Du pouvoir d’achat sur le dos des autres ?

Les avertissements sur le thème du « trop de dettes » se multiplient mais pas la conclusion qui s’impose : trop de crédit et trop d’Etat-providence.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Du pouvoir d’achat sur le dos des autres ?

Publié le 10 octobre 2018
- A +

Par Simone Wapler.

La Banque des règlements internationaux y va elle aussi de son avertissement dans son dernier rapport trimestriel : « l’économie mondiale est vulnérable et les banques centrales ne sont pas prêtes ».

Après le couplet devenu banal de « trop de dettes », la BRI note :

« Des taux plus bas dopent la demande et augmente les niveaux d’emploi et d’investissements à court terme. Mais la plus forte prévalence de zombies qui en résulte conduit à une mauvaise allocation des ressources et pèse sur la croissance de la productivité. Si cet effet est suffisamment important pour réduire la croissance, cela pourrait déprimer les taux encore plus ».

Mmmm…

Si vous lisez les deux premières phrases, vous vous demandez pourquoi les banquiers centraux veulent à tout prix contrôler les taux d’intérêt puisque baisser les taux nourrit les zombies à long terme.

Si vous lisez la troisième phrase, tout devient encore plus obscur puisqu’on comprend qu’une baisse de croissance pousse encore plus les taux à la baisse.

En réalité, tout s’explique si vous considérez que l’argent n’existe presque plus que sous forme de crédit (donc de dette).

Autrefois, lorsque ceux qui avaient de l’argent à protéger craignaient une crise, une récession et les vagues de faillites que cela entraîne normalement, ils retiraient leur argent des banques, stockaient de l’or ou des billets. Les taux d’intérêt augmentaient car les banques n’avaient plus assez de dépôts à prêter. Les zombies faisaient faillite et l’activité économique repartait d’un bon pied.

Désormais, la bancarisation étant obligatoire, la seule façon de mettre son argent à l’abri est d’acheter de la dette d’Etat (Treasury du trésor américain, Bund allemand, OAT française) réputée sûre. Face à cette demande, les taux d’emprunt des Etats baissent et les gouvernements peuvent subventionner les zombies en prétendant soutenir l’économie.

Le problème de l’argent gratuit…

Le problème de l’argent gratuit, qui tombe du ciel sous forme de subventions, est qu’il est immoral. Lorsque vous obtenez quelque chose en échange de rien, vous en voulez toujours plus puisque ça ne vous coûte aucun effort.

C’est vrai pour les subventions aux entreprises et c’est aussi vrai pour les allocations versées aux ménages, censées doper le pouvoir d’achat. Les assurances chômage s’étaient initialement mises en place pour alléger les effets d’une crise et d’une purge nécessaire pour ceux qui étaient en première ligne.

Puis les banques centrales se sont mises à contrôler les taux et se sont employées à les faire baisser depuis des décennies. Puis les allocations en tout genre se sont multipliées, ce qu’en France les gouvernements appellent « redistribution » ou « mesures pour le pouvoir d’achat », ce qui est bien différent des filets sociaux adaptés aux situations de crise.

Le budget 2019 du gouvernement actuel joue sur du velours dans ce domaine. Dans un sondage paru dans Le Figaro, seul 38% des gens pensent qu’il est prioritaire de réduire les dépenses publiques. Si 79% pensent qu’il faut réduire les dépenses de l’Etat, seulement 8% pense qu’il faut réduire le nombre de fonctionnaires et 4% les dépenses sociales ! Enfin, 73% sont favorables à une nouvelle diminution de leur taxe d’habitation.

En somme, ce que veulent les Français c’est toujours autant d’allocations et de fonctionnaires et moins d’impôts. Cherchez l’erreur…

Le jour de libération fiscale est tombé le 27 juillet 2018 en France. A ce rythme là, il devrait encore reculer en 2019.

Les zombies se multiplient, toujours plus exigeants…

Mais un jour, le système va se gripper. Il ne restera plus que la dette dont tout le monde s’apercevra soudain que personne ne peut la rembourser. Alors, soit les taux monteront et il faudra organiser un jubilé. Soit il faudra dissoudre les dettes dans l’inflation.

Stupéfaction : on découvrira alors que le pouvoir d’achat pris sur le dos des autres était factice et malhonnête.

Pour plus d’informations, c’est ici.

Voir les commentaires (9)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (9)
  • une simple question : quel est l’endettement des banques privée ?? en France …merci..

    • fin 2017 , en France , ménage et entreprises avaient contracté pour environ 3350 milliards d’euros d’emprunt . Je ne sais pas si cela répond à votre question ;

  • après mure réflexion , je pense que c’est plutôt 3,350 millions….du moins je l’espère pour notre pays….

  • j’ai obtenu une information , la dette des banques en FRANCE est a la hauteur de 148%. si il a y a une crise financiere ,c’est la faillitte du systeme banquaire !!! sous reserve , il y a une ormeta !!! comme dit l’autre
    LA VERITE VRAI OU MENSONGERE ??

    • le niveau de dette n’est pas trop important. tant qu’on peut payer ça va. mais une hausse des taux d ‘interets nous couterai cher, et l Etat a tendance a ne pas baisser son train de vie, mais à monter les impots jusqu’a tuer la poule aux oeufs d’or. c’est la qu’il faudra paniquer. nous sommes « relativement » solides. Les pays emergents c est une autre histoire. rappelez vous 1929: la contagion part des périphéries vers le centre.

  • @ STF Bonjour , ce qui veux dire que la prochaine crise financière, c’est la faillite du système bancaire….

    • @Lou 17
      Bonjour,
      Le système bancaire est déjà en faillite. Elles n’ont même pas 20% en cash de tout l’argent qui circule et qu’elle distribue. Avec plus de 3300Mds€ d’emprunts les banques ne sont que des zombies, au-delà de la faillite.

  • Bonjour. j’ai été perdu à « argent immoral ». je ne vois pas vraiment ce que la moralité a affaire ici. de plus , les banques centrales ont baissé leurs taux uniquement forcées par les gouvernements. et si les taux ne remontent pas en europe, c est que les ETATS poussent dans ce sens . une hausse des taux mettrai en faillite bon nombre de nos etats. Donc l’argent prêté aux banques va naturellement là où la rentabilité est plus importante (ici aux USA et dans les marché émergents). il n’y a aucune solution au problème européen mes bons amis. enfin si, arrêter de claquer l ‘argent des autres, mais je doute que l’Etat s’y resolve.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Johan Rivalland.

Le libéralisme est décidément une notion bien floue et très mal perçue par une grande partie des Français, nourris dès le plus jeune âge aux mamelles de l’État et qui sont persuadés, à tort puisqu’on le leur fait croire en permanence, que le libéralisme serait je ne sais quelle force occulte organisée qui les plongerait dans une sorte d’océan où ils se noieraient sans que personne leur vienne en aide. D’où la justification de l’interventionnisme et de l’État-providence, sans lesquels nous serions sans doute perdus.... Poursuivre la lecture

Le moral des ménages est en chute libre en raison de l’inflation et la consommation devrait s’en ressentir.

Le commentaire du Figaro sur l’inflation est un bon résumé de la pensée unique du moment :

« L’invasion de l’Ukraine par la Russie a en effet frappé de plein fouet les marchés internationaux des hydrocarbures mais aussi des matières premières agricoles, et accentué la pression sur les prix, qui était déjà forte depuis plusieurs mois en période de redémarrage très rapide de l’économie en période post-Covid. »

La haus... Poursuivre la lecture

Par Tho Bishop. Un article du Mises Institute

Plus d'un mois après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, le conflit militaire est resté un conflit régional. Si la Russie a pu fortifier ses revendications dans l'est de l'Ukraine et a progressé dans le sud, les récentes contre-offensives des Ukrainiens ont éloigné l'armée de Vladimir Poutine de Kiev. Parallèlement, les allégations de crimes de guerre commis par les forces russes pendant le conflit ont donné au président ukrainien Volodymyr Zelenskyy de nouveaux arguments dans sa campagn... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles