Soupçon de financement libyen : Kadhafi avait-il promis 50 millions d’euros à Sarkozy ?

Nicolas Sarkozy a été placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête sur le soupçon de financement lybien de sa campagne de 2007.

Par Frédéric Mas.

Nicolas Sarkozy a été placé en garde à vue dans l’affaire du soupçon de financement de sa campagne par Kadhafi ce mardi. Il est actuellement interrogé par l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF).

Selon le Daily Mail, un document rendu public ferait état d’un accord illégal entre l’ancien président de la République et le chef de l’État libyen. Ce document, rédigé en arabe et signé par Moussa Koussa, le chef des services de renseignement de Kadhafi, évoquerait un accord de principe pour soutenir la campagne du candidat Sarkozy pour une somme équivalente à 50 millions d’euros.

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Selon Mediapart, cette somme aurait transité via un compte en Suisse ouvert au nom de la sœur de Jean-François Copé, pour finir dans les mains d’un intermédiaire chargé de la redistribuer, Ziad Takieddine.

La Libye dans la campagne présidentielle française

Ce nouvel épisode dans l’affaire libyenne semble confirmer les propos tenus par le fils du colonel Kadhafi, Saif-Al Islam, qui réclame le remboursement de l’argent donné pour la campagne du candidat de l’UMP à l’époque.

Il pourrait également éclairer d’un jour nouveau l’intervention française en Libye en 2011, qui s’est soldée par le renversement du régime autoritaire Libyen et la mort du vieux dictateur dans des circonstances qui restent nébuleuses. Sous l’égide de l’OTAN, la France est entrée en guerre, avec ses alliés britanniques, canadiens et américains, au nom de la protection des civils et de l’extension de la démocratie au Proche Orient.

Il est apparu assez rapidement que le gouvernement Sarkozy était davantage intéressé par les réserves pétrolières libyennes qu’ils pensaient pouvoir négocier avec les successeurs de Kadhafi, et que l’opération avait surtout eu pour résultat de détruire le pays, apportant chaos à l’intérieur de la Libye comme à ses frontières.

Seulement, le renversement de situation n’avait échappé à aucun commentateur : quelques années plus tôt, le président Sarkozy accueillait chaleureusement le dictateur à l’Élysée, jusqu’à lui donner l’autorisation de planter sa tente dans les jardins de l’Hôtel de Marigny…

À ce stade de l’enquête, il convient de rester prudent et de laisser la justice faire son travail.