50 semaines de prison pour Julian Assange

Julian Assange en 2011 (Crédits : acidpolly, licence CC-BY-NC-SA), via Flickr.

Julian Assange écope d’une peine de 50 semaines de prison.

Par Joe Setyon.
Un article de Reason

Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, a été condamné hier à 50 semaines de prison par un tribunal britannique pour violation des termes de sa liberté conditionnelle.

En 2012, M. Assange faisait face à des allégations d’agression sexuelle et la Suède demandait son extradition. En conséquence, Assange s’est réfugié avec succès à l’ambassade de l’Équateur à Londres, où il est resté jusqu’à ce que les autorités équatoriennes en aient assez de l’héberger et lui aient retiré son asile le mois dernier. La police britannique l’a rapidement arrêté.

« En entrant à l’ambassade, vous vous mettez délibérément hors de portée, tout en restant au Royaume-Uni », a déclaré la juge Deborah Taylor devant le tribunal mercredi, selon Sky News. « Vous y êtes resté près de sept ans, profitant de votre position privilégiée pour bafouer la loi et faire connaître internationalement votre dédain pour les lois de ce pays. » Son séjour à l’ambassade de l’Équateur a coûté aux contribuables britanniques 16 millions de livres (environ 21 millions de dollars), a dit M. Taylor, la police ayant dû surveiller le bâtiment en permanence jusqu’au mois dernier. « Il est difficile d’envisager un exemple plus sérieux de cette infraction », a dit Taylor.

Les procureurs suédois ont depuis lors abandonné les accusations d’agression contre Assange. Mais comme le note le New York Times, il est possible qu’ils puissent rouvrir l’affaire, maintenant qu’il n’est plus confiné à l’ambassade de l’Équateur. Les efforts d’Assange pour demander l’asile « ont sans aucun doute affecté le déroulement des procédures suédoises » concernant les allégations d’agression sexuelle, a déclaré M. Taylor, selon le Washington Post.

Mais à en croire l’avocat d’Assange, ce dernier a violé les termes de sa liberté conditionnelle parce qu’il ne voulait pas être extradé vers les États-Unis. Le fondateur de WikiLeaks est peut-être plus connu pour avoir publié des centaines de milliers de documents classifiés sur les guerres américaines en Irak et en Afghanistan. Il a également été accusé d’avoir travaillé avec le gouvernement russe pour diffuser des milliers de courriels du Comité national démocratique avant l’élection présidentielle de 2016.

Assange « vivait dans la crainte écrasante de se retrouver aux États-Unis », a déclaré son avocat Mark Summers à la cour, selon l’Associated Press. M. Assange craignait que les autorités américaines ne l’envoient dans le camp de détention de Guantanamo Bay, qui est normalement réservé aux terroristes, a dit M. Summers.

Dans une lettre que Summers a lue à la cour, M. Assange a exprimé ses regrets pour certaines de ses actions. « Je me suis excusé sans réserve auprès de ceux qui estiment que je leur ai manqué de respect pour la façon dont j’ai mené mon affaire », a-t-il écrit (selon la BBC).

« J’ai fait ce que je pensais à l’époque être la meilleure et peut-être la seule chose à faire, ce qui, je l’espérais, pourrait aboutir à un règlement juridique entre l’Équateur et la Suède qui me protégerait de mes pires craintes », ajoute la lettre. « Je regrette le cours que cela a pris ; les difficultés ont plutôt été aggravées et ont eu un impact sur beaucoup d’autres. »

Mais Taylor n’y croyait pas. « Bien que vous ayez pu avoir des craintes quant à ce qui pourrait vous arriver, vous aviez néanmoins le choix, et la ligne de conduite que vous avez choisie était de commettre cette infraction « , a-t-elle dit.

Alors, quid d’Assange désormais ? Jeudi, il sera de nouveau au tribunal. Cette audience pourrait déterminer s’il sera extradé vers les États-Unis, où les procureurs fédéraux l’ont accusé d’avoir aidé à pirater un mot de passe stocké sur les ordinateurs du gouvernement afin d’accéder à des informations classifiées en 2010.

L’organisation qu’Assange a fondée, en attendant, ne pense pas qu’il soit traité équitablement. « La condamnation de Julian Assange est aussi choquante que vindicative », a écrit le groupe sur Twitter. « Nous sommes très inquiets et nous nous demandons s’il bénéficiera d’une procédure d’extradition équitable au Royaume-Uni. »

Traduction par Raffarin2012 de « Julian Assange Sentenced to 50 Weeks in U.K. prison for Skipping Bail »  pour Contrepoints.