Union Européenne : Pierre Moscovici est mal placé pour critiquer le budget italien

M. Moscovici est très mal placé pour donner des leçons d’économie et de fiscalité aux Italiens et l’Europe pourrait bien réagir autrement aux « populismes ».

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Pourquoi s’étonne-t-on encore du très fort sentiment anti-européen parmi les peuples de notre continent ? Quand on voit comment agissent ceux qui représentent Bruxelles, il y a de quoi s’interroger. La réaction des commissaires européens au Brexit par exemple est symptomatique. Les tractations s’éternisent, Michel Barnier étant – jusqu’à maintenant – inflexible, même sur une possibilité de « marché unique à la carte » qui, selon des économistes, aurait convenu aux deux parties. Bon ou mauvais, le Brexit a été voté par référendum, il faut l’accepter tant que les Anglais n’y renoncent pas eux-mêmes.

De même, la Commission, par la voix de Pierre Moscovici, a refusé le budget de l’Italie sous prétexte que le déficit dépasserait 0.8 % du PIB (alors que la dette italienne est à 130 % du PIB).

Les incohérences de Bruxelles

On remarque plusieurs incohérences de la part de Bruxelles. Le budget italien a été voté par une nouvelle coalition élue qui propose une série de dépenses supplémentaires mais aussi de réformes fiscales intéressantes qui ferait augmenter le déficit jusqu’à 2.4 % du PIB (le déficit français sera de 2.6 % en 2018). Parmi ces réformes, certaines mériteraient la plus grande attention de la part de la Commission : par exemple une flat tax à deux taux (15 et 20 %). Concernant l’IS (impôt sur les sociétés), il est prévu de le baisser de 24 à 15 % pour les petites entreprises et à 20 % pour les grandes.

Comme Bercy, Bruxelles ne semble pas comprendre que les bonnes réformes fiscales peuvent avoir des conséquences très positives sur les comptes de l’État, à moyen ou long terme. Le commissaire Pierre Moscovici, qui a refusé le budget italien, a été ministre de l’Économie de François Hollande entre 2012 et 2014.

La hausse des prélèvements obligatoires supportée par les ménages a été de 51,4 milliards entre 2012 et 2016 durant la présidence Hollande. Dont 46 Mds d’euros avec Pierre Moscovici en tant que ministre de l’Économie.

Hausse des prélèvements obligatoires (2012-2016)
• 19 milliards en 2012
• 16 milliards en 2013
• 11 milliards en 2014
• 3,5 milliards en 2015
• 1,9 milliard en 2016
Source : COE-REXECODE

M. Moscovici est très mal placé pour donner des leçons d’économie et de fiscalité aux Italiens et l’Europe pourrait bien réagir autrement aux « populismes ». Surtout quand il y a des éléments positifs.

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