Incroyable : l’État crée un diplôme de… magicien !

Le magicien by Chris Tomneer(CC BY-ND 2.0) — Chris Tomneer, CC-BY

Non ce n’est pas une plaisanterie : l’État a créé un diplôme de magicien. À partir de ce mois de septembre, vous pouvez devenir magicien professionnel reconnu, diplômé d’État

Par Phoebe Ann Moses.

Non ce n’est pas une plaisanterie : l’État a créé un diplôme de magicien. À partir de ce mois de septembre, vous pouvez devenir magicien professionnel reconnu, diplômé d’État®.

Ainsi, on découvre sur le site Capital les propos d’Adeline Galland, responsable de la formation chez Double Fond, le café-théâtre à l’origine de cette demande de formation.

« Jusqu’à présent, les passionnés d’illusionnisme qui voulaient en faire leur métier pouvait se former en autodidacte, sur le net, auprès de magiciens établis ou encore en école privée. Disposer d’un diplôme officiel va donner encore plus de crédibilité et de légitimité au métier. »

On se demande bien comment faisaient les Houdini, Garcimore, Copperfield, Éric Antoine, avant qu’existe une validation de leur talent par l’État.

Il faut dire qu’en matière de prestidigitation, l’État s’y connaît ! Pensez donc : avec Marisol Touraine, il avait fait disparaître d’un coup de baguette magique le trou de la Sécu, avec l’INSEE il fait apparaître des numéros d’identification d’assurés qui n’existent pas, il ressuscite les morts qui peuvent aller voter,  il fait des tour de passe-passe entre les budgets, pouf, il habille Paul avec les vêtements de Pierre, et surtout, il fait se volatiliser l’argent de vos poches sans que vous l’ayez vu venir…

Demandez le programme… et le prix !

La responsable de formation, Adeline Galland, détaille la formation validée par l’État :

« La formation, qui n’exige aucun prérequis, s’articule en quatre grands temps. Un premier est consacré à la culture et à la l’exercice de la magie, c’est là que l’on apprend les principaux tours. Un deuxième est dédié à la préparation des numéros, c’est-à-dire s’adapter à la salle où on va jouer. Un troisième se concentre sur l’interprétation, donc le côté purement artistique. Enfin, un dernier s’attelle au développement et à la gestion d’activité du magicien, ou comment se projeter comme un vrai entrepreneur. »

L’État qui valide une formation à la vie d’entrepreneur, c’est un peu le loup qui explique à l’agneau la recette du gigot. Mais admettons.

Il reste curieux de vouloir faire entrer dans des cases strictes un métier dont la particularité est justement d’être artistique, donc hors-normes et dépendant directement du talent personnel. On voit mal comment l’État s’y prendra pour recaler les postulants manquant de talent, brisant alors leur rêve de vie d’artiste. Déjà qu’il peine à faire redoubler les élèves… Finira-t-il par valider complaisamment un diplôme pour ne pas froisser les espoirs des magiciens les plus mauvais ?

Là où les choses deviennent plus croustillantes, c’est lorsqu’on apprend que pour devenir un vrai magicien reconnu par l’État®, cela coûte la bagatelle 14 850 euros hors taxe.

Pas de panique, la responsable de formation explique que l’argent ne sortira pas de votre poche. Et hop, c’est déjà magique :

« Un sacré budget, qui peut heureusement être en partie financé par le compte personnel de formation (CPF) pour les salariés. “Renseignez-vous dans votre entreprise, cela peut aussi passer par le plan de développement des compétences, le plan de professionnalisation”, indique la responsable de la formation. »

Bien sûr, cet argent sorti tout droit d’une licorne magique pourrait alimenter les finances du café-théâtre qui « offre » cette possibilité de se former à être magicien-diplômé-d’État®. Sinon, il pourrait aussi servir à faire grossir les rangs des tout aussi officiels « intermittents du spectacle ».  Car quand l’État se mêle de quelque chose, c’est toujours une franche réussite.

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