Sécu, médecins, patients : et si la liberté était une bonne solution pour tout le monde ?

Visite de la CNAMTS by Force Ouvrière(CC BY-NC 2.0)

Pour réduire la dette de notre système de santé, permettre aux assurés d’être mieux couverts et garantir la qualité des soins et l’indépendance des médecins, la liberté de s’assurer serait la meilleure des solutions.

Par Jean-François Huet.

Ceux qui ont œuvré dans le domaine de l’information médicale dans le cadre du PMSI1 ont pu noter que les systèmes français et américains à défaut d’être « proches » se ressemblent de plus en plus sur bien des points.

La volonté de subordination des soignants aux assureurs par tous les moyens techniques et financiers possibles étant le principal, même si l’alibi de la solidarité est peu utilisé outre-Atlantique.

L’autre différence est que les Américains refusent massivement d’être assujettis à un système collectivisé mais souhaitent simplement être assurés avec des dispositions contractuelles claires et opposables, ce qui paraît très raisonnable.

En France, dette toxique et boucs émissaires

Ce qui fait que la position de l’État français est intenable et ce qui explique sa politique de santé stupide depuis 50 ans est la déconfiture totale du système d’assurance maladie collectif qui a rendu notre système prétendument solidaire (et-que-le-monde-entier-nous-envie) totalement insolvable en dehors d’un recours permanent à une dette croissante et toxique, que l’immobilisme structurel de nature idéologique aggrave tous les jours.

Parallèlement, il « faut » trouver des « causes » et des « responsables « politiquement plausibles » à cette déroute et cela fait un demi-siècle que les soignants sont désignés comme boucs émissaires avec des techniques de gardes rouges.

Ce sont non seulement les médecins mais aussi tous les captifs de ce système délirant qui sont pris pour des crétins… et en plus cela leur coûte cher. Notre système se caractérise par son caractère ruineux, son action délétère sur l’économie, la dégradation progressive des conditions d’exercice médical et la casse des établissements de soins quel que soit leur secteur.

La Sécu semble inscrite dans l’ADN de la France comme peut l’être une maladie génétique. Le déconventionnement des médecins est la séquence à inclure dans cet ADN pour le modifier.

État assureur = État prescripteur

Les médecins et tous les soignants doivent exercer leur droit de retrait de ce système nuisible, et la seule voie qui leur reste après des décennies de palabres et d’incantations solidaires stériles est le déconventionnement. Notre système d’assurance maladie est ubuesque, les assujettis lui donnent de plus en plus sans empêcher sa dégringolade…

Qu’entend-on quand on dit qu’il faut le remplacer ? En matière d’arguments spécieux, il est difficile de faire mieux que les ratiocinations sur l’exemple américain. La liberté sociale est indissociable de la liberté de soigner et d’être soigné. Les dépenses de santé considérées comme des dépenses publiques amènent forcément l’État assureur à devenir l’État médecin ordonnateur et prescripteur.

Il ne peut pas être arbitre entre les assurés, les assureurs et les prestataires de soins car on ne peut pas être l’arbitre de ses propres conflits d’intérêt. Tout cela éloigne toute perspective de démocratie sanitaire et de paritarisme effectif. Et tant pis pour ceux qui les attendent depuis 70 ans.

  1.   PMSI : informations standardisées permettant de mesurer l’activité des établissements de santé, ayant pour but de réduire les inégalités de ressources entre établissements.