Coalition anti-GPA : pourquoi ces féministes ont tout faux

Baby Boy 2 By: Thomas - CC BY 2.0

Que les femmes soient réellement consentantes lorsqu’elles décident de mettre à disposition leur corps devrait être la seule préoccupation qui nous anime.

Par Guillaume Moukala Same.

Alarmées par la popularité croissante de la Gestation Pour Autrui (GPA) dans l’opinion publique, des associations féministes ont lancé ce samedi à Paris la « Coalition internationale pour l’abolition de la maternité de substitution ».

Un groupe de féministes révoltées souhaite donc imposer ses valeurs aux femmes du monde entier — qu’elles prétendent représenter —, mais de quel droit ?

Il est curieux de remarquer que c’est au nom de la « dignité et de l’intégrité de la personne » qu’elles demandent l’abolition de cette pratique. Pourtant, la dignité ne consiste-t-elle pas justement à voir la femme en « sa qualité de personne susceptible de penser et de juger » pour citer le penseur du 20e siècle, Friedrich Hayek ?

Les droits sur notre propre corps

En effet, c’est l’adhésion volontaire et réfléchie à des principes qui fonde la dignité d’une personne, non sa soumission à des idéaux jugés supérieurs par un pouvoir coercitif. Que la marchandisation des corps leur paraisse une pratique intolérable ne leur donne aucun droit sur ces corps qu’elles désirent contrôler. Si nous n’avons pas les droits sur notre propre corps alors quels droits avons-nous ?

Préserver la dignité humaine c’est aussi tolérer des choix qui paraissent à nos yeux « indignes ». L’homme et la femme ne sont pas les instruments de ceux qui souhaitent façonner une société selon leur propre désir. Ils doivent être considérés comme une fin en eux-mêmes. Ces féministes ne contribuent pas à libérer la femme, mais simplement à la changer de cellule.

S’il est vrai que la GPA est une « exploitation » du corps de la femme, il ne faut pas pour autant comprendre ce terme dans son sens péjoratif mais économique. Tout travail consiste en l’exploitation de ressources et notre corps constitue la première des ressources.

C’est par notre personne, nos facultés et l’usage de notre corps que l’on peut ajouter de la valeur aux ressources présentes dans la nature.  Telle est la réalité inhérente à la condition humaine. Derrière la dénonciation de l’« exploitation », on retrouve l’argument marxiste traditionnel selon lequel l’échange économique serait une forme d’exploitation des pauvres par les riches.

La GPA n’est pas un échange strictement économique

Or au contraire, le libre échange est fondamentalement pacifique parce qu’il est volontaire et créateur de richesse, parce qu’il permet à chacun d’échanger un bien ou un service qu’il valorise moins, avec un bien ou un service qu’il valorise plus. Si dans le cas de la GPA l’échange peut être purement économique — la femme met au service son corps en échange d’argent dont elle a plus besoin — il peut être aussi complètement désintéressé — le plaisir de rendre service à une personne dans le besoin.

La GPA n’est pas nécessairement un échange strictement économique ou strictement désintéressé, il peut être les deux à la fois. On entend aussi que, dans certains pays comme en Inde, les femmes n’auraient « pas le choix » d’avoir recours à la GPA pour survivre. Or cette formulation induit en erreur : elles ont le choix entre cette solution et d’autres options encore moins satisfaisantes. Leur interdire ne créera pas de nouvelles opportunités. Au contraire : elles seront forcées de se tourner vers les options qu’elles avaient jugées encore moins satisfaisantes.

Protéger la liberté

Enfin, il est effectivement possible que des femmes aient recours à la GPA parce qu’elles sont sous l’influence de pressions exercées par un individu sur un autre individu. Néanmoins, on n’interdit pas l’usage de la liberté sous prétexte que certains pourraient nous contraindre dans nos choix. Ce raisonnement absurde reviendrait à abolir la liberté sous prétexte que certains pourraient la violer.

Au contraire, il ne faut pas l’abolir mais la protéger ! Dans cette optique, c’est l’encadrement par la loi qui permettrait d’éviter « toute forme d’abus », comme le propose le think tank Génération Libre dans son rapport intitulé « Pour une GPA responsable en France ». Que les femmes soient réellement consentantes lorsqu’elles décident de mettre à disposition leur corps devrait être la seule préoccupation qui nous anime.