Directive droits d’auteur : est-ce la fin d’internet ?

Avec la directive sur les droits d’auteur, on peut craindre la disparition de l’internet libre, tel qu’on le connaît aujourd’hui.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Directive droits d’auteur : est-ce la fin d’internet ?

Publié le 1 décembre 2018
- A +

Par Théophile Gacogne.

Le monde du numérique est en ébullition depuis quelques mois déjà, à cause d’une directive européenne visant à protéger les droits d’auteur. C’est notamment l’article 13 qui pose problème, et certains voient même la mort d’internet se dessiner peu à peu. Si l’industrie de l’audiovisuel et des médias se réjouit d’une meilleure protection des contenus, les géants du net et les créateurs du web assurent que la réforme sur le copyright aura des conséquences désastreuses si le texte est adopté en l’état. On voit d’ailleurs des rassemblements massifs autour des hashtag #saveyourinternet ou #savetheinternet un peu dans tous les sens. Mais de quoi s’agit-il exactement ?

Un filtrage de tous les contenus

L’article 13 vise à rendre responsables toutes les plateformes de partage et l’ensemble des sites en général, pour le non-respect des droits d’auteur et l’utilisation illicite de contenus protégés. À première vue, c’est plutôt une bonne chose, puisque les artistes et les sociétés de production ne travaillent pas pour rien, et il est évidemment intolérable de voler leur travail.

Cependant, il existe des milliers de chaîne Youtube ou Dailymotion, et de sites internet en tout genre, qui font de la critique, de la démonstration ou encore de la parodie, et ils utilisent pour cela quelques images ou quelques sons, des films, des jeux, des musiques qu’ils souhaitent critiquer, tester ou parodier.

Ainsi, si l’article 13 est voté, il ne sera plus possible d’utiliser quelques secondes d’une œuvre pour illustrer son propos. Difficile de parler d’un jeu si on ne peut pas montrer quelques images, pas évident non plus de parodier un film célèbre sans utiliser la musique de ce dernier.

Bref, le seul contenu autorisé devra être complètement libre de droit et on ne pourra donc utiliser aucun son, aucune image, aucune marque, musique ou même bruitage, appartenant à quelqu’un d’autre. Au final, les seuls qui auront les autorisations de communiquer sur un film, un jeu ou une musique, seront les éditeurs ou les TV qui possèdent des accords.

Une guerre juridique et législative débute

D’après l’article 13, les plateformes ou les sites devraient posséder tous les droits ou s’assurer que les diffuseurs ont des accords pour utiliser quelques secondes de musique ou quelques images. C’est évidemment impossible à mettre en place.

Il est donc nécessaire d’instaurer un robot ou un filtre qui va analyser tous les contenus avant de les mettre en ligne. Lorsqu’il découvrira l’utilisation d’une partie d’une œuvre, alors il bloquera immédiatement la vidéo, ou sa monétisation se fera au profit des ayants droit. Ainsi, pour 10 secondes de la musique de Star Wars sur une vidéo de 30 minutes, il faudrait que tous les bénéfices soient reversés à Lucas Film…

Il faut également savoir que certains pays autorisent l’utilisation d’une partie des œuvres, pour la critique et la parodie, mais qu’un robot n’est évidemment pas capable de distinguer la différence entre le vol d’une musique ou de quelques images et une parodie.

Ce ne sera évidemment pas la mort d’internet, mais on peut craindre la disparition de l’internet libre, tel qu’on le connaît aujourd’hui. Google, Facebook et d’autres géants du net sont évidemment contre ce qu’ils estiment être une atteinte à liberté d’expression, et ils sont suivis par des millions d’internautes sous les hashtag que l’on a vus plus haut. La pétition savetheinternet est d’ailleurs en ligne et 3 620 800 personnes l’ont déjà signée à l’heure ou j’écris ces lignes. Pour ceux qui voudraient y participer, c’est par ici.

Voir les commentaires (7)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (7)
  •  » restreindre la liberté d’expression  » ….il y en a pour qui ça urge vu que c’est un très bon moyen de contenir les masses qui se rendent compte qu’elles se font gruger 365 jours par an ; je vais quand même signer sans trop y croire ;

  • merci pour l’article et le lien!!

  • « il est évidemment intolérable de voler leur travail »
    encore une fois, personne ne vole personne, les propriétaire de l’œuvre l’ont toujours en possession.
    encore une fois la propriété intellectuelle est une pure création étatique ça n’est pas un droit naturel.

  • Au pire, il aurait suffi que les auteurs qui refusent une diffusion libre, le mentionnent et soient répertoriés, non?
    Beaucoup de ceux qui mettent un contenu sur internet le font pour être vus ou lus, même gratuitement.
    Le but est bel et bien de limiter au maximum la liberté d’internet.

  • « mais on peut craindre la disparition de l’internet libre, tel qu’on le connaît aujourd’hui. »
    Dans la CEE, peut-être. Mais cela ne fera que booster l’internet hors-CEE. Les sites concernés passeront hors CEE et la population s’équipera du matériel adéquat pour contourner l’obstacle.
    In fine, il n’y aura qu’une délocalisation du même service, il faudra juste payer qq options supplémentaires pour y avoir accès et la création de richesse de ces même sites bénéficieront à d’autres.

  • C’est pourtant faire aux œuvres de la publicité !

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Article disponible en vidéo ici.

Qu'est-il arrivé à Téléperformance ?

L’entreprise Téléperformance était connue pour sa santé de fer et ses performances boursières. Son cours a été multiplié par 10 000 % depuis son introduction en bourse, au point de la faire entrer au CAC40 en 2020.

L'entreprise emploie 420 000 personnes à travers le monde pour sous-traiter des services consommateurs distants, comme les centres d’appels pour le SAV ou la vente, ou encore le contrôle d’identité lors de l’inscription à une néobanque en ligne.

... Poursuivre la lecture

Le message que les agences de communications distribuent à prix d’or à tous les politiciens, de quelque bord qu’ils soient, est à peu de choses près le suivant :

« Il faut vous rapprocher des gens, faire plus humain, plus près de leurs préoccupations ».

Il faut dire qu’il n’y a pas grand-chose de plus dévastateur qu’un prétendant au pouvoir incapable de donner le prix d’une baguette de pain ou d’un ticket de métro. Ce genre de méconnaissance peut en quelques secondes fusiller votre carrière, ou tout du moins vous obliger à passe... Poursuivre la lecture

4
Sauvegarder cet article

Vous ne l'avez probablement pas entendu (ou pas assez) mais tout un continent vient de pousser un ouf de soulagement : enfin, les chargeurs de smartphone vont être standardisés en Union européenne !

C'est une véritable victoire que vient ici de signer le Parlement européen en imposant le chargeur unique pour smartphones d'ici l'automne 2024 : partant du constat affreux que des tonnes et des tonnes de chargeurs inutiles ou incompatibles (on évoque 11 000) sont produits chaque année et achetés par les consommateurs pour leurs téléphones ... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles