Trump face à l’Europe : une grande victoire pour le libre-échange

Donald Trump (Crédits : Gage Skidmore, licence CC BY-SA 2.0), via Flickr.

Une victoire pour le libre échange et le commerce équitable. C’est en ces termes que Donald Trump accueille les avancées entre États-Unis et l’Union Européenne vers la politique « zéro barrière douanière ». Un apaisement dans la guerre commerciale ?

Par Frédéric Mas.

Lors de leur rencontre mercredi, les représentants des États-Unis et de l’Union Européenne se sont engagés à mettre en place un groupe de travail en faveur de plus de libre-échange transatlantique. Ce cessez le feu dans la guerre commerciale est aussi un engagement à éliminer à terme les barrières douanières en matière industrielle ainsi qu’à réformer l’organisation mondiale du travail. Cette victoire du libre-échange contre le réflexe protectionniste a suscité l’enthousiasme de Donald Trump, qui a souligné que la relation entre les États-Unis et l’Union Européenne entrait dans une nouvelle phase, et que cette nouvelle étape constituait une victoire pour le libre-échange et le commerce équitable. Comme nous le disions hier sur Contrepoints, la rhétorique maximaliste de Donald Trump sur le libre-échange a sans doute permis d’avancer ici vers davantage de liberté économique.

Un tournant libre-échangiste bienvenu

On est loin des prises de position nationalistes et grossièrement hostiles du 15 juillet dernier : Donald Trump avait déclaré dans un entretien à la veille de sa rencontre à Helsinki avec Vladimir Poutine que l’Europe, au même titre que la Chine ou la Russie, était un ennemi. Il s’agissait pour le président américain de souligner les pratiques protectionnistes européennes à l’endroit des USA, heurtant à la fois la liberté commerciale et les entreprises nationales, en particulier le secteur agricole. La promesse d’achat de soja comme l’acquisition de gaz naturel liquéfié par l’Union Européenne a sans doute beaucoup joué dans la détente. Donald Trump peut ainsi se prévaloir auprès de son électorat de sa défense des intérêts des fermiers américains, et des intérêts énergétiques américains sur le sol européen.

L’Union européenne sort également victorieuse de la désescalade protectionniste entre les deux continents, qui promet en particulier de résoudre le problème de la taxation douanière de l’aluminium et de l’acier. À Berlin, on se réjouit de telles avancées. Le ministre de l’Économie Peter Altmeier a déclaré que la reprise du dialogue constituait une percée qui pouvait éviter la guerre commerciale et sauver des millions d’emplois.

Verra-t-on plus de Mercedes et d’Audi au pays de l’Oncle Sam ? Plus de fromages français dans les restaurants américains ? Rien n’est moins sûr, car les discussions restent en cours, et les tarifs douaniers pèsent encore sur la consommation comme la production des deux côtés de l’Atlantique. Reste que les amateurs de motos Harley Davidson ou de lave-linge Whirlpool pourront tranquillement reprendre leurs affaires, au bénéfice de tout le monde…