Le succès des réformes australiennes

Durant les années 1990, l’Australie fut l’un des États les plus actifs au monde sur le plan des privatisations. Il a recueilli environ 85 milliards de dollars grâce à ses ventes. Ces sommes ont contribué à réduire l’endettement du gouvernement.

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Sydney Opera House By: Lenny K Photography - CC BY 2.0

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Le succès des réformes australiennes

Publié le 21 novembre 2018
- A +

Par le minarchiste.

L’Australie a véritablement réussi un tour de force économique ces dernières décennies :

  • Plus forte croissance du PIB de tous les pays développés depuis 1991.
  • Pas de récession depuis 1991.
  • Croissance du salaire médian y a été la plus élevée.–
  • L’endettement gouvernemental n’y a presque pas augmenté en pourcentage du PIB et demeure au niveau très bas de 41 %.

Quelles politiques ont favorisé un tel succès ?

Des réformes ambitieuses

Durant la dernière récession ayant affecté le pays, au début des années 1990, des politiciens courageux dont Paul Keating ont adopté d’ambitieuses réformes. La devise devint flottante. Les quotas et tarifs douaniers furent réduits. Le secteur financier fut déréglementé. Les entreprises d’État furent privatisées. Le système fiscal fut révisé. Le Code du travail devint plus flexible.

Le gouvernement subséquent de John Howard (1996-2007) a institué la discipline budgétaire, générant des surplus durant 8 de ses 11 années au pouvoir. Cette situation a été grandement aidée par les réformes des retraites et des soins de santé.

En 1992, le gouvernement s’est mis à forcer les travailleurs à verser une portion de leur salaire dans un fonds de retraite privé (le système de « super-annuation »). Le résultat est que le gouvernement ne dépense présentement que 4 % du PIB pour les retraites, comparativement à 7 % aux États-Unis et 14 % en France. Encore plus important, il est anticipé que ce 4 % diminuera au cours des prochaines années, tandis que ce chiffre augmentera dans les autres pays développés.

Le gouvernement australien dépense aussi moins que la moyenne de l’OCDE en soins de santé (6% du PIB en dépenses publiques, versus 9 % en France et 14 % aux États-Unis). Son système hybride assure l’universalité de l’accès aux soins tout en exigeant que les individus paient une partie de coûts de leur propre poche, en combinaison avec des assurances privées.

Politique de privatisations

Durant les années 1990, ce pays fut l’un des plus actifs au monde sur le plan des privatisations. L’État a recueilli environ 85 milliards de dollars grâce à ces ventes. Ces sommes ont contribué à réduire l’endettement du gouvernement.

Certains politiciens ont critiqué les privatisations, notamment dans la distribution d’électricité, décriant le fait que les tarifs ont augmenté. Cependant, le gouvernement a mandaté une étude faite par la firme de vérificateurs E&Y, laquelle a démontré que la plus forte augmentation des tarifs a eu lieu dans la province de New South Wales, où la distribution d’électricité n’a pas été privatisée. En fait, les provinces où il y a eu privatisation ont subi une hausse moindre de leurs tarifs comparativement à celles où ces infrastructures sont demeurées sous l’emprise de sociétés d’État.

L’autre élément clé du succès australien est sa politique d’immigration. Comme le Canada, l’Australie utilise un système de pointage pour sélectionner les immigrants. L’Australie accueille 190 000 immigrants par an (dont une grande part de Vietnamiens et Arabes), soit trois fois plus que les États-Unis en proportion de la population. De plus, 28 % de la population actuelle est née dans un autre pays, ce qui est le niveau le plus élevé de tous les pays développés et deux fois plus élevé qu’aux États-Unis.

Une croissance économique inégalée

Cette politique a permis à l’Australie de rajeunir sa population, d’augmenter sa force de travail et d’améliorer sa croissance économique. C’est d’ailleurs le pays qui a vu la plus forte croissance de sa population parmi les pays développés, soit 1,5 % par année. Les populistes de droite devraient en prendre bonne note…

Finalement, la qualité de vie est excellente en Australie, dont le PIB par habitant est proche de celui du Canada. Le pays se classe troisième en ce qui concerne l’Indice de Développement Humain des Nations Unies, tout juste derrière la Norvège et la Suisse (Canada 12e, USA 13e, France 24e). Pour ce qui est du Better Life Index de l’OCDE, c’est encore le 3e rang, mais cette fois derrière la Norvège et le Danemark (Canada 5e, USA 8e, France 18e). Il semble donc que la petite taille du gouvernement et les politiques capitalistes de ce pays n’aient pas eu d’incidence négative sur la qualité de vie, au contraire.

Et au fond, hormis la redistribution fiscale, qui est plus importante en Norvège, ces deux pays ont des politiques économiques foncièrement similaires, lesquelles sont capitalistes.

Sur le web

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  • Petite rectification sur l’ immigration, le gouvernement australien a opté pour la tolérance zéro contre l’ immigration illégale, justifiée à ses yeux par la lutte contre les passeurs et la nécessité de dissuader les clandestins de risquer leur vie. Les bateaux de migrants sont systématiquement refoulés par les bâtiments de la marine australienne et le plus grand secret règne sur ces opérations en haute mer.
    Ceux qui parviennent quand même à passer à travers les mailles du filet sont exilés dans des camps de rétention reculés du Pacifique, à Nauru et en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Même si leur demande d’asile sont jugée fondée, ils ne sont pas acceptés sur le sol australien…….Ben oui le gouvernement australien alterne entre le libéralisme et le populisme de droite.

  • C’est super a lire cet article! D’autre info ne sont pas du tout dans la même ligne sur l’ Australie qui subirait , elle aussi un appauvrissement énorme du a la fiscalité écolo…. non escrologiste
    Il existe de nombreux indicateurs de pauvreté, en particulier ceux définis par les Nations Unies. Il se trouve qu’en Australie du Sud, l’alarme signalant une rapide extension de la population défavorisée a été donnée par la Banque Alimentaire locale. Nous allons garder les données correspondant à cette alarme pour observer la pauvreté dans cet Etat.
    La Banque Alimentaire d’Australie du Sud a indiqué qu’en deux ans, le nombre de personnes en « insécurité alimentaire » était passée de 57 680 à 102 718, soit de 3,5 à 6,2% de la population (entre les années fiscales 2014-2015 et 2016-2017).
    En France, nous constatons que l’ « insécurité alimentaire » touche également environ 6% de la population16. En Australie, la proportion d’étrangers pauvres récemment arrivés est très faible, le pays exerçant une politique stricte de fermeture des frontières17. En France, les associations caritatives signalent une part de plus en plus importante de migrants récemment arrivés qui augmente le nombre de demandeurs d’aides, en particulier dans le domaine alimentaire. Le Secours Catholique indique que la proportion d’étrangers dans les demandeurs est désormais de 38%.
    Le choc de pauvreté constaté en Australie du Sud en deux ans a fait presque doubler la population en insécurité alimentaire, l’amenant à un niveau nettement supérieur à la France, si celui-ci est corrigé des arrivées récentes.
    L’Australie du Sud a subi en deux ans un grand choc de pauvreté, et celui-ci est du à l’explosion des factures d’électricité.

  • Sans doute cette privatisation est-elle réussie. Mais à quoi ses bénéfices ont-ils été employés? Sûrement pas comme en France à assurer un train de vie fastueux de l’Etat mais à rembourser la dette. C’est toute la différence. Chez nous, nos joyaux sont vendus pour permettre à l’état de vivre au-dessus de ses moyens parce qu’ils (les politiques) sont incapables de diminuer l’emprise de ce Léviathan qui nous dévore et qui est incapable d’assurer le rôle essentiel pour lequel il a été créé: notre sécurité!

    • Exactement. Et ce qui est terrible, c’est que tout cet argent qui provient soit de la vente des actifs de l’état, soit de l’endettement, soit des prélèvements sur l’économie (taxes, impôts) ne sert quasiment aucun investissement de long terme, mais seulement des dépenses opérationnelles.
      Dans une entreprise on pourrait comparer ceci à des dépenses types CapEx très faibles, et OpEx très élevées… Ce sous-investissement se payera certainement très très cher dans les prochaines années, quand nous serons acculés par notre dette et que les investissement deviendront obligatoires.

  • certes mais tout n’est pas transposable
    l’Australie est un scandale géologique qui exploite pratiquement à peu près tout ce qu’un pays minier peut exploiter ;c’est un pays sous peuplé qui n’a pas s les compétences humaines pour faire face à son développement minier , elle donc besoin d’hommes nouveaux , »choisis » ( mais pas subis) ce n’est pas le cas de l’Europe et encore moins de la France qui est incapable de former ses chômeurs aux besoins du pays, et qui pour raison idéologique se refuse à tirer partie de son sous sol minier
    L »Australie du sud est en panne ( c’est un pays Fédéral) parce que c’est l’Etat qui a le plus appliqué les théories « ecolo »
    bref le capitalisme oui,la fermeté sur l’immigration oui ,
    mais la transposition pure et simple non .Enfin c’est un pays de mentalité anglo saxonne et ou de pionniers pas de fonctionnaires ..ça change beaucoup de choses

  • C’est le New South Wales et pas le New South Whale…

  • Les commentaires sont fermés.

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Par Romain Delisle. Un article de l'Iref-Europe

 

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