Et si on essayait le capitalisme… le vrai ?

Atlas by Roman Kruglov(CC BY-NC-ND 2.0)

Le socialisme est un échec ; le capitalisme, en revanche, n’a jamais vraiment eu sa chance… alors qu’il pourrait significativement augmenter la richesse des citoyens.

Par Bill Bonner.

Aujourd’hui, nous nous intéressons à ceux qui déclarent qu’il faut réformer le capitalisme pour le sauver.

Dans cette catégorie, nous regroupons tous ceux qui affirment être pour l’économie de marché libre — comme la plupart des républicains et des démocrates actuels — mais qui pensent malgré tout qu’ils peuvent l’aider à mieux fonctionner grâce à des barrières commerciales, des baisses d’impôts bidon, de la fausse monnaie, des taux d’intérêt trafiqués, des réglementations, des contrôles, etc.

Le journaliste Edward Luce, par exemple, expliquait dans le Financial Times qu’il faut « sauver le capitalisme américain de lui-même ».

Chaque fois que quelqu’un, dans un journal d’importance, emploie l’expression il faut que, il est quasi certain que les mots qui suivent seront des sottises. Cet article ne fait pas exception.

« Telle est la question que doivent se poser les élites financières et technologiques des États-Unis, continue Luce : quel est le prix de la paix sociale ? »

Les jeux ne suffisent pas ; les foules veulent davantage de pain. Après les avoir arnaquées de plusieurs milliers de milliards, Luce est d’avis qu’il faudrait au moins leur jeter quelques miettes.

Gagnants et perdants

La première chose que nous remarquons, c’est que quiconque affirme vouloir réformer ou améliorer le capitalisme n’en comprend sans doute pas la nature.

Le capitalisme ne permet pas de choisir des gagnants et des perdants. Il n’y a pas moyen de l’améliorer. Il ne se soucie pas qu’il y ait la paix sociale ou non.

C’est un électron libre… qui erre de-ci de-là, sans but fixé… allant là où il veut, à son propre rythme, de la manière qu’il préfère.

Où finira-t-il, personne ne le sait ; mais où qu’il soit… c’est là qu’il doit être. Il faut le laisser seul, sans le déranger ni le maltraiter… sans quoi il ira ailleurs !

C’est précisément ce qui agace les bonnes âmes. Alexandria Ocasio Cortez et Bernie Sanders s’enthousiasment pour le socialisme parce qu’ils pensent que le capitalisme a échoué.

Les réformateurs – Luce et Ray Dalio – pensent qu’il a trop bien réussi, laissant les masses avec un retard irrattrapable.

Mais la foule de lyncheurs – autant les socialistes que les apologistes du capitalisme – s’est emparée de la mauvaise personne.

L’économie américaine n’est pas vraiment capitaliste. C’est un ensemble de sottises pseudo-capitalistes, mûres et dégénérées, contrôlées par l’État, manipulées par les compères et embrouillées par l’impérialisme.

Un quart de l’économie américaine est directement géré par les autorités. Un autre quart – dont l’éducation et les soins de santé – est guidé et approuvé par elles. Le reste est bourré à craquer de règlementations… dont toutes ont pour but d’améliorer ou au moins de modifier génétiquement les fruits du capitalisme simple.

Nous ne savons pas à quoi ressembleraient les États-Unis si on laissait le capitalisme faire son œuvre. Mais ils seraient certainement bien plus riches – surtout les travailleurs.

Le socialisme est toujours un poids pour l’économie. Plus les autorités décident qui gagne et qui perd, plus elles truquent la partie en faveur de leurs amis, compères et élites du Deep State.

Nous avons vu des études suggérant que si la liberté économique avait été plus largement permise aux États-Unis, les revenus moyens y seraient le double de ce qu’ils sont aujourd’hui.

Le PDG de JPMorgan Chase, Jamie Dimon, déclare que l’économie américaine aurait dû ajouter 4000 milliards de dollars de plus à son PIB rien que sur la dernière décennie ; elle aurait dû augmenter de 40 %, non 20 %, dit-il.

« Pourquoi la productivité et la croissance économiques ont-elles été si anémiques ? » demande-t-il. Bonne question.

Et voici une autre question qu’Edward Luce aurait dû poser : « comment se fait-il que les riches soient devenus si riches alors que tous les autres perdaient du terrain ? »

Voici pourquoi…

Allocations et gâchis

Chaque année, des milliers de milliards de dollars de production sont gaspillés. Guerres idiotes, programmes insensés, allocations et gâchis ; au moins la moitié du budget fédéral est jetée par la fenêtre.

Au cours du mois de février, la totalité des recettes du gouvernement américain ont été absorbées par seulement trois programmes de dépense au niveau fédéral : la Sécurité sociale, Medicare et les intérêts sur la dette nationale.

Ensuite, toute la paperasse, les délais, les mauvais investissements, les déclarations d’impôts et les files d’attente exigées par les autorités doivent facilement coûter au pays quelques milliers de milliards de plus.

Et nous n’en sommes pas encore aux grosses pertes causées par le système d’argent factice des autorités. C’est bien entendu là que nous trouvons la véritable source des inégalités qui inquiètent tant Obama, Dalio, Ocasio-Cortez et bien d’autres.

Ce n’est pas le capitalisme qui a fait passer les prix des actions à près de 150 % du PIB US tandis que les salaires stagnaient. Normalement, le marché boursier vaut environ 80 % du PIB. Cela signifierait aujourd’hui quelque 16 000 milliards de dollars d’actions. À 150 %, les investisseurs – les riches et les élites – ont obtenu quasiment 14 000 milliards de dollars supplémentaires.

D’où provenait cet argent ? Pourquoi les entreprises américaines valaient-elles soudain beaucoup plus ?

Si l’on regarde les revenus avant impôts, on s’aperçoit que les États-Unis ont à peine gagné un centime de plus en 2018 qu’en 2012. Dans un système capitaliste honnête, les actions n’auraient pas eu de raisons de grimper… mais la partie était truquée.

Les autorités prêtaient de l’argent factice à des taux factices pour que les entreprises puisent gagner des profits factices et racheter leurs propres actions avec de l’argent gratuit.

Résultat ? Un gigantesque transfert de richesse de la classe moyenne dans l’économie réelle vers les classes supérieures de l’industrie financière, de la politique et des compères.

Ces pseudo-capitalistes ont-ils dit merci ? Et comment !

Ils ont versé des contributions aux campagnes électorales des hommes politiques ; ils leur ont offert des postes dans des think tanks et des sociétés de lobbying ; ils leur ont versé de généreuses indemnités pour des conférences où l’on blablatait sur rien à l’attention de gens qui n’écoutaient même pas.

À présent, après avoir cogné, plié et arnaqué le capitalisme pour leurs propres desseins… se sentant peut-être un peu coupables… et s’inquiétant de ce que les masses puissent commencer à s’agiter… ils proposent de s’attaquer à ce qui en reste au marteau-piqueur.

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