Quand Juncker commémore le totalitarisme marxiste

Jean-Claude Juncker by European Council(CC BY-NC-ND 2.0)

Le président de la Commission européenne s’est rendu en Allemagne le week-end dernier, où il a prononcé un discours pour commémorer le 200e anniversaire de la naissance de Marx.

Par Daniel J. Mitchell, depuis les États-Unis.

L’idéologie destructrice qu’est le communisme a laissé un bilan d’une horreur inconcevable. Les spécialistes estiment à 100 millions le nombre de personnes qui ont été exterminées par les régimes marxistes. Certaines ont été assassinées. D’autres sont mortes de faim à cause des échecs économiques répétés du communisme.

Et pourtant il y a toujours des candides et des admirateurs pour fermer les yeux sur cette misère et ces morts. Parmi eux, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. Le samedi 5 mai dernier, le super-bureaucrate a participé à la commémoration du 200e anniversaire de la naissance de Karl Marx.

Le président de la Commission européenne s’est rendu à Trèves, en Allemagne, où il a prononcé un discours lors de la cérémonie d’ouverture de l’exposition dédiée à Karl Marx. Le déplacement du chef eurocrate a suscité de nombreuses critiques, rappelant notamment qu’il oubliait comment la doctrine bancale de Marx avait conduit à des millions de morts à travers le monde.

L’eurodéputé et ancien leader de l’UKIP, Paul Nuttall a déclaré :

Il est consternant que Jean-Claude Juncker estime nécessaire de commémorer un homme dont l’idéologie marxiste/communiste a fait plus de 100 millions de morts.

Le député conservateur Daniel Kawczynski, qui s’est réfugié en Grande-Bretagne avec sa famille à l’âge de sept ans pour fuir le régime communiste polonais, a affirmé que M. Juncker aurait dû rejeter toute invitation à célébrer l’événement :

C’est avec amertume que nous devons nous rappeler que le marxisme consistait essentiellement à retirer aux gens leur pouvoir et leurs moyens d’actions individuels pour les confier à l’État. Le marxisme a conduit à la mort de millions de personnes dans le monde, car il a permis à une petite bande de fanatiques de réprimer des peuples entiers. Nous devons en tirer les leçons et les transmettre à nos enfants.

Ignoble.

Et n’oublions pas que le communisme continue de faire des victimes comme à Cuba et en Corée du Nord.

Mais ce qui m’a le plus choqué est la déclaration d’une porte-parole de la commission défendant la visite de M. Juncker :

Je pense que personne ne peut nier que Karl Marx est un personnage qui a façonné l’histoire d’une manière ou d’une autre.

Dans ce cas, pourquoi ne pas aussi commémorer l’anniversaire d’Hitler, tant qu’à faire ?

Dans une tribune pour l’Atlas Society, Alan Charles Kors exprime sa consternation face à la différence de traitement entre le communisme et son idéologie sœur le national-socialisme.

Jamais une cause dans l’histoire de l’humanité n’a produit autant de tyrans à sang froid, d’innocents massacrés et d’orphelins que le socialisme. Il s’est révélé être le système meurtrier le plus redoutable. Nous sommes entourés de ses victimes. Et le problème est là : personne n’en parle. Personne ne les honore. Personne ne demande pardon. Personne n’a mis fin à ses jours pour avoir défendu les responsables de toutes ces morts. […]

L’Occident accepte un double standard sans précédent, monstrueux et impardonnable. Nous nous remémorons les crimes nazis quasi quotidiennement, nous les enseignons à nos enfants comme des leçons d’histoire et de morale essentielles et nous témoignons au nom de chaque victime. Mais, à quelques exceptions près, nous demeurons silencieux face aux crimes du communisme, si bien que les victimes, pourtant réelles, passent inaperçues. Nous insistons sur l’éradication du nazisme et condamnons ceux qui ont voulu l’édulcorer au nom de réalités politiques nouvelles ou émergentes. Il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais une similaire éradication du communisme, bien que le massacre d’innocents ait été significativement plus important, et alors que les donneurs d’ordres et responsables des camps sont toujours en vie. Dans le cas du nazisme, on poursuit des nonagénaires parce que « les morts crient justice ». Dans le cas du communisme, on a voulu éviter la « chasse aux sorcières ». […]

L’holocauste communiste aurait dû susciter de vives réactions de l’Occident, des témoignages, de la compassion. Il aurait dû faire couler un océan de larmes. Mais non, il n’a fait naître qu’un glacier d’indifférence. Les jeunes des années 1960 qui avaient des portraits de Mao et du Che sur les murs de leur université – l’équivalent moral des portraits d’Hitler, de Goebbels ou de Horst Wessel dans leur dortoir – enseignent maintenant à nos enfants la supériorité morale de leur génération politique. Tous les manuels d’histoire s’attardent sur les crimes du nazisme, recherchent leurs causes profondes et en tirent les leçons qu’il convient d’apprendre. Tout le monde connaît ce chiffre : six millions. En revanche, on entend toujours parler des erreurs du communisme ou du stalinisme (répétées, encore et encore et encore). Demandez aux étudiants en première année d’université combien de personnes sont mortes sous le régime de Staline, et ils répondront, même aujourd’hui : « des milliers ? des dizaines de milliers ? »

À coup sûr, certains de ces jeunes sont du genre à porter des t-shirts célébrant le Che, montrant par là leur ignorance. À moins qu’ils ne connaissent les antécédents du Che, auquel cas ce sont des voyous dénués de sens moral.

Quoi qu’il en soit, Jean-Claude Juncker devrait être mieux informé. On pourrait penser qu’il veut voir son nom inscrit au concours du Plus Grand Guignol de Bruxelles.


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