Climat : le leurre et l’argent du leurre

Climate 2 by Brett Davis(CC BY-NC 2.0) — Brett Davis, CC-BY

Il est parfois des intérêts ironiquement conjoints : le business du climat se chiffrerait actuellement à 1500 milliards de dollars par an et les perspectives s’élèveraient à 7000 milliards. Juteux !

Par Thierry Godefridi.

Lors d’une récente présentation d’un fonds d’investissement à laquelle nous assistions l’un et l’autre, un financier me prétendit avec aplomb que la fonte de la banquise arctique était « un fait avéré » et que la fonte trouvait bien entendu son origine dans l’activité humaine, ce qui justifiait sans doute à ses yeux l’engouement des investisseurs pour les fonds de type « écologique ».

Choc des photos, poids des mots et grand frisson. Des photos et des infos relayées par The Guardian et quelques autres médias concernant la fonte de la calotte glacière du Groenland où l’on voyait des chiens de traineau patauger dans l’eau, la disparition du permafrost des îles arctiques du Canada, « menaçant d’immersion les zones côtières de la planète », et la fonte des glaciers de l’Himalaya ont, pour autant que de besoin, réactivé l’alarme et suscité l’affolement quant à ce que François Gervais a qualifié de « leurre de l’urgence climatique » dans le dernier livre qu’il a publié.

« À l’examen, indique The Guardian à propos de la situation dans l’Himalaya, ce sont 8 milliards de tonnes de glace qui sont perdues chaque année et qui ne sont pas remplacées par de la neige, avec les glaciers en basse altitude se réduisant d’une hauteur de 5 mètres annuellement. L’étude montre que seul le réchauffement global d’origine anthropique peut expliquer cette fonte brutale. Dans des études antérieures, des considérations météorologiques et relatives à l’impact de la pollution de l’air avaient suscité la confusion. »

Autrement dit, le coupable, c’est indubitablement l’Homme, à l’exclusion de toute autre cause possible, même si l’Homme ne compte en définitive, le GIEC lui-même le reconnaît, que pour 4 % des émissions globales de CO2 !

Revenons-en à la banquise. D’après François Gervais, les banquises boréale et australe couvrent en moyenne 12 % de la surface des océans. Pour l’Arctique, c’étaient 5 millions de kilomètres carrés au minimum estival en 2014, soit 50 % de plus qu’en 2012 (3,3 millions de km2), et, à 4,6 millions de km2, son niveau se maintint plus près de 5 millions que de 3,3 en 2017 et 2018, en tout cas loin de la prédiction de l’homme aux vérités qui dérangent, Al Gore, pour lequel l’Arctique eût déjà dû être libre de glaces depuis 2014.

Pour ce qui est de l’Antarctique par contre, l’augmentation de la banquise serait constante, à tel point que si la tendance se maintenait, la banquise rejoindrait la Terre de Feu à l’extrême sud du continent américain pendant l’hiver austral, d’ici quelques décennies, ce qui serait du jamais vu depuis que les navigateurs empruntent le détroit de Drake !

Plusieurs dizaines d’articles corroborent, selon François Gervais, l’idée que les cycles océaniques, en particulier l’oscillation atlantique multi-décennale, dont l’origine est solaire, expliquent, bien mieux que ne le permet le CO2, le réchauffement et le refroidissement de la banquise et du climat. Mais, « celui qui contrôle le CO2, contrôle la vie », comme le dit le physicien américain Richard Lindzen, cité par Drieu Godefridi dans son essai sur « L’écologisme, nouveau totalitarisme », car c’est bien de ça qu’il s’agit.

François Gervais dans « L’urgence climatique est un leurre », écrit :

« L’apocalypse climatique a été choisie par les altermondialistes et ceux prônant la décroissance comme une allégorie à fort contenu émotionnel dans leur lutte contre le capitalisme. »

« Le but des activistes de l’environnement n’est pas de sauver le monde d’une calamité écologique, mais bien de détruire le capitalisme ! » : c’est une ancienne secrétaire générale de la CCNUCC (l’organe suprême de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, qui chapeaute le GIEC et la COP) qui l’a affirmé !

Il est parfois des intérêts ironiquement conjoints : le business du climat se chiffrerait actuellement à 1500 milliards de dollars par an et les perspectives s’élèveraient à 7000 milliards. Juteux ! Ce n’est pas l’ancien vice-président des États-Unis qui le contredira, lui qui déclara une fortune nette de 1,7 million de dollars, principalement détenue en actifs agricoles familiaux, lorsqu’il était candidat à la présidence des États-Unis en 2000, et qui de pionnier de la lutte pour le climat est devenu un magnat des médias et un titan financier en une décennie, avec une fortune personnelle évaluée à plus de 200 millions de dollars. Le Huffington Post révélait en août 2017 qu’il s’était acheté une propriété en bordure de mer en Californie pour la coquette somme de 8,8 millions de dollars.

Le marketing de la peur est rémunérateur ! « Nous devons susciter la peur ! » : c’est, rapporte Hans Rosling dans Factfulness, la première chose qu’Al Gore lui aurait déclarée lors de leur premier entretien sur la façon d’enseigner le changement climatique. Hans Rosling se déclare persuadé du réchauffement du climat et de son origine anthropique, et pourtant : « Al Gore insista au cours de plusieurs entretiens pour que nous lui donnions des graphiques à bulles effrayants qui aillent au-delà des prévisions des experts, jusqu’à ce que je mette fin à la discussion : Monsieur le vice-président. Pas de chiffres, pas de bulles. »

Nombreux sont ceux qui ont tout intérêt à ne pas tuer cette poule aux œufs d’or ! Selon la Banque mondiale, la lutte contre le changement climatique impliquerait de multiplier la dette souveraine du monde par 2,5. Faut-il s’étonner de ce que « le monde de la finance appelait instamment à signer l’accord de Paris » sur le climat (comme l’a relevé François Gervais dans son essai) et, revenant à la conversation évoquée au début de cet article, s’étonner de ce qu’un éminent chief economist déclare – dans un débat l’opposant à un professeur de géopolitique de l’énergie qui s’insurgeait contre le prélèvement d’une taxe sur le transport aérien, compte-tenu de ce que ledit transport ne représentait que 2 % des émissions de CO2 d’origine humaine, soit huit dix-millièmes des émissions globales de CO2 – qu’il fallait taxer toutes les activités humaines sans exception ?

À moins que – pour reprendre l’allégorie de la Ferme aux animaux de George Orwell – l’éminent chief economist n’estime qu’il y a trop de « sans dents » (suivant l’expression d’un ancien président socialiste de la République française) à bord lorsque les nantis du pouvoir et de la finance prennent l’avion ?

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