Épargne retraite : une bonne surprise dans la loi Pacte

L’épargne retraite échapperait à l’impôt sur le revenu. Hélas, le gouvernement n’envisage cette épargne que comme « intermédiée » par les banques et les assureurs.

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Épargne retraite : une bonne surprise dans la loi Pacte

Publié le 7 mai 2018
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Par Simone Wapler.

Enfin une bonne nouvelle. Le gouvernement prépare la loi Pacte, un acronyme comme les affectionnent les bureaucrates. Pacte = plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises.

Cette loi comprend tout un volet destiné à l’épargne retraite. Le gouvernement souhaiterait « flécher » notre épargne en direction de ce qu’il pense être bien pour nous, c’est-à-dire la bourse et les entreprises. Un simple regard à la déclaration de patrimoine du ministre porteur du projet, Bruno Le Maire, en dit long sur son inexpérience dans le domaine…

Les produits d’épargne du ministre Bruno Le Maire

C’est tout le sujet de « Jouer sa peau : asymétries cachées dans la vie quotidienne », le dernier livre de Nassim Nicholas Taleb. Bruno Le Maire n’a aucune exposition aux conséquences éventuellement négatives des directives qu’il va signer et imposer à une multitude de gens.

Mais passons…

Cette loi contient une bonne mesure : si vous épargnez en vue de votre retraite, vous déduirez la somme mise de côté de votre revenu imposable.

C’est une avancée incontestable. Reste maintenant à connaître le degré de rigidité des supports recevant l’agrément de nos législateurs bureaucratiques. Il est peu probable que les fourmis aient le choix de se passer d’intermédiaires avisés.

Les grandes manoeuvres du lobby des banques et assurances pour récupérer cette manne sont supervisées par la député Amélie de Montchalin, ex-employée d’Axa…

Le journalisme consiste à imprimer ce que quelqu’un d’autre ne souhaiterait pas voir imprimé. Le reste n’est que de la communication.

Je viens de tomber sur cette citation de George Orwell. Je précise que je n’ai aucune prétention à faire du journalisme. Ma seule prétention est d’essayer de voir où est mon véritable intérêt pour placer au mieux mon argent à une époque où le faux-monnayage est institutionnalisé par les banques centrales, où l’État nous gave de promesses qu’il sera incapable de tenir et nous accable d’impôts pour financer ses échecs.

Ceux qui placent leur argent dans l’immobilier sont déchirés par la fiscalité.

Ceux qui placent leur argent dans les obligations acceptent de n’avoir aucun rendement et subventionnent la gabegie étatique.

Le gouvernement espère voir les épargnants affluer vers la bourse, qu’il identifie aux entreprises cotées (les entreprises cotées ne représentent pourtant qu’une portion non-majoritaire du tissu économique et ne sont pas les plus créatrices d’emplois). Le moment est spécialement mal choisi pour les nouveaux arrivants car des bulles financières de proportion épique ont été gonflées par les banques centrales.

Tous les professionnels savent que les valorisations sont actuellement excessives et que le marché est soutenu par le crédit quasi-infini et quasi gratuit.

Les grandes entreprises cotées – qui ont accès à ces bonnes conditions de crédit – rachètent leurs propres actions au lieu d’investir.

Les Échos du jour sur ce sujet :

En 2018, les entreprises américaines rachèteront pour plus de 800 milliards de dollars de leurs propres actions.

Rentrer aujourd’hui en bourse c’est donc acheter très cher avec peu de perspectives de vendre encore plus cher. Ce n’est donc pas la meilleure solution pour ceux qui commencent à constituer leur épargne retraite.

Nous pensons qu’actuellement la finance participative – que ce soit en prêt ou en capital – offre de meilleures perspectives de rendement ou de plus-values. Ce domaine n’a cependant pas la faveur du gouvernement, il n’est pas « intermédié », c’est-à-dire que banques et assureurs n’ont pas la main dessus.

Mais en finançant – non pas du rêve – mais la croissance de jeunes entreprises ayant déjà des clients et des marges, vous pouvez espérer multiplier votre investissement par 10.

Evidemment, vous ne devez pas perdre de vue la règle élémentaire de bonne gestion d’un patrimoine qui est la diversification : de l’immobilier, du foncier, des actions, des obligations. C’est la seule façon de limiter vos risques et de le rendre « antifragile »1 vis à vis des risques financiers.

Pour plus d’informations, c’est ici.

  1.  Une autre expression de Taleb.
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  • L’état disposera de 30 ans pour prélever sur l’épargne-retraite bloquée le double ou le triple de ce qu’il aura abandonné au moment de l’investissement. Une très bonne affaire pour lui.
    Il n’y a qu’une manière de convertir les Français aux placements plus risqués, et ça n’est pas celle-là, c’est de leur laisser l’intégralité des gros gains qui compensent ces risques. Or les placements collectifs qui bénéficieront de la mesure resteront : si le fonds touche le jackpot, l’état prend 75% de la plus-value, les 25% restants servent à limiter les pertes en cas de mauvais investissement. L’investissement exonéré d’impôts se fera, comme toujours, en poussant un soupir et en disant « perdu pour perdu, autant qu’il y ait une petite chance d’en tirer quelque chose un jour plutôt que ça serve aux happenings subventionnés ou aux voyages présidentiels ». Pas folichon comme soutien à l’économie…

  • Ce que je ne comprends pas dans les arguments de cette pseudo réforme, c’est fait que ce qu’on verse en épargne soit déduit des impôts… C’est déjà le cas pour les assurances vie et tous les systèmes non ? Quelqu’un aurait-il un avis plus éclairé que le mien sur le sujet car j’ai l’impression d’avoir raté un truc ?

    • L’idée est de pouvoir déduire l’épargne retraite des revenus au moment du placement, à l’instar des cotisations obligatoires de retraite par répartition qui ne sont pas comptées dans les revenus lorsqu’on les déclare (net fiscal).

      Lorsque les pensions de la répartition sont versées, elles sont taxées en tant que revenus. Les capitaux des nouveaux placements fléchés le seront sans doute également, d’où la nécessité de les flécher, de les identifier spécifiquement.

      Si l’idée est un premier pas dans le bon sens, elle est incomplète. Pour qu’elle le soit, il conviendrait de pouvoir substituer l’épargne retraite aux cotisations obligatoires par application d’une déduction égale à l’épargne constituée, donc de substituer véritablement la capitalisation à la répartition.

      Si cette réforme est réellement appliquée, c’est la fin de l’IR pour 99% des Français. L’IR résiduel ne sera plus qu’un impôt sur la fortune aux recettes marginales. Entre prélèvement à la source généralisée et épargne retraite, l’objectif est probablement la suppression définitive de l’IR à plus ou moins long terme, définitivement remplacé par la CSG.

      Au moins, ça nous épargnera la fastidieuse et infantile corvée de la déclaration annuelle des revenus.

      • Quoi que, le temps que le dinosaure transmette le signal à la queue, il va s’écouler des années. Même les suisses sont plus rapides.
        Et puis, l’état ne veut pas se réformer trop viiitee…

  • Quand l’état dit de ne pas manger de gras, on constate par la suite que le conseil était foireux. Quand il dit que l’avenir c’est le minitel, ça foire. Quand il investit n’importe où, ça foire. Et maintenant il nous demande d’investir en actions… ne serait-il pas temps de vendre?

  • La retraite par capitalisation existe déjà en France. Il n’y a rien de nouveau sur l’aspect déductibilité, donc aucune bonne surprise. Les versements aux PERP et Article 83 (et PREFON pour les fonctionnaires) sont déjà déductibles des revenus imposables dans la limite de 10% des salaires, et PACTE se contente de réaffirmer celà, en précisant (dixit BLM) « dans la limite des plafonds existants ».
    La sortie de ces dispositifs ne peut se faire aujourd’hui qu’en rente, qui est ensuite taxée à l’IR (la gentillesse de Bercy ayant des limites) et supporte, comme les autres retraites, des prélèvement sociaux, et une cotisation maladie de 1%. A noter que les fonds utilisés pour « capitaliser » proviennent de salaires qui ont déjà supporté ces prélèvements sociaux ainsi qu’une cotisation maladie.
    Aujourd’hui, avec les rendements des placements « prudents » utilisés et les calculs des rentes viagères (du fait de l’allongement des espérances de vie) ces produits n’ont d’intérêt que pour les rares personnes étant à la tranche de 41% ou plus (Laurent Fabius a de tels placements d’après ses déclarations de patrimoine, ce qui montre qu’au moins il est plus audacieux que BLM). Lorsqu’on est dans la tranche de 30%, on y restera sans doute à la retraite, ou on passera à 14%, mais avec la CSG on ne gagnera rien du tout par rapport à bêtement accumuler.
    Ce qui explique sans doute le faible encours de ces programmes. La seule nouveauté de PACTE serait la possibilité de sortir en capital (c’est déjà la règle pour le PERCO, dont les placements ne sont pas déductibles de l’assiette de l’IR). Mais la taxation n’est alors pas claire, car si cette sortie en capital n’est pas taxée, on ne voit pas pourquoi quelqu’un de sensé sortirait en rente.
    Reste le sujet du rendement des fonds, qui (comme d’ailleurs ceux de l’assurance-vie, ce sont les mêmes types de produits, promus par les mêmes groupes, par exemple la CNP) sont extrèmement réduits et protègent rarement de l’inflation actuelle même minime.
    Mais comme l’explique l’article la bourse est aujourd’hui surévaluée et il ne faut pas non plus oublier la mésaventure des employés d’Enron qui ont perdu leur fond de retraites placé en actions Enron.
    Bref, pour votre retraite, mieux vaut acheter sa résidence principale, la faire isoler pour réduire ses dépenses, et s’il en reste (pour le peu de français concernés), ouvrir un PEA.

  • quand l’état dit : faite ceci , faite cela , hé bien ne le faite pas ; c’est beaucoup plus simple et surtout beaucoup plus sure ;

  • vous voulez épargner pour votre retraite ???? documentez vous , et à partir de cela, vous épargnerez , sans subir les affres des prélévements , qui sont prohibitifs ….

  • Les commentaires sont fermés.

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