« Libérer la liberté », de Benoît XVI

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« Libérer la liberté », de Benoît XVI

Publié le 9 septembre 2018
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Par Jean-Baptiste Noé.

Joseph Ratzinger est l’un des plus grands intellectuels des cinquante dernières années, si bien que ses ouvrages ne peuvent être méconnus par ceux qui s’intéressent à la vie des idées. Il a écrit sur quasiment tous les sujets. La théologie bien sûr, la liturgie, qui a sa prédilection, mais aussi la politique, l’art, la musique, etc. Ses opera omnia sont publiées depuis quelques années, ce qui lui permet de les reprendre et de les annoter, surtout depuis qu’il a abdiqué de sa charge de pape pour se retirer dans un monastère situé au Vatican.

Libérer la liberté est un recueil de textes de ses œuvres complètes spécifiquement consacré au thème de la liberté. C’est un sujet qui l’a poursuivi toute sa vie, lui qui fit sa thèse sur saint Augustin et qui fut très inspiré par saint Bonaventure. Ce recueil reprend des articles, des préfaces, des homélies et des discours. Il comprend des textes inédits et d’autres qui étaient très peu connus. Il reprend aussi deux grands discours prononcés en tant que pape, l’un à Westminster et l’autre au Bundestag. Des discours aussi brefs que denses, que tout étudiant en sciences politiques devrait avoir lus, tant ils sont fondamentaux pour comprendre les justes relations entre la personne et l’État.

La primauté de la personne

Sa réflexion sur la liberté est bien évidemment marquée par son expérience personnelle, lui qui connut le régime nazi, qui fut enrôlé de force dans les mouvements de jeunesse nazie puis dans la Wehrmacht, expérience qu’il a racontée dans ses Souvenirs. Sa vision de la liberté est personnaliste. Elle repose sur la primauté de la personne et sur le respect du droit. Il reprend à son compte la question posée par Augustin dans la Cité de Dieu : « Que sont les empires sans la justice, sinon de grandes bandes de brigands. » L’État peut avoir l’apparence du droit et donc du respect de la légalité, mais n’être en réalité que brigandage et oppression.

Benoît XVI va plus loin que cette seule réflexion politique. Il va jusqu’aux racines de la liberté et du droit, à savoir le christianisme. Le Christ parle à chaque homme personnellement et individuellement. Il s’adresse certes aux foules lors de ses grands discours, mais il parle directement à chaque personne et au cœur de chacune d’entre elles.

Jésus dit aussi qu’il n’est pas venu pour supprimer la loi, mais pour l’accomplir, c’est-à-dire pour la fonder sur le droit naturel et sur la justice. Or le respect du droit naturel est le garant d’une société d’ordre et d’éthique. C’est lorsque le droit naturel est aboli que la loi ne conserve que son enveloppe apparente de moralité pour devenir l’instrument de servitude exercé par les brigands. La liberté n’est donc pas que la possibilité d’agir et de penser, mais aussi d’avoir une conscience libre et donc d’être heureux. La liberté est la condition du bonheur, elle suppose donc la pratique des vertus morales.

L’ensemble des textes présents dans ce recueil permettent ainsi de saisir la pensée de Benoît XVI / Joseph Ratzinger sur la place centrale de la liberté dans la vie des hommes et dans la constitution des sociétés. Ces textes permettent de nourrir une véritable réflexion éthique et politique.

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  • « Il va jusqu’aux racines de la liberté et du droit, à savoir le christianisme »
    Que l’on prétende que le christianisme soit (maintenant, parce que ça n’a pas toujours été vrai) compatible avec les libertés, passe encore. Mais là non, ce prosélytisme est insupportable.

    • SI, cela a toujours été vrai. L’Inquisition est la première justice vraiment humaine avec son code de procédure pénale aussi important que son code pénal. Je préfère m’abstenir sur la justice actuelle…

    • En quoi serait-ce insupportable ?

      Une des fonctions élémentaires de l’Eglise est d’être prosélyte : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. »

      Vous pouvez toujours tenter de vous y opposer ; au mieux, vous perdrez votre temps.

      • @ Cavaignac
        Contrairement à l’Islam radical (islamisme) l’Église catholique évolue avec le temps. De plus, il ne faut pas confondre Église, catholique ou autre, et évangile: c’est bien différent!

        • l’Eglise évolue dans sa façon de présenter son enseignement (pastorale), mais pas dans son enseignement (dogme) qui est celui du Christ.
          Le Christ a fondé son Eglise pour annoncer l’évangile.

  • Une analyse de jean Paul II en 1991 va dans le même sens, mais sa connaissance du socialisme donne un peu plus de poids à ses affirmations quand il écrit:

     » L’erreur fondamentale du socialisme est de caractère anthropologique.
    En effet, il considère l’individu comme un simple élément, une molécule de l’organisme social, de sorte que le bien de chacun est tout entier subordonné au fonctionnement du mécanisme économique et social, tandis que, par ailleurs, il estime que ce même bien de l’individu peut être atteint hors de tout choix autonome de sa part, hors de sa seule et exclusive décision responsable devant le bien ou le mal.
    L’homme est ainsi réduit à un ensemble de relations sociales, et c’est alors que disparaît le concept de personne comme sujet autonome de décision morale qui construit l’ordre social par cette décision.
    De cette conception erronée de la personne découlent la déformation du droit qui définit la sphère d’exercice de la liberté, ainsi que le refus de la propriété privée.
    En effet, l’homme dépossédé de ce qu’il pourrait dire « sien » et de la possibilité de gagner sa vie par ses initiatives en vient à dépendre de la machine sociale et de ceux qui la contrôlent ; cela lui rend beaucoup plus difficile la reconnaissance de sa propre dignité de personne et entrave la progression vers la constitution d’une authentique communauté humaine. « 

  • Je pense que Joseph Ratzinger, Benoît XVI, est l’un des plus grands penseurs de notre époque. Il a été aussi un très grand pape, que l’on soit chrétien ou pas. Il n’a malheureusement pas été apprécié à sa juste valeur mais, avec le temps, il est certains que beaucoup regretteront ce pape admirable et ouvrirons les yeux.

  • Existe-il un « droit naturel » ?
    S’il existe, comment définir le droit naturel ?
    Qu’est-ce que le droit qui n’est pas naturel ?

    • C’est une grande erreur de définir le droit naturel comme un droit positif; partant de cela toute définition ne peut être qu’erronée.
      La notion du droit, comme celle de la liberté, est négative ; c’est la notion du tort qui est positive.
      Le droit naturel se défini par des interdictions, celles des nuisances concernant la personne, la propriété, ou l’honneur.
      D’où la définition de Schopenhauer :
       » Chacun a le droit de faire tout ce qui ne nuit pas à un autre. « 

  • Liberté guidant le peuple
    10 septembre 2018 at 0 h 05 min

    Vade Retro Soutanas !

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