Quand Juncker commémore le totalitarisme marxiste

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Jean-Claude Juncker by European Council(CC BY-NC-ND 2.0)

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Quand Juncker commémore le totalitarisme marxiste

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 10 mai 2018
- A +

Par Daniel J. Mitchell, depuis les États-Unis.

L’idéologie destructrice qu’est le communisme a laissé un bilan d’une horreur inconcevable. Les spécialistes estiment à 100 millions le nombre de personnes qui ont été exterminées par les régimes marxistes. Certaines ont été assassinées. D’autres sont mortes de faim à cause des échecs économiques répétés du communisme.

Et pourtant il y a toujours des candides et des admirateurs pour fermer les yeux sur cette misère et ces morts. Parmi eux, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. Le samedi 5 mai dernier, le super-bureaucrate a participé à la commémoration du 200e anniversaire de la naissance de Karl Marx.

Le président de la Commission européenne s’est rendu à Trèves, en Allemagne, où il a prononcé un discours lors de la cérémonie d’ouverture de l’exposition dédiée à Karl Marx. Le déplacement du chef eurocrate a suscité de nombreuses critiques, rappelant notamment qu’il oubliait comment la doctrine bancale de Marx avait conduit à des millions de morts à travers le monde.

L’eurodéputé et ancien leader de l’UKIP, Paul Nuttall a déclaré :

Il est consternant que Jean-Claude Juncker estime nécessaire de commémorer un homme dont l’idéologie marxiste/communiste a fait plus de 100 millions de morts.

Le député conservateur Daniel Kawczynski, qui s’est réfugié en Grande-Bretagne avec sa famille à l’âge de sept ans pour fuir le régime communiste polonais, a affirmé que M. Juncker aurait dû rejeter toute invitation à célébrer l’événement :

C’est avec amertume que nous devons nous rappeler que le marxisme consistait essentiellement à retirer aux gens leur pouvoir et leurs moyens d’actions individuels pour les confier à l’État. Le marxisme a conduit à la mort de millions de personnes dans le monde, car il a permis à une petite bande de fanatiques de réprimer des peuples entiers. Nous devons en tirer les leçons et les transmettre à nos enfants.

Ignoble.

Et n’oublions pas que le communisme continue de faire des victimes comme à Cuba et en Corée du Nord.

Mais ce qui m’a le plus choqué est la déclaration d’une porte-parole de la commission défendant la visite de M. Juncker :

Je pense que personne ne peut nier que Karl Marx est un personnage qui a façonné l’histoire d’une manière ou d’une autre.

Dans ce cas, pourquoi ne pas aussi commémorer l’anniversaire d’Hitler, tant qu’à faire ?

Dans une tribune pour l’Atlas Society, Alan Charles Kors exprime sa consternation face à la différence de traitement entre le communisme et son idéologie sœur le national-socialisme.

Jamais une cause dans l’histoire de l’humanité n’a produit autant de tyrans à sang froid, d’innocents massacrés et d’orphelins que le socialisme. Il s’est révélé être le système meurtrier le plus redoutable. Nous sommes entourés de ses victimes. Et le problème est là : personne n’en parle. Personne ne les honore. Personne ne demande pardon. Personne n’a mis fin à ses jours pour avoir défendu les responsables de toutes ces morts. […]

L’Occident accepte un double standard sans précédent, monstrueux et impardonnable. Nous nous remémorons les crimes nazis quasi quotidiennement, nous les enseignons à nos enfants comme des leçons d’histoire et de morale essentielles et nous témoignons au nom de chaque victime. Mais, à quelques exceptions près, nous demeurons silencieux face aux crimes du communisme, si bien que les victimes, pourtant réelles, passent inaperçues. Nous insistons sur l’éradication du nazisme et condamnons ceux qui ont voulu l’édulcorer au nom de réalités politiques nouvelles ou émergentes. Il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais une similaire éradication du communisme, bien que le massacre d’innocents ait été significativement plus important, et alors que les donneurs d’ordres et responsables des camps sont toujours en vie. Dans le cas du nazisme, on poursuit des nonagénaires parce que « les morts crient justice ». Dans le cas du communisme, on a voulu éviter la « chasse aux sorcières ». […]

L’holocauste communiste aurait dû susciter de vives réactions de l’Occident, des témoignages, de la compassion. Il aurait dû faire couler un océan de larmes. Mais non, il n’a fait naître qu’un glacier d’indifférence. Les jeunes des années 1960 qui avaient des portraits de Mao et du Che sur les murs de leur université – l’équivalent moral des portraits d’Hitler, de Goebbels ou de Horst Wessel dans leur dortoir – enseignent maintenant à nos enfants la supériorité morale de leur génération politique. Tous les manuels d’histoire s’attardent sur les crimes du nazisme, recherchent leurs causes profondes et en tirent les leçons qu’il convient d’apprendre. Tout le monde connaît ce chiffre : six millions. En revanche, on entend toujours parler des erreurs du communisme ou du stalinisme (répétées, encore et encore et encore). Demandez aux étudiants en première année d’université combien de personnes sont mortes sous le régime de Staline, et ils répondront, même aujourd’hui : « des milliers ? des dizaines de milliers ? »

À coup sûr, certains de ces jeunes sont du genre à porter des t-shirts célébrant le Che, montrant par là leur ignorance. À moins qu’ils ne connaissent les antécédents du Che, auquel cas ce sont des voyous dénués de sens moral.

Quoi qu’il en soit, Jean-Claude Juncker devrait être mieux informé. On pourrait penser qu’il veut voir son nom inscrit au concours du Plus Grand Guignol de Bruxelles.


Sur le web.

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  • si le guignol en question était moins imbibé d’alcool , il dirait sans doute moins de conneries ;

    • Alcoolique ou pas, il n’avait pas à participer à la commémoration de l’anniversaire de Marx. C’est une faute grave.

      • @ Jacques Peter
        Et pourquoi pas?
        J.C.Juncker est très libre de ses idées, de ses dires et de ses actes comme peu de personnalités internationales: il connait tout le monde, leur passé et leur casseroles! Il n’est pas dupe! Le Luxembourg, c’est tout petit mais l’€groupe et l’Union Européenne, c’est bien plus important! Mais il connait! Il fut président du premier et actuel président de la commission de la seconde! Il avait 23 ans quand E.Macron est né: vous rigolez?
        Faute grave? Vous délirez!
        Non le courant de suiveurs de K.Marx a, évidemment, eu une importance certaine de ses idées, de son vivant, même si on ne partage pas ses idées! Alors???
        N’ignorez pas et ne soyez pas intolérants!
        Êtes-vous libéral?

        • S’il est très libre de ses dires et de ses actes, justement, il perd l’excuse de devoir contenter tout le monde à des postes de facilitateur et de conciliateur. Individuellement, il peut penser ce qu’il veut, mais vu ses fonctions, c’est bien une faute qui compromet sa crédibilité.

  • La différence de traitement entre communisme et nazisme vient de ce que le nazisme a perdu et le communisme a gagné en ce sens qu’il a aliéné les esprits notamment en occident, d’une façon probablement irréversible.
    Nous sommes tous communisés plus ou moins consciemment.

    • Vae victis…

    • @ mc2
      Communiste? Vous, peut-être, moi, pas du tout! Mais l’URSS est un fait qui a existé, comme le « rideau de fer » etc … avec l’échec, au bout de la route, mais d’où venaient-ils?
      Mais non! L’Europe occidentale n’est pas devenue communiste! Mais le droit de conviction et d’expression existe et libre!
      L’Europe n’est pas la France! Regardez au-dessus de vos frontières; la France n’est plus le maître-à-penser de l’Europe!

      • « le droit de conviction et d’expression existe et libre »
        Un droit très encadré par le concept élastique d’incitation à … qui vous mène en prison ou à de lourdes amendes.

      • « Communiste? Vous, peut-être, moi, pas du tout »
        J’ai écrit: « tous communisés plus ou *moins* consciemment ».

  • L’article affirme à juste titre que le marxisme était une idéologie qui « consistait essentiellement à retirer aux gens leur pouvoir et leurs moyens d’actions individuels pour les confier à l’État ».

    Mais l’idéologie qui domine les « europeistes » actuels, les technocrates dits « sociaux-libéraux », quelle est-elle d’autre que celle-là, même si c’est par des moyens différents ?

    Le déplacement de Juncker devient beaucoup moins mystérieux dès qu’on le voit sous cet angle.

    • Il est évident que Juncker milite pour une Europe supra nationale socialiste.

      • @ Théo31
        Absolument pas! J.C.Juncker est clairement un démocrate-social chrétien, ni un marxiste, ni un socialiste!

        Mais il est tellement facile d’accuser des étrangers (évidemment!) de ses propres tares avec encore un P.C. et un J.L.Mélenchon qui ne vaut guère mieux, pour la France!

        • Vous pouvez coincer le mot « social » entre « démocrate » et « chrétien », ça n’en atténue pas la nocivité.

  • Cela explique bien des choses, et surtout sa haine envers les pays de l’est qui refusent sa dictature!

    • @ Virgile
      Non! J.C. Juncker dit ce qu’il pense et si ce qu’il dit ne vous convient pas, tant pis!
      Comme président de la commission européenne, il ne décide pas! Dans l’U.E., c’est encore, malheureusement, les états (frileux) unanimes, le plus souvent, qui décident!
      Vos conclusions restent hors-propos!
      Une dictature dans l’U.E.? Aucun régime en Europe n’est aussi démocratique!

  • Bof….Un salaud ordinaire comme il y en a tant dans l’institution européenne.

    • @ Kansas beat
      Rien ne vous retient! (sauf quelques subsides?).

      Sinon, l’article 50 est à votre disposition! Ne vous gênez pas!

      Un pays perclus de dette et menteur qui rêve de leadership, sans vouloir participer aux frais (évidemment!) ni aux efforts demandés à tous: a-t-on vraiment besoin de ce poids lourd dans une « Union »?

  • On imagine le bonhomme avoir un emploi du temps chargé. Et pourtant, il trouve le temps d’aller inaugurer une statue en hommage à Marx. Si ce n’est pas de la provocation à destination de tous les ex-pays du Pacte de Varsovie, qu’est-ce-donc? Ils ont vécu sous le joug communiste et les chenilles des tanks soviétiques. Juncker l’ignore-t-il?

    • @ Walsdorff
      Réponse: évidemment non! Il n’ignore pas!

      Un geste de bienveillance en direction des pays européens ex-de l’est, possible: demandez-lui!
      Ne présumez pas!
      Essayez aussi de lui demander combien de communistes compte son pays!
      200 ans, K.Marx était quelqu’un qui a existé, avec une influence, mais c’est fini, dans l’U.E.! Il n’y a pas de pays communiste!
      C’est pas le genre de la maison!

  • Au moins, il montre qui il est vraiment et continue de se décrédibiliser (ainsi que la bureaucratie européenne) vis-à-vis des anciens pays de l’Est.

    • @ breizh
      Point de vue d’un Français, régional et Breton, de surcroît!
      Il y a moins de fonctionnaires européens à Bruxelles qu’à la ville de Paris! Alors?

      • Allons, faites l’effort d’imaginer ce que vous penseriez de Juncker si vous n’étiez du même pays que lui…

  • Les black blocks et les jeunes qui occupent les facs en France graphent les murs de faucilles et marteaux sans que nos journalistes ou gouvernants ne s’en émeuvent. Qu’en serait-il s’ils avaient peint des croix gammées?

  • Croix gammée et faucille et marteau = du pareil au même ! Différence ? Aucune ! D’un coté une politique d’extrême droite, de l’autre celle d’extrême gauche, le DÉNOMINATEUR COMMUN étant LE TOTALITARISME !
    Tout totalitarisme annihile l’homme et abolit libertés et créativité.
    Honte à ceux qui rendent « hommage » à une telle idéologie !

  • Le cas de la France est aggravé par le fait de sa riche panoplie d’intellectuels de gauche qui ont célébré le communisme comme un anti-fascisme. Il est utile de savoir que cette sorte de « collaboration » intellectuelle au totalitarisme marxiste-léniniste a piégé tous les penseurs qui, à l’Est, se posaient la question de la liberté. « La liberté est du côté de l’USSR » a dit Sartre dans une conférence aux Praguois qui cherchaient un appui pour justifier le désir libertaire des tchèques! Et comme les idéologues français sont héritiers des « Lumières », circulez, il n’y a rien à voir.

  • Ce que nos politocards ont retenu du communisme et du nazisme ça n’est pas que l’oppression et la tyrannie sont abjectes mais que ces régimes étaient grossier et brutaux et donc que leur chute était fatale. Nos tyrans actuels sont beaucoup plus subtiles mais tout aussi invasif et ambitieux dans leur volonté de domination. On peut voire tout les jours la police de la pensée et la répression des dissidents mis à l’indexe par la propagande d’état.

  • Il y a aussi une question de pression de la part de la Chine. Or le Luxembourg a besoin de la Chine pour soutenir sa puissance financière.

    • @ Mitch
      Non, le Grand Duché de Luxembourg a de quoi décider, sans l’aide de la Chine: il n’est pas politiquement sensible aux pressions de la Chine, pression, dont j’ignore actuellement, sur place, l’existence! Imaginaire français, sans doute pour se dédouaner, une fois de plus? Pas exclu du tout!

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