Fumer dehors : interdire ou privatiser ?

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Fumer dehors : interdire ou privatiser ?

Publié le 15 août 2018
- A +

Par Ludovic Delory.

Fini de s’en griller une sur les bancs publics. Depuis ce 1er juillet, la mairie de Strasbourg a interdit le tabac dans les parcs municipaux. Elle est la première ville française d’importance à prendre cette mesure radicale et liberticide pour les uns, salvatrice pour les autres.

D’autres villes de France suivent le mouvement. Aujourd’hui, le territoire compte 973 « espaces sans tabac » validés par le ministère de la Santé.

Loi Veil, loi Evin, arrêtés municipaux… les buts de ces réglementations ne sont pas toujours suivis d’effets. En 2017, 26,9% des Français sont fumeurs. Une baisse annuelle, certes, mais qui les place toujours sur le podium européen des accros au tabac. La hausse des prix, les paquets neutres et autres mesures gouvernementales ne semblent pas les convaincre d’arrêter, en dépit des dangers connus pour la santé.

Courtoisie et droits de propriété

Mais revenons à nos espaces partagés. Comment faire cohabiter, sur un territoire donné, une minorité agressive (fumée, pollution de l’air et du sol) et une majorité obligée de subir des externalités négatives ? La courtoisie ne suffit pas toujours : certains non fumeurs sont en droit de revendiquer de partager un air sain, même si son voisin prend la peine de lui demander avec gentillesse s’il peut s’en griller une. La présence de jeunes enfants, de nourriture peuvent aussi jouer un rôle décisif dans la relation interpersonnelle.

Quid alors de la privatisation de l’espace public ? Le propriétaire du terrain n’est-il pas en droit, finalement, de disposer de celui-ci comme il l’entend et d’édicter les règles pour tout le monde ?

À Disneyland Paris, le point 2.5 du règlement intérieur stipule que :

Les espaces couverts et non couverts des Parcs à Thèmes sont non fumeurs, des espaces extérieurs ont été spécialement aménagés à l’attention de nos visiteurs fumeurs. Ce règlement s’applique également aux cigarettes électroniques.

Voilà qui est sans ambiguïté. Les contrevenants seront punis d’une amende, et chaque espace sera bien respecté. Les mégots, véritable plaie de nos villes, seront localisés et déposés dans des facilités ad hoc fournies par le propriétaire. C’est aussi le cas dans la plupart des habitations privées, où les fumeurs sont tenus de respecter les règles édictées par le propriétaire.

Fumer, un choix personnel

À moins d’instaurer des camps de redressement, l’État ne pourra indéfiniment lutter contre les choix personnels. Aucun fumeur n’ignore, aujourd’hui, les risques qu’il fait peser sur sa santé. Laissons donc ses choix s’exprimer dans des espaces réservés. En Belgique, la Ville de Liège a décidé de mettre en place, à la rentrée, une « salle de shoot » pour les toxicomanes.

La base du respect de la liberté, c’est le contrat. Or, contractualiser des relations antagonistes susceptibles de déboucher sur des conflits interpersonnels, c’est le rôle des individus. Pour les aider, seuls des droits de propriété clairement définis leur seront utiles.

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  • Si les Français en général d’ailleurs n’étaient pas devenus des « porc » la cigarette ne poserait pas de problème il suffit de respecter les autres et la nature et ramasser ses déchets. Hélas ce n’est pas propre à la cigarette on retrouve de toutes sortes de cochonneries dans la nature surtout après une période bien ensoleillée des saletés allant des mégots à toutes sortes d’emballages en passant par des couches d’enfants ou des Tampax ! Les Français de plus en plus prétentieux, donneurs de leçons et sales.

    • Entièrement d’accord avec vous.

    • c’est affligeant de voir à quel point les gens sont sales..le pire c’était dans un lycée agricole ou l’on enseignait à des jeunes et des adultes, j’y ai fait une reconversion..on y apprenait à respecter la nature, faire de la gestion différenciée,quand on se promenait aux abords du dortoir pour les internes et en dehors de l’école c’était gavé de déchets ou les jeunes venaient s’aérer après les cours , des mômes de 16 ans à qui on apprenait des règles de vivre ensemble et de propreté incapables de laisser une zone propre..

  • Le tabac tue des millions de gens chaque année dans le monde. Le glyphosate, aucun.
    Que faudrait-il interdire?
    Un libéral devrait dire: liberté pour chaun de se suicider à petit feu s’il le souhaite. Certes, mais alors il doit payer son hopital quand il tombe malade d’un cancer du poumon et non se faire soigner avec l’argent des autres.

    • Voilà un argument qu’on peut décliner sans fin et à l’encontre de n’importe qui dès lors que toute activité humaine comporte son lot de risques sur la santé. En outre, dans notre système collectivisé à outrance, le fumeur est celui qui, parmi tous les autres, paye le plus son hôpital par avance, et même plusieurs fois, tout en réalisant par ailleurs de spectaculaires économies grâce à sa retraite écourtée. S’il fallait véritablement apprécier les risques que chacun prend au quotidien pour discriminer les prises en charge de soins, plus personne ne serait soigné. Mais peut-être est-ce là le but ultime des collectivistes de la SS : faire payer tout le monde mais n’assurer plus personne.

    • Il a cotisé. S’il n’a pas le droit d’en bénéficier, ses cotisations doivent lui être remboursées et avec il pourra s’affilier à une assurance adéquate (qui lui coutera peut-être moins cher pour la même prise en charge ….

    • Si on instaure cette logique, on doit alors supprimer l’assurance santé, sachant que bien des maux à soigner sont le faits de prises de risques individuelles, volontaires ou par négligence.

      Vous conduisez la voiture, vous prenez un risque.
      Vous descendez les escaliers, pareil.
      Vous utilisez des appareils électrique.
      Vous utilisez des ustensiles au gaz.
      etc…

      Pourquoi un fumeur n’aurait pas les mêmes droits que les autres ?
      D’autant plus qu’une étude hollandaise démontre qu’un fumeur coute moins cher aux assureurs santé qu’un non fumeur, qui finissent aussi par mourir dans d’atroces souffrances.

      • trèsméchantultralibéral
        16 août 2018 at 18 h 16 min

        Vous sous-entendez qu’il serait inimaginable de supprimer la sécu, ou je n’ai pas compris ? Les assurances privées adaptent en effet leurs tarifs aux individus selon les risques, ce qui est tout à fait légitime.

        • « Les assurances privées adaptent en effet leurs tarifs aux individus selon les risques, ce qui est tout à fait légitime. »

          En fait ceci n’est plus d’une certaine manière de l’assurance.

          En effet, l’assurance est le partage d’un risque aléatoire par une population. Or si notre connaissance du risque est si pointu que le coût est individualisé, la notion de partage du risque et d’assurance n’existe plus. On parle ici de comportement volontaires mais avec par exemple le décryptage du génome humain, on est potentiellement capable de discriminer les personnes en fonction de leurs gènes.

          De ce point de vue, même si c’est une horreur, la SecSoc fait de la vraie assurance.

          Si l’on considère que le principe d’assurance santé (pour être générique) est bon, que sans aucun doute le privé serait bien meilleur gestionnaire que la SecSoc, des questions sérieuses se posent quant à l’individualisation du tarif au risque.

    • Le système de santé est décidé et imposé collectivement mais ça n’a pas à être une prescription sur la façon dont chacun mène sa vie, et encore heureux. Sinon on peut déjà songer à mettre un flic derrière chaque client de fast-food, à la caisse des supermarchés, dans les bars, dans les parcs pour pointer et donner des bons points au joggeurs, etc.

  • @Gérald
    Suivant votre raisonnement on devrait dérembourser la trithérapie. 98% des nouvelles contaminations par le VIH sont liées à des rapports sexuels non protégés. Donc les nouveaux séropositifs sont entièrement responsables dès lors qu’ils ont sciemment décidé de niquer sans capotes. Un séropo sous trithérapie avec charge virale indétectable n’est plus contagieux. Selon votre raisonnement, bonjour la pandémie. Puis selon votre raisonnement on peut tout dérembourser à partir du moment oû directement ou indirectement toutes les maladies sont liées à un choix personnel. Je propose que les parents d’enfants atteints de handicap prennent à leur charge les frais médicaux. Après tout ce sont bien eux qui ont fait le choix personnel d’avoir un enfant. En décidant de procréer on accepte le risque d’avoir un enfant handicapé, n’est-ce pas ? Abject.

    • Vous amalgamez beaucoup trop.
      La solidarité existera toujours, et elle sera plus forte dès lors qu’elle sera librement consentie et non imposée.

    • Guido Brasletti
      17 août 2018 at 2 h 43 min

      On pourrait pratiquement tout derembourser : l’hypertension (on a abusé du sel) le diabète (on a abusé du sucre) le cancer de la peau (on a abusé du soleil) les maladies cardiovasculaires (on a abusé de la mal bouffe) les accidents de la route quand on est responsable, les accidents de ski (un loisir responsable de 150000 accidents par an, etc.
      Donc soit on ne fait plus rien, soit on accepte que nos cotisations mutualisent un risque nous autorisant ainsi une part plus grande de liberté. Je paie pour ton cancer du poumon, tu paies pour mon accident de ski.

  • Relisez la fin de son commentaire.

  • que L’ÉTAT prenne une décision ferme ..vente de tabacs interdit ..ensuite suppression des sudventions aux debitant de tabacs ….
    sinon ,qu’ils ferment leur bouche….ensuite interdire la voiture..l’avion..interdire les travaux domestique…l’alcool…..vous vivrez plus longtemps ..vous aller vous emmerder…

    • L’interdiction du tabac risque de générer de la contrebande. Avec, en plus, la suppression des subventions aux débitants de tabac (je n’ai pas vérifié s’ils en ont vraiment) ces derniers vont fermer, ce qui sera un mauvais coup pour la presse papier dont beaucoup sont aussi vendeurs.

    • qu’une personne fume c’est son droit, qu’il emmerde les autres par contre …..à chacun de se responsabiliser et de fumer sans nuire aux personnes alentour, c’est pas compliqué, juste une affaire de comportement..

  • les donneurs de leçons service cardio..arrêter de fumer réponse du malade :j’arrêterai de fumer lorsque le personnels hospitaliers ne fumerons plus !!!

  • L’intérêt d’interdire de fumer dehors alors qu’on se prend des fumées de pots d’échappement dans la g* ?

  • Alors Gérald tu es disposé à payer pour ton hôpital ?

    • Payer l hôpital, je ne sais pas si j en ai les moyens, mais contracter une assurance de mon choix, assurant les risques que je souhaite avec une prime calculée en fonction des risques que je prends ( je suis fumeur ) et non pas en fonction de mes revenus je dis oui.

  • C’est bien simple, il faut tout interdire. TOUT. Ca ira plus vite plutôt que de mégoter sur les interdictions des uns, celles des autres etc .. Une seule bonne nouvelle, sera compris dans le lot l’interdiction des C… Et là, le budget de la Sécu va s’allèger d’un seul coup.

  • Quand je lis le discours de certains pseudo-libéraux (extrémistes, et autres socialistes rouges ou verts déguisés),

    Je suis fier d’être Libertarien – Minarchiste – Jusnaturaliste.
    Un non fumeur, mais je respecte les fumeurs !

    • Effectivement, je me demande si les « Libéraux » ne sont pas libéraux que pour leur portefeuille. Enfin ! attention pas au sens libéralités. Entendons nous bien. En résumé, il me semble de plus en plus et malheureusement que la liberté s’arrête pour eux à celle du non paiement des impôts. Le reste ………..

      • Arrêtez de raconter n’importe quoi avec vos carabistouilles collectivistes.

        Bien sûr que ça commence par le portefeuille et les impôts puisque la préservation de la propriété privée face à la rapine fiscale collectiviste est la condition nécessaire (même si elle est insuffisante) de la liberté. Il n’y a plus de liberté possible quand l’individu est soumis financièrement à la tribu collectiviste.

        Ca ne veut pas dire qu’il ne faut pas un minimum d’impôts ni une absence totale d’Etat. Précisément, c’est d’un minimum d’impôts et d’un Etat régalien dont on a besoin, pas d’un maximum d’impôts ni d’un Etat obèse collectiviste comme actuellement.

        On en refuse pas de payer des impôts par principe. On refuse seulement de payer les impôts socialistes redistributifs, vol à grande échelle en bande organisée dans une société par essence immorale, ce qui n’a rien à voir.

        Pas besoin d’être libéral pour arriver à cette conclusion. Le plus élémentaire bon sens suffit.

        • Guido Brasletti
          17 août 2018 at 2 h 51 min

          Non. LA condition nécessaire de la liberté est la propriété de soi. La propriété privée n’en est qu’une composante/conséquence.

  • Ça va finir comme à Singapour où il faut fumer dans des zones réservées de 12 mètres carrés.

    La société est en train de devenir une grande garderie où tout ce qui importune sera interdit, le monde sera propre et douillet, sans saveur, couleur ni musique, mais propre. Un paradis pour les mamans et les 6-12 ans. Tout ce qui fait le sel de l’existence sera proscrit et la population applaudira des deux mains à chaque nouvelle interdiction.

  • Comprend pas que nos dirigeants cherchent systématiquement des excuses lorsqu’ils nous sucre une liberté..et ce sont toujours de mauvaises excuses…la pollution du mégot , quoi de plus nature qu’un mégot ,la pollution de la fumée de cigarette..par rapport a la barrique a frites du coin ,pas sérieux !

  • Et je ne sais toujours pas pourquoi on ne peut pas ouvrir de restaurant fumeur, avec l’affichage ad hoc bien sûr pour que chacun sache à quoi s’en tenir.

  • Non fumeuse, ça ne me dérange pas en  » vrai extérieur » que des personnes fument, enfin si je ne suis pas en train d’apprécier un bon repas. Mais j’en ai ma clac qu’avec ces lois mal foutues on ait perdu les coins fumeurs dans les restos. La dernière fois j’ai du me résigner à renoncer à l’extérieur d’un resto enfumé ou pire partir d’un concert qui m’avait coûté plus de 40 € parce que la salle etait complètement enfumée, j’avais les yeux et gorge en feu. Bref, je souhaite un monde où les règles sont connues et partagées. On m’aurait dit concert fumeur, je n’y serai pas allée idem pour le resto si j’avais su que la terrasse était potentiellement 100% fumeurs

    • Je plussoie…
      Intérieur, extérieur… on s’en fout en fait… la difficulté de cohabiter est que la notion d’en « gène «  est une notion relative…

      Certains tabacs plusque d’autres.
      Le nb de fumeur…
      Le sens du vent…
      L’humeur …

      La privatisation des terrasse par les fumeurs me fait très très souvent me contraindre à opter pour l’intérieur.

  • quand les lois ne sont pas claire…interdire de fumer dans l’espace public !! maïs devoir supporter la pollution de l’air du Métro alors il faut supprimer le Métro en sous sol ? il faut rester audible !!!

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