Loi Alimentation : quelle surprise, encore des effets pervers !

Et comme prévu, la Loi Alimentation, destinée à apporter son lot de misère et de vexations, a apporté misère et vexations.
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Supermarché By: francois schnell - CC BY 2.0

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Loi Alimentation : quelle surprise, encore des effets pervers !

Publié le 14 juin 2019
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Ce fut long, ce fut rude, mais nous y sommes à peu près parvenus : l’imprévisible a été courageusement repoussé hors de France et depuis, tout se déroule exactement comme prévu. C’est-à-dire mal.

Il y a de cela quelques années, on voyait déjà monter, comme une mayonnaise aussi onctueuse qu’épaisse, la nécessité d’une grosse loi joufflue pour insérer un peu plus l’État, ses normes, obligations, contraintes et autres taxations dans le domaine de l’alimentation, pourtant déjà bien investi par lui auparavant : l’interventionnisme étatique a ceci de particulier qu’il se croit autorisé à intervenir d’autant plus qu’il est déjà dans la place.

À l’époque, je notais dans un billet facepalmogène les efforts consternants du petit Guillaume Garot, alors sous-fifre d’un pitoyable gouvernement hollandiste, pour pousser le marché alimentaire dans ses derniers retranchements. L’empilement d’âneries qu’il proposait fut globalement dilué par les années et les détours parlementaires habituels, mais petit à petit, des effets pervers pointaient le bout du nez et la lutte contre le gaspillage, l’objectif d’affichage initial, aboutissait à un échec parfaitement calculable.

Dans la foulée, et sans doute pour célébrer ce merdoiement tranquille avec un faste ostentatoire et passer à la vitesse supérieure, le gouvernement suivant, macroniste cette fois (différence cosmétique), se lança dans l’écriture, le vote puis la mise en application d’une Loi Alimentation dont tout indiquait, dès le départ, qu’elle serait bien évidemment une catastrophe pour le secteur agro-alimentaire, pour les enseignes de distribution et les agriculteurs.

Devant les soucis qu’elle posait dès le départ, il fut rapidement décidé de la jouer à quitte ou double en remettant une épaisse couche d’âneries aux strates déjà nombreuses empilées jusqu’alors.

De façon assez peu stupéfiante, quelques mois plus tard, des effets pervers furent rapidement constatés : grâce aux efforts conjugués des imbéciles législateurs et des abrutis administratifs, des milliers de produits virent leur prix augmenter de 1 à 10 % en grande surface.

Pour l’observateur extérieur, tout se passe exactement comme si le peuple français, trop joyeux de vivre dans une opulence relative, s’infligeait régulièrement pénitence en se coltinant la plus belle brochette d’idiots destructeurs à leur tête, dont le but quasi-avoué lors des campagnes électorales consiste à diminuer le pouvoir d’achat de tout le monde et d’en appauvrir le maximum.

Force est de constater que pour le moment, carton plein, c’est une réussite !

Quelques mois se sont écoulés depuis ces constats de merdoiement intense. C’est le moment que choisit le Sénat pour aboutir à ses conclusions : ahurissement total, la Loi Alimentation serait bourrée d’effets pervers !

Eh oui : comme prévu, l’encadrement des promotions (rappelez-vous, le vilain Nutella vendu trop peu cher) se révèle catastrophique pour tout le secteur. Certains élus, les yeux humides devant le constat, expliquent leur désarroi avec une voix chevrotante d’émotion :

Il faut de toute urgence assouplir l’ordonnance sur ce point car certaines PME ne passeront pas le cap des deux années d’expérimentation prévues par la loi.

La promotion, c’est mal, mais quand une entreprise réalise 50 % de son chiffre d’affaires grâce à elle, l’interdire revient à signer son arrêt de mort. Bien joué les gars et merci pour votre coup de pelle derrière la nuque. Pour certaines entreprises vendant des fruits et légumes, les promotions sont vitales au moment des surproductions. Sucrez les promotions, vous tuez ces entreprises. Merci la députaillerie, vous nous avez bien aidés !

Mieux encore (et toujours comme prévu), il apparaît que l’autre mesure phare de cette loi ridicule, à savoir la hausse de 10 % du seuil de revente à perte (SRP), obtient des résultats… maigrichons : en lieu et place des 650 millions d’euros que la mesure auraient dû permettre de récolter suite à cette hausse des prix, on se retrouve avec un petit 300 millions très sujet à débat. Les sommes récoltées, au départ destinées aux entreprises et aux agriculteurs concernés, semblent bizarrement n’être jamais arrivées à destination.

C’est ballot.

Enfin, pas pour tout le monde puisqu’il semble que le grand gagnant de ces hausses soit… l’État (oh, mais quelle surprise !) au travers des hausses conséquentes de TVA que ces nouveaux prix ont entraînées.

L’idée de départ qui consistait à lutter contre les guerres des prix et autres opérations commerciales agressives entre enseignes peut bien évidemment passer complètement à la trappe puisque les guerres et les opérations se poursuivent exactement comme avant.

Autrement dit, dès le départ, on savait que ces empilements législatifs aboutiraient tous à accroître la misère globale au lieu d’augmenter le bien-être des agriculteurs, créer de l’emploi ou calmer les ardeurs malsaines des consommateurs. On savait que aucune des « solutions » apportées ne résoudrait les « problèmes » analysés. On savait que ce serait un fiasco. En somme, cette initiative destinée à apporter la misère et les emmerdements massifs à une part croissante de la population se retrouve magnifiquement couronnée de succès !

Ces exercices législatifs affligeants sont maintenant une habitude en République Socialiste du Bisounoursland Démocratique Populaire. Plus rien ne semble pouvoir arrêter l’appareil législatif devenu complètement fou : on sait dès le départ que le problème a été analysé de travers (si tant est qu’il existe en premier lieu), on sait que les solutions proposées n’en sont pas, qu’elles vont provoquer des effets pervers. On le comprend dès les discussions parlementaires, dans les amendements, puis au moment du vote, puis de la mise en application.

Lors du bilan, ça ne rate pas : avec une ponctualité de coucou suisse, exactement comme prévu, le résultat est catastrophique.

Et que fait-on ? Mais on continue comme si de rien n’était, pardi ! La République est en marche, à fond les ballons, comme une locomotive folle sans freins ni chauffeur, et rien ne pourra plus l’arrêter !


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  • « en République Socialiste du Bisounoursland Démocratique Populaire » : je crois que vous avez oublié « écoconscient ».

  • République Démocratique, République Bananière, République Islamique, République encore et encore. Vous touillez et tout se passera bien…

  • Nul doute que le gain de TVA sera (partiellement, faut pas pousser) affecté à de grandes mesures de soutien au pouvoir d’achat, pour ceux que ce petit coup de pouce (ptoïng) de nos bons maîtres aura fait pirouetter du mauvais côté du seuil de pauvreté.
    En vue de compenser cette nouvelle dépense imprévisible (!) je suggère de vendre en esclavage tous les mauvais citoyens qui créent des manques à rafler de TVA et de cotisations sociales en cultivant des patates dans leurs jardins.

  • La france deviendrait donc un centre d’essai pour tous les socialistes du monde ,on teste des trucs et des machins chez nous parcequ’ailleurs qui testerait des trucs et des machins voués a un echec obligatoire ?
    L’industrie pharmaceutique ,elle , elle fait ces tests debiles chez les pauvres.justement, le levi machin nox..serions nous devenus les pauvres cloches de l’occident ,des cobayes et nos gouvernants des Mengele ?.

  • avec une ponctualité de coucou suisse

    C’est bien la seule chose qui fonctionne dans ce pays : aller de travers 🙁

    CPEF 🙁

  • tout ces élus , en plus de nous être de moins en moins utiles , voilà ti pas qu’ils travaillent , si je puis dire , contre les citoyens ;conclusion : ils sont vraiment plus cons que la moyenne ;

    • Et ceux qui les élisent de même! Il ne faut pas oublier ceux qui soutiennent et croient encore dans cette bande de tarés!

  • « Ce fut long, ce fut rude, mais nous y sommes à peu près parvenus : l’imprévisible a été courageusement repoussé hors de France et depuis, tout se déroule exactement comme prévu. C’est-à-dire mal. »

    Magnifique !

  • au fait quel était le but de la loi alimentation? mieux rémunérer les agriculteurs français?

    • Il me semble que le but etait de faire payer aux consommateurs les subventions europeennes en voie de disparition ….ca parait avoir du sens avec la campagne manger local ce qui signifie halte aux importations de pays performants….la france fait toujours dans la simplicite nos deputes sont des gens simples , si ca ne marche pas c’est la faute des autres.

    • il n’y a pas de lois qui n’ait pas pour finalité l’engraissement de l’etat et de son administration

  • « L’Effet pervers » existe et apparait partout en tout domaines ou on fixe des règles. C’est une sorte de phénomène naturel, comme le vent qui s’inverse derrière un obstacle. La prouesse des politicards français de puis des décennies est d’empiler des lois inutiles irréfléchies répondant a des phénomènes ponctuels d’actualité et de faits divers. De telles lois n’ont aucun effet positif, nos lois n’ont donc quasiment toutes, que des effets pervers. Ainsi lentement mais surement la France en crève !

    • La prévision de croissance est de 1,3% pour cette année, par contre notre pouvoir d’achat lui a diminué, 5,9% de hausse de l’électricité! Rien que ça.

      • Cela pourrait etre pire ,si on ajoute le’ logement au transport et a l’electricte /gaz on doit avoir un revenu egal a deux smic pour s’offrir un repas équilibré par jour , pas deux…..cela sera pire demain avec le bio ,un repas un jour sur deux ,on ne sera plus obese et boiron pourra se recycler dans la vitamine sur ordonnance , les vacances de mr hulo sont sauvées

        • @reactitude
          Bonjour,
          « Cela pourrait etre pire » ; « doit avoir un revenu egal a deux smic pour s’offrir un repas équilibré par jour , pas deux… »
          C’est déjà bien pire en fait. Avec une ardoise publique dépassant 30.000€ par tête, nouveaux-nés inclus, ce n’est pas 2 SMIC dont nous avons besoin, mais 4 : 2 SMIC pour éponger la dette, or avec un SMIC il est difficile de boucler le mois, donc 3 SMIC ne sont pas suffisants. Par actif, elle dépasse 73.000€. Il en faudrait plus de 4 pour éponger l’ardoise. Vu que les nouveaux-nés ne travaillent pas, nous sommes plutôt dans la seconde configuration.

  • On constate qu’au lieu de s’attaquer aux problèmes gravissimes du pays, nos très chers parlementaires qui nous coûtent un bras ne cherchent qu’à nous emmerder le plus possible!

    • Les deputes ne réfléchissent pas ,ils ouvrent un canard au petit dejeuner et ont l’ordre du jour a la chambre ,ils ne cherchchent pas a nous nuire ,ils n’ont pas assez d’imagination pour cela !

      • Clemenceau disait
         » les députés c’est comme les cochons , ça grogne, ça grogne jusqu’à l’heure de la soupe »

    • Si ce n’est pas dans le canard gratuit fournit avec le petit dej de leur chambre d’hotel ,ce n’est pas un probleme a resoudre….leur vie ne se resume pas qu’a resoudre le probleme de francais il y a aussi les leurs ,bien plus importants, vrp est un dur metier !

      • @reactitude
        Bonjour,
        L’un des gros problèmes des français ce sont les élus : députés, sénateurs et présidents depuis des décennies.

        Un autre est que chacun d’entre eux, chacun leur tour, défèque sur les Droits fondamentaux des citoyens qu’il représente (du moins le clame-t-il plus ou moins fort), empilant des couches de lois liberticides comme une poubelle se remplit de couches de bébés.

        « Art. 2. Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression.
        Art. 16. Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. » – DDHC 1789.

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