Donald Trump a-t-il perdu les pédales ?

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Donald Trump édicte de nouvelles sanctions contre le Mexique et la vague de crainte avance un peu plus : surveillez l’or…

Par Bill Bonner.

La semaine dernière, Donald J. Trump – de son propre chef – a décidé d’imposer une nouvelle taxe sur les Américains important des biens en provenance du Mexique.

Nous n’aurions jamais cru que Trump se lancerait dans une guerre commerciale totale. Sa propre richesse, sa réputation et sa réélection sont en jeu.

Et pourtant… il l’a fait.

Le raisonnement qui sous-tend cette dernière décision est si farfelu que nombreux sont ceux qui commencent à se demander : ce président est-il simplement idiot… ou complètement cinglé ? « À la limite de la folie », titre un article de Bloomberg.

Les pays sont responsables de la sécurité de leurs propres frontières. Ils coopèrent avec d’autres nations pour surveiller ces frontières. À l’occasion, ils construisent des murs, voire s’isolent entièrement.

Mais là, c’est une première : M. Trump voudrait taxer les Américains afin de forcer les Mexicains à protéger la frontière US. Mais si les États-Unis ne peuvent pas empêcher les gens de traverser le Rio Grande en douce, comment le Mexique le pourrait-il ?

Nous n’en savons rien. Mais la bulle actuelle doit chercher une épingle… et M. Trump en a sorti toute une pelote.

Changement de cycle

Les marchés suivent des cycles, comme toute chose naturelle. L’un des cycles les plus vastes et les plus importants est la transition de gagnant-gagnant à gagnant-perdant… de l’avidité à la crainte… de la confiance au soupçon… ou, comme l’a formulé un lecteur, de la pollinisation à la prédation.

Parfois, on progresse en travaillant et en échangeant. Parfois, le mieux qu’on puisse espérer est de ne pas se faire arnaquer. Partout et de tout temps, ces deux stratégies coexistent.

Une société est une chose naturelle. Elle doit inspirer et expirer. Elle doit permettre de profondes inspirations pour la confiance, l’audace et l’innovation. Elle doit aussi pouvoir expirer – lors de moment de panique et de désespoir.

C’est pour cela qu’il s’agit du ratio le plus important du capitalisme : le ratio crainte/avidité. Il est capté par la relation entre le cash et les actions… ou, dans notre version préférée, entre le Dow et l’or.

Lorsque les gens sont avides, ils achètent des actions. Lorsqu’ils sont craintifs, ils préfèrent le métal jaune. Le ratio est actuellement à 20 ou presque. Il faut 20 onces d’or pour acheter les 30 actions composant le Dow.

Pour remettre cela en perspective, le ratio Dow/or a atteint un plancher historique en 1980 – lorsqu’on a pu, brièvement, acheter le Dow tout entier pour une seule once d’or. Le sommet historique a quant à lui été atteint en 1999, où il fallait 41 onces.

Mais 1999 était un cas particulier. Cela marquait la fin d’une longue période pendant laquelle l’économie mondiale, dans son ensemble, est devenue plus libre, plus ouverte et plus prospère – avec de plus en plus d’accords gagnant-gagnant presque partout – qu’à tout autre moment de l’Histoire.

Credo capitaliste

La première étape importante a été franchie en 1979 lorsque Deng Xiaoping, dirigeant du pays le plus peuplé au monde, a annoncé que « s’enrichir est glorieux ». À partir de là, la Chine était prête à faire des affaires.

Le grand événement suivant est arrivé 10 ans plus tard, lorsque l’Union soviétique a abandonné à la fois le communisme et son empire.

Ensuite, en 1993 – peut-être le couronnement de tout ce mouvement –, l’Union européenne a été mise en place. Dans les faits, c’était une zone de libre-échange assez grande pour rivaliser avec les États-Unis.

Pendant plus d’un demi-siècle, les capitalistes américains étaient en tête de cette marche, répandant leur credo partout dans le monde.

Pour commencer, ils ont vendu des produits américains aux étrangers. Ensuite, ils ont acheté des produits étrangers et les ont vendus aux Américains. Enfin, leurs écoles de commerce ont créé une culture mondiale au sein de laquelle tout le monde ou presque croyait au libre-échange et au capitalisme.

Un mouvement qui n’est pas né d’hier

À présent, la marée semble s’être retirée. Partout dans le monde, les gens vieillissent… et veulent être protégés contre les risques et les défis de l’existence. Même en Europe, les Italiens veulent qu’on les protège… contre les Français.

« Les Italiens en Italie, les Français en France », disent les Italiens, protestant contre la vente de la société productrice du Parmigiano Reggiano à des investisseurs français.

« Le Brexit tout de suite ! », exigent les Anglais.

« STOP », tweete Le Donald.

Mais cette vague de fond n’est pas née d’hier. Elle a commencé il y a 20 ans.

« Vendez les actions, achetez de l’or », avons-nous conseillé à nos lecteurs en 1999. En l’occurrence, nous avions raison. Le Dow tel que mesuré en or a perdu 82 % de sa valeur durant les 10 années qui ont suivi. L’or, pendant ce temps, a grimpé de 388 %.

Et puis il s’est passé une chose qui nous a quasiment tous déconcertés et déboussolés. Les autorités ont injecté 3600 milliards de dollars dans les marchés grâce à l’assouplissement quantitatif… et 11 000 milliards de dollars supplémentaires par le biais des déficits budgétaires.

Le Dow a triplé. Le ratio crainte/avidité a grimpé, passant d’un petit 7 aux 20 actuels.

La plupart des commentateurs, mouches du coche et brasseurs de vent en ont conclu que la marée avait à nouveau changé… en faveur de l’avidité. « Achetez, achetez, achetez », ont-ils dit.

Mais était-ce vraiment le cas ? Ou bien la crainte était-elle encore l’humeur dominante… le sentiment principal… l’émotion hégémonique ?

À suivre…

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