5 conseils geek pour survivre en temps de crise

Certaines œuvres majeures nous donnent matière à réflexion, et un certain recul assorti d’un petit sourire narquois sur le monde actuel.

Par Dern.

Le monde devient fou, le monde court vers l’apocalypse, c’est Paco Rabanne qui l’a dit. Des artistes mettent leur urine en bocal pour protester contre Trump, les députés réglementent le diamètre officiel des toilettes et les autoproclamés défenseurs des droits cherchent à déterminer s’il est plus grave d’avoir des pansements blancs ou des mèches de couleur dans les cheveux des femmes asiatiques à l’écran.

Pire que tout, ces TOC mentaux commencent à infecter notre culture. Star Wars, Marvel, Le Seigneur des Anneaux… Aucune licence ne leur résiste.

Mais il y a encore de l’espoir. Certaines œuvres majeures nous donnent même matière à réflexion, et un certain recul assorti d’un petit sourire narquois sur le monde actuel.

Conseils de lecture / visionnage / jeu non exhaustifs.

Jouez à Paranoïa

On sous-estime souvent le potentiel des jeux de rôles en matière de profondeur. Paranoïa nous emmène avec beaucoup d’humour dans une dystopie légèrement futuriste (d’aucuns diraient visionnaire) archibuggée et qui rend… paranoïaque.

L’Ordinateur est l’IA qui gère le complexe alpha, une structure autonome coupée du reste du monde. L’Ordinateur est votre ami, tout ce qu’il dit est vrai et pour votre bien. Seulement deux choses sont punies de mort : être mutant, et être un traître d’une société secrète. Évidemment, vous jouez tous des mutants et membres de sociétés secrètes, et la traîtrise vient vite. Le système de l’Ordinateur est tellement bugué que la moitié des ordres contredit l’autre moitié, s’il est simplement possible d’en exécuter le quart.

On a l’impression de parler avec un SJW : de toute manière vous aurez tort, et un de vos amis finira par vous dénoncer.

Ce jeu vous donne l’opportunité d’en rire avant d’en pleurer IRL.

Alors, es-tu heureux, citoyen ? Être heureux est un devoir.

Lisez l’usage des Armes et Une Forme de Guerre de Ian Banks

Dans l’univers futuriste de Ian Banks, la Culture, civilisation oisive entretenue par une technologie illimitée, se confronte à des mondes qui refusent l’assimilation. La Culture est à la fois la civilisation la plus avancée de la galaxie, mais aussi redoutable, pacifique, anarchique, tolérante et cynique. Telle un Empire du Bien, elle étend son joug de “bonté” sur ceux qui lui sont dissemblables. Les citoyens sont plongés dans des abîmes de dopamine et la politique n’existe plus… pour eux en tout cas, car si les humains délaissent la politique, d’autres y trouvent leur intérêt.

Le cycle de la Culture explore le destin de personnes prises dans ces conflagrations douces.

On y lit en filigrane une certaine vision de nos débats actuels, de l’Occident mourant qui ne se définit plus que dans son opposition aux autres civilisations, et qui gonfle le terrain de ses luttes pour ne pas périr d’ennui. On peut aussi y comprendre la permanence des luttes pour la vie, ainsi que la prééminence de la conscience individuelle.

Mais juste en filigrane : on peut tout simplement le prendre pour lire de la bonne Hard Science. D’ailleurs, on raconte qu’Amazon pourrait le développer en série…

Suivez South Park

Quelle série est plus insolente, plus irrévérencieuse et de plus mauvais goût que South Park ? Pourtant, elle existe depuis 1997, et affiche 22 saisons à son honorable compteur. Trois épisodes ont été censurés en France : ceux qui concernent l’État Islamique et le prophète Mahomet. South Park a été diffusée en France sous l’étiquette “avis parental pour les moins de dix ans”, parce que c’est un dessin animé et que notre gouvernement le place dans la catégorie “pour enfants” car les dessins animés, c’est pour enfants.

Ce que ça n’est évidemment pas.

South Park dépeint une bande de quatre enfants qui interagissent avec un monde d’adultes de plus en plus débiles, dont les problématiques sont le pastiche de la réalité : le politiquement correct, les hipsters, le fanatisme religieux, le véganisme, etc.

De quoi décompresser du monde réel, ou plutôt se défouler. On ne le dira jamais assez, le rire est un puissant antidote.

Plongez-vous dans le genre cyberpunk

Dans la littérature SF, un sous-genre très particulier a émergé, qui dessine notre avenir à moyen terme si la technologie poursuit son avancée actuelle : le cyberpunk.

Pour faire simple : il pleut alors que le héros marche dans une ville effroyablement dense, avec d’immenses gratte-ciel desquels pulse la lumière des écrans publicitaires. Dans la ville basse, des millions d’âmes grouillent, et notre héros s’assied lourdement au comptoir d’une guérite de fast-food japonaise. Alors que la pluie déperle du cuir de son blouson, il se demande comment il va régler son enquête sur ceux qui vivent dans les cités célestes, au-delà des nuages et de la boue des rues.

Le genre a été prolixe : Blade Runner, le JdR Cyberpunk, l’excellent film Alita sorti cette année, et Altered Carbon, œuvre littéraire adaptée au petit écran par Netflix.

Dans Altered Carbon (Carbone modifié), les corps se résument à des enveloppes interchangeables : votre conscience est sauvegardée dans une puce implantée à la base du cou. Si certains conservent leur enveloppe de naissance, ceux qui le peuvent se transfèrent dans une nouvelle enveloppe, voire dans leur propre clone, pour vivre éternellement.

Nos élites ont du mal à se projeter dans l’avenir parce que ce monde leur est étranger, et leurs enjeux éthiques et économiques les dépassent. Avec un peu de lecture, on rattrape des décennies de fainéantise intellectuelle sur ces sujets vitaux que sont l’IA et les biotechnologies.

Regardez la série Avatar le Dernier Maître de l’air

Cette série, développée à la base dans un placard à balais de Nickelodeon par des créateurs un peu étranges (100 % nerds), est devenue à juste titre un des fers de lance de la chaîne.

Dans un univers asiatique mythologique, quatre nations se répartissent le monde : la Nation du Feu, la Tribu de l’Eau, le Royaume de la Terre et les Nomades de l’Air. Au sein de chacun de ces peuples, certains sont capables de maîtriser leur élément de naissance.

Il y a cent ans, la Nation du Feu a éradiqué les Nomades de l’air. Mais le jeune Aang a survécu, et pour cause : il est l’Avatar, le seul qui peut maîtriser les quatre éléments.

La série suit son parcours à travers un monde riche, empli de mystères et authentique, présentant une vision à la fois accessible et précise de l’Asie mythifiée. Il devra s’entraîner pour maîtriser tous les éléments, et trouver sa propre voie pour venir à bout du Seigneur du Feu.

En parallèle, on assiste au combat de Zuko contre lui-même : prince banni par un père tyrannique, il chasse l’Avatar Aang dans lequel il voit son honneur perdu.

La magie se décline selon les styles de combat (kung-fu pour le feu, Qi gong pour l’eau, etc). L’animation impeccable et le scénario à couper le souffle nous plongent dans la plus audacieuse réinvention de la quête initiatique de ces trente dernières années.

À partir de 3 ans jusqu’à votre dernier jour.

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