« Job HOPPS », l’appli qui révolutionne le temps partiel

Job HOPPS propose des jobs à temps partiel et aide à en trouver un autre près de chez soi, avec un réseau, le tout étant hyper-simple, hyper-pratique, hyper-convivial.

Par Nathalie MP.

D’où viennent les bonnes idées ? S’il existait une recette unique et infaillible, ça se saurait. Mais en ce qui concerne Samuel Dewitte, DRH de l’entreprise Hopps Group d’Aix-en-Provence, c’est incontestablement son expérience de terrain auprès de ses 18 500 salariés à temps partiel qui l’a amené à imaginer l’application mobile Job HOPPS avec géolocalisation, afin de leur permettre, s’ils le souhaitent, de compléter leur activité avec un second CDI à temps partiel près de chez eux ou près de leur premier lieu de travail.

Lancée au printemps dernier, simple d’utilisation, accessible à toute personne à la recherche d’un temps partiel et pas seulement aux salariés de Hopps Group, l’appli dispose en permanence de 6 500 à 7 000 offres en ligne dans toute la France grâce à des partenariats que Samuel Dewitte a tissés avec des entreprises comme O2, Onet, Autogrill ou Burger King. Actives dans le nettoyage, les gardes d’enfants, les services à la personne, le jardinage, la restauration ou le fast-food, ces entreprises sont de gros employeurs à temps partiels.

À ce jour, on compte 1 000 jobhoppers, c’est-à-dire 1 000 personnes qui disposent par ce biais d’au moins deux CDI à temps partiel leur ayant permis de passer de 12 à 15 heures de travail par semaine à 25 à 30 ou 35 heures. On devine que pour elles, qui sont souvent payées au Smic, l’emploi a changé de dimension : il a perdu en précarité et gagné en occasion de rebondir. L’expérience augmentant, les possibilités de quitter le terrain de la pure exécution et d’accéder, peut-être, à terme, à des postes de première maîtrise augmentent aussi.

Il m’a donc semblé qu’avec Hopps Group et l’appli Job HOPPS, Samuel Dewitte était un excellent représentant de cette société civile qui observe, réfléchit, bouge et innove d’elle-même en permanence pour améliorer la vie des gens, trouver des solutions locales et particulières à des problèmes locaux et particuliers, pour le bénéfice de toutes les parties prenantes, demandeurs d’emploi ou entreprises. Un exemple très concret de ces “Lib’Héros du Quotidien” dont j’aime vous parler de temps en temps !

Nul besoin de légiférer, nul besoin de déterminer des quotas, nul besoin de remplir des cerfas en multiples exemplaires, nul besoin de subir la lourdeur de Pôle emploi – avec Job HOPPS, dont la technologie est fondée sur l’incroyable révolution numérique que nous sommes en train de vivre, un clic suffit pour postuler, un autre clic suffit pour envoyer une proposition de job à un ami qui cherche aussi (vidéo, 01′ 31″) :

En 2017, le temps partiel représentait en France 18,5 % des actifs occupés, soit environ 4,5 millions de personnes. Si une part importante correspond à du temps partiel choisi, notamment par des femmes qui gardent ainsi un pied dans le monde du travail et un oeil sur leur famille, une autre part – égale à la moitié de tous les temps partiels, donc disons 2 millions  – est complètement subie. Les titulaires de ces emplois généralement payés au Smic ont beaucoup de mal à en vivre, ils n’accèdent pas à l’autonomie et doivent soit compter sur leur famille pour les aider, soit se replier sur les aides sociales.

Chez Hopps Group, la part des emplois à temps partiel est si élevée que c’est pratiquement devenu la norme du profil d’emploi. On comprend donc que Samuel Dewitte s’y soit spécialement intéressé. Sur les 24 000 salariés du groupe, 18 500 sont concernés.

Contrairement à la caricature commune sur les patrons flingueurs, cette situation ne résulte pas d’une gestion des ressources humaines volontairement perverse qui tendrait à maintenir les salariés dans la précarité, elle dérive structurellement de l’activité : à travers ses trois principales filiales Adrexo, Colis Privé et Dispeo, Hopps Group (600 millions d’euros chiffre d’affaires en 2018) est le grand spécialiste privé de la livraison de colis, de courriers adressés et d’imprimés publicitaires.

Il se trouve que ses clients sont principalement des grands groupes de la distribution comme Carrefour ou Auchan. Or ceux-ci exigent que leurs imprimés publicitaires soient distribués dans les boîtes aux lettres du lundi au mercredi au plus tard, afin que leurs clients aient le temps de les lire avant de venir faire leurs courses du jeudi au samedi ou au dimanche. Pour Hopps Group, il en résulte un pic d’activité en début de semaine et une chute brutale à la fin. C’est le temps partiel qui permet de coller à la demande des clients sans faire capoter l’entreprise.

Mais Samuel Dewitte s’est vite rendu compte que ses salariés avaient du mal à s’en sortir et qu’ils étaient dans l’impossibilité de se projeter dans l’avenir. Le turnover, de l’ordre de 1 000 personnes par mois, est rapidement devenu préoccupant. Plus largement, se posait toute la question de savoir comment attirer de nouveaux collaborateurs sur du temps partiel au Smic.

Un soir, en observant un petit jeune homme envoyé par la société de nettoyage Onet en train de passer l’aspirateur devant son bureau et en discutant ensuite avec lui, il a une première inspiration : il lui propose un job complémentaire chez Adrexo, mais basé à quelques dizaines de kilomètres de là.

Quelque temps plus tard, il le croise à nouveau avec son aspirateur, mais cette fois-ci, c’est le jeune homme qui entame la conversation : et si, lui dit-il, vous pouviez me trouver un job ici vu qu’ensuite je bosse ici pour Onet ?

Et c’est là que l’idée lui est venue : “Et si l’on s’occupait du temps non travaillé des collaborateurs ?”

Et si on leur disait : je te propose un job à temps partiel et je vais t’aider à en trouver un autre ? Et si on leur fournissait le réseau qui leur manque pour trouver un emploi ? Et si on faisait en sorte que tout ceci se passe près de chez eux ou près de leur premier emploi ? Et si c’était hyper-simple, hyper-pratique, hyper-convivial et garanti sans paperasse car dans ce secteur de l’emploi, certaines personnes ne maîtrisent pas excellemment la lecture et sont mal à l’aise avec les longues procédures administratives ?

L’idée Job HOPPS était née. L’appli a été développée en interne par les équipes informatiques de Hopps Group pour une utilisation qui dépasse très largement le cadre du groupe.

Elle a également son intérêt pour toute personne qui veut revenir sur le marché de l’emploi. Quand on est très peu qualifié et qu’on est au chômage depuis 6 mois, un an, deux ans, il est impossible de trouver un CDI à temps plein. Non seulement parce qu’on ne vous en propose pas, mais simplement parce que vous en êtes incapable. En revanche, revenir avec un petit temps partiel dans le nettoyage ou la distribution de prospectus, retrouver confiance, s’investir, se prouver qu’on est capable – c’est possible. D’un temps partiel, on peut alors passer à deux, etc. Et c’est toute une vie qui se transforme et s’embellit.

Parmi les extensions à l’étude, signalons l’ouverture prochaine de l’appli à des TPE et des PME qui n’auront que 2, 5 ou 10 postes à proposer, mais qui permettront ainsi d’élargir les possibilités géographiques pour les salariés, tout en gagnant elles-mêmes une visibilité supérieure pour recruter. Signalons également que les collectivités publiques telles que les mairies ont été contactées pour suggérer à leur salariés à temps partiel de penser éventuellement à Job HOPPS pour compléter leur emploi. Pas de réaction pour l’instant.

Je crois important de souligner que rien de tout ceci ne serait possible sans les avancées du digital et sans smartphone. Ce dernier objet ne doit plus être considéré comme un produit de luxe, signe d’une distinction particulière réservée aux heureux du monde, mais comme un indispensable instrument de socialisation, aussi bien dans le champ de l’insertion sociale et des rapports sociaux que dans celui de l’information, de l’éducation et du savoir.

En guise de conclusion, je laisse Samuel Dewitte présenter lui-même l’appli Job Hopps pour laquelle Hopps Group, précurseur de la “sociale digitale attitude”, a reçu le prix  2018 des Ressources Humaines Edition Grand Sud (04′ 49″) :

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