Les Social Justice Warriors, sortez please !

Tape la marmotte (jeu vidéo)

Pourquoi le Camp du Bien vient-il nous faire la morale jusque dans nos parties de jeu ?

Par Dern1.

Comme vous pouvez le voir si vous suivez mes articles, la Team Progrès ne recule devant rien ces derniers temps pour faire main basse sur les univers imaginaires et la moindre parcelle de culture geek.

Leur dernière en date : faire retirer un sondage sur Star Wars parce qu’il est décrété fasciste. Oui, apparemment préférer le Premier Ordre à ces crasseux de la rébellion serait un acte séditieux IRL (dans la vraie vie).

Ça chouine vraiment pour un rien…

On aimerait croire à un simple dérangement mental, une passade de l’âme adolescente qui pousse à croire qu’on sait tout mieux que tout le monde, et que la bénédiction du Saint Baccalauréat ou équivalent nous confère la légitimité de l’ouvrir sur tout, de préférence sur ce qu’on ignore. Mais la réalité est tout autre.

Tout d’abord, La Team Progrès est habitée par la conviction messianique, et un rien canulante, de devoir convertir le monde entier au bonheur obligatoire. Vous savez, ce bonheur extatique bien encadré et légalement autorisé dans le cadre de la liberté d’expression et du vivrensemble, tous ensemble.

Es-tu heureux, citoyen ?

Normalement, le champ du politique est censé s’arrêter à la porte de votre maison, ou dans le pire des cas, à votre salle de jeux.

Mais en réalité, ni le gouvernement ni ses minions n’ont jamais résisté au plaisir de plonger leurs petits doigts pleins de bonnes intentions (forcément) dans l’imaginaire ou le monde du jeu. Par le passé, ils en avaient même fait un bâtiment appelé Colisée afin de divertir le peuple et lui faire oublier ses mécontentements. Plus récemment, nous avons passé l’épreuve de l’art nazi, l’art du parti communiste chinois avec la révolution culturelle, ou même Hollywood lors de la Guerre Froide.

C’est un complot, nous sachons !

Aujourd’hui, on pourrait penser qu’il n’y a plus de propagande ou bien qu’il s’agit d’une propagande cool puisqu’elle est administrée à coups de cotillons et de jolis ballons colorés, tels qu’un Murray sous LSD ne l’imaginait même pas. Chaque nouvelle mesure de coercition est accompagnée d’une fête d’inauguration, d’un pot de lancement pour la loi machin, d’un festival pour la mesure bidule…

Et pourquoi les cotillons de la propagande ne seraient-ils pas peints aux couleurs du Parti ?

La Team Progrès

Ce Parti, communément appelée la Team Progrès, le Camp du Bien ou les Enquiquineurs, nous vient tout droit de l’autre côté de l’océan, ou du grand lac comme ils le disent eux-mêmes. Les politiques américaines de discrimination positive et de cultural studies ont mené aux quotas et au morcellement de la société en groupes culturels triés selon leur couleur de peau ou leur sexe. Cette idéologie était l’opposé de l’universalisme français ; ce dernier ayant échoué, les théories néomarxistes ont pris le pas sur l’universalisme mourant dans l’Hexagone.

Ce mouvement provient donc des politiques communautaires américaines qui ont fusionné avec la pédagogie hexagonale pour donner jour au monstre que nous sommes en train d’affronter : des hordes de cheveux bleus qui viennent nous expliquer comment nous amuser avec un ton compassé, et la menace d’un gourdin en forme de procès, voire même de loi avec un peu de bol, si on en venait à trop la ramener.

Jusque dans les ch… plateaux de jeux

Mais pourquoi se sentent-ils obligés de la ramener dans le monde geek ?

Tout d’abord, la culture geek a débuté essentiellement, et est encore tenue dans sa grande majorité, par des « mâles blancs privilégiés » plutôt issus de classe moyenne, comme ils aiment eux-mêmes à le souligner. Et comme chacun sait, ces gens ont toujours le mauvais rôle, ce sont les oppresseurs universels et il faut les faire disparaître de la surface de la carte. Ça ne vous coûtera pas trop cher de le demander, selon la jurisprudence Brie Larson.

Ensuite, une explication est à trouver dans les valeurs que prônent les loisirs geeks. Petit tour d’horizon :

L’escapism :

Ce nom barbare américain désigne la stricte séparation entre le monde du jeu et IRL (la vraie vie). Cela est contraire au phénomène des Mary Sues, ces avatars des SJW dans les mondes imaginaires qui projettent leurs névroses dans des univers qui n’ont rien demandé et pensent détenir IRL des pouvoirs conférés par la fiction. Oui, en jeu, vous pouvez être Shepard et sauver la galaxie. Non, pas IRL, et personne ne vous le demande.

L’amour du patrimoine :

Que ce soit dans les jeux de rôles, les jeux vidéo ou la littérature, les geeks adorent le patrimoine. Un genre entier est dévolu à l’imaginaire médiéval : le medfan, médiéval fantastique, dont Tolkien fut le parangon. Dans un registre équivalent, on trouve le Steampunk, entièrement dédié à la révolution industrielle et à l’Europe d’avant- guerre, dans un contexte merveilleux et empli de magie, comme si le prisme de la nostalgie donnait une raison supplémentaire de s’attacher au passé.

L’honneur :

S’il y a bien un concept qui fait rire nos amis les Enquiquineurs, c’est celui-ci. Pourtant, il est omniprésent dans les univers geeks, que ce soit dans La Légende des Cinq Anneaux, un jeu de rôle se déroulant dans un Japon médiéval imaginaire, Donjons et Dragons, où la loyauté est même un élément de jeu à part entière, Avatar le dernier maître de l’air…

La chaîne de responsabilités :

Le poids du destin qui pèse sur le Héros le lie bien plus que ses émotions ou ses petites vexations personnelles. Un tenant du Camp du Bien passant son temps à se chercher des motifs de vexation est incapable de saisir la pleine dimension du commandement, de la quête ou du sacrifice personnel. Impossible de partir au Mordor quand on est occupé à mesurer le diamètre des citrouilles de la Comté pour savoir quel fermier est le plus oppressé.

Le dépassement de soi :

En jeu vidéo il existe un concept, qui s’appelle le mode hardcore, que l’on pourrait traduire par « super difficile », ou encore le cauchemar des SJW. Le but est de démarrer le jeu avec les conditions les plus difficiles possibles, et grâce à son habileté de dépasser les obstacles et affronter les ennemis avec un niveau de dangerosité supérieur à ce que prévoit le jeu normalement. Le but n’est pas de gagner à tous les coups, et un jeu n’a pas à être finissable. Récemment, des “journalistes” de jeux vidéo se sont plaints que Sekiro était trop difficile et qu’ils n’arrivaient pas à le finir, chouinant pour que sorte un mode facile et qu’ils puissent finir leur pige.

G pa gagné

Quand on passe son temps à vouloir donner des médailles à tout le monde qu’importe le talent de chacun, on repose sa manette, son clavier, et on joue à Farmville sur son mobile.

Nous pourrions continuer cette liste avec la beauté, la vertu, le combat…

Globalement, tout ceci doit profondément les irriter. Alors continuons.

  1. Titre de l’article original : « Ban SJW plz ».
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