Donald Trump échoue à réformer l’Obamacare

Donald Trump n’a pas convaincu assez de représentants républicains pour qu’ils votent la réforme de l’Obamacare.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Darron Birgenheier-Donald Trump in Reno Nevada-janvier 2016 (CC BY-SA 2.0)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Donald Trump échoue à réformer l’Obamacare

Publié le 25 mars 2017
- A +

Par Daniel Girard, depuis les Etats-Unis.

C’est une défaite qui fait mal. Donald Trump répétait depuis un an que sa priorité absolue serait, une fois élu président, d’abroger l’Obamacare, un programme désastreux, aimait-il répéter.

Mais malgré ses efforts intenses caractérisés par de nombreux entretiens derrière des portes closes, Donald Trump n’a pas convaincu assez de représentants républicains à voter pour la loi de réforme de l’assurance-santé du président de la Chambre des représentants, Paul Ryan.

Le président Trump et Paul Ryan avaient la tâche difficile de rallier les membres de deux groupes aux intérêts contradictoires. D’un côté, l’aile ultraconservatrice du Freeddom Caucus qui réclamait des amendements qui amincissaient la loi remplaçant l’Obamacare au point de dénaturer l’assurance-santé. De l’autre côté, des républicains modérés qui voulaient conserver les services essentiels désignés par l’Obamacare comme les urgences et les soins de grossesse.

Blocage entre les ultraconservateurs et les modérés

Les républicains paraissaient avoir l’avantage au Congrès avec 237 membres contre 193 démocrates. Mais il leur aurait fallu s’assurer de ne pas perdre 23 appuis. Ils n’ont pu obtenir cet engagement. À chaque fois que l’équipe Trump faisait des concessions au Freeddom Caucus, il perdait des votes chez les modérés. À cet égard, le sénateur démocrate Chris Murphy du Connecticut a raison de dire qu’il ne faut pas attribuer la défaite des républicains juste au Freeddom Caucus. Les modérés avaient beaucoup à perdre dans ce vote.

Difficile de gérer un gouvernement comme une entreprise

Ce que le dénouement de cette tentative désespérée d’obtenir une victoire à l’arrachée dans un dossier complexe révèle, c’est à quel point Donald Trump est pressé d’obtenir des victoires pour éblouir ceux qui l’ont élu en défiance à l’establishment. Mais ce qui fonctionne dans l’entrepreneuriat, learning by doing (apprendre par la pratique), est plus périlleux quand les partis politiques, les marchés, les tribunaux et les autres pays font partie de l’équation.

Les principes que Donald Trump énumère dans son bestseller The Art of the Deal (soit agir dans une position de force et utiliser tous ses leviers) n’ont pu être appliqués dans les dossiers qu’il a géré depuis son accès à la présidence.

Manque de préparation et impulsivité

Ainsi, alors qu’il n’est au pouvoir que depuis deux mois, Donald Trump a déjà cafouillé en imposant un décret migratoire hâtif, commencé à planifier la construction d’un mur que le Mexique refusera de payer et il a mis tout son poids derrière une loi de remplacement de l’Obamacare qui n’a pas été soumise aux membres influents du Parti républicain avant d’être proposée pour un vote. Le départ en queue de poisson de Donald Trump sidère l’analyste chevronné de CNN David Gergen.

L’importance du momentum

Peut-être que les méthodes éprouvées de l’entrepreneuriat finiront par être utilisés à bon escient par Donald Trump, mais d’ici là, il est impérieux qu’il stoppe sa série noire en créant du momentum. Les impairs qui se succèdent sapent la confiance des troupes, de l’équipe de gestion, des alliés, donnent des ailes aux opposants et affaiblissent l’Amérique.

Donald Trump veut tourner la page de l’assurance-santé. Il compte se concentrer sur la réforme fiscale et la baisse de l’impôt. Mais il s’agit, là encore, de dossiers complexes où le président devra s’impliquer et bosser pour gagner des appuis.

Arrivé au pouvoir comme outsider sans expérience politique ni alliés, le millardaire aurait avantage à lancer une initiative bipartisane. Investir dans les infrastructures est un plan idéal. L’idée sourit aux démocrates car elle implique des dépenses publiques pour créer des emplois.

Du même souffle, l’initiative permettrait à Donald Trump de remplir une promesse faite aux cols bleus : les amener sur les chantiers de construction. Dans ce dossier, c’est avec les républicains que Donald Trump aura peut-être maille à partir. Mais il est dur d’imaginer Paul Ryan se dresser contre Donald Trump…

Voir les commentaires (2)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (2)
  • Comme quoi la « société civile » aux affaires est clairement wishfull thinking.

  • C’est là qu’on comprend qu’aucune réforme même très faiblement libérale est impossible. Tout le système est noyauté par ceux qui vivent des subsides de l’état. Il en sera de même en France.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Robby Soave.

YouTube a supprimé une vidéo téléchargée par le Comité du 6 janvier qui montrait des images de l'ancien président Donald Trump contestant les résultats de l'élection de 2020.

La fausse affirmation de Trump selon laquelle les machines à voter ont par erreur "déplacé des milliers de votes de mon compte vers le compte de Biden" a été diffusée lors des audiences du comité du 6 janvier, qui se poursuivent cette semaine. L'ancien procureur général William Barr a déclaré devant la commission qu'il n'avait découvert auc... Poursuivre la lecture

En 1974, Valéry Giscard d’Estaing avait affirmé que son adversaire n’avait pas « le monopole du cœur. » Les démocrates d’aujourd’hui et leurs supporteurs auraient grand intérêt à méditer sur cette phrase. En effet, ils adorent pointer du doigt la moindre faute de leurs adversaires – le raisonnement fût-il fautif – mais esquivent plus vite que le Flash quand on tente de leur appliquer la formule.

Prenons la triste fusillade d’un suprématiste blanc présumé à Buffalo récemment. Très vite, les laquais médiatiques des démocrates ont pointé ... Poursuivre la lecture

Les censeurs du monde entier retiennent leur souffle : Elon Musk a suspendu temporairement l’accord de rachat de Twitter, occasionnant une plongée en bourse de la célèbre entreprise à l’oiseau bleu. Avant de l'acquérir, le milliardaire voudrait évaluer le nombre de faux comptes et de spam sur le réseau, que ses administrateurs estiment à environ 5 %.

Elon Musk a bien précisé qu’il avait toujours l’intention de reprendre Twitter pour en faire une véritable zone de libre expression, au grand dam d’une improbable coalition de progressiste... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles