Dans le monde des machines, on manque d’humains pour conduire les machines

On va attendre pour avoir les avions et les véhicules autonomes, mais pour le moment c’est le manque de pilotes et de chauffeurs qui pose problème.

Par Gilles Martin.

On nous le dit, dans le monde des machines, on va avoir de moins en moins besoin d’humains, du moins des humains aux postes que nous connaissons aujourd’hui.

Et pourtant…

Un article du journal Le Monde de ce mardi 17 juillet vient nous informer d’un problème dans le monde du transport aérien : on va manquer de pilotes ! Les deux avionneurs Airbus et Boeing sont pourtant tout heureux d’annoncer que d’ici 2037, les compagnies aériennes vont avoir besoin de 37.400 avions neufs. D’ici vingt ans la flotte mondiale aura doublée, et représentera 48.000 avions. Et le problème maintenant est de trouver les pilotes pour commander ces 48.000 avions en 2037.

C’est Airbus qui a évalué le besoin de 540.000 nouveaux pilotes à cette date. L’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale) évalue même le besoin pour 2036 à 620.000 navigants, pour transporter 7,8 milliards de passagers par an. C’est ainsi que les compagnies américaines sont en train d’essayer de faire revenir leurs pilotes partis pour les meilleures rémunérations des compagnies chinoises et du Golfe. En augmentant leurs rémunérations.

Pénurie de navigants dans le Golfe

C’est ainsi que delta, toujours selon cet article du Monde, a prévu d’augmenter les salaires de ses pilotes de 25% à 30%. Et face à la pénurie de navigants dans le Golfe, dès aujourd’hui, certains avions dans le Golfe doivent rester au sol. Aux États-Unis, on envisage de décaler l’âge de départ en retraite des pilotes de 65 à 67 ans.

Autre histoire révélée par Les Échos jeudi 19 juillet, les entreprises de travaux publics sont forcées de décaler les réfections de chaussées prévues pendant l’été. La cause : on manque de bitume. Mais pourquoi manque-t-on de bitume ? Certains disent que c’est dû aux mouvements sociaux qui ont bloqué les raffineries. Mais en fait, la principale cause c’est… la pénurie de chauffeurs de poids lourds ayant un permis de transport de produits dangereux, nécessaire pour transporter le bitume à chaud des raffineries aux chantiers.

De plus, avec les grèves de la SNCF, le trafic s’est reporté sur le transport par route. Et, autre phénomène, alors qu’avant, avec le service militaire, les jeunes passaient le permis gratuitement, maintenant ils sont moins nombreux à payer pour passer ce permis poids lourds. Conclusion : les camions restent au garage.

On découvre que malgré toutes les machines les travaux d’infrastructure ont besoin de main d’oeuvre pour conduire les avions et les camions.

Bon, on va attendre pour avoir les avions et les véhicules autonomes ; mais pour le moment c’est le manque de pilotes et de chauffeurs qui pose problème.

Le vieux monde n’est pas tout à fait mort encore…

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