Julian Assange arrêté à Londres : sale temps pour les lanceurs d’alerte

Julian Assange risque une extradition vers les USA.

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Arrestation de Julian Assange - 11 avril 2019

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Julian Assange arrêté à Londres : sale temps pour les lanceurs d’alerte

Publié le 11 avril 2019
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Par la rédaction de Contrepoints.

Julian Assange a été arrêté aujourd’hui à l’ambassade d’Équateur à Londres, où il trouvait refuge depuis 2012 pour échapper aux poursuites de la justice américaine.

Cette interpellation fait suite aux réticences, exprimées depuis près d’un an, du nouveau président équatorien Lenin Moreno. Réticence exprimée aujourd’hui en ces termes : « La patience de l’Équateur envers le comportement de M. Assange a atteint ses limites. »

Julian Assange a fondé WikiLeaks en 2006. Le site permet, sous couvert d’anonymat, de recueillir des documents jusque là gardés secrets par le gouvernement américain. Avec l’aide de cinq grands médias internationaux (The New York Times, The Guardian, Der Spiegel, Le Monde, El Pais), l’ONG permet en 2010 la publication de plus de 250 000 documents confidentiels révélant notamment les dessous de la diplomatie et de l’armée américaines.

Julian Assange devient, après ce « cablegate », l’ennemi public numéro un aux États-Unis. Des accusations de viol portées contre lui en 2010 sont classées sans suite sept ans plus tard. Mais entre-temps, déguisé en coursier, l’Australien âgé aujourd’hui de 47 ans, était parvenu à obtenir l’asile politique à l’ambassade d’Équateur à Londres. Il s’exprimera à plusieurs reprises depuis le balcon du bâtiment.

WikiLeaks a aussi publié des documents compromettants pour le parti Démocrate en 2016, moment-clé de la campagne présidentielle d’Hillary Clinton.

Julian Assange risque une extradition vers les USA. Son arrestation intervient dans un contexte de répression contre les lanceurs d’alerte. Chelsea Manning, cette militaire américaine transgenre qui a transmis à WikiLeaks quelque 700 000 documents confidentiels, est retournée en prison le mois passé pour avoir refusé de témoigner contre… Julian Assange.

Un autre lanceur d’alerte célèbre, Edward Snowden, ex-employé de la NSA, parle aujourd’hui de « jour sombre pour la liberté de la presse ».

Scotland Yard a expliqué que l’arrestation a été menée en vertu d’un mandat de juin 2012 délivré par le tribunal londonien de Westminster, pour non présentation au tribunal.

WikiLeaks parle d’arrestation « illégale ».

Lisez le « dossier Assange » sur Contrepoints.

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  • Même s’ils s’entendent apparemment assez bien, je ne mettrais pas Assange et Snowden dans le même sac.
    L’un espionne et diffuse des correspondances confidentielles entre services diplomatiques, l’autre au contraire révèle les intrusions massives de la NSA dans les communications privées.
    Dans les deux cas, une utilité indirecte de ces révélations est d’inciter tout le monde public et privé à protéger et chiffrer correctement sa correspondance et masquer son activité.

  • Il règne en Occident comme un air de fin d’URSS…
    Avabt Internet, nous étions sous Pravda, mais nous ne le savions pas…

  • Je n’ai pas grand respect pour Assange, dont le but semble être plus à caractère politique que celui d’un Snowden. Je rappellerais aussi l’indignation d’Assange quand sa biographie avait été publiée sans son accord, alors qu’il écrivait celle qu’il allait vendre pour 1.2 Mio £. Puis, il faut rappeler qu’une des deux plaignantes ( pour viol ) conteste la décision des autorités judiciaires suédoises. Enfin, comme le rappelle l’article, son emprisonnement en Grande-Bretagne résulte de sa fuite à l’ambassade d’Equateur alors qu’il était recherché dans le cadre d’un mandat Interpol en vue de son transfert en Suède, suite aux deux accusations de viol dont il était l’objet.

    • Vous pouvez rajouter à ce que vous dites que le « classement sans suite » n’a pas été motivé par une absence de preuves mais par le fait que le juge considérait que le procès ne pourrait jamais avoir lieu, l’accusé étant inatteignable. Intéressante justification…

      • Il ne faut jamais oublier que les gêneurs sont toujours susceptibles d’écoper d’une « affaire », et que nous n’en avons connaissance que par les médias. Lesquels ne sont pas objectifs par rapport au gêneur en question, puisqu’ils ne sont pas indépendants du pouvoir.

  • Théoriquement il risque quoi pour non présentation au tribunal à propos d’une affaire classée? Parce que je me mets à la place d’une juge honnête qui n’a pas de temps à perdre avec des justiciables qui ne présentent pas de danger pour la population: Assange j’en fais quoi? Je lui mets 1 mois de prison avec sursis pour la forme?

  • C’est assez amusant de constater , oh combien ces gauchistes de salon exigent que tout soit transparent sauf leur vie privée.

  • Les commentaires sont fermés.

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D’abord, rappelons-nous. Onze ans après les révélations WikiLeaks, Julian Assange finit par être interpellé à l’ambassade d’Équateur à Londres. Il est immédiatement livré à la justice britannique et placé en détention provisoire. Les États-Unis réclament alors son extradition.

Le lanceur d’alerte avait de sérieux espoirs d’y échapper pour trois raisons :

Un état de santé préoccupant, La liberté d’expression et le droit à l’information dont son alerte est le symbole, Et la jurisprudence Snowden.

 

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