La croissance démographique est-elle dangereuse ?

Une étude de la revue Nature Sustainability explique que «l’humanité est confrontée au défi de parvenir à une qualité de vie élevée pour plus de 7 milliards de personnes sans déstabiliser les processus planétaires critiques». Un air de déjà vu ?

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La croissance démographique est-elle dangereuse ?

Publié le 24 avril 2018
- A +

Par Marian Tupy.
Un article de Libre Afrique

On dit souvent que la croissance démographique entraînera inévitablement l’épuisement des ressources naturelles, la destruction de l’environnement et même une famine de masse. Au mois de février dernier, une étude très controversée de la revue Nature Sustainability insistait sur le fait que «l’humanité est confrontée au défi de parvenir à une qualité de vie élevée pour plus de 7 milliards de personnes sans déstabiliser les processus planétaires critiques». Un air de déjà vu ?

Les prédictions

Oui en effet, nous avons entendu ce genre de discours auparavant. Les limites de la croissance, rapport publié par le Club de Rome en 1972, a examiné l’interaction entre le développement industriel, la croissance démographique, la malnutrition, la disponibilité de ressources non-renouvelables et la qualité de l’environnement. Il en a conclu que « si les tendances actuelles de croissance de la population mondiale, de l’industrialisation, de la pollution, de la production alimentaire et de l’épuisement des ressources demeurent inchangées, le résultat le plus probable serait un déclin soudain et incontrôlable de la population et de la capacité industrielle ».

La réalité en quelques chiffres

C’était il y a 46 ans. Voyons comment une telle prédiction a fait son chemin, et allons un peu plus loin en élargissant la période étudiée. Si l’on se penche sur l’évolution de la population, des prix des produits de base et des revenus de 1960 à 2016, la population mondiale a augmenté de 145%, passant de 3 milliards à près de 7,5 milliards. Pourtant, le produit intérieur brut (PIB) par habitant et rajusté en fonction de l’inflation a augmenté de 182%, passant de 3 689 $ à 10 391 $. En d’autres termes, la richesse individuelle a augmenté de 26% plus vite que la population.

Qu’en est-il des ressources naturelles ? Après tout, à mesure que les gens deviennent plus riches, ils consomment plus de choses. Considérez l’évolution des prix de 42 ressources naturelles, selon la Banque mondiale de 1960 à 2016. Ajustés en fonction de l’inflation, 19 prix ont baissé, tandis que 23 ont augmenté. Mais seulement trois (pétrole brut, or et argent) se sont appréciés plus que le PIB par personne. Autrement dit, le PIB par habitant a augmenté plus rapidement que 92% des produits mesurés.

Il est important d’ajuster les prix pour tenir compte de l’inflation, mais il est encore plus important de tenir compte de l’évolution des revenus. Le temps est la ressource la plus précieuse de l’humanité, et la comparaison des prix et des revenus est ce qui compte vraiment. Les gens passent-ils moins de temps à acquérir plus de choses ? Après ajustement pour tenir compte de l’augmentation du PIB par habitant, les prix des produits de base ont diminué en moyenne de 53%. L’humanité gagne plus qu’elle ne consomme.

Qu’en est-il des matières premières ?

Alors qu’en est-il de l’or, avec une valeur qui a augmenté de 123,6%, de l’argent qui a augmenté de 18,6%, et du pétrole qui a augmenté de 65,9%? Historiquement parlant, le marché pétrolier était partiellement protégé des forces concurrentielles par le cartel de l’OPEP. Les pays de l’OPEP s’entendaient fréquemment pour restreindre la production afin de maintenir le prix des hydrocarbures artificiellement élevé.

La mesure dans laquelle l’OPEP a pu atteindre son objectif par le passé fait l’objet de nombreux débats, mais de nombreux experts en sont venus à croire que la capacité de l’OPEP d’influer sur le prix futur du pétrole s’affaiblit. Cela est dû en partie à l’exploitation de réserves de pétrole auparavant inaccessibles (hydrocarbures de schiste) dans des pays non-membres de l’OPEP, comme les États-Unis, et en partie à l’évolution technologique, comme l’accélération de l’abandon des moteurs à combustion.

L’or et l’argent sont, outre leurs utilisations commerciales, représentent également des «réserves de valeur» ou des actifs qui peuvent être sauvegardés, récupérés et échangés ultérieurement. Historiquement, les gens de toutes les tranches de revenu ont utilisé l’or et l’argent pour protéger leur richesse contre l’arbitraire des gouvernements rapaces et également en temps de guerre.

Plus récemment, les deux métaux se sont appréciés pendant les années 1970 inflationnistes, alors que beaucoup des monnaies les plus importantes du monde, y compris le dollar américain, perdaient rapidement de leur valeur à cause de la mauvaise gestion monétaire. Elles ont encore augmenté après le déclenchement de la crise des subprime et l’incertitude subséquente sur la solidité du système financier.

Que retenir ?

La chose la plus importante à retenir est qu’aucun des prix de produits de base n’a augmenté plus vite que le taux de croissance de la population. La relation entre les prix et le revenu est la clé pour comprendre ce qui se passe, le changement dans ce rapport au fil du temps nous indiquera la façon dont nous voyons vraiment la croissance de la prospérité humaine.

À quel niveau seront les prix des produits dans 56 ans ? Tant que les humains peuvent éviter la guerre et sont libres de créer et de tester leurs idées, la vie continuera à s’améliorer, peut-être à un rythme encore plus rapide. Plus de personnes, plus d’idées, plus d’innovations, plus de valeur créée…

Pour plus de détails, lire la version longue, détaillée et sourcée : L’humanité crée davantage de richesses qu’elle ne consomme de ressources

Sur le web

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  • Il y a tout de même une chose qui n’augmente pas: l’espace disponible par habitant.
    Si on veut continuer à pouvoir jouer des coudes en proliférant comme des lapins il faudra soit conquérir d’autres planètes, soit rapetisser les dimensions de l’espèce.

    • +1
      Pb de logements, d’infrastructures, d’écoles etc..

      Abolissons les allocations familiales et autres quotient familial.

    • Au vu de la densité de population, il y a une belle marge.
      Voir ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_densit%C3%A9_de_population

    • Et encore, il parait que l’univers est en expansion, et ça accélère.

      On construit des immeubles de plus en plus hauts.
      Et peut être qu’on arrivera aussi à construire des villes sous marines, ou sous les montagnes ?

      La limite du sol est dépassée depuis plus d’une centaine d’année.
      L’humanité arrive à construire dans des espaces auparavant inaccessibles.

      Donc, si, l’espace disponible par habitant ne cesse d’augmenter, du fait des améliorations technologiques.

      • A chacun ses fantasmes, moi la vie dans un pigeonnier, même hi-tech, ne me branche pas outre mesure.
        Le drame c’est qu’on s’habitue à tout, par exemple à la disparition de toute vie privée.

        • c’est bien beau de dire que plus de monde c’est mieux,encore faut il penser qu’il n’y a pas que l’homme sur terre..quid des espèces animales a qui on va encore bouffer de l’espace ….et puis dire que plus de monde c’est forcément plus d’idées et que la vie va s’améliorer c’est oublier que les pays avec forte démographie sont souvent des pays pauvres et avec populations illettrées et culturellement déficientes..de mon point de vue ça posera des problèmes.

          •  » et puis dire que plus de monde c’est forcément plus d’idées et que la vie va s’améliorer c’est oublier que les pays avec forte démographie sont souvent des pays pauvres et avec populations illettrées et culturellement déficientes..de mon point de vue ça posera des problèmes.  »

            Forte démographie peut-être mais aussi fort taux de mortalité enfantine et espérance de vie bien moins élevée que dans les sociétés développées. L’Inde dans le années 60 et 70 a connu les grandes famines avec une population qui était de 500 millions d’individus. Aujourd’hui les grandes famines ont disparu et la situation des indiens se sont améliorées et la population est passée à plus de 1 milliard d’individus. Soit plus du double que quand ils crevaient de faim.

    • En prenant 1 m2 par habitant, l’espace nécessaire pour mettre la totalité de la population mondiale correspond à la surface de la Corse. La notion d’espace disponible est vraiment relative.

      • Bien dit, et exact. Les gens ne réfléchissent pas. Ils répètent les âneries qui deviennent des clichés, alors qu’un peu de réflexion permet d’en voir la vacuité.

      • Certes, mais je ne vous souhaite pas de rester toute votre vie dans 1 m².
        On ajoutera quelques m² supplémentaires rien que pour la production de nourriture…

        Autant dire que ce calcul n’a aucun intérêt…

  • La haine des écologistes pour l’humanité transparaît parfaitement dans leur recommandation de limiter les naissances. Certains ont même recommandé le recours à l’Eugénisme! Ils nous ont déjà fait le coup dans les années 1960, quant Paul Erlich et le Club de Rome annonçaient 9 milliards d’habitants et des famines terribles par manque de nourriture. Ce qui se traduisit par cette prévision:
    La lutte pour nourrir toute l’humanité est perdue. Dans les années 1970, des centaines de millions de personnes mourront de faim, malgré tous les programmes d’urgence lancés aujourd’hui. Il est trop tard pour empêcher une augmentation substantielle du taux de mortalité dans le monde (Marian L. Tupy).
    Le réchauffement climatique catastrophique qu’ils nous annoncent subira le même sort. Ils ne cessent de répéter que nous ne pouvons nourrir autant de monde. C’est faux car la majorité des terres cultivables dans le monde sont sous exploitées. Très loin des rendements européens et américains du nord. La planète peut facilement alimenter 10 milliards de personnes. L’Afrique et une partie de l’Asie en sont encore à une agriculture de subsistance. Les pays ex communistes, Bulgarie, Roumanie, et au delà à l’est, Biélorussie, Russie, Kazakstan, etc… sont très loin des récoltes qu’ils pourraient faire en modernisant l’exploitation!

    • Quand-même, il n’y a pas que la bouffe dans la vie d’un homo sapiens.

    • Je pourrais peut-être envisager que la prolifération humaine soit acceptable si nous nous entendions pour éteindre TOUTES les lumières de minuit à 4 heures du matin afin de revoir la voie lactée dans l’enchantement d’un ciel vraiment étoilé.

      De même, si nous nous entendions aussi pour n’émettre aucun son et ne faire aucun bruit dans le même laps de temps afin d’entendre « le silence éternel de ces espaces infinis »…

      Sans pour autant être confinés dans des villes sous terre qui nous feraient opportunément disparaître de la surface de la planète.

      Cependant, malgré ces concessions, je reste sceptique en ce qui concerne l’intérêt de faire dans le quantitatif au motif que ce serait nous donner plus de chance de voir naître des génies. Car depuis le temps que nous croissons et multiplions dans l’espoir de voir naître un nouveau Mozart, nous l’attendons toujours à tel point que nous pourrions finir par nous demander si ce n’est pas le nombre qui est un obstacle à la qualité.

      Outre le fait que le nombre est criminogène et ne peut être géré que sous la férule d’un régime autoritaire voué à dégénérer en dictature.

      Sans oublier que la biodiversité (qui est clairement une loi de la nature quand elle est livrée à elle-même) nécessite que la croissance d’une espèce comme celle humaine reste mesurée.

      J’observe par ailleurs que la prolifération humaine n’est obtenue que de manière artificielle par des diktats religieux ou politiques sans lesquels elle ne se produirait pas à un tel rythme. Par contre, les hommes libres ne sauraient être excessivement proliférants sous peine de détruire les équilibres nécessaires à l’exubérance de la vie sous de multiples formes.

      Donc il me semble qu’un libéral ne peut prendre partie ni pour ni contre le nombre, car dans un monde libre, la croissance démographique résulterait
      d’une adaptation aux circonstances pour atteindre toujours le nombre juste.

      Comme, aujourd’hui, nous ne vivons pas dans un monde de liberté, le nombre de naissances étant artificiel peut poser un problème n’étant pas adapté à la situation. Le fait est qu’une politique nataliste irréaliste peut avoir pour résultat la naissance de criminels hors pair dont on se serait bien passé plutôt que celle d’un nouveau Mozart.

      En conclusion, la natalité des hommes étant très trafiquée sous des prétextes divers et variés, nous ne pouvons pas nous faire d’illusions sur le caractère prometteur de la croissance démographique. Il me semble donc que l’auteur de l’article pèche par excès d’optimisme.

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