habituelle du système de montrer qui contrôle. Ferrand a fait mieux (ou pire, c’est selon), mais il est toujours tranquille. Et c’est juste un exemple. Bayrou aussi a été remis à sa place. Etc, etc.

        • La responsabilité, c’est pouvoir « répondre de ses actes ». En fonction de quels critères? Là est la question posée par la morale.

          • Non, justement. Fillon a été « jugé » sur des critères de « morale », quand selon le droit il n’avait rien fait d’illégal, comme des centaines d’autres parlementaires (que les lois n’étaient pas justes, c’est une autre histoire).
            Un Etat est dit « de Droit » s’il fait respecter le Droit. Jamais la « morale ».
            Le Droit est général et objectif, la morale est personnelle et subjective.

  • Macron (pas seulement lui mais aussi ses mentors) a su parfaitement capter le dégagisme ambiant. L’astuce était de faire croire au nouveau monde pour mieux sauver l’ancien.

  • Ferrand ❓
    Mais lui, c’estpaspareil, il fait partie du kampdubien, pas Fillon.

  • « Le nouveau monde macronien » n’est que le maquillage grossier d’une grande imposture pour conquérir le pouvoir dans la continuité des errements du passé.
    On pourrait citer par exemple le différentiel existant:
    D’une part, les promesses du candidat Macron « qui avait promis une réduction des dépenses publiques de 60 milliards d’euros et une baisse de 120.000 emplois de fonctionnaires sur le quinquennat.
    Et d’autre part, la réalité de l’exercice du pouvoir qui a fait que, « l’objectif de diminution des effectifs est retombé à 15.000 postes, soit 85% de moins que prévu. » Quant aux dépenses, elles ont explosées « 50 milliards de plus en un peu plus de 2 ans soit un tiers de plus que le surcroit de dépenses constaté durant la même période du quinquennat Hollande ».
    « Le nouveau monde macronien est ne fiction destinée à abuser de la confiance des français par des promesses électorales non tenues!

  • Comme si on avait eu quelques illusions…
    Je ne crois plus au père Noël depuis mes six ans.

  • Avec Macron tout n’est qu’illusion! Mais il trouve des abrutis pour voter pour lui et le soutenir.

  • « la constatation désabusée »

    Pour être désabusé, encore faut-il avoir été abusé. Seul 1 Français sur 8 peut aujourd’hui se prétendre désabusé. Pour les 7 autres Français, on évoquera au choix l’indifférence, la colère, l’amusement, la lassitude, le mépris…

  • Effectivement il n’a jamais existé et cette prise de pouvoir aurait pu avoir pour nom de code,opération Lampedusa ou « il faut que tout change pour que rien ne change » !
    Quant aux élus LREM ils sont à 90% d’anciens PS,comme à la Libération ou tout le monde était devenu FFI !

  • Toujours autant de plaisir à lire vos articles !
    Ah! ce Ferrand…

  • Tous les mis en causes de la macronie sont des renégats socialistes et verts qui sont allés à la soupe en courant avec empressement.
    Et l’on s’étonne qu’ils soient rattrapés par la patrouille?

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