Épargne retraite : une bonne surprise dans la loi Pacte

Happy Parishioners by Joonas Tikkanen(CC BY-ND 2.0)

L’épargne retraite échapperait à l’impôt sur le revenu. Hélas, le gouvernement n’envisage cette épargne que comme « intermédiée » par les banques et les assureurs.

Par Simone Wapler.

Enfin une bonne nouvelle. Le gouvernement prépare la loi Pacte, un acronyme comme les affectionnent les bureaucrates. Pacte = plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises.

Cette loi comprend tout un volet destiné à l’épargne retraite. Le gouvernement souhaiterait « flécher » notre épargne en direction de ce qu’il pense être bien pour nous, c’est-à-dire la bourse et les entreprises. Un simple regard à la déclaration de patrimoine du ministre porteur du projet, Bruno Le Maire, en dit long sur son inexpérience dans le domaine…

Les produits d’épargne du ministre Bruno Le Maire

C’est tout le sujet de « Jouer sa peau : asymétries cachées dans la vie quotidienne », le dernier livre de Nassim Nicholas Taleb. Bruno Le Maire n’a aucune exposition aux conséquences éventuellement négatives des directives qu’il va signer et imposer à une multitude de gens.

Mais passons…

Cette loi contient une bonne mesure : si vous épargnez en vue de votre retraite, vous déduirez la somme mise de côté de votre revenu imposable.

C’est une avancée incontestable. Reste maintenant à connaître le degré de rigidité des supports recevant l’agrément de nos législateurs bureaucratiques. Il est peu probable que les fourmis aient le choix de se passer d’intermédiaires avisés.

Les grandes manoeuvres du lobby des banques et assurances pour récupérer cette manne sont supervisées par la député Amélie de Montchalin, ex-employée d’Axa…

Le journalisme consiste à imprimer ce que quelqu’un d’autre ne souhaiterait pas voir imprimé. Le reste n’est que de la communication.

Je viens de tomber sur cette citation de George Orwell. Je précise que je n’ai aucune prétention à faire du journalisme. Ma seule prétention est d’essayer de voir où est mon véritable intérêt pour placer au mieux mon argent à une époque où le faux-monnayage est institutionnalisé par les banques centrales, où l’État nous gave de promesses qu’il sera incapable de tenir et nous accable d’impôts pour financer ses échecs.

Ceux qui placent leur argent dans l’immobilier sont déchirés par la fiscalité.

Ceux qui placent leur argent dans les obligations acceptent de n’avoir aucun rendement et subventionnent la gabegie étatique.

Le gouvernement espère voir les épargnants affluer vers la bourse, qu’il identifie aux entreprises cotées (les entreprises cotées ne représentent pourtant qu’une portion non-majoritaire du tissu économique et ne sont pas les plus créatrices d’emplois). Le moment est spécialement mal choisi pour les nouveaux arrivants car des bulles financières de proportion épique ont été gonflées par les banques centrales.

Tous les professionnels savent que les valorisations sont actuellement excessives et que le marché est soutenu par le crédit quasi-infini et quasi gratuit.

Les grandes entreprises cotées – qui ont accès à ces bonnes conditions de crédit – rachètent leurs propres actions au lieu d’investir.

Les Échos du jour sur ce sujet :

En 2018, les entreprises américaines rachèteront pour plus de 800 milliards de dollars de leurs propres actions.

Rentrer aujourd’hui en bourse c’est donc acheter très cher avec peu de perspectives de vendre encore plus cher. Ce n’est donc pas la meilleure solution pour ceux qui commencent à constituer leur épargne retraite.

Nous pensons qu’actuellement la finance participative – que ce soit en prêt ou en capital – offre de meilleures perspectives de rendement ou de plus-values. Ce domaine n’a cependant pas la faveur du gouvernement, il n’est pas « intermédié », c’est-à-dire que banques et assureurs n’ont pas la main dessus.

Mais en finançant – non pas du rêve – mais la croissance de jeunes entreprises ayant déjà des clients et des marges, vous pouvez espérer multiplier votre investissement par 10.

Evidemment, vous ne devez pas perdre de vue la règle élémentaire de bonne gestion d’un patrimoine qui est la diversification : de l’immobilier, du foncier, des actions, des obligations. C’est la seule façon de limiter vos risques et de le rendre « antifragile »1 vis à vis des risques financiers.

Pour plus d’informations, c’est ici.

  1.  Une autre expression de Taleb.
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