Liberté économique : la France stagne toujours

Heritage Foundation a publié son dernier index des libertés économiques. La France fait du surplace, se classant 35e pays européen sur 44. Quant au monde, il n’est pas plus libre en 2019.

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Liberté économique : la France stagne toujours

Publié le 13 février 2019
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Par Ludovic Delory.

Le mal français n’est pas encore guéri. Ce n’est pas une surprise pour les lecteurs de Contrepoints, habitués à voir dénoncés dans ces colonnes le poids de la bureaucratie, la fiscalité pénalisante et l’immobilisme des structures étatiques.

L’index 2019 de l’Heritage Foundation apporte, noir sur blanc, la preuve de ce surplace. En termes de liberté économique, la France se classe à la 71e place mondiale, dans le peloton de queue des pays européens (35e sur 44). Si la santé financière de l’État connaît de très légères améliorations, il n’en va pas de même pour son efficacité judiciaire (6 points de moins en un an !).

Heritage Foundation note que :

Les principaux défis politiques en France consistent à stimuler la croissance économique, à réduire le chômage élevé (en particulier chez les jeunes), à accroître la compétitivité, à améliorer les finances publiques et à atténuer l’opinion négative des investisseurs étrangers sur le marché du travail.

Ce qui vaut à la France de perdre 0,1 point à l’indice de liberté économique.

Aucun sursaut mondial de liberté

Hong Kong, Singapour, la Nouvelle-Zélande et la Suisse continuent d’occuper la tête de ce classement, publié depuis 25 ans. À noter le bond spectaculaire des États-Unis (+ 6 places) et, à l’autre bout du classement, les tristes bilans économiques de Cuba, du Venezuela et de la Corée du Nord.

Le constat du think tank libéral reste le même : la liberté économique est synonyme de progrès et de prospérité. Force est de constater, au vu des datas, que cette liberté n’a pas évolué spectaculairement depuis la fin du XXe siècle. En 1995, l’index mondial s’élevait à 57,6 %. Le monde était alors « essentiellement non libre ». Avec un index moyen de 60,8 % aujourd’hui, on ne peut parler d’évolution saisissante en un quart de siècle.

Les marchés… libres ?

La faute à quoi ? Pour Heritage Foundation, l’État dépensier reste une réalité. Ceux qui ont le mieux intégré la rule of law  conservent de belles perspectives de développement économique. Cela signifie aussi une immixtion minimale dans le milieu du business, une libéralisation des services et une ouverture au monde. Sans oublier une simplification fiscale encourageant l’entreprise. À Hong Kong, le taux normal de l’impôt sur le revenu est de 15 %. Quant aux dépenses publiques, elles ne représentent que 17,9 % du PIB. La dette publique y est inexistante.
Ce focus sur l’économie ne doit pas faire oublier les autres progrès réalisés à l’échelle de l’humanité. Nous vivons aujourd’hui la période la plus prospère de l’histoire de l’humanité. Les indicateurs mondiaux de pauvreté, de faim et de dénutrition ou d’accès à l’électricité sont tous extrêmement encourageants. Ces progrès trouvent leur source dans le développement économique favorisé par un cadre libéré de contraintes étatiques et culturelles.
Consolation pour la France : si son classement économique est en berne, elle peut se prévaloir de son bon bulletin en matière environnementale. Ce qui la classe tout juste, si l’on tient compte d’une multitude de facteurs, dans le top 20 des pays les plus prospères.
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  • « Le constat du think tank libéral reste le même : la liberté économique est synonyme de progrès et de prospérité »
    Ce n’est pas un constat, c’est un credo. Qui n’a rien d’automatique. A l’indice de démocratie, Singapour est 66 ème, la France 29 ème…
    La liberté économique est un critère parmi d’autres du niveau de liberté et de démocratie d’un pays. Pas le seul. Cette liberté n’est ni une condition nécessaire ni une condition suffisante.
    La liberté economique ne peut etre synonyme que de prospérité… économique !

    • La démocratie et la liberté sont deux choses tellement distinctes que si un pays contient le mot « démocratique » dans son nom, on peut être sûr que les libertés y sont bafouées.

    •  » « Le constat du think tank libéral reste le même : la liberté économique est synonyme de progrès et de prospérité »
      Ce n’est pas un constat, c’est un credo. Qui n’a rien d’automatique.  »

      Ce n’est pas un crédo mais un constat qui c’est vérifié des centaines de fois depuis 1 siècle et qui est constaté actuellement au Venezuela. Sans prospérité économique = non création de richesse, chômage et pauvreté de masse, pénurie de biens de première nécessite, innovation absente, niveau de vie et d’espérance de vie qui dégringolent. Accès aux soins de santé très limités voir inexistant pour un nombre important de la population.

      Bref comme l’a bien dit un jour Guy Sorman:  » l’économie ne ment pas « 

      • Qu’est-ce que le progrès? Vaste question!

      • Le Venezuela est juste une dictature, où il n’y a aucune liberté.
        Le Chili de Pinochet, plutôt libéral sur le plan economique, est resté une dictature.
        Singapour est l’exemple type d’un pays aux très faibles libertés politiques mais à la très grande liberté économique.
        Désolé de briser ici quelques illusions : la liberté économique n’est pas la mère de toutes les autres.

        • La liberté économique n’est pas la mère de toutes les autres parce que le libéralisme est avant tout une philosophie du droit et non une théorie économique.

          Cependant on peut remarquer que sans prospérité il est difficile d’avoir une démocratie efficace.

  • J’ai toujours pensé que cet indice, sinon ridicule était du complexification incroyable. On peut faire plus simple, par exemple comptabiliser et rapporter au nombre d’individus ceux qui sont payés pour réduire vos revenus voire les faire disparaître.

  • Le bulletin environnemental, une « consolation » ?
    La France crève la gueule ouverte, mais l’environnement est une consolation ? Un symptôme des valeurs totalement dévoyées de nos dirigeants, je dirais plutôt…

    • @ Cernu
      Non, je ne crois pas. L’écologie (le souci partagé de la qualité de l’environnement me semble légitime; il repose aussi et beaucoup, sur l’initiative privée).
      C’est donc plutôt un miroir aux alouettes apte à détourner l’attention du quidam (et des alouettes) de ce qu’on ne veut pas ébruiter.

  • Il y a une chose qui m’interpelle.
    Alors que la Suisse mise énormément sur l’apprentissage, la Nouvelle-Zélande, Hong Kong, les usa et Singapour semblent dépourvus de ce type de contrat de travail.

    Pour ma part, je me pencherais plus sur le model suisse pour réformer la France.
    Mais je suis sûr qu’il y a des bons côtés dans les 2 modèles. Je me demande juste comment font ces pays pour ne pas créer une bulle monumental de crédit étudiant comme aux usa.

    Du coup à votre avis quel mode est le plus efficace ? Si quelqu’un a des réponses je l’en remercierai ?

    • cher ou chére Koris:
      peut être que Macron 1er a la réponse a votre question.
      pour ma part les difficultés pour relever un pays dont l’industrie lourde est moribonde, les PME en dégringolades, le chômage réel en hausse ,les coûts de fonctionnement explose , ne peut être remis sur rail que par des reformes drastiques mais encore faut il le vouloir et en avoir le courage , être capable de faire passer sa carrière au second plan ! et la hélas on en est très loin !

      • @ duglimbule
        Le problème de la fin de la grosse sidérurgie (avec le charbon) a traumatisé sévèrement plusieurs économies européennes, avant de disparaître ou de se spécialiser en acier plus « spécialisé ». Les PME s’adaptent ou disparaissent.
        Sinon, oui, la France n’a aucune raison d’aller plus mal que l’Allemagne, pays, en gros, comparable. En cherchant un peu, c’est évidemment la gestion qui a différé: c’est là qu’il faut chercher (et comparer).

      • Effectivement duglimbule, tout est une question de pouvoir.
        En ce qui concerne le système de formation pro (adulte et contrat d’alternance), Macron ne dit rien de très clair.

        Je n’ai pas entendu qu’il allait laisser les branches pro ou les entreprises façonner les formations et donc payer ces dernières (comme en Suisse) et faire de même pour la formation continue (comme c’est le cas, je crois au Danemark).

        Rien de nouveau sous le soleil donc.
        Pour les USA, Singapour et Cie, je n’ai trouvé que la possibilité de faire des stages et non des contrats d’apprentissage (ou contrat pro). Mais ça n’a pas l’air de chambouler les jeunes de tous ces pays qui ont un taux d’emploi assez bluffant.

        Mais des règles simples et une fiscalité légère sont bien entendu les bases d’une prospérité économique.

        Après comme le dit Charles Gave, si les français veulent 20% de fonctionnaire en plus et des prestations publiques gigantesques, il n’y a pas de problème. Il faut juste retrouver sa monnaie et accepter que les marchés lui donne sa vraie valeur (ce qui n’est pas le cas des dévaluations artificielles comme la banque de France avant). Après tout, c’est peut-être ça qui donne à la France sa qualité de vie… 😀

    • -A Hong kong, vous avez la preference nationale, vous devez embaucher en priorité un hongkongais, vous n’allez jamais voir un étranger balayer les rues, ou être éboueur.
      – Hong kong est le pays ou il y a le plus de restaurants par habitant, 1 restaurant pour 20 habitants, il n’y a pas de TVA. Quand moi j’achète un steak et 3 patates, le restaurant achete 150 steaks et 50 kilos de patates, forcement il paye moins chers que moi, si vous faites le calcul de votre temps, ca coute moins chers d’aller au restaurant. (qui vont embaucher en priorité des hongkongais).
      -En 16 ans a hong kong, j’ai déménagé 6 fois, 100% des immeubles ou j’ai habite ont des agents de sécurité 24/24, il font les 3 huits, jamais eu un seul cambriolage dans ces immeubles. Toutes personnes inconnues doivent presenter une piece d’identité pour monter dans les étages, c’est la loi. (immeuble qui vont embaucher des hongkongais en priorité).

      bref quand vous etes hongkongais et que vous avez 16 ans, vous trouvez du travail immédiatement, au lieu de rester sur les banc de l’école parce que il n’y a pas de travail dehors.

      • Merci pour ces explication Marc22. On voit bien qu’il y a une culture totalement différente entre la France et Hong Kong.
        Et il me semble aussi que le plein emploi appelle le plein emploi dans le sens que si les jeunes veulent travailler tôt, ils peuvent sans problème le faire vu les nombreuses opportunités

  • Je suis toujours septique lorsque l’on parle de faciliter la création d’entreprises en limitant les formalités (qui somme toute sont très faciles et sont une rigolade face à ce qui attend l’entrepreneur), en aidant les start-up par des subventions etc .. En fait pour moi, le problème en France est celui de l’état d’esprit général qui participe d’ailleurs à la raréfaction de cette mentalité « particulière » nécessaire pour entreprendre ..mais surtout réussir. C’est tout un ensemble : lourdeur générale lestée par des images d’Epinal.

  • @Koris , le problème de l’aprentissage : une entreprise prend une personne + délègue une personne pour le former , a l’issue de son stage peut partir rien n’oblige qu’il reste dans l’entreprise , il faut une garentie qu’il reste entre 5 à 10 ans ou si il veut partir paye une compensation … Ça un coût pour l’entreprise ,un C.A.P voir pour les meilleurs un B.T.S ..
    , pour les meilleurs un bts

    • @Lou 17 l’apprenti représente un coût pour l’entreprise c’est certain, notamment en temps. Mais c’est aussi un investissement car ce jeune est « formaté » selon les règles de cette entreprise et c’est très intéressant à terme. D’ailleurs, si une entreprise prend un apprenti, ce n’est pas par bonté d’âme mais par besoin. La garantie que l’apprenti reste 5 à 10 ans n’est pas utile, d’autant que le salaire est réduit et exonéré de charges. Il serait intéressant de connaître les chiffres de « fidélité » des apprentis à l’entreprise formatrice.

    • Merci Lou 17,
      Effectivement le risque est de voir cet investissement partir en fumée avec le départ de l’apprenti.
      Apres on peut aussi penser à un mixte entre le bâton de la compensation en cas de départ et la carotte du CDI avec un bon salaire selon le métier.

  • @RaphSud , je suis d’accord les charges sont exonérés , je connais des artisants ne veulent plus faire d’apprentissage , voir partir celui qui a été formé c’est décourageant pour la concurrence !! vous avez investi de votre temps et lui donné votre expérience professionnelle… C’est un frein pour l’embauche d’un apprenti …Ça merite une réflexion dans l’intérêt des deux parties..

  • Misère de misère… Nous libéraux avons beaucoup, beaucoup de pain sur la planche… Un résumé du dernier livre d’Alain de Benoist :

    https://www.delitdimages.org/contre-le-liberalisme-la-societe-nest-pas-un-marche/

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