Comment faire disparaître le périphérique parisien ?

Anne Hidalgo by Human Rights for All (CC BY-NC-ND 2.0)

La volonté de la mairie de Paris de diminuer de 70 km/ à 50 km/h la vitesse sur le périphérique n’aura aucune influence sur la réduction de la pollution dans la capitale.

Par Michel Gay.

Plus fort que le magicien David Copperfield qui faisait disparaître des trains, l’adjoint EELV chargé des déplacements à la mairie de Paris (Christophe Najdovski) veut faire disparaître le « monstre routier » du boulevard périphérique en le « transformant ».

Un prétexte : la pollution

Un des moyens pour « transformer » suffisamment ce boulevard afin le faire disparaître, selon la volonté de cet adjoint d’Anne Hidalgo, serait d’abaisser la vitesse de 70 km/h à 50 km/h en prétextant que cette mesure abaisserait la pollution.

Or, les lois de la physique, et notamment celles de l’aérodynamique, étant ce qu’elles sont, la résistance de l’air devient négligeable à partir de 60 km/h dans la baisse de consommation, et donc de pollution, pour tous les véhicules.

En dessous de cette vitesse, ce sont les frottements mécaniques (pneus, roulements, transmissions…) qui deviennent prépondérants dans la résistance globale à l’avancement.

Ainsi, une voiture de type SUV économisera environ 0,3 litre de carburant « aux 100 km » en roulant en permanence à 50 km/h au lieu de 70 km/h, et une citadine économisera 0,2 litre aux 100 km (soit 4 % de leur consommation respective de 7 litres et 5 litres aux 100 km).

Mais cette diminution « massive » des émissions de pollution (qui va changer le monde) sera encore bien inférieure puisque la vitesse moyenne en journée sur le périphérique est déjà de… 40 km/h.

De plus, vers 50 km/h et en dessous, l’ensemble de la chaîne mécanique (rendement moteur, transmission, frottements moteur…) ne travaille plus de façon optimale, et la consommation kilométrique stagne ou ré-augmente. Une voiture consomme davantage à 30 km/h en seconde, qu’à 60 km/h en troisième, ou en quatrième, par kilomètre parcouru.

Quel est le véritable objectif ?

Il s’agit donc d’emm… les utilisateurs du périphérique (Parisiens ou non) afin qu’ils délaissent leur véhicule, pourtant souvent bien pratique suivant les besoins, pour les forcer à emprunter les transports en commun (« Nous allons vous faire aimer le bus, le métro et le RER !… »)

La volonté de la mairie de Paris de diminuer de 70 km/ à 50 km/h la vitesse sur le périphérique n’aura donc quasiment aucune influence sur la réduction de la pollution dans la capitale.

En revanche, quand « ça roule bien » le temps de parcours sera augmenté de 30 %, soit 5 minutes de plus pour parcourir la moitié de la boucle (17 km).

Emprunter le périphérique deviendra petit à petit de plus en plus un enfer jusqu’à le faire disparaître, puisque tel semble être l’objectif de la mairie de Paris… pour sauver les Parisiens malgré eux, et la planète.

Il s’agit, comme le plus souvent en écologie politique, d’un simple effet d’annonce sans aucun fondement scientifique pour donner bonne conscience à quelques-uns en polluant la vie des Français avec de pénibles mesures coercitives inutiles.

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