Julian Assange : 10,2 milliards de dollars contre la vie d’un homme ?

L’histoire retiendra que le 11 avril 2019 le droit d’asile a été bafoué par l’Équateur et son président. Un triste jour pour les lanceurs d’alerte, un triste jour pour la vérité !

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Julian Assange arrested What now for the Wikileaks founder-Capture d'écran Chanel4 News

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Julian Assange : 10,2 milliards de dollars contre la vie d’un homme ?

Publié le 15 avril 2019
- A +

Par Yannick Chatelain.

Comme je l’avais évoqué le jour même de son arrestation, l’information – au conditionnel – sur une arrestation imminente de Julian Assange avait été jugée suffisamment crédible pour que Nils Melzer, le Rapporteur spécial de l’Organisation des Nations Unies sur la torture, mette en garde le 5 avril 2019 le gouvernement équatorien du Président Lenín Moreno en l’invitant à « s’abstenir d’expulser M. Assange… ou de cesser ou de suspendre son asile politique de toute autre manière », rappelant que si Assange était renvoyé de l’ambassade, il risquait « que les autorités britanniques l’arrêtent et que les États-Unis l’extradent ».

Il pointait le fait qu’« une telle réponse pourrait l’exposer à un risque réel de violations graves de ses droits humains, notamment sa liberté d’expression, son droit à un procès équitable et l’interdiction des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ».

Cette mise en garde et exhortation n’a nullement impressionné le gouvernement de Lenín Moreno qui a laissé procéder le 11 avril à l’arrestation de Julian Assange. Pour justifier cette arrestation, et son placement en garde à vue, Scotland Yard a dans un premier temps évoqué un mandat délivré en juin 2012 par un tribunal londonien pour non-présentation à la justice. Un délit passible d’un an de prison. Délit pour lequel il a été immédiatement reconnu coupable.

Dans un second communiqué, la police britannique a indiqué que nonobstant ce mandat, son arrestation répondait  également à « une demande d’extradition » formulée par les autorités américaines. Ce que Julian Assange et ses défenseurs redoutaient le plus.

En 2015 Julian Assange avait à ce sujet déclaré depuis l’ambassade ne pas redouter la peine de mort (encore pratiquée dans une majorité des États américains).

« Ça ne veut pas dire que le risque n’existe pas que je finisse comme un mort vivant. Il y a aux États-Unis des lois pour les cas de sécurité nationale et de terrorisme. Ils mettent des gens au secret. (…) Il faut être réaliste. Ce n’est pas un système où, si vous êtes un cas de sécurité nationale, vous pouvez attendre de la justice. Il ne faut pas s’attendre à de la justice pour moi. »

Le monde a pu découvrir le 11 avril un Julian Assange dans la fleur de l’âge, 47 ans, aux allures de vieillard, une image qui fait mal et qui fait (devrait faire) honte. Le 11 avril le monde entier pouvait voir les effets sur un homme de ce qui relève d’une torture psychologique dans la durée.

Quant à l’extradition, on peut aisément comprendre le fondement des craintes de Julian Assange au regard du traitement inhumain qui est réservé à Chelsea Manning, la lanceuse d’alerte que la justice américaine tente actuellement par tout moyen de briser !

Un calendrier qui interroge

Le mercredi 10 avril, le chef de l’état Lenin Moreno annonçait triomphalement à la télévision équatorienne :

« Nous allons recevoir plus de 10 milliards de dollars à des taux inférieurs à 5 % en moyenne et sur des durées jusqu’à 30 ans », a déclaré le chef de l’État à la télévision équatorienne. » Il peut pour cela remercier : le FMI qui  prendra en charge 4,2 milliards de dollars, pour ce qui concerne les 6 milliards restants. »

Lenin Moreno peut remercier la Banque mondiale, l’Agence française de développement (AFD), la Banque européenne d’investissement (BEI), la Banque intéraméricaine de développement (BID), la Banque de développement d’Amérique latine et le Fonds de réserves latino-américain.

Je laisse chacun juge d’un calendrier des événements les plus marquants dans cet imbroglio et cette issue inédite en matière de droit d’asile.

  • Depuis le 8 mars, Chelsea Manning est torturée psychologiquement pour la contraindre par l’emprisonnement à se renier à huis clos devant un grand jury. Ce qu’elle refuse.
  • Le 5 avril, alerte de Wikileaks sur une arrestation imminente d’Assange. Injonction le même jour de Nils Melzer très inquiet de la situation…
  • Le 10 avril l’Équateur reçoit plus de dix milliards de dollars…
  • Le 11 avril le sort de Julien Assange était scellé : arrêté dans l’ambassade et de fait désormais sous le coup d’une extradition. Quant à l’argumentation du chef d’état équatorien, qu’en dire sans en être stupéfait ?

« J’annonce aujourd’hui que le comportement irrespectueux et agressif de Julian Assange, les déclarations discourtoises et les menaces formulées par Wikileaks à l’encontre de l’Équateur, et surtout la violation des règles internationales de matière d’asile, ont rendu insoutenable le maintien de cet asile pour Julian Assange. Et la patience de l’Équateur est arrivée à sa limite »

La limite de la patience de l’équateur intègre-t-elle dans cet imbroglio la somme évoquée ? Il est notable que les relations entre l’ambassade équatorienne et Julian Assange s’étaient tendues ; en 2018 le fondateur de WikiLeaks avait reçu une liste des « règles de la maison » à respecter s’il voulait pouvoir continuer d’utiliser Internet : nettoyer sa propre salle de bain, payer sa propre nourriture, son linge et ses appels téléphoniques, prendre soin de son chat…  Une approche jugée humiliante par Julian Assange qui avait alors attaqué l’Équateur à propos de ses conditions de vie.

Comme l’avait alors fait remarquer lors d’une conférence de presse son avocat Baltasar Garzon :  « Il est détenu dans des conditions inhumaines depuis plus de six ans » soulignant que « même les personnes emprisonnées ont des appels payés à l’État »

Haute trahison du droit d’asile mensonges éhontés et retournement de veste

Même si des tensions préexistaient depuis le changement de gouvernance, l’argumentation de Lenín Moreno sur sa patience limitée est pour le moins légère – pour ne pas la qualifier de ridicule – pour justifier une décision qui expose désormais Julian Assange à un risque réel de violation de ses droits humains les plus fondamentaux.

Quant à  la déclaration du ministre des Affaires étrangères Jose Valencia qui a été rapportée par El Telegrapho – pour ce qui concerne la demande d’extradition formulée par les États-Unis – elle n’est pas moins folklorique :

« Nous ne savions pas qu’il y avait une demande à cet égard, alors la décision de l’Équateur a été prise indépendamment de toute considération à cet égard. »

L’ex-président de l’Équateur évoque lui une simple vengeance et fait une synthèse qui résume pour partie le sentiment de nombreux observateurs :

« On ne livre pas une victime à ceux qui le persécutent, ou alors on s’humilie à la face du monde entier et on contrevient au principe de protection qui est la base de l’asile. »

Au-delà de tous les tenants et aboutissants d’une telle issue, une piste de vengeance est souvent évoquée ; cette dernière semble crédible pour El Espectador, qui se demande également si Julian Assange n’est pas une « victime collatérale de la guerre larvée que se livrent l’ancien et l’actuel président de l’Équateur ».

Le cri d’Assange : « Le Royaume-Uni doit résister ! »

À l’aune d’un nouveau combat qui va consister à éviter l’extradition, Assange appelle à la résistance. Aux États-Unis, inutile de dire qu’il ne pourrait pas compter sur le soutien de l’administration de Donald Trump. Comme le mentionne un article du Guardian, le soutien apporté lors des dernières élections présidentielles américaines à Julian Assange était dans le camp Trump sans aucune ambiguïté.

Et si Donald Trump a déclaré à la presse, juste après l’arrestation de Julian Assange, avec une vulgaire désinvolture : «  Je ne connais rien de Wikileaks, ce n’est pas mon truc »« I know nothing about Wikileaks. It’s not my thing. »), il a une mémoire défaillante : The Guardian rappelle à Donald Trump et au monde entier que « Donald  Trump a vanté WikiLeaks durant la campagne électorale, plus de 164 fois au cours du dernier mois de la campagne. »

« WikiLeaks – J’aime WikiLeaks », a-t-il déclaré lors d’un rassemblement ». Lors d’un autre meeting son amour était débordant : « Ce WikiLeaks est comme un trésor. » Même après les élections son soutien ne s’est pas démenti : « Je dis simplement ce qu’il dit (en parlant de Julian Assange) c’est aux gens de se faire leur propre opinion sur ce qui est la vérité »…

En attendant la suite des événements, l’histoire retiendra que le 11 avril 2019 le droit d’asile a été bafoué par l’Équateur et son président. Un triste jour pour les lanceurs d’alerte, un triste jour pour la vérité ! Si le président de l’Équateur a choisi de jouer la carte du déshonneur pour des raisons qu’il reste à éclaircir, le Royaume-Uni peut encore, dans un contexte où l’on sait – quoi que l’on pense de l’action de Wikilieaks et d’Assange – le traitement inhumain qui attendrait l’homme en cas d’extradition,  sauver ce qui peut être sauvé de l’honneur et écouter le cri d’Assange :

« Le Royaume-Uni doit résister ! »

Le cas échéant, si le cri d’Assange n’est pas entendu, si l’acharnement que subit Chelsea Manning se poursuit, la moralité de cette histoire serait la suivante : pour ne pas avoir à répondre de crimes de guerre et s’en laver les mains, l’important… in fine, c’est de gagner la guerre !

« Si le juge était juste, peut-être que le criminel ne serait pas coupable. » (Fiodor Dostoïevski)

Voir les commentaires (37)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (37)
  • je suis toujours partagé sur ce qu’on qualifie de lancement d’alerte.. et il me semble que le risque de la sanction est dans l’ordre des choses quand on se lève contre un pouvoir , on peut juste espérer que le peuple vous suive et fassent que les procédures légales en place mais scélérates pour protéger les politiques soient balayées..

    elise lucet veut une loi pour protéger les lanceurs d’alerte..mais les lanceurs d’alerte ..bidon..font aussi du mal..

    et quand on vit dans un pays qui a mis des conditions aux libertés individuelles, et que c’est applaudit par une majeure partie de la population…c’est foutu..

    en france on a conditionné la liberté d’expression..pas besoin de wiki leaks…pas besoin de prouver la corruption..c’est un point de pourrissement un possibilité d’abus de pouvoir..

    d’ailleurs on neparle que du droit d’asile..mais d’abord on devrait parler des lois qui permettraient de condamner assange..qu’il ait pu se réfugier est anecdotique..
    donc ça c’est un problème, mais si assange n’était pas jugé et que les gens ne prenaient pas conscience de l’existence de lois scélérates qui permettent de sanctionner une personne qui révèle des actes criminels des puissants alors à quoi aurait servi wikileaks sur le fond? à faire tomber les plus idiots des corrompus? ceux qui laissent des traces?

    et j’ai bien peur de ça…je pense que le gros des gens se fout de la liberté individuelle sinon il se lévera pour assange…
    est ce que ce ne devrait pas être la défense d’assange…???

    prouver que ce qu’il a fait est salutaire… sinon..

  • Le « droit d’asile » n’est jamais qu’un droit temporaire accordé par un pays dans des circonstances particulières et qui peut être révoqué : il ne s’agit là que de décisions politiques ( voir le criminel Cesare Battisti, Mitterand et Chirac ).
    « il est détenu dans des conditions inhumaines » : au secret ? sans nourriture ? entassé avec 50 autres prisonniers ? Non, loin de là : il a continué à wikileaker mais avec, de plus en plus, une volonté politique qui ferait plus penser à de l’espionnage qu’à du lancement d’alerte ; ou, à tout le moins, à chercher à influencer des décisions politiques en ne publiant que des informations ciblées.

  • L’équateur est un pays pauvre, j’y suis allé, certaines personnes là bas sont proches de crever de faim (quelques uns sont très riches car le pays est très inégalitaire). Bref, le président rappelle qu’il agit pour le peuple équatorien. Ca à l’air atroce, mais oui, je pense que pour les équatoriens 10,2 milliards, c’est bien plus que la valeur de la vie d’un homme. Et ne rêvons pas, si Assange avait été protégé dans un premier temps, c’était pour s’affirmer politiquement face aux états-unis, la protection de la liberté était secondaire.
    La situation de la Grande Bretagne est par contre bien différente, ils pourraient s’opposer à son extradition sans trop de craintes. Mais s’opposer à l’allié historique? Peut être Assange sera t il vendu contre un accord libre échange suite au Brexit?

    • Le protectionnisme de Trump vaut plus cher à ses yeux que le pauvre Assange. Le RU va plutôt céder Assange comme une article en prime ou pour éviter une petite frustration de la part des ricains.

    • pensez vous vraiment que les équatoriens les plus pauvres verront la couleur de cet argent ? permettez moi d’en douter ; cette triste histoire ne montre qu’une chose : les dirigeants sont pour la plupart faibles face à l’argent , ce sont des girouettes et ils ne faut pas leur faire confiance ;

      • Et en quoi les dirigeants diffèrent-ils en cela des autres personnes ?
        Commençons par nous demander si les Equatoriens ont plus à perdre ou à gagner de ce prêt, a priori, et sans appeler à la rescousse les raisons politiciennes qui font probablement qu’il a été accordé. Ensuite, c’est un prêt, donc le véritable prix est la différence entre les intérêts aux conditions de marché et les intérêts effectivement demandés, donc certainement pas 102 Mds.
        Ensuite encore, qui paie en fin de compte ? J’avoue que pour les prêts du FMI, j’ai du mal à savoir… Enfin, les états sont certes fourbes et corrompus, mais pour moi la délation est pire que toute fourberie et toute corruption, quand on passe un contrat, serait-ce avec le pire des criminels, on le respecte. Le secret n’a pas de prix. Ramener la délation à une affaire d’argent, c’est profondément malsain.

  • Qui sont aux USA les gens qui veulent se faire Assange éxactement? Quelles sont les institutions qui pensent qu’Assange est un dangereux criminel? Sachant que Wiki fonctionne sans lui, qu’attendent ils exactement comme profit de l’arrestation d’Assange?

  • Violer les secrets d’un etat n’a pas a etre pardonné ni violer les secrets d’un individu. Ce n’est pas un lanceur d’alerte c’est un parasite ayant saisi une opportunité pour etre a la une des magasines….quant a l’autre machin ou machine..quant on prete serment …..

    • Et si vous, en tant que civil dans votre propre pays, étiez attaqué par une puissance étrangère qui commet des crimes de guerre en toute impunité, vous tiendriez toujours le même discours sur ces personnes qui ne veulent pas rester complice de ce qui se trame?

      • C’est une question difficile, mais ça n’est pas la bonne. La bonne question est de savoir si la révélation de certains secrets conduira à l’avenir à un monde meilleur ou pire. Celle-là est encore plus difficile, et en tout cas l’indignation n’y apporte rien.

    • Depuis quand un Etat doit il avoir des secrets pour ses citoyens? Je ne parle pas des codes de l’arme nucléaire, je parle d’action étatiques menées sous mandat démocratique: Comment pourrait on admettre qu’une quelconque action de l’Etat puisse demeurer LEGALEMENT secrète,

    • A minima Assange doit bénéficier de toutes les protections légales accordées à un journaliste; sinon on ne peut vraiment plus espérer un modicum d’intégrité ou de liberté dans la presse. Pour Manning c’est un peu plus compliqué.
      A mon sens, alerter les citoyens US et autres du comportement déviant et dégénéré des dirigeants, ce serait plutôt positif. Et dans la mesure où l’affaire des emails a contribué à faire échouer Crooked Hillary, Assange & Co ont eu un rôle historique.

    • On ne peut pas mettre sur le même plan secret d’un état et secret d’un individu. Tout individu a droit au secret de sa vie privée, et n’a de compte à rendre à personne tant qu’il ne nuit à personne, ou ne contrevient pas à des lois justes. Mais l’état ce n’est personne, ce n’est qu’un concept, un système. On désignera donc un gouvernement, une administration, qui, dans une démocratie digne de ce nom, a des comptes à rendre à la population du pays qu’ils sont supposés servir.

      Après, il y a sans doute des secrets qu’il vaudrait mieux ne pas révéler en effet, mais comment juge-t-on de ce qui doit ou ne doit pas rester secret? Si c’est l’état, qui décide unilatéralement ce qu’il doit garder secret, quelle confiance peut-on placer en lui, et quelle est la réalité du partage du pouvoir?

  • Dans cette affaire on devine bien les véritables ressorts humains, qui ne sont pas ceux que nous voulons voir (transparence, liberté). Assange est guidé par son ego surdimensionné, l’ex-président équatorien pour s’opposer aux Etats-Unis, le nouveau président pour se venger de l’ex, les Etats-Unis pour laver un affront et le Royaume-Uni par soumission.
    Alors les méchants, les bons, tout est relatif et grandement dépendant des circonstances.

  • Modérez votre indignation un peu trop théâtrale et tout à fait caricaturale. Je pense que, pas plus que moi, vous ne connaissez le fond de cette affaire mais parler de « conditions inhumaines » est une insulte à beaucoup de personnes dans le monde qui les vivent véritablement.
    Sur le fond de l’affaire, je ne suis pas sûr que pirater un stock de mails et les diffuser en disant « regardez dans le tas, vous trouverez peut-être quelque chose » soit à ranger dans la catégorie un peu trop élastique des « lanceurs d’alerte ».
    En bref, je me permets de vous conseiller un autre sujet pour assouvir votre inextinguible désir d’indignation.

  • Vive la nation vive la patrie et vive la kanterbrau…

  • Il n’était pas réfugié politique puisque poursuivi pour viol par la justice Suédoise! Que l’on peut difficilement soupçonner de complicité avec les USA, qui n’ont jamais été très apprécié dans ce pays neutre durant toute la guerre froide!

    • L’auteur devrait prendre un peu de recul sur ses sources.

      « Comme le mentionne un article du Guardian, le soutien apporté lors des dernières élections présidentielles américaines à Julian Assange était dans le camp Trump sans aucune ambiguïté. »

      Faux. Wikileaks ou JA n’ont jamais apporté explicitement de soutiens (mot significatif) au camp Trump. C’est une pure reprise des diffamations démocrates. En fait, compte tenu de son passé politique, il est logique que Clinton ait bien plus de dossiers à montrer que Trump. Et normal aussi que les affaires politiques ou étrangères l’emportent en gravité sur des douteuses affaires sexuelles !

      « The Guardian rappelle à Donald Trump et au monde entier que « Donald Trump a vanté WikiLeaks durant la campagne électorale, plus de 164 fois au cours du dernier mois de la campagne. » »

      Rappel totalement biaisé ! Trump durant la campagne électorale et Trump POTUS, ce n’est pas du tout la même chose. Les responsabilités changent (les agences de sécurité et l’armée sont dans son dos) et d’un point de vue d’opinion, il n’était pas censé avoir des connaissances autres que celles des média, contrairement à Clinton encore une fois.

      Qu’aurait dû dire Trump POTUS ? Il ne peut pas être incohérent, comme lors de la campagne, un jour qualifier les lanceurs d’alerte de traîtres et de l’autre utiliser leurs informations publiées.
      Il a préféré se mettre en retrait car les conséquences sont difficiles à prévoir et le pragmatisme est de rigueur. Il sera toujours temps qu’il se décide plus tard.

      L’auteur devrait relire Machiavel. Quoique je pense que Trump s’inspirerait plutôt de Jules II…

  • Si je ne me trompe pas, Assange nous a apporté la preuve que nos états européens sont espionnés par les USA (notre allié, il parait….).
    Il a aussi démontré que les justiciers américains se comportent aussi mal sur les terrains militaires que ceux qu’ils font tomber au nom de la liberté.
    Et nous, pour le remercier de son courage, nous l’abandonnons à son sort.

    Trahir les secrets d’un état, quand ils sont honteux, est-ce trahir ?

    Par ailleurs, Assange n’est pas américain, il ne trahit donc pas son pays, mais dénonce les comportements d’un autre pays. N’en faisons-nous pas autant, à longueur de journaux ?

    D’après l’auteur de cet article, la justice américaine n’est pas respectueuse des droits de l’homme. Là, je ne sais pas vraiment, mais l’incarcération de Chelsea Manning est étrange : on peut donc, aux USA, remettre en détention une personne qui a été graciée, parce qu’elle ne veut pas collaborer ?

    • La preuve… Il suffit d’avoir reçu une formation de 6 heures de sensibilisation à la sécurité pour savoir cela, et réclamer une preuve n’a pas grand sens : preuve ou pas, vous agirez de la même manière.
      A propos de preuve, vous en avez une qu’il a agi par courage et conviction, et non pour satisfaire des désirs personnels moins nobles ?

      • Je ne vois pas vraiment ce que les motivations, que vous semblez en plus ignorer, viennent faire la dedans. Assange est très probablement un sale con mais cela ne m’empêche pas de penser que ce qu’il a fait avec wikileaks est une plutôt bonne chose.

        • La base de mon commentaire est que Assange n’a « démontré » que des détails sur des choses, espionnage par les pays « amis » et coups tordus et criminels sur le terrain, que seuls les naïfs prétendaient ignorer, et qui ne sont d’ailleurs pas l’apanage des USA.

          • Vous êtes très réducteur sur l’importance des informations divulguées et il y a une grosse différence entre « tout le monde sait que » et « on a la preuve que ».

            • Je respecte votre opinion, mais je n’ai pas dit « tout le monde sait que », j’ai dit « tous les experts impliqués vous le diront si vous suivez une formation professionnelle ».

    • Tout le monde espionne tout le monde, y compris la France! Ne soyez pas naïve.

  • Pour une fois, il ne sera pas nécessaire d’attendre le jugement de l’Histoire!
    Tout est si évidemment clair. Il suffit d’actionner un peu de cervelle avec un fonds de valeurs morales pour comprendre que ce qui parait vraisemblable est vrai.
    Avec de nouvelles technologies, de nouveaux réseaux, des forces antiques s’actionnent pour donner aux pouvoirs l’absolu pouvoir. https://fr.wikipedia.org/wiki/Quand_ils_sont_venus_chercher
    On l’a vécu lâchement au XXème siècle et l’immense majorité d’alors ne l’a compris qu’à l’ultime fin. Mais que de souffrances avant! Nous sommes encore avant la souffrance (sauf bien sûr pour quelques uns), mais déjà bien bien avancés dans le sentiment d’écœurement devant les multiples trahisons des Clercs (media, élites, rebelles, autorités morales et naturellement politiques).

    « Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.

    Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate.

    Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.

    Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester. »

    Pas concerné….porte à côté, bonne journée….

    • Il n’y a trahison que quand il y a engagement. La fraternité est une très belle valeur, mais on peut très bien vous dire « Salut et fraternité ! » quand on vient vous arrêter pour vous conduire à l’échafaud. L’histoire de « Quand ils sont venus me chercher… » est simpliste, elle suppose que rien dans l’affaire n’a été monté de toutes pièces par des gens qui connaissaient l’histoire et qui voulaient acquérir en fraude votre fraternité.

  • Je me demande de quoi vivent ces « lanceurs d’alerte » en dehors du fait de tripoter à longueur de journée leur clavier?

  • Un article tellement partisan qu’il en devient aussi grotesque que peu crédible. Le sommet est atteint avec « traitement inhumain qui est réservé à Chelsea Manning, la lanceuse d’alerte »
    Bradley Edward Manning (alias Chelsea) a trahi son pays. Point!
    Nous ne saurons jamais si le prêt du FMI est lié a cette histoire. Quoi qu’il en soit le gouvernement de l’Equator n’est pas obligé de garder dans l’une de ses ambassades un individu qui devenait tout aussi pénible qu’encombrant.

    • Le cas de Manning est plus complexe que ce que vous présentez (« a trahi son pays »). Le serment qu’il a fait est très large : « I further commit myself to defend the Constitution and laws of the United States against all enemies, foreign and domestic, either by military, noncombatant, or civilian service. », « all enemies […] domestic ».

      Quant au prêt du FMI, il faut vraiment être un lapin de six semaines pour croire qu’il n’y a pas de cause à effet …

      • Appelons ça « corrélation », « cause à effet » est difficile à prouver, et « corrélation » a en pratique les mêmes conséquences.

        • Une coïncidence n’est pas une corrélation. C’est aller vite en besogne. Assange a été accepté dans cette ambassade rien que pour emmerder les ricains, que les latinos gauchistes détestent. Le pouvoir ayant changé de main il fallait s’y attendre. Ce prêt était en négociation depuis longtemps, l’Equateur en ayant besoin. C’est vers la Suède qu’il faut l’extrader, pas vers les USA, qui n’ont pas de raison juridique!

  • Cet article est confus : il mélange 2010 et 2016.

    La justice américaine ne reproche pas (encore) à Assange des événements de 2016, ni l’enquête de Mueller. Il ne s’agit que des fuites par Manning.
    Donc, pourquoi Trump ? L’actuel POTUS est encore confronté – une fois de plus – à un problème causé/laissé par le précédent : Obama (dont pas une fois le nom n’apparaît dans l’article) !

    La question reste : pourquoi la justice américaine ignore les faits liés au parti démocrate : le serveur soit disant hacké mais jamais contrôlé par le FBI, l’origine des fuites remontées à Wikileaks…

    PS: voici un article de 2016 (sur Assange) montrant que le Guardian (la référence de l’auteur) « construit » ses interviews :
    https://theintercept.com/2016/12/29/the-guardians-summary-of-julian-assanges-interview-went-viral-and-was-completely-false/

  • Incendie à Notre Dame de Paris. Une victime australienne …

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

L’état de la liberté d’expression en Occident peut se juger à la manière dont sont traités les lanceurs d’alerte comme Julian Assange. Lundi 18 juillet, à Paris, plusieurs organisations et médias ont lancé un appel destiné à obtenir la libération d'Assange et demandant à la France de lui accorder l'asile politique. Parmi elles, la ligue des droits de l'Homme, le syndicat national des journalistes (SNJ) et Anticor.

Au Mexique, le très à gauche président Andres Manuel Lopez Obrador a déclaré avoir plaidé la cause du journaliste australie... Poursuivre la lecture

D’abord, rappelons-nous. Onze ans après les révélations WikiLeaks, Julian Assange finit par être interpellé à l’ambassade d’Équateur à Londres. Il est immédiatement livré à la justice britannique et placé en détention provisoire. Les États-Unis réclament alors son extradition.

Le lanceur d’alerte avait de sérieux espoirs d’y échapper pour trois raisons :

Un état de santé préoccupant, La liberté d’expression et le droit à l’information dont son alerte est le symbole, Et la jurisprudence Snowden.

 

Ce n’est en effet ... Poursuivre la lecture

Par J. D. Tucille. Un article de Reason.com

La Haute Cour de Justice de Londres ayant décidé que Julian Assange pouvait être extradé vers les États-Unis, son procès très médiatique paraît sur le point de connaître une conclusion tragique. Le sort d'Assange sera bientôt entre les mains des tribunaux fédéraux américains, et il semble peu probable que lui-même ou la liberté de la presse sortent indemnes de cette épreuve.

Dans une décision qui s'appuie fortement sur le fait que le gouvernement britannique a toujours cru aux assuranc... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles