Neymar ou les incongruités du monopole de la Sécurité sociale

Avec l’argent qu’il gagne, le joueur pourrait non seulement se prendre les plus chères assurances et mutuelles mais il aurait même la capacité de combler une partie du déficit de la Sécurité sociale.

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

À part être un excellent et très connu joueur de football, le brésilien Neymar est un employé du club Paris Saint-Germain. Comme tous les employés, il reçoit une fiche de paye mensuelle sur laquelle figurent ses cotisations salariales, y compris celles pour la Sécurité sociale. C’est une obligation. Ce joueur qui gagne 3.1 M€ par mois doit cotiser comme un simple smicard. Or, il vient de s’accidenter et il est considéré comme étant en arrêt maladie.

Malgré son opération qui aura lieu dans un pays étranger, la Sécurité sociale devra néanmoins lui rembourser presque 15.000 euros si son arrêt maladie (sa blessure) dure deux mois comme prévu. Les calculs sont simples car les remboursements sont plafonnés : pas plus de 198,81 euros par jour, pendant les 28 premiers jours, puis 265,09 euros à partir du 29e jour.

Choisir son assurance privée

Avec l’argent qu’il gagne, le joueur pourrait non seulement se prendre les plus chères assurances et mutuelles mais il aurait même la capacité de combler une partie du déficit de la Sécurité sociale. Bien entendu, son employeur et lui-même cotisent mais la situation dénote les absurdités du système : un joueur millionnaire est obligé de prendre la même assurance qu’un smicard et, en cas de maladie, il est remboursé selon les mêmes critères que ce dernier mais sans toucher la même somme.

Dans d’autres pays comme l’Allemagne, ceux qui gagnent au dessus de 4 000 euros par mois peuvent choisir une assurance santé privée. Et c’est à eux de faire le tri parmi les offres possibles. L’ouverture à la concurrence d’un monopole et la liberté de choisir corrigeraient ces absurdités et pourraient améliorer la situation financière.

Les charges sociales françaises qui pèsent sur les salaires sont parmi les plus élevées du monde, de l’ordre de 80% du salaire net quand dans de nombreux autres pays développés elles sont de deux à trois fois inférieures.

Nous dépensons 10 points de plus en protection sociale que la moyenne des pays de l’OCDE, pour un bénéfice moindre (33,4% du PIB contre 22% pour l’OCDE) ! Et, malgré les cotisations de Neymar, les ressources de la Sécurité sociale ne proviennent des cotisations que pour 64%, le reste étant procuré par la fiscalité et notamment de la CSG pour 16,2%. Joueur millionnaire ou pas, laissons aux individus la liberté de prendre l’assurance santé qu’ils veulent.

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