Comment l’État va planter la légalisation du cannabis

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Alors qu’une véritable libéralisation pourrait réellement solder de nombreux problèmes, nos Zélites zélées vont faire de la légalisation une situation pire que la précédente. Découvrez pourquoi dans cet article plein d’ironie.

Par Diagoras l’Athée.

Afin d’aider nos politiciens à prendre de mauvaises décisions, des chercheurs de gauche qui publient dans des journaux collectivistes (Le Monde et Libération) et proches de LREM ont publié un rapport dans le très indépendant Conseil d’Analyses Économiques.

Cet organisme dépendant des finances de l’État et peuplé de gauchistes se qualifie lui même « d’indépendant » et a donc publié un rapport pondu par des penseurs dont l’objectivité et la neutralité politique ne fait aucun doute. Regardons ce rapport cité dans toute la presse française. Il est disponible sur le lien suivant : http://www.cae-eco.fr/IMG/pdf/cae-note052.pdf

En bon libéral je suis bien entendu en faveur de la libéralisation des drogues, convaincu par les arguments de Milton Friedman à ce sujet (entre autres). Mais dans ce rapport, nous sommes bien loin de la sagesse du vieux monétariste. En fait on se rapproche plus de la sagesse de Maduro avec en perspective des résultats probablement semblables.

Un rapport qui prône le contrôle du marché par l’État

En fait tout est dit dès le début lorsque les deux bolcheviques bureaucrates co- auteurs de l’article nous livrent leurs intentions :

« Dans cette Note, nous explorons les réformes à entreprendre pour reprendre le contrôle de ce marché. »

Ces messieurs-dames ne veulent pas rendre le marché de la drogue à des honnêtes entrepreneurs comme les vignerons, qui produisent une drogue fine et mondialement reconnue pour sa qualité : le vin. Non, ils veulent prendre le contrôle du marché.

Je dois avouer que leur honnêteté a quelque chose de cynique qui n’est pas pour me déplaire dans la forme. Ils avouent clairement qu’ils ne veulent pas transformer le trafic en un commerce. Ils veulent accaparer le trafic. En fait, le problème selon eux ce n’est pas que le marché de cannabis est tenu par des mafieux. Le problème c’est qu’il n’est pas tenu par la bonne mafia. Mais attendez, ça va de mieux en mieux :

« Pour ce faire, nous recommandons la mise en place d’un monopole de production et de distribution du cannabis, placé sous l’égide d’une autorité de régulation indépendante. »

L’État producteur et distributeur de cannabis

Procédons à une analyse linéaire.

Ils recommandent un monopole. De production et de distribution. Donc déjà je me gausse : le monopole de production impliquerait que l’État produise lui-même le cannabis. Sauf que les agriculteurs fonctionnaires, ça ne marche pas (se référer à l’Union Soviétique). D’ailleurs les auteurs ont tellement confiance en eux qu’ils parlent plus tard de rémunérer les agriculteurs. Donc déjà ces admirables bureaucrates se contredisent ou sont confus.

La vérité est que par monopole de production ils signifient en fait monopole du négoce. Ils savent bien qu’il sont parfaitement inaptes à toute autre activité que la gabegie de dépense publique et la confiscation de ressources. Ils savent bien que cultiver des plantes est une activité qui procède davantage de la biologie que du taylorisme appliqué à la production, bullshit administratif (leur point fort). Le monopole de production étatique serait une catastrophe tellement évidente qu’ils n’arrivent même pas à se mentir à eux-mêmes sur ce point. Donc il s’agit en fait de monopole de négoce ; avec votre fric.

Par ailleurs on imagine assez facilement le niveau d’indépendance de ce monopole sous son autorité de régulation. S’il est aussi indépendant le fut France Télécom, l’Éducation nationale (où Nathalie Arthaud enseigne… l’économie) ou La Poste (productrice en chaîne de Besancenot), alors nous pouvons être rassurés : ce sera fait avec finesse et impartialité.

Et puis ils adorent cette idée de créer une autorité de régulation. D’après vous si cette autorité est vraiment créée, serait-il possible qu’on y paye grassement des hauts fonctionnaires dont la probité sera aussi indubitable que celle d’Agnès Saal ? Combien pariez-vous que cette autorité embauchera les deux maxi têtes qui ont pondu ce rapport ?

Mais je m’égare dans des procès d’intention alors qu’il n’y a pas besoin d’aller si loin pour trouver des pleins semi remorques de fumier idéologique dans ce rapport digne d’un plan quinquennal de la défonce par le truchement du parti unique. Lisez plutôt :

Un rapport digne d’une planification soviétique

« Une gestion centralisée permet en effet d’encadrer efficacement le marché et, associée à une amélioration des outils statistiques nécessaires au suivi des évolutions de la consommation comme de la structuration du secteur, de prévenir ses dérives éventuelles. »

Prévenir les « dérives éventuelles »… Non mais sans blague… Les dérives sont parfaitement prévisibles et ancrées dans cette idée même de Gosplan de la « Barette de SHit » (en lettres capitales vous trouverez une heureuse et grivoise contrepèterie).

Si cette autorité indépendante tire sa raison d’exister du monopole étatique, et que c’est elle qui « améliore » les statistiques, combien êtes-vous prêts à parier qu’ils vont bidonner les chiffres pour continuer à maintenir leur monopole et leur gras traitements de hauts fonctionnaires ?

C’est assez hallucinant d’entendre ces soi-disant brillants esprits nous parler d’une institution « indépendante » dont ils décrivent précisément qu’elle sera par nature juge et partie… Est-ce là une preuve du fait qu’ils sont convaincus que nous sommes juste trop stupides pour discerner ce foutage de gueule patenté, ou sont-ils réellement dans le déni psychotique au point de ne pas se rendre compte de l’énormité de ce qu’ils écrivent ?

Vous croyez qu’on a touché le fond ? Vous avez raison. Mais ils ont tout prévu : ils sont venus avec des pelles mécaniques…

L’État garant de la qualité du cannabis !

« En premier lieu, il est nécessaire de garantir des produits de qualité et en quantité suffisante. »

Eh oui, on arrive dans le vif du sujet…

Alors déjà, qu’est-ce qu’un produit de qualité concernant le cannabis ? Est-ce de la Orange Bud bio cultivée en permaculture ? Qui satisfera la conscience du dreadeux roots ? Est ce une bonne White Widow hydroponique avec un excellent rapport THC-prix ? Est ce une Amnesia Haze bien-nommée qui vous plonge dans une léthargie momentanée pour vous faire oublier votre quotidien ? Est-ce une herbe purement CBD sans THC qui soulage les règles douloureuses de madame ?

Une détermination universelle de la qualité du cannabis est-elle vraiment de ce monde ? Je conçois que l’esprit supérieur des Übermensch de la future Fonction publique cannabique soit parfaitement apte à réaliser cette quadrature du cercle comme leurs homologues y étaient arrivés pour tous les produits de consommation dans l’heureuse expérience communiste de l’URSS. Mais je ne sais pas pourquoi : j’ai des doutes…

Et puis qui sera chargé de l’évaluation produit ? Les fonctionnaires vont-ils faire  des dégustations comme pour les AOC ? Payés par l’État pour se mettre la tête à la beuh hydroponique… En voilà un boulot de rêve pour fonctionnaire dévoué !

Et puis il y a le truc de la « quantité suffisante ». Alors comme ils ne se fieront pas au marché (puisqu’il y a monopole et régulation des prix) il y aura soit trop de cannabis et on aura gaspillé du fric, soit pas assez de cannabis et les trafiquants ont encore de beaux jours devant eux. Choisis ton camp camarade…

Une ahurissante vision communiste de l’économie

Mais attendez, la suite de la phrase est là pour vous prouver à quel point ce rapport est dans ses intentions comme ses conclusions :

« En pratiquant initialement des prix payés aux producteurs suffisamment élevés pour assurer le développement de la filière, tout en maintenant des prix payés par les consommateurs suffisamment bas afin d’assécher le marché illégal. Les prix pourraient ensuite être revus à la hausse une fois le marché illégal éradiqué.  »

Voici donc la si pertinente vision économique de nos experts. Après tout c’est leur point fort, l’économie !

Donc si je résume : leur plan c’est de créer une bulle spéculative agricole pour arriver à une situation de surproduction tout en faisant du dumping pour piquer le marché des trafiquants, pour ensuite trahir les agriculteurs trompés par des prix artificiellement hauts en faisant chuter la demande avec des prix de revente prohibitifs et ainsi dévaloriser tout l’investissement qu’ils auront mis en place pour la production d’herbe initialement subventionnée.

Et bien entendu ces brillants esprits n’imaginent même pas qu’après avoir stimulé la production en France, si celle-ci se voit asphyxiée par des prix de détail surtaxés sur le marché légal, elle cherchera forcément des débouchés sur le marché noir. C’est pas comme si ça ne s’était pas déjà produit sur le marché des cigarettes. Ou de l’essence agricole, etc.

Nous avons donc en deux phrases la recette parfaite de la trahison, de la bulle spéculative, du crash de cette même bulle, de la concurrence déloyale, et du renforcement prévisible de la contrebande engendré par leur politique d’augmentation des prix. Bravo ! C’est beau comme du Mugabe en termes de science économique…

Allez un petit dessert ?

« Finalement, nous recommandons de destiner une partie des recettes fiscales du cannabis à la politique de la ville et à l’éducation à destination des zones de trafic. »

Eh oui, car que serait une bonne gabegie collectiviste sans une petite dose de clientélisme ?

Donc au final, moi qui suis totalement en faveur de la légalisation depuis des années, quand je lis ce genre d’article j’ai envie de rire pour surtout ne pas pleurer. Alors qu’une véritable libéralisation pourrait réellement solder de nombreux problèmes, nos Zélites zélées vont faire de la légalisation une situation pire que la précédente.

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