Élections de mi-mandat aux USA : la méthode Trump désavouée, pas les réformes

Trump peut poursuivre ses réformes mais doit changer s’il veut gagner les élections de 2020.

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Élections de mi-mandat aux USA : la méthode Trump désavouée, pas les réformes

Publié le 10 novembre 2018
- A +

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Ce qui ressort tout d’abord de ces élections c’est que, contrairement aux prévisions de beaucoup (et aux espoirs de certains), il n’y a pas eu de « vague démocrate », ni de « résistance » à la présidence Trump. L’hystérie anti-Trump n’a pas vraiment fonctionné : les Démocrates remportent la Chambre des représentants, gagnant 28 sièges. Aux élections de mi-mandat 2010, sous la présidence d’Obama, le Parti républicain remportait la Chambre après avoir gagné 75 sièges, trois fois plus que les Démocrates aujourd’hui.

Au Sénat, les Républicains, déjà majoritaires, gagnent au moins deux sièges supplémentaires. Et pour la première fois depuis de très nombreuses années, les deux sénateurs de la Floride seront républicains. Mais la réélection de justesse du sénateur républicain Ted Cruz au Texas, un fief des Républicains, devrait aussi poser beaucoup de questions en ce qui concerne les changements de la carte électorale et du vote des minorités hispaniques et noires.


À noter aussi que les sénateurs démocrates candidats dans des États de droite et qui ont voté contre la nomination du juge Kavanaugh ont perdu. Joe Manchin, le seul sénateur démocrate à avoir voté en faveur de Kavanaugh, a été réélu en Virginie occidentale. À souligner aussi le fait – ignoré par les médias français – que l’une des accusatrices du juge, Judy Munro-Leighton, a reconnu avoir tout inventé.
Pour ce qui est des gouverneurs, des pertes et des victoires de chaque côté mais les Démocrates gagnent du terrain dans le Midwest, ce qui n’est pas une bonne nouvelle en vue des élections de 2020.

La défaite – de justesse – du gouverneur républicain réformateur Scott Walker qui visait un troisième mandat dans le Wisconsin est un avertissement à double tranchant. Au début, il avait adopté de nombreuses réformes libérales, en particulier contre les syndicats de fonctionnaires territoriaux qu’il a réussi à museler dans cet État connu pour ses « actions sociales ». Le gouverneur a été réélu pour un deuxième mandat durant lequel il a abandonné une grande partie de ses principes réformateurs, proposant même une hausse des dépenses locales en faveur des services publics. Les électeurs l’ont-ils sanctionné pour cette raison ?

Les candidats socialistes et les propositions écologistes ont été rejetés

Les candidats démocrates avec des propositions très à gauche ont été repoussés par les électeurs. L’exemple le plus intéressant est celui d’Andrew Gillum, l’adversaire de Ron de Santis en Floride, qui préconisait une assurance santé unique pour tout le monde, l’université gratuite et une hausse de l’impôt sur les sociétés de 2,25 points. Il a perdu, comme la plupart des candidats « socialistes » du parti démocrate tels Stacey Abrams en Georgie ou Beto O’Rourke au Texas, malgré des moyens financiers impressionnants dont a bénéficié ce dernier. Les espoirs démocrates pour 2020 s’amenuisent.


Le plus intéressant est le rejet (56 % – 44 %) de la taxe carbone demandée par l’État de Washington pour la deuxième fois en deux ans.


Les électeurs du Colorado ont rejeté (57% -43%) une mesure qui aurait mis fin à la plupart des nouvelles activités d’exploration pétrolière et gazière.


Ceux de l’Arizona ont annulé la proposition 127, qui aurait obligé l’État à distribuer 50 % de son électricité à partir de sources renouvelables d’ici 2030. Cela aurait plus que triplé le coûte de l’énergie. Le vote de 70 % à 30 % est sans appel.
De même, les habitants de l’Alaska ont également voté (64 % -36 %) contre une initiative de vote qui aurait imposé d’importantes restrictions concernant la protection de l’environnement du saumon.

Trump n’a pas perdu, ni vraiment gagné ces élections

Il a gagné beaucoup au sein du Parti républicain car il s’est énormément investi et a soutenu de nombreux candidats. La plupart ont obtenu des victoires notables, par exemple au Sénat dans l’Indiana et dans le Tennessee. Aujourd’hui, le Parti, c’est Trump, ce qui n’était pas du tout le cas avant. Il faut se rappeler que si la réforme de l’Obamacare n’est pas passée, c’est surtout à cause des oppositions chez les républicains.

Les Américains n’ont pas voté contre les réformes de Trump mais contre sa façon d’agir

L’électorat est très partagé. Les Républicains gagnent du terrain dans les zones rurales mais perdent dans les banlieues, chez les électeurs diplômés. Un message d’avertissement. Beaucoup de femmes, même de sensibilité républicaine, répugnent à voter pour lui.

44 % des électeurs approuvent sa politique en général et 66 % approuvent ses réformes économiques mais plus de 20 % n’aiment pas sa personnalité : c’est 5 fois plus que pour George W. Bush et 10 fois plus que pour Obama au moment des élections de mi-mandat. À l’opposé, il faut mentionner sa popularité en hausse parmi les Noirs américains : 40 % selon l’institut de sondage Rasmussen, plus de 24 % pour d’autres instituts. Du jamais vu depuis Reagan. Le taux de chômage très bas et l’économie qui se portent à merveille expliquent cela : 1,2 million de Noirs ont trouvé un emploi depuis janvier 2017.

Trump peut poursuivre ses réformes mais doit changer s’il veut gagner les élections de 2020. Le Sénat lui sera beaucoup plus fidèle qu’avant et il y a très peu de chances que la Chambre des députés puisse revenir sur les baisses d’impôts et les déréglementations en deux ans. La croissance sera de presque 3 % en 2018 et on prévoit au moins 2,5 % en 2019. Mais la Chambre démocrate pourra demander plus de dépenses publiques et de réglementations. Toutes choses qui nuisent à la croissance.

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  • Vous parlez des réformes de Trump mais lesquelles ? Pas une loi n’a été votée ces 2 dernières années ! Son cadeau fiscal est allé uniquement aux riches. Le chômage est en trompe l’oeil : si une personne travaille 8 heures par semaine, elle n’est pas considérée comme chômeuse ! Ils sont en réalité 13.1% de la population sans travail et beaucoup plus en grandes difficultés !
    Ses méthodes de négociation (de businessman, dit-on !) sont lamentables. Quand on négocie, un businessman cherche du Win-win : lui annonce la couleur, il veut du Win-loose !
    D’ici 2 ou 3 ans, je pense que, du fait de Trump :
    1) les pays occidentaux ne seront plus obligés de passer par les USA pour les échanges financiers et monétaires (et si les autorités européennes ne sont pas en train de préparer cela alors je suis contre l’Europe : c’est leur premier devoir !), ce qui nous permettra de refaire du business entre autres avec l’Iran.
    2) tous les pays asiatiques, y compris l’inde seront passés sous l’influence de la Chine
    3) l’Afrique sera intégralement sous l’influence de la Chine.
    4) L’Otan aura explosé…et tant mieux ! l’ennemi, ce n’est plus la Russie (dont le PIB ne fait que 75% du PIB de la France) mais les islamistes.
    Au fond, tout cela me réjouit, mais pour le moment, je suis frustré de savoir que tant de français approuvent ce populiste qui n’a que du mépris pour la France et les français et qui ressemble en tous points à Mussolini.

    • « Son cadeau fiscal est allé uniquement aux riches. »
      Troll alert.

    • « si une personne travaille 8 heures par semaine, elle n’est pas considérée comme chômeuse »
      A 8H par semaine (soit 1 à 2 jours de travail max), cela laisse tout loisir à trouver un 2è emploi surtout avec un taux de chômage US de 4% (juin 2018). Evidemment, quand on ne jure que les CDI à 35H/semaine avec RTT comme tout bon socialiste, cela ne peut pas être bien, surtout si c’est Trump qui est aux commandes. Si cela avait été Hillary, cela aurait été bcp plus acceptable. 🙂

      « et qui ressemble en tous points à Mussolini. »
      Ce qui est excessif est insignifiant disait Talleyrand.

      Bref, les « décodeurs » du Monde débarquent sur CP? lol

    •  » et qui ressemble en tous points à Mussolini.  »

      En fait vous avez appris qui était Mussolini uniquement en étudiant la politique de Trump? Parce que mettre les deux personnages sur le même plan; c’est plus de l’ignorance, mais carrément de l’imbécillité.

      • Cela traduit surtout l’absence de contre-argumentation sérieuse.
        La quasi-totalité des critiques de Milrem consiste en des projections catastrophistes issues du même tonneau que celles dont le « camp du Bien » nous abreuvait avant la prise fonction de Trump (et qui ne se sont pas vérifiées).
        Et en dehors de ces prédictions funestes, on a quoi?
        1/ une assertion sur le temps de travail en droite ligne de la conception socialo-franchouillarde de ce dernier
        2/une condamnation moralisante (domaine socialiste d’excellence) des méthodes de négociation de Trump, le jugement obligatoirement moralisant permettant d’éviter de regarder les résultats de ces négociations qui sont à l’avantage de Trump pour l’instant.

        La moraline socialisante (ou démocrate) contre le pragmatisme et les résultats. Beau condensé de la pensée de gauche. Merci à Milrem pour ce moment…

      • Le troll ne sait même pas que Mussolini était SOCIALISTE, quand aux négociations Trump négocie comme le faisait Theodor Roosevelt, avec un gros bâton dans le dos. C’est un homme d’affaire habitué à négocier, pas Milrem qui n’en a jamais mené!
        Bref ce type est un socialos qui, comme tous les gens de gauche, ne comprend jamais rien.

    • @milrem
      Les impôts ont été baissés pour TOUT le monde! Cessez de dire n’importe quoi!

    • C’est du lourd, là !!!!

  • Trump est un aléa de l’histoire des états unis..Donc « quelque chose » qui ne sert à rien..Il peut bien faire 5 ans de plus ….Là nous verrons vraiment que sa « politique » ,s’il y en a réellement une, est une catastrophe …au regard de l’essor chinois , indien et consorts…

    • L’essor chinois et indien est inéluctable. Trump n’a jamais eu mandat pour l’empêcher et aucun président US n’aurait pu le faire. L’objectif N°1 affiché par Trump est simplement de préserver les intérêts US. Chose qui n’était pas évident au vu de la politique d’Obama et encore moins de celle promise par H.Clinton.

    • Catastrophe? Vous ne savez pas lire? 4,7% de croissance au second trimestre c’est une cata comparée au 0,2% de votre Micron chéri? Sa politique est baisser les impôts et les règlements à la con, pondus par le prof de droit Obama (plus que tous ses prédécesseurs réunis) et qui a doublé la dette américaine en 8 ans!

  • Le Midwest, c’était le « mur bleu » de Hillary Clinton ou plutôt une chasse gardée démocrate, ou ils se sont fait surprendre de par leur arrogance et une excellente fin de campagne de Trump.

    Il est clairs que les résultats électoraux dans ces états seront bien examinés. Il m’étonnerait fort que ces électeurs se basent sur le comportement de Trump plutôt que sur ses réalisations, compte tenu de leur fort délabrement.

    Dans ces états, il est difficile de choisir entre la sécurité promise par les démocrates, et les promesses d’un travail des républicains.
    AMHA, le vote des femmes ou des hommes tient plus à cela.

  • Par contre la dette des États Unis est en train d exploser et les américains obligés de cumuler plusieurs boulots sont nombreux de plus leur espérance de vie est en dessous de celle des européens.
    Trump est loin de faire une économie libérale alors je ne comprends pas que l on puisse aduler Trump sur un site libéral .

    • La plus faible espérance de vie tient plus à la nourriture riche et à l’obésité qu’à un surmenage que notre indemnisation chômage européenne nous éviterait…

  • la réussite d’un trump comme celle de l’angleterre… la grande peur…

  • Comment peut-on parler de réussite quand on creuse le déficit de son pays,en accusant les autres d’en être la cause.
    Ça va un moment,mais un jour il faudra bien payer.

    • La dette publique US est passée de 10025 milliard fin 2008 à 19573 milliard fin 2016 soit 9548 ou une moyenne de 1193 milliard de plus par an sous les 8 ans de mandature d’Obama.
      Sous Trump, la dette est passée de 19573 fin 2016 à 21516 fin 2018 soit 1943 milliard ou une moyenne de 913 milliard par an donc, pour l’instant, moins que ce qui a été réalisé sous Obama.

      Donc, si on vous suit, l’endettement sous Obama c’est acceptable (car forcement pour la « bonne cause »?) et l’endettement même moindre mais sous Trump, c’est mal?
      Toujours le deux poids, deux mesures bien connu du Camp du Bien…

      https://fr.statista.com/statistiques/550008/dette-publique-des-etats-unis/

  • Je suis désolé mais les prévisions sont pour un accroissement de la dette américaine et j’aimerais que l’on m’explique où est la politique libérale de Trump.

    • Sauf que les américains fabriquent des dollars sur des ordinateurs quand ils en ont besoin. En fait, ce sont les autres pays qui paient la dette des USA en étant obligés d’acheter le pétrole, par exemple, en dollars.

  • il est éclairant de voir comment l socialisme a perverti le raisonnement et se fiche de la démocratie..détournée par une élite

    Trump a été élu par l’amérique profonde, celle qui bosse, le vrai peuple americain..(la casquette un peu proche des sourcils mais qui fait fonctionner ce pays)
    bien sur dans les villes de la mode , de la vie facile , des vegans, des « trans ceci cela » c’est une catastrophe..
    Pas assez classe mon fils..

    çà çà va arriver nécessairement un jour en france. et peut etre plus tôt que vous l’imaginez puis qu’on a parait il Tout essayé sauf la libéralisation économique

    ça va venir

  • Cela ne change rien quelqu’un comme Trump qui est contre la mondialisation et qui mène une politique protectionniste n’est en aucun cas un libéral en économie

    • Personne n’a jamais dit ici que Trump était un libéral.
      Par contre, entre un Trump et un Macron (pourtant étiqueté « libéral » par notre bonne Presse subventionnée), je pense que bcp n’hésiteront pas très longtemps… 🙂

  • Les commentaires sont fermés.

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