Trump en Corée du Nord : un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’Histoire

Trump, Pentagon leaders honor 9/11 victims By: Chairman of the Joint Chiefs of Staff - CC BY 2.0

Trump devient le premier président américain à mettre officiellement le pied en Corée du Nord. D’un État libre capitaliste à un État totalitaire socialiste, il n’a fallu que quelques pas.

Par Ludovic Delory.

En franchissant la ligne de démarcation de la zone démilitarisée (DMZ) située entre la Corée du Sud, libre et démocratique, et la Corée du Nord, Donald Trump a posé hier un geste symbolique. Celui d’un homme conscient de sa puissance. Et de sa liberté.

Jamais un président américain n’avait officiellement traversé la ligne pavée qui sépare les deux Corée(s). Sous les flashes, et dans une démarche — semble-t-il — improvisée. La troisième rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-Un était initialement prévue à Panmunjom, le village où fut signée la trêve de la guerre américano-coréenne de 1950-1953. Les deux pays s’étaient alors quittés sur un armistice, mais pas sur un traité de paix.

En foulant le sol nord-coréen, comme aucun autre de ses prédécesseurs ne l’avait fait, Donald Trump a donc ouvert une nouvelle page diplomatique.

D’une Corée à l’autre en quelques pas

Spontané ? Préparé ? Ce geste laisse peu de place au doute. Les rencontres répétées au cours des récents mois entre les dirigeants des deux États considérés, pour les uns comme le plus ouvert, et pour les autres comme le plus fermé du monde, offrent un début d’analyse.

La stratégie de négociation du président américain consiste à se faire succéder les menaces et les cadeaux. Les négociations commerciales récentes avec Pékin ou plus belliqueuses avec l’Iran en offrent un bon exemple. Et si les États-Unis d’aujourd’hui s’affichaient moins va-t-en guerre que leurs prédécesseurs ? La force militaire américaine offre le meilleur exemple d’un discours basé sur la dissuasion.

Donald Trump a théorisé sa méthode depuis longtemps, dans son best-seller plus que trentenaire, The Art of the Deal : créer une onde de choc psychologique en la suivant d’une main tendue. La « surprise permanente » fait partie de la méthode Trump. Et le franchissement, hier, de ce 38e parallèle Nord ne devrait constituer une surprise pour personne : dès sa campagne, le candidat conservateur avait promis de ne pas entraîner les États-Unis dans des guerres inutiles et ruineuses. Il le sait, la potentielle attaque de la Corée du Nord ne mènerait à rien.

Trump : isolationnisme ou calcul diplomatique ?

L’enjeu de ce pas de danse et de cette improvisation calculée reste néanmoins clair :
Washington exige de Pyongyang un abandon définitif de son programme nucléaire. Avec en contrepartie l’abandon, de la part du régime nord-coréen, de son totalitarisme axé sur les idées socialistes ?

Seul l’avenir le dira. Car cette traversée symbolique n’est jusqu’à présent pas suivie d’effets concrets.

En bref, du jeu politique.

Mais en termes de pacification des relations internationales, et plus que tous ses prédécesseurs, Donald Trump a franchi une ligne. Celle, d’abord, qui sépare les « faucons » des vrais négociateurs. Celle, dans un autre registre, qui sépare la Corée du Sud capitaliste — remarquable « licorne » de l’après-séparation — de sa voisine du Nord, socialiste et totalitaire — donc appauvrie.

En guise de signal, c’est déjà beaucoup.

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