Comment l’État comprend-il l’innovation ?

Récemment, le gouvernement a annoncé les modalités de son Grand Plan pour soutenir les start-up et favoriser l’innovation en France. Rien d’innovant, que du déjà vu…

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minitel et ordinateur (CC BY-NC-ND 2.0)

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Comment l’État comprend-il l’innovation ?

Publié le 23 juillet 2018
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Technophile convaincu et grand amateur d’investissement dans les nouvelles technologies, j’ai consulté avec avidité le communiqué de presse du Secrétariat d’État chargé du numérique.

Allait-on, enfin, laisser les start-up évoluer dans un environnement de libre concurrence non faussée ? Le développement des PME innovantes ayant été identifié comme un relais de croissance important pour notre pays lors des dernières élections, il n’était pas interdit d’espérer la mise en place de nouvelles mesures pour permettre la croissance de nos pépites nationales.

Hélas ! Le troisième volet du Programme d’investissements d’avenir est tout sauf innovant.

Oubliez les baisses de charges, les simplifications normatives ou, soyons fous, un quelconque allègement des obligations administratives. Le gouvernement a fait preuve d’une imagination encore plus débordante : il a créé un nouveau fonds d’investissement financé par l’État.

Quand ça ne marche pas, il suffit d’en rajouter

Notre pays est champion de la taxation/redistribution. Sans nier le rôle social de la solidarité forcée, confier à l’État le rôle de faiseur de rois dans le domaine économique est totalement contre-productif.

Cette opinion est aussi partagée par la Cour des comptes qui rappelle, année après année, que l’État-investisseur fait mal son travail.

La pratique montre que les comités, bureaux stratégiques et autres banquiers publics sont à la peine lorsqu’il s’agit de détecter quelles entreprises sont prometteuses. L’analyse du business plan d’une start-up dans le confort feutré d’un bureau ne permet pas de prévoir efficacement si l’entreprise va être capable de créer de la richesse pour des clients solvables, surtout si l’auditeur ne travaille plus dans le privé depuis des lustres.

Ajoutez à cela le fait que l’État doit lutter contre le chômage, assurer la paix sociale, et que les décideurs de ces comités ne sont jamais les payeurs : tous les ingrédients sont présents pour que les fonds d’investissement étatiques virent systématiquement à l’échec.

Cette fois-ci, l’addition se montera à 400 millions d’euros, que Bpifrance pourra distribuer selon son bon vouloir aux jeunes pousses issues des incubateurs.

Pourquoi nous payerons deux fois

Ces 400 millions d’euros  devront être financés par les contribuables que nous sommes et finiront selon toute vraisemblance investis à perte dans des entreprises non solvables.

Ils auront également un effet pervers sur le reste de notre économie.

Ces financements à l’innovation à fonds perdus représentent désormais des montants non négligeables par rapport aux budgets de fonctionnement des PME classiques. J’entends par ce terme les entreprises qui vendent, en faisant des bénéfices, des produits ou services compétitifs à des clients solvables (excusez cette accumulation de vulgarités systématiquement absentes des grands projets de soutien à l’innovation).

Les entreprises de l’économie réelle se retrouvent de plus en plus en concurrence avec des start-up-zombies qui ne vivent que de subventions publiques et dont les salaires des employés sont rendus gratuits grâce au magnifique Crédit impôt recherche.

Dans un premier temps, les entreprises classiques qui cherchent à être rentables sur les mêmes secteurs baissent les bras par manque de compétitivité. Dans un second temps, les start-up sous perfusion de fonds publics font faillite lorsque la manne se tarit.

Au final, c’est l’économie dans son ensemble qui pâtit de cette mauvaise allocation des capitaux.

C’est, une nouvelle fois, l’interventionnisme qui a gagné – au détriment de notre économie. N’oubliez pas que l’Histoire a démontré que financements publics et rentabilité ne font pas bon ménage. Dans les prochains mois, faites preuve de la plus grande méfiance si vous voyez des start-up faire appel à votre épargne en se félicitant d’avoir obtenu le soutien de cet énième fonds géré par Bpifrance.

Pour plus d’informations, c’est ici.

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  • L’innovation en France consiste par exemple (pour ne prendre que celui-ci) à aider une PME à élaborer puis fabriquer une voiturette électrique aux dimensions de voiture sans permis, ne répondant à aucune demande massive, qui sera vendue (plus cher qu’une berline low-cost) à quelques dizaines d’exemplaires avant dépôt de bilan tandis qu’aucun constructeur n’est capable de fabriquer une voiture « populaire » rustique accessible à moins de 5000 €, non-connectée et sans trop d’électronique, qui répondrait à une demande, effective et massive celle-là, en tant que remplaçante des légendaires 4L, 2CV et C15, et en tant que seconde voiture.

  • « Sans nier le rôle social de la solidarité forcée, confier à l’État le rôle de faiseur de rois dans le domaine économique est totalement contre-productif. »

    On ne peut pas reconnaître le moindre rôle social à la solidarité forcée et demander dans la même phrase la liberté économique. L’intervention de l’Etat pour contrôler les autres serait tolérée, mais surtout pas quand il s’agit de ses petites affaires, pour lesquelles on exige une liberté absolue.

    Malheureusement pour l’auteur, les deux faces de la même pièce ne peuvent être séparées. C’est précisément parce qu’il existe une solidarité forcée (la fausse solidarité) que la liberté économique s’en trouve nécessairement réduite.

  • C’est là que l’on se rend compte que nos socialistes sont toujours au pouvoir, et qu’ils n’ont toujours rien compris, malgré les déconvenues engendrées par tous leurs plans précédents, et la réussite des GAFAs.
    Seule la liberté permet l’innovation et le progrès. Leurs conneries ne font que l’entraver au grand bonheur des USA et de la Chine!

  • Les commentaires sont fermés.

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