Sortir de la pauvreté, pas du capitalisme

Ludovic Delory, 2018,

Dans le monde, la pauvreté recule. Une réalité que certains refusent d’admettre. Par aveuglement idéologique.

Par Ludovic Delory.

Cochez la date du 17 octobre. Cette « journée internationale pour l’élimination de la pauvreté » marquera un tournant. Pour la première fois, moins de 10% de l’humanité sera officiellement considérée comme « extrêmement pauvre ». Selon le président de la Banque Mondiale,

Au cours des 25 dernières années, plus d’un milliard de personnes dans le monde sont parvenues à sortir de l’extrême pauvreté, et le taux mondial de pauvreté n’a jamais été aussi bas qu’aujourd’hui. C’est l’une des plus grandes réussites de notre temps.

Entre 1990 et 2015, le taux d’extrême pauvreté est passé de 36% à 10%.

Ce taux d’extrême pauvreté est fixé à 1,90 $ par jour. On peut critiquer ce seuil arbitraire, il n’en reste pas moins une mesure de l’état de la population mondiale. La pauvreté est l’état naturel du monde. Ou du moins, elle l’était. Parlons-en bientôt au passé. Car, d’où qu’ils émanent, les chiffres incitent à l’optimisme.

L’argent contribue au bonheur

La corrélation entre standard de vie (constat subjectif) et revenu (constat objectif) peut sembler hasardeuse. Quelle est la définition du bonheur ? Le graphique ci-dessous montre une tendance nette : les habitants des pays les plus pauvres se disent insatisfaits de leurs conditions de vie.

L’argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue. Cela ne semble pas évident pour tout le monde. Un récent sondage d’Oxfam a montré que la plupart des gens pensaient que la pauvreté, à l’échelle mondiale, augmentait. La Fondation Gapminder vise à lutter contre ce mur d’ignorance, construit par des militants refusant de se confronter à la réalité. Ou préférant se focaliser sur les « inégalités« .

Or, le pessimisme n’a aucune raison objective de l’emporter.

Il faut lever le mystère du capital

Le monde se porte de mieux en mieux. Grâce à ce que l’économiste péruvien Hernando de Soto appelle Le mystère du capital. Les pays qui sont parvenus à rétablir les bases du capitalisme ont vu leur développement s’accélérer. Quels sont ces socles ? Le rétablissement des droits de propriété. La simplification des démarches administratives. La division du travail. La mise en place d’un système juridique garantissant les droits précités et permettant la responsabilisation de tous les acteurs du marché.

L’économie d’un pays s’améliore d’abord parce que ses habitants travaillent, épargnent et investissent

écrit Johan Norberg dans son Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste. Des cadres réglementaires et fiscaux stables permettent l’évolution d’une société vers la richesse. Les inflations monétaires (autrement dit, la monnaie manipulée par l’État) annoncent un Venezuela, un Zimbabwe ; les anarchies législatives, non respectueuses du droit naturel, conduisent à la ruine.

La République Démocratique du Congo pourrait devenir, grâce à la richesse de son sous-sol, l’un des pays les plus riches du monde. L’instabilité politique, la corruption, les taxes et la guerre la classent parmi les cancres du classement mondial de la liberté.

Qui faut-il blâmer ? Le peuple ou le prince ?

Le développement économique et la richesse résultent d’un processus inéluctable dont les anticapitalistes ne sont que les freins. Bientôt, ne leur en déplaise, la pauvreté ne sera plus qu’un avatar de l’histoire humaine.