50 semaines de prison pour Julian Assange

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Julian Assange en 2011 (Crédits : acidpolly, licence CC-BY-NC-SA), via Flickr.

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50 semaines de prison pour Julian Assange

Publié le 2 mai 2019
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Par Joe Setyon.
Un article de Reason

Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, a été condamné hier à 50 semaines de prison par un tribunal britannique pour violation des termes de sa liberté conditionnelle.

En 2012, M. Assange faisait face à des allégations d’agression sexuelle et la Suède demandait son extradition. En conséquence, Assange s’est réfugié avec succès à l’ambassade de l’Équateur à Londres, où il est resté jusqu’à ce que les autorités équatoriennes en aient assez de l’héberger et lui aient retiré son asile le mois dernier. La police britannique l’a rapidement arrêté.

« En entrant à l’ambassade, vous vous mettez délibérément hors de portée, tout en restant au Royaume-Uni », a déclaré la juge Deborah Taylor devant le tribunal mercredi, selon Sky News. « Vous y êtes resté près de sept ans, profitant de votre position privilégiée pour bafouer la loi et faire connaître internationalement votre dédain pour les lois de ce pays. » Son séjour à l’ambassade de l’Équateur a coûté aux contribuables britanniques 16 millions de livres (environ 21 millions de dollars), a dit M. Taylor, la police ayant dû surveiller le bâtiment en permanence jusqu’au mois dernier. « Il est difficile d’envisager un exemple plus sérieux de cette infraction », a dit Taylor.

Les procureurs suédois ont depuis lors abandonné les accusations d’agression contre Assange. Mais comme le note le New York Times, il est possible qu’ils puissent rouvrir l’affaire, maintenant qu’il n’est plus confiné à l’ambassade de l’Équateur. Les efforts d’Assange pour demander l’asile « ont sans aucun doute affecté le déroulement des procédures suédoises » concernant les allégations d’agression sexuelle, a déclaré M. Taylor, selon le Washington Post.

Mais à en croire l’avocat d’Assange, ce dernier a violé les termes de sa liberté conditionnelle parce qu’il ne voulait pas être extradé vers les États-Unis. Le fondateur de WikiLeaks est peut-être plus connu pour avoir publié des centaines de milliers de documents classifiés sur les guerres américaines en Irak et en Afghanistan. Il a également été accusé d’avoir travaillé avec le gouvernement russe pour diffuser des milliers de courriels du Comité national démocratique avant l’élection présidentielle de 2016.

Assange « vivait dans la crainte écrasante de se retrouver aux États-Unis », a déclaré son avocat Mark Summers à la cour, selon l’Associated Press. M. Assange craignait que les autorités américaines ne l’envoient dans le camp de détention de Guantanamo Bay, qui est normalement réservé aux terroristes, a dit M. Summers.

Dans une lettre que Summers a lue à la cour, M. Assange a exprimé ses regrets pour certaines de ses actions. « Je me suis excusé sans réserve auprès de ceux qui estiment que je leur ai manqué de respect pour la façon dont j’ai mené mon affaire », a-t-il écrit (selon la BBC).

« J’ai fait ce que je pensais à l’époque être la meilleure et peut-être la seule chose à faire, ce qui, je l’espérais, pourrait aboutir à un règlement juridique entre l’Équateur et la Suède qui me protégerait de mes pires craintes », ajoute la lettre. « Je regrette le cours que cela a pris ; les difficultés ont plutôt été aggravées et ont eu un impact sur beaucoup d’autres. »

Mais Taylor n’y croyait pas. « Bien que vous ayez pu avoir des craintes quant à ce qui pourrait vous arriver, vous aviez néanmoins le choix, et la ligne de conduite que vous avez choisie était de commettre cette infraction « , a-t-elle dit.

Alors, quid d’Assange désormais ? Jeudi, il sera de nouveau au tribunal. Cette audience pourrait déterminer s’il sera extradé vers les États-Unis, où les procureurs fédéraux l’ont accusé d’avoir aidé à pirater un mot de passe stocké sur les ordinateurs du gouvernement afin d’accéder à des informations classifiées en 2010.

L’organisation qu’Assange a fondée, en attendant, ne pense pas qu’il soit traité équitablement. « La condamnation de Julian Assange est aussi choquante que vindicative », a écrit le groupe sur Twitter. « Nous sommes très inquiets et nous nous demandons s’il bénéficiera d’une procédure d’extradition équitable au Royaume-Uni. »

Traduction par Raffarin2012 de « Julian Assange Sentenced to 50 Weeks in U.K. prison for Skipping Bail »  pour Contrepoints.

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  • « La phrase de Julian Assange est aussi choquante que vindicative » non
    « la sentence de JA est aussi aussi choquante que revencharde » un truc comme ça. »

  • On fait des choix, on prend des risques, on les assume. Point barre.

    • Sauf que le risque d’être extradé vers les États-Unis, qui peuvent s’avérer être un pays de non-droit pour qui n’est pas protégé par le gouvernement ou par une grande richesse [car la justice est honteusement hors de prix dans ce pays peuplé de juristes rapaces et voraces], ce risque peut justifier un certain nombre d’actes, parfois « désespérés » pour échapper à ce sort peu enviable : le cas des détentions arbitraires, illimitées et régies par le seul gouvernement des États-Unis témoigne du mépris total de cet empire pour les Droits de l’Homme.

      •  » pour qui n’est pas protégé par le gouvernement ou par une grande richesse [car la justice est honteusement hors de prix dans ce pays peuplé de juristes rapaces et voraces],  »

        Madoff par exemple?

    • Et le servile suivisme du Royaume-Uni vis-à-vis des États-Unis depuis 1942 n’a rien de rassurant pour une personne susceptible d’être poursuivi au Royaume-Uni à la demande des États-Unis avec une demande d’extradition.

      • Vous ramenez les choses à des questions de justice ou de morale, mais ça n’est pas pertinent. Quand vous commettez une infraction, si vous connaissez le risque que vous prenez, quand bien même il serait celui d’un châtiment totalement disproportionné, vous devez l’assumer. La seule excuse pourrait être que JS ne savait pas ce qu’il risquait, et se serait fondé sur sur une estimation individuelle erronée pour agir dans l’ignorance. Ca n’est pas crédible ! On ne peut pas se vanter de braver un grand risque pour agir selon sa conscience, et une fois que ça a donné une grande justification à l’action, faire disparaître ce risque sans remettre en cause la dite justification.

        • La Justice et, bien plus, le respect des Droits de l’Homme, sont toujours pertinents. Lorsqu’une personne se dresse contre un pouvoir non démocratique ou, dans le cas des États-Unis (mais cela peut être le cas d’autres pays : cf. par exemple la pratique très… particulière des juges d’instruction au Japon), un régime à la base démocratique mais qui ne respecte pas certains droits fondamentaux, on peut comprendre que la personne qui prend le risque de dénoncer ces irrégularités veuille éviter un traitement dépourvu de garanties essentielles « à la Guantanamo » de la part d’un empire qui ne respecte jamais un traité ni même les textes situés au sommet de la hiérarchie des normes juridiques, comme la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

    • les juifs allemand ont choisie de rester en Allemagne avant la deuxième guerre mondial, ils n’ont qu’ assumer leur gazage…

      • Le choix ne leur était pas présenté de manière comparable. Comme je l’ai dit plus haut, le risque doit être considéré indépendamment de la morale ou de la justice : si vous prenez volontairement et librement un risque, même pour une « bonne cause », vous devez l’assumer. Si le risque se réalise, nul n’a d’obligation envers vous au prétexte de la bonne cause. L’éventuel soutien qu’on vous apporte doit être lui aussi libre et volontaire, ça n’est pas un droit à être protégé.

    • Assange a donné des informations sur un pays (pas le sien) qui menait alors une guerre sale en se parant de toutes les vertus…
      Qu’y a t-il d’anormal ? N’est ce pas le travail que l’on attend des journalistes ?
      Il n’a pas trahi son pays, il en a dénoncé un. Que ce dernier lui en veuille se comprend bien, mais qu’un pays tiers, démocratique, le livre, est dégueulasse. Assange devrait être protégé pour son courage, comme nous protégerions des journalistes qui apporteraient des infos honteuses sur les services secrets saoudiens, vénézuéliens, pakistanais ou chinois par ex…

      • Non, on ne peut protéger les gens pour leur courage (paradoxal, d’ailleurs), c’est trop facile ensuite de se retrouver protégé pour sa témérité ou son inconscience. Il a choisi un camp dans un conflit, et même si pour certains c’est le camp du bien, il ne peut être protégé comme s’il était neutre et victime impliquée malgré elle.

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