Prise de notes : faut-il privilégier le stylo ou le clavier ?

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Photo by Nick Morrison on Unsplash

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Prise de notes : faut-il privilégier le stylo ou le clavier ?

Publié le 16 juin 2019
- A +

Par Sylvie Gendreau1.
Un article de The Conversation

Lorsqu’il s’agit de lire ou de prendre des notes, papier et écran ne logent pas à la même enseigne. Lorsque nous lisons, si la longueur du texte ne dépasse pas une page ou, en d’autres termes, si le texte n’a pas besoin d’être déroulé à l’écran, il n’y a aucune différence de compréhension entre les deux supports.

Toutefois lorsque le texte dépasse les 500 mots, le recours aux outils de navigation entame la qualité de la compréhension.

Certaines études précisent toutefois que le papier et l’écran sont sur un pied d’égalité lorsqu’il s’agit d’évaluer la compréhension générale d’un texte, quelle que soit sa longueur, si on n’exige pas du lecteur de fournir un compte rendu détaillé ou nuancé. Cela est particulièrement vrai pour les adolescents confrontés à des textes longs et complexes.

Les avantages écologiques et pratiques de l’écran remportent de plus en plus de succès. De plus, ils ont beaucoup évolué au fil des ans, prenant progressivement l’allure d’une feuille de papier. Alors, comment expliquer l’avantage « cognitif » que semble conserver le support papier ?

Conceptualisation

Parmi les hypothèses avancées, voici celles qui sont les plus souvent invoquées. Sur papier, le texte est fixe. Cette fixité permet au lecteur de construire une représentation spatiale du texte qui sert de repères pour la mémoire. La répartition physique du texte sur le papier permet de naviguer à travers une cartographie de mots.

Subrepticement, l’écran se présente à l’utilisateur comme un outil doté d’une performance innée et rend le lecteur trop confiant face à ses capacités. Ainsi, la tâche lui semble facile, alors qu’inversement, le support papier est traditionnellement associé à un processus d’apprentissage plus ardu.

Qu’en est-il de la prise de notes ? Des expériences ont été menées pour y voir plus clair. Utiliser un portable permet d’enregistrer un plus grand nombre de mots que sur le papier.

La prise de notes sur portable s’apparente à une transcription ; alors que la prise de notes sur papier, plus courte, se concentre sur les concepts. Par conséquent, la prise de notes sur papier favoriserait le traitement des données.

Pour savoir à quoi s’en tenir, on a demandé à ceux qui ont pris des notes sur papier et à ceux qui ont pris des notes sur un portable de se soumettre à un examen trente minutes après la prise de notes.

S’agissant de données factuelles, ceux qui ont pris des notes sur un portable obtiennent une meilleure performance que ceux qui ont pris des notes sur papier. Par contre, lorsqu’il s’agit de mémoriser des données conceptuelles, ceux qui ont pris des notes sur papier surclassent de manière significative ceux qui ont pris des notes sur un portable.

Un nouveau test, réalisé cette fois-ci une semaine après, confirme cette tendance. Ceux qui ont pris des notes sur papier ont obtenu un meilleur résultat.

Il semblerait que la prise de notes sur papier facilite le traitement cognitif de l’information en sélectionnant les concepts les plus importants, en synthétisant et en transcrivant ces données dans leurs propres mots. La prise de notes sur papier favoriserait en quelque sorte la pensée critique.

Prise de notes et révisions

La prise de notes sur papier favoriserait également la mémorisation de l’information en facilitant leur révision. La révision est effectivement un élément important pour stimuler la mémoire et fait écho aux recommandations pour renforcer notre mémoire publiées dans la revue New Scientist :

  • Soyez actifs : faites de l’exercice quelques heures après un cours ou un séminaire, cela vous aidera à retenir les concepts que vous avez appris.
  • Révisez les notes que vous avez prises. Et prêtez-vous à des jeux-questionnaires pour tester vos connaissances.
  • Faites une pause. Vous apprendrez mieux si vous faites des pauses fréquentes.
  • Choisissez les meilleurs moments : les adolescents retiendront plus facilement sur ce qu’ils ont appris le matin, alors que les adultes seront plus efficaces en après-midi ou en soirée.
  • Dormez : si vous en avez l’occasion, un petit somme après un apprentissage aidera le cerveau à consolider ce qu’il vient de mémoriser. Cela est particulièrement vrai si le lendemain est un jour d’examen.


Sur le web-Article publié sous licence Creative Commons

  1. Chargée de cours en créativité et innovation, Polytechnique Montréal. Cette chronique est dans la droite ligne et se nourrit des recherches et rencontres publiées sur mon site Les cahiers de l’imaginaire.
Voir les commentaires (9)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (9)
  • Je ne sais pas pour les autres, mais j’ai observé que je mémorise et « J’acquière » comme connaissance utilisable une bonne partie de ce que j’apprends en l’écrivant, et surtout en le transcrivant, c’est a dire en le réécrivant sous un forme différente changement de vocabulaire de tournure de phrase etc…
    Avec le clavier rien de tout ça ou presque. Pour être honnête a mon âge ça ne changera plus guère.

    • @Esprit citique

      Détrompez vous, on peut apprendre et progresser à tout âge car le système nerveux est extrêmement malléable.

      Ce qui affecte de façon significative notre façon de penser avec l’âge est une régression dans le domaine de la réactivité qui est inéluctable, et concerne par ailleurs l’ensemble des fonctions du corps humain.

      Les performances intellectuelles semblent mieux se maintenir avec l’âge en comparaison des performances physiques qui déclinent plus rapidement.
      il suffit pour s’en convaincre de réécouter les récentes interviews de brillantes personnalités très âgées récemment disparues et qui n’ont jamais connu de retraite intellectuelle.

    • Cela se voit également à l’école. Entre les enfants qui utilisent un stylo et ceux qui sont, hélas, déjà habitués aux tablettes et autres gadgets numériques, les écarts de connaissances et de comportements sautent aux yeux.
      Mais, ce n’est pas un hasard si des gens comme Gates ou Jobs interdisaient la chienlit numérique à leurs propres enfants.

      • jerome92300

        Le comportement addictif saute aux yeux à l’école et en tous lieux.il semble que les smartphones aient bien envahi l’espace public avec des conséquences néfastes,telles que l’ ignorance totale des règles élémentaires de politesse et du code de la route,qui font appel à l’empathie et la vigilance.
        Ces nouveaux comportements mettent en évidence de nécessaires règles STRICTES à appliquer,aux fins d’ une pratique cohérente de ce type de communication pour lequel RIEN ne justifie une exclusivité.

  • Bien évidement aussi le Fractionnement , c’est a dire des pauses entre deux chapitres, sont essentielles a l’enregistrement en profondeur.

  • On a plusieurs mémoires, visuelle, manuelle quand on écrit sur papier, auditive en lisant en parlant tout fort, enfin le sommeil joue aussi un rôle. En math spé, je rêvais de mes problèmes de math et trouvais parfois des solutions.
    De même lorsqu’on a à faire un exposé ou une dissertation, il est bon de s’y prendre à l’avance et de laisser notre subconscient travailler.

    Quant au point de vue écologique, les livres restent dans notre bibliothèque et peuvent être relus à tout moment de la vie, pour les livres conceptuels, je surligne au stabilo ce qui me parait essentiel.
    L’ordinateur utilise de l’électricité, des métaux rares, peut tomber en panne, avec le livre rien de tout cela.
    On l’aura compris, je suis un dinosaure qui aime les livres et écrire sur du papier. J’adore envoyer des lettres et non des mails, des cartes postales plutôt que des photos sur ordinateur. J’aime aussi ces photos faites par des photographes et qui sont sur mes cheminées, commodes, un simple regard sur elles et je me rappelle l’aimé ou l’aimée.

    • On peut aussi surligner les livres électroniques. Et on peut ajouter des notes qui ne sont pas limitées par la largeur des marges.

      En ce qui concerne les styles d’apprentissage (visuel, auditif, kinesthésiques), ils ne résistent pas bien à l’analyse. Le choix d’une méthode a plus à voir avec les connaissances à acquérir qu’avec les préférences de celui qui apprend.

    • @lapaladine

      Loin d’être un dinosaure vous êtes parfaitement dans la réalité et l’efficacité, et je partage complètement vos vues quant à vos remarques sur le processus de mémorisation complexe et propre à chaque individu.
      il semble bien que la gestion et la qualité du sommeil soient déterminantes pour l’apprentissage et la mémoire,y compris peut être pour la longévité d’après de récentes recherches.
      L’écrit et la lecture ne peuvent être ignorés puisqu’ils mettent en jeu des facultés intellectuelles bien particulières permettant de communiquer et traduire les connaissances.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
niveau médecins
4
Sauvegarder cet article

Ah, mes études médicales… Elles sont loin derrière, les années 1980, l’autre siècle !

Elles offraient alors un certain prestige. Quand j’entrais timidement dans les salons bourgeois, tortillant les nougats, moi gamin de basse extraction, les parents des potes prenaient soudain un air respectueux quand je lançais être étudiant en médecine.

J’existais, d’un coup. Ah, le statut social… Gare tout de même : le médecin doit disposer d’un supplément d’âme pour supporter la tâche et se montrer empathique. Il est rugueux, l’exercice et, ... Poursuivre la lecture

 

[caption id="attachment_220471" align="aligncenter" width="545"] L'ane de Buridan entre deux opinions LACMA credits Ashley Van Haeften (CC BY 2.0)[/caption]

 

Eh voilà, c'est la rentrée ! J'ai endossé hier après-midi mon costume de super-héros (enfin une veste quoi !) afin d'enseigner l'économie à une armée de nouveaux étudiants assoiffés de connaissance. Et comme chaque année, après une introduction classique « blablabla l'économie c'est cool », le cours commence sur les 10 principes de l'Économie, chapitre issu ... Poursuivre la lecture

faire de la philosophie
0
Sauvegarder cet article

Par Damien Theillier.

De nos jours la philosophie est devenue un phénomène de masse. Elle est partout : dans les magazines, sur internet, dans les forums, à la télévision, dans les cafés. Le philosophe lui-même n’échappe pas à la starisation médiatique. Souvent d’ailleurs il est invité à s’exprimer sur des sujets qui ne sont pas de sa compétence directe : l’économie, la psychologie, le climat etc.

Mais pour certains, la philosophie est déconnectée de la vie, elle n’est rien de plus qu’une analyse du langage, une spéculation vide... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles