Trump en Corée du Nord : un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’Histoire

Trump devient le premier président américain à mettre officiellement le pied en Corée du Nord. D’un État libre capitaliste à un État totalitaire socialiste, il n’a fallu que quelques pas.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Trump, Pentagon leaders honor 9/11 victims By: Chairman of the Joint Chiefs of Staff - CC BY 2.0

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Trump en Corée du Nord : un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’Histoire

Publié le 1 juillet 2019
- A +

Par Ludovic Delory.

En franchissant la ligne de démarcation de la zone démilitarisée (DMZ) située entre la Corée du Sud, libre et démocratique, et la Corée du Nord, Donald Trump a posé hier un geste symbolique. Celui d’un homme conscient de sa puissance. Et de sa liberté.

Jamais un président américain n’avait officiellement traversé la ligne pavée qui sépare les deux Corée(s). Sous les flashes, et dans une démarche — semble-t-il — improvisée. La troisième rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-Un était initialement prévue à Panmunjom, le village où fut signée la trêve de la guerre américano-coréenne de 1950-1953. Les deux pays s’étaient alors quittés sur un armistice, mais pas sur un traité de paix.

En foulant le sol nord-coréen, comme aucun autre de ses prédécesseurs ne l’avait fait, Donald Trump a donc ouvert une nouvelle page diplomatique.

D’une Corée à l’autre en quelques pas

Spontané ? Préparé ? Ce geste laisse peu de place au doute. Les rencontres répétées au cours des récents mois entre les dirigeants des deux États considérés, pour les uns comme le plus ouvert, et pour les autres comme le plus fermé du monde, offrent un début d’analyse.

La stratégie de négociation du président américain consiste à se faire succéder les menaces et les cadeaux. Les négociations commerciales récentes avec Pékin ou plus belliqueuses avec l’Iran en offrent un bon exemple. Et si les États-Unis d’aujourd’hui s’affichaient moins va-t-en guerre que leurs prédécesseurs ? La force militaire américaine offre le meilleur exemple d’un discours basé sur la dissuasion.

Donald Trump a théorisé sa méthode depuis longtemps, dans son best-seller plus que trentenaire, The Art of the Deal : créer une onde de choc psychologique en la suivant d’une main tendue. La « surprise permanente » fait partie de la méthode Trump. Et le franchissement, hier, de ce 38e parallèle Nord ne devrait constituer une surprise pour personne : dès sa campagne, le candidat conservateur avait promis de ne pas entraîner les États-Unis dans des guerres inutiles et ruineuses. Il le sait, la potentielle attaque de la Corée du Nord ne mènerait à rien.

Trump : isolationnisme ou calcul diplomatique ?

L’enjeu de ce pas de danse et de cette improvisation calculée reste néanmoins clair :
Washington exige de Pyongyang un abandon définitif de son programme nucléaire. Avec en contrepartie l’abandon, de la part du régime nord-coréen, de son totalitarisme axé sur les idées socialistes ?

Seul l’avenir le dira. Car cette traversée symbolique n’est jusqu’à présent pas suivie d’effets concrets.

En bref, du jeu politique.

Mais en termes de pacification des relations internationales, et plus que tous ses prédécesseurs, Donald Trump a franchi une ligne. Celle, d’abord, qui sépare les « faucons » des vrais négociateurs. Celle, dans un autre registre, qui sépare la Corée du Sud capitaliste — remarquable « licorne » de l’après-séparation — de sa voisine du Nord, socialiste et totalitaire — donc appauvrie.

En guise de signal, c’est déjà beaucoup.

Voir les commentaires (18)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (18)
  • C’est effectivement un pas de géant. Pas dans les relations entre deux pays, mais dans la manière de considérer et de mener des négociations internationales. Dire, écrire même dans un livre, ce que l’on va faire et comment, et le faire ensuite, on ne peut que condamner les médias qui ne parviennent pas à reconnaître cette qualité centrale à Trump.

  • Gageons que la presse française, aussi venimeuse et partiale que la presse américaine convenue, cherchera des arguments pour critiquer Trump, en tort quoi qu’il fasse.

  • Une simple gesticulation photo-journalistique !… Et rien d’autre.
    Le Trump est en campagne donc une bonne petite pub ne fait pas que du mal.

    • Peut-être ; n’empêche, quelles questions peuvent bien se posaient les quidams Nord-Coréens sur ce qui devrait être l’incarnation du diable ?

  • Trump va t il être proposé pour le Nobel de la Paix?
    Après tout, son prédécesseur l’a bien reçu lui, après son discours du Caire?
    Ce serait assez amusant.

    • Trump mérite 100x plus le nobel de la paix que son prédécesseur.

    • @nevez : Excellent question, et c’est non. Voyez le texte de 2009 :

      « …Barack Obama pour ses efforts extraordinaires visant à renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples. Le Comité a attaché une importance particulière à la vision d’Obama d’un monde sans armes nucléaires. »
      —Aux dernières nouvelles, on a des doutes sur l’existence du nucléaire iranien (qu’ils ont donc promis d’abandonner contre récupérations financieres), alors qu’ils n’ont pas voulu lâcher leurs lanceurs lourds … Et ne parlons de la Corée du Nord qui a développé son arsenal PENDANT Obama… Ou des relations avec les Russes, ou l’UE.

      « … La diplomatie multilatérale a repris sa place centrale en mettant l’accent sur le rôle que peuvent jouer l’ONU et d’autres institutions internationales. Le dialogue et les négociations sont préférés comme instruments de résolution des conflits internationaux les plus difficiles. …. La démocratie et les droits de l’homme doivent être renforcés. »
      —La « vision d’Obama » s’est avéré être contraire à sa politique du terrain. Guerres, accord iranien étrange, interventionnisme, la démocratie en Chine. Sans oublier l’accord du Pacifique qui a totalement échoué.

      « Ce n’est que très rarement qu’une personne dans la même mesure qu’Obama a attiré l’attention du monde et a donné à ses citoyens l’espoir d’un avenir meilleur. Sa diplomatie est fondée sur le concept que ceux qui doivent diriger le monde doivent le faire sur la base de valeurs et d’attitudes partagées par la majorité de la population mondiale. »
      —Cela ressemble au gouvernement mondial… ah l’extraterritorialité du droit US sur les nations souveraines !

      « Depuis 108 ans, le Comité Nobel norvégien cherche à stimuler précisément cette politique internationale et ces attitudes pour lesquelles Obama est désormais le principal porte-parole du monde. Le Comité souscrit à l’appel lancé par Obama: «Le moment est venu pour nous tous d’assumer notre part de responsabilité pour une réponse mondiale aux défis mondiaux». »
      —Attitude du comité très orientée. J’en connait qui pour bien moins ont été traité de poupée…

      Au final, ce nobel 2009 ressemble moins à la paix qu’à une promesse de gouvernement mondial, qui a faillit se faire.
      Diable de Trump !

  • trump , il dit ce qu’il va faire et il fait ce qu’il a dit…..et il le fait vraiment …..on ne peut pas dire que c’est un faux cul…..

  • Trump est plutôt disruptif dans ses méthodes. Souffler le froid puis le chaud, c’est astucieux.
    Aura-t-il des résultats avec ce pays? Difficile à dire tant l’huître est fermée et verrouillée.

    • C’est un avis purement personnel, mais à mon avis la situation interne du pays ne plait pas au dictateur actuel, qui à été propulsé grand chef du pays alors qu’il faisait ses étude en suisse.
      Le type est sous pression permanente avec les hauts gradés de l’armée. (d’ailleurs il à fait quelques series de remplacement pour diminuer cette pression je dirais).
      D’autre part c’est intéressant de voir comment en parle le basketteur Denis Rodman, je doute fortement que ce type veuille maintenir le régime actuel.

    • @ MichelC
      Il y a un précédent avec Theodore Roosevelt qui appliquait la politique nommée du Gros bâton. On négocie mais avec un gourdin à la main!

  • Donald ne manquera pas de critiquer la déco, ce qui devrait faire tousser les oncles du petit Kim.
    Gérard était déjà venu voir Kim, et avait mis un joyeux boxon.
    https://www.parismatch.com/People/Gerard-Depardieu-a-la-conquete-de-la-Coree-du-Nord-1575990

  • Tout ce qui peut éloigner des peuples de l’affrontement militaire est à saluer. Le jeune Kim est flatté d’être reconnu et se détend un peu : c’est déjà beaucoup. Le président Trump a eu l’intelligence de lui tendre la main, comme Nikita Khrouchtchev l’a tendue en son temps à l’Amérique. Et le monde entier en avait été soulagé. Puisse l’Histoire se répéter à nouveau en ce sens !

  • « L’enjeu de ce pas de danse et de cette improvisation calculée reste néanmoins clair :
    Washington exige de Pyongyang un abandon définitif de son programme nucléaire. Avec en contrepartie l’abandon, de la part du régime nord-coréen, de son totalitarisme axé sur les idées socialistes ? »
    La Corée du Nord cède un truc et en contrepartie, elle cède un autre truc ?
    La formulation est maladroite. Trump, en tant qu’américain, se moque du totalitarisme nord coréen. Ce qui l’intéresse, c’est la question de l’arme nucléaire. en échange, un relâchement de la pression économique sur le royaume ermite…

  • Les commentaires sont fermés.

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Des milliers de partisans de l’ancien président Jair Bolsonaro ont pris d’assaut le palais présidentiel, le congrès et la Cour suprême ce dimanche à Brazilia, appelant à une intervention militaire pour destituer le président nouvellement élu Luiz Inácio Lula da Silva. Malgré les dégâts occasionnés, le gouvernement semble avoir repris le contrôle des bâtiments sans trop de difficultés.

All eyes need to be on Brazil right now. Democracy is completely under attack. Bolsonaro supporters are invading Congress, the presi... Poursuivre la lecture

Donald Trump est-il devenu un fardeau ?

Le 6 décembre fut la dernière manche des élections de mi-mandat aux États-Unis. Le Parti démocrate a pu conserver le siège de Raphael Warnock, leur permettant ainsi d’avoir reconquis tous leurs sièges sénatoriaux en jeu, du jamais vu depuis 1934.

Il faut dire que le parti de Joe Biden avait mis le paquet pour garder ses sièges : ils ont dépensé des sommes record pour des élections de mi-mandat, y compris pour supporter des Républicains contre qui ils croyaient avoir plus de chance de gagne... Poursuivre la lecture

Par Eric Descheemaeker. Un article de Conflits

 

Un an après le référendum en Nouvelle-Calédonie, le Pacifique et l’espace océanien sont toujours des impensés de la stratégie française. Aucune vision, aucune analyse pour penser une projection française dans cette zone pourtant essentielle.

La Revue stratégique de défense et de sécurité nationale de 2017 nous avait annoncé, non sans quelque triomphalisme, que la France « développ[ait] avec l’Australie un partenariat structurant et de longue durée », tandis qu’« avec l... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles