Témoignage : « Moi médecin épanouie, la Sécu m’a tuée… »

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Témoignage : « Moi médecin épanouie, la Sécu m’a tuée… »

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 5 novembre 2018
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Un article de ColMed1

Il y a encore quelques mois, l’installation du Dr Virginie Thierry tenait du conte de fée. Passionnée de médecine générale, elle exerce depuis sept ans dans un cabinet de groupe en zone sous-dotée avec des confrères et des patients remarquables. Mais, en juin dernier, elle a reçu un courrier qui a tout fait basculer. La CPAM lançait une procédure pour prescription abusive d’arrêts de travail. Dégoûtée, elle déplaque en décembre.

« Je me suis installée en avril 2009, après un an de remplacement, dans un cabinet de la Marne, à 20 minutes d’une petite ville. J’ai eu un vrai coup de cœur professionnel, tant sur l’organisation que sur les cinq collègues.

Assez rapidement j’ai eu une activité qui me plaisait, avec des jeunes, des parents, des enfants. Des patients bien éduqués. En plus, on a une super organisation, un vrai secrétariat. Une jolie histoire, le rêve quoi. C’est un peu bisounours, mais je n’ai vraiment eu aucun regret sur l’installation.

J’ai fait le choix de conserver mon habitation sur une grande ville, même si je mets une heure et quart porte à porte. Comme l’organisation au cabinet était bonne, ça me convenait. Les contraintes personnelles que j’avais étaient largement compensées par les bons côtés professionnels. J’avais une activité vraiment idéale, comme j’en rêvais.

« Le courrier était très violent »

Et puis un jour, sans crier gare, est arrivé un courrier en recommandé de la CPAM. C’était en juin de cette année. Je l’ai lu une première fois rapidement en arrivant au cabinet. Je n’ai pas bien compris sur le coup. Je l’ai laissé sur le bureau et j’ai fait mes consults. J’ai repris le courrier un peu plus tard.

Je l’ai relu trois fois. Je me suis dit que ce n’était pas possible, je ne comprenais pas. On me disait que je prescrivais trop d’arrêts de travail. Le courrier est très violent. Il annonce d’un coup la mise en route d’une procédure. Je ne suis pas une prescriptrice excessive. Certains parlent de délinquance statistique, c’est vraiment ça. Je pense que si j’avais tué quelqu’un, et qu’on m’avait envoyé un courrier à ce propos, je me serais sentie tout aussi mal.

Je suis rentrée chez moi, j’ai pleuré pendant deux heures. Je me demandais ce que j’avais fait de mal pour mériter ça et qu’on mette en doute mon intégrité médicale, parce qu’in fine c’était ça. Me dire que je prescris trop d’arrêts de travail, ça veut dire que je prescris n’importe comment. Pour moi, c’est une prescription comme une autre. Je ne donne pas des arrêts de travail. Je prends garde à faire toutes mes prescriptions avec tact et mesure. Je n’ai vraiment pas compris.

Je me suis dit que ce n’était pas possible, qu’ils allaient se rendre compte que leur chiffre était complètement idiot. Le taux est calculé en fonction du nombre d’indemnités journalières prescrites divisées par le nombre de consultations. Ce qui ne veut donc rien dire.

Je suis dans une zone très ouvrière, beaucoup de gens travaillent à l’usine, ils sont pétés de partout, des épaules, des genoux, du dos. J’ai beaucoup de maladies professionnelles liées à ça. Et leur taux n’en tient pas compte.

Le courrier parle d’un écart type par rapport à une moyenne de médecins ayant une activité comparable. J’ai essayé de savoir par rapport à qui j’étais comparée. Je n’ai pas eu de réponse. Ça reste un grand mystère. Je pense qu’ils font la moyenne tout court, c’est tout.

« Il va falloir être juste un peu raisonnable… »

Ce premier courrier me donnait un mois pour apporter mes observations, par le biais d’un courrier ou d’un rendez-vous. J’avoue que je n’ai pas eu particulièrement envie d’aller m’expliquer. Si on voulait m’entendre, il fallait peut-être le faire avant de lancer une procédure. Donc j’ai envoyé un courrier mais je n’ai pas cherché à m’expliquer. J’ai bien compris que le temps de l’explication était passé.

Le médecin conseil chef de ma caisse m’a rappelé un mois après. C’était le premier contact humain que j’avais avec quelqu’un. Je me suis fait un peu enguirlander parce que je n’étais pas venue à l’entretien. Ensuite, je suis passée par toutes les phases. Colère, énervement, j’ai crié… puis j’ai compris que ça ne servait à rien.

En face, elle était très correcte. Mais entendre : « Vous allez être mise sous objectif, mais ne vous inquiétez pas, vous allez juste faire quelques efforts, pendant quelques mois. Il va falloir être juste un peu raisonnable et tout se passera bien », ce n’était pas possible.

Elle ne me connaît pas ! Elle ne sait pas comment je travaille ! Je veille à faire des consultations espacées, à prendre le temps avec les patients, j’essaye de gérer des patients par téléphone pour éviter les consultations inutiles… J’essaye de bien faire mon boulot, mais je suis trop bête en fait !

Donc je me suis un peu fâchée, je lui ai dit que c’était un peu fort de me dire ça alors qu’elle n’était pas venue voir comment je travaillais. Ce à quoi elle a répondu « Ouh là là,… votre village, c’est très loin, je ne vais quand même pas me déplacer. » J’ai apprécié.

Je lui ai dit aussi que j’avais été très affectée, que j’avais des troubles du sommeil, que c’était compliqué pour moi d’aller travailler depuis que j’avais reçu ce courrier. Elle m’a répondu que j’étais beaucoup trop sensible, qu’il fallait que je prenne du recul. J’ai vraiment eu l’impression de parler à un robot.

Elle m’a poussé à accepter la MSO, en me disant que j’allais être suivie par un médecin conseil qui allait m’apprendre à bien prescrire. Partant donc du postulat que je prescrivais mal et que je ne savais pas faire. J’ai raccroché tout à fait désabusée. Je n’en ai pas dormi pendant deux nuits. Je ressassais ce qu’elle m’avait dit. C’était un cauchemar.

J’ai attendu mon petit courrier suivant, qui me proposait la mise sous objectif. Je l’ai reçu au mois d’août. On m’incitait très fortement à accepter pendant quatre mois un objectif de prescription d’arrêt de travail de -25 %. Et si je ne le respectais pas, c’est 6 500 euros d’amende.

Je suis mise sous tutelle

Je ne peux pas travailler avec une épée de Damoclès sur la tête, en comptant. S’il y a besoin j’arrêterais une femme enceinte, quelqu’un qui est harcelé au travail et qui n’en peut plus… Je ne vais pas penser à ma moyenne et à mes chiffres. Donc j’ai décidé de refuser. Ce refus implique une mise sous entente préalable. Chacun de mes arrêts de travail doit être validé par un médecin conseil. Je suis mise sous tutelle.

Les dés sont jetés pour ma carrière professionnelle. Déjà, après le premier courrier, j’étais très affectée. Je suis peut-être sensible, mais je fais mon travail avec cœur. Je suis une vraie convaincue de la médecine générale. J’ai toujours voulu faire ça. J’ai fait partie des syndicats étudiants, j’ai toujours essayé de valoriser notre spécialité. J’adore ce que je fais, j’adore mes patients.

Après ce courrier, j’ai totalement perdu la foi. Vraiment. Je n’ai pas compris pourquoi je faisais ce travail pour mériter ça. J’habite loin, j’ai des horaires de dingue, je fais des sacrifices personnels, je vois moins ma fille. Si c’est pour être traitée comme une délinquante, comme une moins que rien qui ne sait pas faire son boulot, ça ne vaut pas le coup.

Voilà à quel point des gens motivés peuvent être désabusés. C’est con, mais je vais arrêter.

J’arrête…

Je commence à en parler à mes patients. C’est super dur, c’est horrible. Ils sont hallucinés. Quelques-uns sont prêts à écrire au médecin conseil. Ils étaient en colère qu’on puisse me traiter de la sorte.

Au 1er janvier, je serai donc sans activité. C’est acté auprès de mes associés, je ne reviendrai pas en arrière. J’apprécie la pédiatrie, j’aimerais pouvoir travailler dans ce domaine mais je ne sais pas encore de quelle façon. Le libéral, ça me paraît un peu difficile psychologiquement. Je crois que je vais flipper. Même si j’aime l’activité libérale, je ne me sens pas prête. Je me dis qu’après, ils trouveront autre chose à nous reprocher.

Si leur objectif c’est de faire peur aux autres, ça marche très bien. Tous mes confrères qui sont au courant y pensent quand ils font des arrêts de travail. Quand vous voulez qu’une foule se tienne à carreau, vous en fusillez un. En général, les autres se tiennent tranquilles. J’ai un peu l’impression d’être sacrifiée. »

Sur le web

  1. Collectif Médical regroupant les médecins de ville.
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  • La France des fonctionnaires !
    Un vrai succès : une Sécurité inexistante, une Éducation en train de couler (plus vite que le Titanic) et une Santé publique dirigée par des apparatchiks dogmatiques qui font fuir les médecins.
    Je ne parlerai pas de l’Armee sous équipée, et dont le chef a été limogé de façon inutilement blessante par le squatter de l’Elysee.
    Il est temps de réinstaller la guillotine place de la Concorde, et de faire un grand ménage parmi les parasites qui sont en train de détruire la France.

  • Troporibl.

    Un autre exemple du contact avec la dure réalité, comme pour un journaliste ou un employé d’Amazon …

    La dure réalité, c’est que les médecins « libéraux » ne sont plus que des employés de la sécu, et qu’ils ne s’en aperçoivent que maintenant, eux qui se croyaient protégés par on ne sait quoi.

    Déjà il y a 30 ans, ce sont toutes les autres professions médicales qui commençaient à se voir contrôler, dans l’indifférence des médecins, et très souvent même avec leur complicité …

  • quittez la France ; de toute façon , ces dirigeants ne vaut même plus que l’on n’ y travaille ; c’est triste mais c’est comme ça ;

    • c’est ce qu’à fait mon médecin de famille, son cabinet de 4 docteurs généralistes a fermé au 1er janvier 2018. un docteur a pris sa retraite bien méritée puisque 2 ou 3 ans après qu’il n’aurait pu s’il avait trouvé un repreneur, un autre a décidé de s’occuper de lui, étant lui même malade, le troisième je ne sais pas ce qu’il fait, et le mien est désormais frontalier, il exerce en suisse.

  • @cachou24 « des employés de la sécu » avec une protection sociale misérable, aucun droit au chômage, pas de congés payés, pas d’heures sup, 3 mois de carence en cas de maladie, des horaires de malade… bref pas vraiment les pseudos fonctionnaires surprotégés de la sécu. Même les médecins roumains venant s’installer en France ne restent pas tellement les conditions d’exercice se sont dégradées. Et les français j’en parle pas, ils émigrent en Suisse, Canada, Allemagne etc..
    De toute façon la médecine libérale telle qu’on la connait sera anecdotique dans une dizaine d’années. L’administration ne voit pas d’un bon œil le peu de liberté qu’on reste aux praticiens libéraux

    • claude henry de chasne
      5 novembre 2018 at 8 h 53 min

      que deviendrait la medecine se ville sans la secu?

      • La médecine de ville existait avant la Sécu. Elle existe aussi dans tous les autres pays qui n’ont pourtant pas de Sécu.
        La médecine de ville n’a pas besoin de Sécu pour exister. Les patients ont juste besoin d’assurances santé en concurrence les unes avec les autres pour être bien couverts. Mieux couverts d’ailleurs qu’avec la Sécu française.

        • claude henry de chasne
          5 novembre 2018 at 18 h 22 min

          voila , la solution c’est l’assurance , mais on a pris une autre direction
          la CMU , alors forcément , pour faire du chiffre ce n’est pas possible , voila voila

    • 3 mois de carence ça fait beaucoup tout de même…^^

    • « une protection sociale misérable, aucun droit au chômage, pas de congés payés, pas d’heures sup, 3 mois de carence en cas de maladie » Comme n’importe qui qui travaille pour lui…

      « des horaires de malade » en libéral c’est votre choix

      je rejoins le « Troporibl » de cachou42

  • Et si les médecins « libéraux » devenaient vraiment libéraux, en ouvrant les vannes des accès au diplôme plutôt que continuer à organiser la pénurie de praticiens, et en se déconventionnant avec des tarifs soumis à la concurrence plutôt que de continuer à être salariés de la sécu ?

  • @ cachou, vous n’êtes pas très au courant manifestement. Cela fait longtemps avec les lois européenne que n’importe quel médecin européen peut venir s’installer en France, assez facilement une fois la langue a peu près maîtrisée. Faire sauter le NC ne sera pas d’une très grande utilité. 50/100 des nouveaux inscrits a l’ordre ne sont pas français.
    Quand au deconventionnement massif, j’ai déjà expliqué comment, dans ces colonnes a un autre lecteur, que l’état ne laissera jamais faire.

    • Ben … si je sais cela.
      Mais vous avez raison, la main d’oeuvre immigrée, en étant moins exigeante sur le rémunération, contribue à une meilleure concurrence et permet finalement d’abaisser les coûts.
      Sinon, le déconventionnement existe déjà, il me semble ?

  • @cachou Les dentistes ont essayés de menacer la sécu de deconventionnement massif l’année dernière. L’état leur a bien fait comprendre ( je dis bien l’état par la voix de la ministre) que leur tarifs seraient imposés via un décret gouvernemental sans passer par la sécu et les negos habituelles. Coucou , vous vivez dans un pays communiste, réveillez vous !

    • Donc : les dentistes ont menacé, et l’Etat a menacé d’empêcher l’exécution de la menace. On en est où maintenant, de cette spectaculaire rébellion ?

      • 2 syndicats dentaires qui ont eu la pétoche ont signé ce qu’on meur mettait sous le stylo avec un revolver sur la tempe, le 3° syndicat allié avec celui des femmes CD, ont condamné cette signature mais on est en démocratie, 2 syndicats minoritaires peuvent obtenir la majorité.
        Que leur à t ont promis en échange…aux signataires ???

        • claude henry de chasne
          5 novembre 2018 at 18 h 25 min

          le zéro reste a charge , de quoi faire payer un max les pauvres via le contribuable..
          on va leur mettre des dents métalliques comme en ex URSS et marger quand meme a 300%

          • Quelle simplification!
            N’oubliez pas de préciser que c’est -300 % de marge sur les soins qui sont l’essentiel de notre activité. Quant aux tarifs de prothèses ils sont dans la moyenne européenne. Et si vous trouvez encore des praticiens qui peuvent vous faire des soins à perte c’est parce que les tarifs de prothèses nous permettent de rééquilibrer les charges du cabinet.
            Mais bientôt avec le RAC 0 vous n’aurez plus de cab dentaires libéraux et juste des centres de soins comme en Espagne avec des praticiens à 2 smic , tenus par des mutuelles ou assurances et vous n’aurez plus le choix de votre praticien. Mais c’est ce que les français demandent , alors …

            • claude henry de chasne
              7 novembre 2018 at 13 h 41 min

              moyenne europeenne?
              hongrie 1 implant 500 euros , pillier 100€ couronne, ceramo metalique 250 €…
              avec des cabinets parfaitement equipés (mieux qu’en france)
              laissez moi rire

              • Quand je dis Europe c’est à niveau de vie similaire, Allemagne, Portugal, Suisse , Angleterre, Belgique.
                Rappelez moi quel est le salaire minimum en Hongrie ?
                Et avec des tarifs de soins supérieurs à la France.

      • Une petite question à cachou 42 qui rêve d’une médecine vraiment libérale, et qui se demande pourquoi les médecins ne se déconventionnent-ils pas en masse ? Alors que se passera t’il quand vous irez chez votre praticien, que rien ne sera remboursé et qu’on vous prélèvera quand même une certaine grosse somme sur vos revenus pour la couverture maladie.

        • Eh bien on se sentira dans son bon droit quand on ira manifester pour ne plus payer la couverture maladie d’état…

          • Dans un pays normal, sans doute.
            En France, la population manifestera pour que l’Etat encadre autoritairement les tarifs des médecins.

            • La population, j’en doute. Les syndicalistes nous rebattront les oreilles sur tous les tons et sur toutes les chaînes, je n’en doute pas, mais ça ne suffit pas à faire « la population »…

        • « Alors que se passera t’il quand vous irez chez votre praticien, que rien ne sera remboursé et qu’on vous prélèvera quand même une certaine grosse somme sur vos revenus pour la couverture maladie »:
          Rien du tout, c’est déjà le cas. Vous parlez peut être de l’aumône de la SECU à 13€? C’est totalement négligeable sur 70€ que je paye pour un détartrage par exemple. La cotisation SECU pour moi c’est déjà une taxe sans contrepartie. « Message d’un jeune en bonne santé »

  • claude henry de chasne
    5 novembre 2018 at 8 h 52 min

    la secu assure la solvabilité les patients et détruit la concurrence..
    de ce fait nous avons une medecine fonctionnarisée qu’elle sen rendre compte ou pas

  • L’Etat feançais veut régenter toute la société, c’est aussi simple que cela. Avec la pression quasi infaillible des revenus, puisque beaucoup de médecins ont besoin des fofaits sécu pour vivre. Moyennant quoi, ils doivent appliquer la politique « de santé publique » décidée par des fonctionnaires.
    Il faut savoir, dans ce cadre, que beaucoup de médecins sont opposés, non pas aux vaccins, mais à la nouvelle loi, et sont obligés de s’y plier. Du coup, ils refusent de faire le suivi des enfants…

    • claude henry de chasne
      5 novembre 2018 at 8 h 56 min

      on ne peut pas etre « libre » et profiter de l’argent collectif ..
      si on voulait une medecine libre , le patient devrait payer avec son fric les honoraires , point

      • Si on voulait payer avec son fric les honoraires de son médecin traitant en fonction du service rendu, il faudrait une médecine libre.

        • claude henry de chasne
          5 novembre 2018 at 10 h 52 min

          Voila , ensuite on peut imaginer un systeme d’assurance , celui qui la paye est remboursé.. comme aux usa.. les autres qu’ils se démerdent
          avec la medecine « sociale »

          • Bonjour CHDC
            Mais les US ont aussi leur assurance étatique, Medicare et Medicaid entres autres. Le système des retraites fédéral procure plus de la moitié de leurs revenus aux deux tiers des retraités des Etats-Unis.

  • S’ils veulent jouer avec les chiffres, il n’est pas difficile de les prendre à leur propre jeu.

    Si une maman vient et qu’il lui faut un arrêt de travail, comptez en plus une consultation pour le gammin.

    S’il faut un long arrêt de travail, faites en un court et une deuxième visite inutile pour le prolonger.

    Si vous avez des enfants ou retraités comme patients, faites les revenir pour un prétexte inutile en consultation, cela fera des visites en plus qui « dilueront » les arrêts de travail.

    Il y a plein d’astuces débiles et couteuses pour rentrer dans le rang. Mais je comprends qu’un médecin consciencieux ne désire pas faire le jeu de ces statisticiens de pacotille. Les médecins moins consciencieux appliquent peut-être déjà toutes ces astuces, et les autres en payent les conséquences. Sorte de darwinisme à l’envers…

    • Christophe Gaudeul
      5 novembre 2018 at 11 h 41 min

      Je suis un medecin generaliste qui a decidé de quitter la France il y a maintenant 5 ans.
      Ce genre de manoeuvres que vous decrivez, c’est tres certainement ce que font certains médecins pour contourner les reglements idiots. Mais je suis sur qu’ils tolerent difficilement de se comporter ainsi. Ils le justifient en se disant que c’est la seule solution pour pouvoir poursuivre leur activité.
      Pour certains autres médecins, comme le médecin dont parle cet article, c’est tous simplement impossible. Elle quittera la médecine de premier recours, dite libérale, dans un premier temps, puis elle comprendra que c’est la meme chose en salariat et stoppera la médecine tout court, ou quittera la France.
      Quant a moi, j’ai proné le déconventionnement massif pendant au moins 10 ans avant de comprendre qu’il n’arriverait jamais, ne serait-ce que parce que le gouvernement userait alors de mesures autoritaires pour fixer les honoraires par décret. La convention médicale est un marché de dupe, une illusion de démocratie.
      Lorsque j’ai compris cela jái secoué le joug en partant exercer a l’étranger, ou je travaille dans de bonnes conditions.
      Mes patients sont la plupart du temps couvert par des assurances privees, mais je ne subis pas de pression de ces assurances. Le temps de paperasse est globalement moins important qu’en France, les honoraires 4 fois supérieurs et les gens ne se plaignent pas…
      Et pour moi, cést travailler moins pour gagner plus…

  • Dans notre pays bisounours, mon médecin référent ne prend plus dorénavant que des retraités, ainsi il n’a pas de problème d’arrêts de travail excessifs. 10% d’actifs lui paraît un chiffre lui évitant tout reproche.

  • et l’attitude des syndicats de médecins ???

    • Pour apprécier le rôle et la « puissance »des syndicats médicaux, sachez qu’ils sont tous subventionnés par l’Etat mais uniquement s’ils signent la convention médicale. Le CSMF, 1er syndicat médical, touche environ 1 million d’euro/an

  • claude henry de chasne
    5 novembre 2018 at 10 h 54 min

    les arrêts de travail ne devraient etre rédigés que par des médecins mandatés par la secu pour le privé , et par la stasi pour les fonctionnaires

    • @ claude henry de chasne
      Les médecins de la sécu sont très compétents dans les règlements de l’assurance maladie, en médecine, ils manquent un peu de pratique!
      De plus, c’est bien le médecin conseil qui peut casser un arrêt de maladie pour un patient après l’avoir examiné lui et ses documents. À lui la charge de la preuve! Pas l’inverse! L’argument statistique est grotesque!

      • claude henry de chasne
        5 novembre 2018 at 18 h 28 min

        je plaisantais

      • @mikylux
        Bonsoir,
        « De plus, c’est bien le médecin conseil qui peut casser un arrêt de maladie pour un patient après l’avoir examiné lui et ses documents. À lui la charge de la preuve ! Pas l’inverse ! L’argument statistique est grotesque ! »
        C’est donc pour s’alléger sa charge de travail qu’un fonctionnaire a envoyé ce courrier à un médecin ! Ca me rappelle quelque chose… ah oui ! le prélèvement à la source !

      • Certes, un médecin conseil peut faire cela, mais c’est à double tranchant. Cela devient au médecin de conseil de décider « in fine » de l’intérêt ou pas de l’arrêt de travail. C’est une prise de responsabilité pour lui, chose que les administratifs ont bcp de mal à assumer! Si l’arrêt de travail est récusé par le médecin conseil et qu’il y a des conséquences délétères pour le patient, le médecin conseil devient LE Responsable. Cela pourra devenir chaotique pour lui en cas de plainte du patient… Il suffit au médecin de ville de blinder correctement le dossier de son patient pour qu’on ne puisse pas lui reprocher de ne pas avoir donné tous les renseignements nécessaires au médecin conseil.
        Alors oui, cela allonge quelque peu les délais pour le patient avec un peu de cette lourdeur administrative dont la France s’est faite la spécialité. Mais au bout du compte, soit le médecin conseil finit par valider la plupart des arrêts sans trop discuter , soit il en supprime la plupart et il n’y a cas attendre les problèmes qui ne manqueront pas de survenir. Si les complications ne surviennent pas, cela ne fera que détourner les demandeurs d’arrêt un peu « limite » de ce médecin de ville.
        Dans tous les cas, le ressentiment des patients sera envers la Sécu et non le médecin de ville.
        La mise sous entente préalable des arrêts de travail est plus un piège pour le médecin conseil que pour le médecin prescripteur initial lui-même. Cependant, les médecins qui la subissent la ressentent comme une mise en cause de leur compétence et de leur indépendance. Ils finissent par craquer et obéir aux diktats de la SS. Il est dommage que cette jeune médecin n’ait pas joué à fond cette carte.

        • @ cyde
          Oui, je suis désolé pour la jeune consoeur qui ne s’est pas battue jusqu’au bout. Je lui souhaite de trouver une porte de sortie (à l’étranger) accueillante.
          Sinon, je dois avouer que mon père était médecin-conseil dans une mutuelle belge: au début, à cette époque années ’50et ’60, il visitait les patients à domicile, ce qui lui a permis d’améliorer parfois des diagnostics donc le traitement et les soins. Il a hélas terminé sa carrière, plutôt triste, dans les papiers et des consultations (20 sur la matinée) où il tentait de découvrir les « vrais » malades parmi les 20, sans forcément remettre immédiatement les autres au travail mais en proposant au confrère de diminuer, selon le cas, la longueur de l’arrêt de travail: c’est l’offre abondante qui crée la surconsommation et augmente les exigeances: ces 2 systèmes finiront par tuer la solidarité des salariés.

  • @ cachou le deconventionnement est toléré par l’état si il reste anecdotique. En cas de deconventionnement massif, vous vous rendrez réellement compte du pouvoir de l’armée de fonctionnaires qui nous dirige. Et dernière chose, les médecins étant largement débordés, ils sont pour que l’on augmente le nombre de praticiens. Autour de moi personne ne s’oppose a l’augmentation du numerus clausus, et encore moins a l’arrivée de médecins étrangers. Perso, je dirais même heureusement qu’ils sont là parceque sinon ce serait réellement la pénurie. Les responsables de la pénurie ce ne sont pas les médecins mais les politiques socialo communistes appliquées a la santé, avec la bénédiction des français bien sûr (via leur vote)

  • @dekkard 91 jours exactement ?

  • @pouf exactement, mon commentaire montre simplement que l’on ne peut dire qu’un médecin est fonctionnaire ou employé de la sécu comme c’est souvent balancé dans les commentaires trop facilement, car il n’y a pas les avantages de ces statuts.

  • Je trouve ce témoignage très révélateur de la situation catastrophique vers laquelle se dirige inéluctablement notre système de santé. C’est inévitable, c’était prévisible (ma grand-mère, sans éducation, avait dit après guerre au représentant de l’administration qui venait lui expliquer tous les bienfaits de l’instauration de la sécu que leur « truc gratuit pour tous ça ne pourrait pas marcher « ) et ce sera terrible…
    Je nuancerais néanmoins ce témoignage pour plusieurs raisons. Je ne veux pas présumer de la qualité du travail de ce médecin que je ne connais pas et qui semble très sincère dans son propos et je veux encore moins défendre ou excuser la sécu et ses représentants. Cependant, je peux constater à mon niveau (entrepreneur dans le bâtiment ) que les accidents du travail sont très aléatoires selon le médecin traitant des patients (mes salariés en l’occurrence). Certains parviennent à « obtenir » ces fameux arrêts pour accidents du travail beaucoup plus facilement que d’autres, certains qui devraient en bénéficier n’en bénéficient pas alors que d’autres abusent du système… Enfin, ce médecin travaille en équipe avec d’autres collègues sur le même secteur géographique et avec la même population semble t-il. Comment se fait-il qu »elle soit la seule à subir le courroux de l’administration ? Ses collègues prescriraient-ils différemment d’elle ? Ses patients n’abuseraient-ils pas de son manque d’expérience ? Je trouve le processus d’abandon du poste un peu rapide..

    • @Phil63
      Bonsoir,
      « ertains parviennent à « obtenir » ces fameux arrêts pour accidents du travail beaucoup plus facilement que d’autres, certains qui devraient en bénéficier n’en bénéficient pas alors que d’autres abusent du système…  »
      Ceux qui ont difficilement des arrêts de travail ont peut-être un médecin sous la tutelle d’un médecin conseil qui lui « apprend » ou qui lui a « appris à bien prescrire ».

      • @ STF
        Allez dire à un ouvrier du bâtiment qu’il ment, à 50 ans, quand il vous dit qu’il a mal au dos! Impossible de prouver qu’il a mal ou pas!
        La biologie est une science comme la physiologie, pas la médecine qui reste « un art »!
        Votre médecin de famille qui vous connait depuis longtemps saura plus vite et mieux si vous lui racontez des carabistouilles!
        Et si vous préférez croire votre médecin conseil de la sécu, tant pis pour vous!

    •  » Comment se fait-il qu »elle soit la seule à subir le courroux de l’administration ? »
      L’administration s’attaque au maillon faible: la dernière installée! S’attaquer à des médecins installés depuis longtemps avec une patientèle souvent moins volatile et des dossiers médicaux bcp plus longs, connus et établis permet à ces « vieux » médecins d’avoir une argumentation plus difficile à contester. Ces médecins ont souvent le cuir plus épais avec un réseau relationnel plus touffus… En plus aligner l’ensemble du cabinet, c’est prendre le risque d’un mouvement d’humeur des 5 praticiens ensemble. La fermeture (même temporaire) d’un cabinet de 5 médecin dans un désert médical, surtout suite à un harcèlement administratif, cela fait du bruit dans le Landerneau avec le risque pour l’administratif d’être désavoué par sa hiérarchie. L’administratif, n’aime pas être exposé au risque en général, et encore moins quand il est en 1ère ligne.
      Par contre, se payer la dernière arrivée, c’est facile et cela permet d’adresser un message indirect aux autres.

  • Nous complément à mon post précédent :
    Nous nous trouvons pleinement dans le processus expliqué par F. Hayek dans « La Route de la Servitude ». Quand on essaye d’en parler autour de soi, on passe pour le pessimiste de service, l’oiseau de mauvaise augure. Mais ce processus est d’abord lent, presque imperceptible. Et puis il s’accélère et lorsque l’on commence à vouloir agir contre ce qui nous semble ne pas tourner rond, et bien il est trop tard, les lois ont été érigées pour soi-disant « nous protéger » et c’est en réalité le système qui c’est auto protégé contre nous…
    Nous nous trouvons avec la sécu au début de la prise de conscience, encore un peu floue pour la majorité des français, que nous sommes pris au piège de la servitude.

  • La SS représente une perte de chance pour les malades, parce qu’elle les désolvabilise abusivement lorsqu’ils sont bien-portants, parce qu’elle les empêche de se soigner librement, parce qu’enfin elle contraint les médecins à trahir leur serment.

    La santé et l’assurance santé sont deux secteurs économiques à privatiser en toute urgence.

  • « un médecin conseil qui allait m’apprendre à bien prescrire. »
    C’est comme pour les profs qui notent un diplôme national : ils ont des correcteurs qui leur apprennent à bien noter.

    Y a pas ! le social-communisme, c’est magique !

  • @claude Henry , des dents métalliques faite correctement ça va encore, le pire c’est quand le chir dent va torcher son travail en 5min pour préserver sa marge… et faire de l’abattage pour compenser la perte de chiffre.

    • claude henry de chasne
      6 novembre 2018 at 10 h 22 min

      moi c’est simple j’ai delocalisé mes soins..
      pour avoir bossé la bas j’ai un praticien hors pair en Hongrie,
      pour tout ce qui est implants couronnes etc.. j’ai un reste a charge
      a peu prés égal a zéro.. un billet d’avion easyjet 100 euros AR;
      hop
      sur un devis a 14 000 euros en france (implants+ couronne) j’ai payé de ma poche 1200 euros/ voyages séjours compris (avec ma copine en plus) arff

  • ben c’est la santé collectivisée.voila..

    ceci dit , les médecins n’auraient jamais dû accepter de prendre en charge la « prescription » des arrêts maladie…

    • et je suis un peu mal à l’aise , parce que un médecin peut bel est bien prescrire des arrêts maladie de façon indue mais la seule façon de le déterminer est de refaire les consultations pas de dénombrer .
      Je suis trop amené à croire cette personne…
      Par ailleurs la sécu est une impasse…
      Mais quand on accepte le principe de la sécu, comme beaucoup de médecins le font, il faut être cohérent.

  • Ce qui me surprend dans ce témoignage , c’est la fragilité de ce médecin, incapable de comprendre que le payeur puisse s’interroger à partir de statistiques, puisse questionner la pratique des médecins en écart…

    Et tous nous constatons des abus…

    Après, les méthodes de la secu, de l’administration sont connues…

    • Le payeur peut contrôler mais ce contrôle ne doit pas le conduire à s’immiscer dans le colloque singulier, comme c’est de plus en plus le cas avec la SS. Par exemple, le parcours de soins coordonnés est un véritable scandale.

    • Résumé: Elle se croyait son propre patron, alors qu’en fait elle n’est qu’une employée. Et quand son boss vient pour lui donner un ordre, elle refuse. Elle finit par démissionner. Et sinon c’est harcèlement moral (médecin conseil), baisse de salaire (redressements), etc.
      En gros on est face à un employé récalcitrant… J’ai l’impression qu’on la plaint car on veut maintenir dans notre esprit une image de médecine libérale en France. Et le secteur 3, ce sont les opposants politiques, il y a aussi des méthodes pour faire taire ceux là s’il sont trop bruyants.

    • pas la fragilité les illusions..et bon je sais ce que c’est qu’un angine mais existe t il quelque part une grille qui permet à un médecin de déterminer la nécessité et la durée d’un arrêt maladie..??? parce que c’est le plus beau..on laisse le médecin se démerder et on lui fait reproche..

      il est possible que ce médecin donne trop d’arrêts maladie..mais comment le savoir??????? hors outrance???
      pourquoi un médecin arrête 4 jours ou 6?

      le planificateur est omniscient..?tout le monde sait ça.

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