Liberté économique : la France stagne toujours

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Heritage Foundation a publié son dernier index des libertés économiques. La France fait du surplace, se classant 35e pays européen sur 44. Quant au monde, il n’est pas plus libre en 2019.

Par Ludovic Delory.

Le mal français n’est pas encore guéri. Ce n’est pas une surprise pour les lecteurs de Contrepoints, habitués à voir dénoncés dans ces colonnes le poids de la bureaucratie, la fiscalité pénalisante et l’immobilisme des structures étatiques.

L’index 2019 de l’Heritage Foundation apporte, noir sur blanc, la preuve de ce surplace. En termes de liberté économique, la France se classe à la 71e place mondiale, dans le peloton de queue des pays européens (35e sur 44). Si la santé financière de l’État connaît de très légères améliorations, il n’en va pas de même pour son efficacité judiciaire (6 points de moins en un an !).

Heritage Foundation note que :

Les principaux défis politiques en France consistent à stimuler la croissance économique, à réduire le chômage élevé (en particulier chez les jeunes), à accroître la compétitivité, à améliorer les finances publiques et à atténuer l’opinion négative des investisseurs étrangers sur le marché du travail.

Ce qui vaut à la France de perdre 0,1 point à l’indice de liberté économique.

Aucun sursaut mondial de liberté

Hong Kong, Singapour, la Nouvelle-Zélande et la Suisse continuent d’occuper la tête de ce classement, publié depuis 25 ans. À noter le bond spectaculaire des États-Unis (+ 6 places) et, à l’autre bout du classement, les tristes bilans économiques de Cuba, du Venezuela et de la Corée du Nord.

Le constat du think tank libéral reste le même : la liberté économique est synonyme de progrès et de prospérité. Force est de constater, au vu des datas, que cette liberté n’a pas évolué spectaculairement depuis la fin du XXe siècle. En 1995, l’index mondial s’élevait à 57,6 %. Le monde était alors « essentiellement non libre ». Avec un index moyen de 60,8 % aujourd’hui, on ne peut parler d’évolution saisissante en un quart de siècle.

Les marchés… libres ?

La faute à quoi ? Pour Heritage Foundation, l’État dépensier reste une réalité. Ceux qui ont le mieux intégré la rule of law  conservent de belles perspectives de développement économique. Cela signifie aussi une immixtion minimale dans le milieu du business, une libéralisation des services et une ouverture au monde. Sans oublier une simplification fiscale encourageant l’entreprise. À Hong Kong, le taux normal de l’impôt sur le revenu est de 15 %. Quant aux dépenses publiques, elles ne représentent que 17,9 % du PIB. La dette publique y est inexistante.
Ce focus sur l’économie ne doit pas faire oublier les autres progrès réalisés à l’échelle de l’humanité. Nous vivons aujourd’hui la période la plus prospère de l’histoire de l’humanité. Les indicateurs mondiaux de pauvreté, de faim et de dénutrition ou d’accès à l’électricité sont tous extrêmement encourageants. Ces progrès trouvent leur source dans le développement économique favorisé par un cadre libéré de contraintes étatiques et culturelles.
Consolation pour la France : si son classement économique est en berne, elle peut se prévaloir de son bon bulletin en matière environnementale. Ce qui la classe tout juste, si l’on tient compte d’une multitude de facteurs, dans le top 20 des pays les plus prospères.