Une mondialisation de moins en moins française

La Défense By: Maarten - CC BY 2.0

Les entreprises n’investiront désormais que là où l’on est « business friendly ». Nos voisins, avec leur chômage largement moitié du nôtre (quasiment le plein-emploi) réussissent très bien à ce petit jeu.

Par Xavier Fontanet.

Une étude citée par l’Institut français de gouvernement des entreprises s’est intéressée à l’évolution sur dix années de la part française des effectifs, du chiffre d’affaires et du capital de 85 de nos plus grandes entreprises – leur valeur ajoutée cumulée représentant environ un tiers de notre PIB.

Le résultat doit être médité. Les pourcentages ont évolué, entre 2005 et 2015, de 40 à 30 % pour les effectifs ; de 34 à 25 % pour le chiffre d’affaires et de 76 à 56 % pour le capital. Ceci en dit long sur la vitesse à laquelle les entreprises se mondialisent. Surtout quand on sait que les têtes de liste ont aujourd’hui moins de 10 % de leur activité en France.

Nos grandes entreprises tiennent la route

Excellente nouvelle démontrant que nos grandes entreprises tiennent la route dans la concurrence mondiale. Indication également très importante, car ce qui est vrai pour nous l’est aussi pour les autres, les entreprises ayant leurs sièges sociaux chez nos voisins pouvant décider d’offrir du travail, ici, chez nous.

Ces constatations simples devraient transformer l’idée qu’on se fait des politiques publiques et sociales. À l’évidence, la stratégie d’une sphère publique ne consiste plus à « stimuler son économie » par la dépense publique. Il s’agit d’attirer, par son image d’excellent gestionnaire public, les emplois que créent les entreprises.

L’État doit se re-concentrer sur le domaine régalien, veiller à ne pas étouffer le dynamisme régional, juguler l’inflation des règlements et s’assurer que ses coûts ne dépassent pas ceux de ses voisins. Nos syndicats ont à redorer une image de marque gravement dégradée par les grèves intempestives dans des entreprises emblématiques du pays.

Les entreprises n’investiront désormais que là où l’on est « business friendly ». Nos voisins scandinaves, anglais, hollandais, suisses et allemands, avec leur chômage largement moitié du nôtre (quasiment le plein-emploi) réussissent très bien à ce petit jeu. Ils n’ont pas l’air malheureux pour autant… Eh bien inspirons-nous un peu plus de leur approche !

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