Nucléaire et renouvelables seraient complémentaires ? La bonne blague !

Le terme « complémentaire » évoque la rationalité et le soutien mutuel fécond. Il est pourtant mal choisi dans ce cas.

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Nucléaire et renouvelables seraient complémentaires ? La bonne blague !

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 18 décembre 2017
- A +

Par Michel Gay. 

Le terme « complémentaire » évoque la rationalité et le soutien mutuel fécond. Il est pourtant mal choisi si les énergies renouvelables intermittentes (EnRI) sont chargées de détruire le nucléaire au moyen de règles arbitraires établies sur une ruineuse idéologie « verte ».

Bien que déjà décarbonée à 95%, l’électricité produite en France est parfois présentée comme encore insuffisamment « verte ». La complémentarité est donc une justification commode pour insérer des EnRI (donc hors hydroélectricité) dans un système jusque là robuste reposant principalement sur le nucléaire et qui a démontré depuis longtemps sa performance technique et économique.

Des pays dont le mix électrique repose majoritairement sur des énergies fossiles (charbon et gaz), comme l’Allemagne, peuvent trouver avantage à leur substituer partiellement des sources non carbonées « complémentaires » comme des éoliennes ou des panneaux photovoltaïques.

Ce n’est pas le cas de la France où il a fallu conditionner l’opinion publique à la réduction du nucléaire en faisant appel à des arguments irrationnels fondés sur l’émotion et la peur.

La cécité française sur les énergies renouvelables en Allemagne

Les Allemands ont présenté le développement massif du solaire et de l’éolien comme un substitut au nucléaire, mais pas au charbon ni au gaz… défendus par leurs syndicats !

Le nucléaire qui représentait 30% de la production d’électricité en Allemagne il y a 10 ans n’en assure plus aujourd’hui qu’environ 15% après l’arrêt imposé de 8 réacteurs en parfait état de marche. Tout devrait être arrêté dans l’allégresse générale, surtout celle des « gaziers », en 2021.

Actuellement, les centrales à combustibles fossiles assurent toujours plus de la moitié de leur production (53%), et leurs émissions polluantes (particules fines, CO2,…) restent à un niveau élevé et… stable depuis 2005. Il faut bien compenser la variabilité, voire l’absence de production des sources éoliennes et solaires.

Réduire encore le nucléaire ne devrait rien arranger. Le développement des énergies renouvelables devra forcément s’adosser à de nouvelles sources classiques (charbon allemand et gaz russe).

A côté d’une production d’EnRI capable de fournir plus que les besoins du pays certains jours, mais aussi de s’évanouir totalement les nuits sans vent, il a fallu maintenir un parc « bis » au charbon et au gaz pouvant honorer à lui seul toute la demande, mais qui ne peut pas être éteint durant les périodes sans vent ni soleil.

Il s’ensuit souvent un excès de l’offre électrique dont l’Allemagne « se débarrasse » à vil prix (voire à prix négatif) chez ses voisins. Les électrons « noirs » et les électrons « verts » se mêlant alors sans vergogne pour alimenter les pays limitrophes.

Ne pouvant pavoiser avec la diminution des émissions de gaz à effet de serre, l’Allemagne a mis en avant de mirifiques créations d’emplois qui se sont évaporés avec le temps qui passe…

En France, où aucune des leçons édifiantes d’outre Rhin n’a été retenue, les projets envisagent toujours de tripler le parc éolien et photovoltaïque existant. Cette « pénétration forcée » (par la loi…) dans le réseau national contrarie son fonctionnement mais enrichit quelques individus grâce aux généreuses subventions accordées par l’Etat.

Alors, pourquoi ne pas continuer cette martingale gagnante ? Le nouveau mot magique est « complémentarité ».

Ce terme médiatisé place étrangement le nucléaire (qui pèse pour 75% dans la production d’électricité) et les EnRI (6% de la production) sur un pied d’égalité au prétexte fallacieux qu’il ne faudrait pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

Nucléaire ou renouvelables : qui doit s’adapter à qui ?

Pour rendre possible cette « pseudo-complémentarité », seul le nucléaire est appelé à changer de mode de fonctionnement. Il peut effectivement compenser en partie les fluctuations chaotiques et vaguement prévisibles de la production des EnRI. Mais c’est à son détriment (perte de production et de rentabilité, et vieillissement accéléré).

Cette complémentarité idéologiquement proclamée ignore sciemment ce qui est techniquement possible et financièrement soutenable (vous avez dit développement durable ?…).

Jusqu’à présent, cette « complémentarité » à sens unique est un leurre. Les EnRI n’apportent aucune valeur ajoutée au système électrique. C’est même le contraire.

Toutes les études technico-économiques procèdent de considérations essentiellement politiques censées symboliser la modernité écologique de la France, sans tenir compte des coûts rédhibitoires de l’ensemble du système électrique.

Même les publications des instances dirigeantes en charge de la production (EDF), de la gestion du Réseau du transport d’électricité (RTE), et même le CEA adoptent un profil « politiquement correct » et rassurant. « Tout va très bien Madame la marquise… ». Ne pas mordre la main qui fait et défait les carrières ?

D’autres études moins « politisées » pointent pourtant le danger qui menace.

Objectif : détruire le nucléaire pour effondrer la société de consommation

Explicitement, ou en filigrane, la destruction du nucléaire reste l’objectif principal.

Sinon, dans une logique de complémentarité féconde, pourquoi vouloir fermer des centrales nucléaires ? Ne sont-elles pas déjà capables de répondre à la demande électrique avec les barrages et les centrales à gaz existantes ? Pour passer les pointes de consommation de l’hiver, ne faudrait-il pas en ajouter ?

Quelques centrales nucléaires ou à gaz supplémentaires reviendraient beaucoup moins cher que les EnRI et les systèmes associés (de stockage par batteries par exemple).

En parallèle, des milliards d’euros de subventions sont prélevés annuellement sur tous les consommateurs et les contribuables pour subventionner les EnRI.

Selon l’ingénieur général Pierre Audigier :

Evoquer la complémentarité pour justifier le développement des EnRI ne peut conduire qu’à de graves malentendus.

Qui a dit que le nucléaire et les énergies renouvelables intermittentes étaient complémentaires ? Des plaisantins sans doute pour faire une « bonne blague », puisque les EnRI ne répondent à aucun besoin de l’intérêt général en France.

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  • le renouvable pour certains une belle rentabilité financière. .maïs au final.quand ces objets seront périmés seront -ils moins polluants ?? j’attend les avis d’experts !!!!

  • Un très bon site pour en savoir plus sur le sujet : https://pro.electricitymap.org/

  • Avec les énergies renouvelables intermittentes (vent,soleil) nous assistons à l’arnaque du siècle (voire de plusieurs) par son ampleur que ce soit en terme de coût, de nombre de personnes lésées (c’est à dire tous les usagers) mais aussi de manipulation/ désinformation. Impressionnant, cette escroquerie infiltrée à tous les étages. Quoique, à l’étage supérieur, beaucoup ont compris mais trop tard pour rétropédaler face au troupeau qu’ils ont si bien convaincu. En avant pour l’immense partie de Poker menteur.

  • « … leurs émissions polluantes (particules fines, CO2, …) »
    Les oxydes de soufre et les microparticules de carbone-suie sont en effet des polluants, mais ce n’est PAS le cas du CO2. Il vaudrait mieux écrire : … « leurs émissions polluantes (particules fines, oxydes de soufre, …) et leurs émissions de CO2. La propagande veut nous faire croire que le CO2 est un polluant, alors qu’il est nécessaire à la photosynthèse, donc à toute la chaîne de la vie sur Terre. Le taux actuel (400 ppm, soit 0,04%) est faible au regard du taux moyen des 600 derniers millions d’années, qui fut de 2000 ppm, et son augmentation, à 95% d’origine naturelle, est un bienfait pour l’humanité.

  • Bien que recevant semble-t-il 30 x + de subventions que le nucléaire, les EnR apportent de l’énergie stable grâce aux smart grids, non ?
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Smart_grid

    • À la marge, c’est vrai. Un tout petit pourcentage d’économies d’émissions de CO2 pour un cout financier très important. Quant à avoir un effet quelconque sur le climat, impossible à prouver. Il faut être prudent en la matière. Tout le reste n’est que spéculation ou désinformation.

  • le plus drôle mais surtout triste c’est que une centrale gaz à cycle combiné (qu’on ne peut arrêter et redémarrer à tout bout de champ) émet moins de CO2 qu’un binôme éolien ou solaire/centrale gaz à démarrage rapide (pour gérer la chute rapide des renouvelables intermittents) et coûte deux fois moins cher en investissements.
    ON marche sur la tête

    • ce problème peut être résultat en créant un réseau d’interconnexion interhémisphérique de la sorte on marchera sur les pieds..

  • Nucléaire et ENRI complémentaires ? Comment fait- on sans vent et sans soleil comme actuellement ? https://www.electricitymap.org/?page=country&countryCode=DE&wind=false&solar=false

  • si on parle de photovoltaïque, un panneau est composé principalement de verre, aluminium et silicium, tous ces matériaux sont recyclables indéfiniment.
    le cout du MGw pour cette techno se negocie dans certains pays à 28 €, sans subvention.
    croire que les énergies fossiles ou nucléaires n’ont pas été subventionnées est naïf.
    je pense que dans ce genre de débat il faut etre lucide, les 2 EPR déjà largement financés par les français , le renflouement d’AREVA pour 4 Milliards € est garanti par les français suite à a faillite de l’EPR finlandais, l’engagement financier de 23 M€ pour les 2 EPR anglais , alors que les prototypes finlandais (mise en service prévue initialement en 2009) et français ne fonctionnent toujours pas, en dit long sur le lobby nucléaire.
    mais le lobby fait partie du jeu économique et il ne faut pas reprocher aux ecolos de faire également du lobby.
    un mix énergétique semble la solution actuelle jusqu’à ce que les ressources uranium s’épuisent (bon nous n’y sommes pas encore!)

    • Moins de 3 cts le kW ? Kof, kof ! A ce prix là, il faut plusieurs années pour amortir seulement le foncier où loger les panneaux. Et ça voudrait nous faire croire qu’il n’y a pas de subventions…

      Si les énergies fossiles et le nucléaires ont été subventionnées, c’est que ces énergies sont parfaitement efficientes, elles. Ces énergies ne sont pas le résultat de plans sur la comète tirés par des rêveurs incompétents ou par des rusés qui veulent nous faire prendre leurs arnaques pour des bons plans. Vu l’ampleur des taxes qui assaillent les énergies efficientes, il y a longtemps que les subventions, si elles ont jamais existé, ne sont plus qu’un souvenir.

      Les énergies prétendument renouvelables ne le sont pas. Elles s’épuiseront aussi rapidement que notre argent s’écoulera dans le sable des promesses farfelues des terroristes de l’écologie. Et quand on écoute Macron, on comprend que cela va très vite se produire en France. Pauvre France, déjà ruinée par ses cohortes d’étatistes incompétents, Macron-Nigan va l’achever à grands coups rageurs d’éoliennes dans la tête.

      • tout d’abord ce qui me gène dans votre réponse non circonstanciée et sans justifications scientifiques c’est votre mépris envers un avis divergent, manifestement vous n’êtes pas un ingénieur et c’est là votre faiblesse dans votre analyse de la situation énergétique actuelle. et il serait souhaitable que vous respectiez un minimum de parallélisme dans votre réponse.
        j’accepte une discussion contradictoire pour autant qu’elle respecte chaque point de vue, mais l’arrogance n’a jamais fait avancer la science.
        sans rancune et bonne soirée, fin de la partie, je ne répondrai plus.

        • Alors, quels pays, les 28 € ? Quels fournisseurs ?
          Je ne suis pas si jeune que ça, et j’ai toujours connu les taxes prohibitives sur les carburants, et dont seule une infime partie retournait à la R&D sur les hydrocarbures. J’ai toujours vu les AREVA et autres passer et suivre leurs sous-traitances avec autant de discernement et d’efficacité que la SNCF. Et je n’ai jamais vu personne acheter des panneaux solaires sans subvention ou large prédominance des convictions sur le calcul économique.
          C’est un peu trop facile de n’accepter la contradiction que si elle est avancée suivant vos règles, vu que vous n’aviez pas appliqué ces règles pour vos affirmations ex cathedra…

        • 8 lignes pour dire que vous ne répondrez plus…
          2 lignes aurait été suffisantes pour nous donner quelques références…

    • Et que quel prix au KWh T’T.C. paye le consommateur ? Vous seriez bien surpris, mais cela coute plus cher avec beaucoup d’ENRI comme en Allemagne et au Danemark ( 2 à 3 fois plus) qu’en France.

  • En France, pour ceux qui ont suivi, il n’est pas question de fermer toutes les centrales thermiques, seulement celles à charbon et à fioul.
    Ca tombe bien, la plus grande partie des centrales à charbon a déjà fermé. Il reste 4 centrales à charbon en France, et ça représente à peine 1/4 des 8% de l’électricité produite par des centrales thermiques. Les 3/4 de l’électricité produite par les centrales thermique provient du gaz. Celles-ci ont encore un bel avenir devant elles. Il est d’ailleurs très probable que celles-ci remplacent les centrales à charbon dont le gouvernement souhaite la fermeture d’ici 2022.

    • J’ajoute que la production électrique des centrales thermiques sur la dernière décennie a fortement décrue (fermetures de centrales) pendant que la production électrique d’origine renouvelable à fortement augmenté, sans que cela, pour l’instant, mette à mal la fourniture d’électricité aux Français. Donc les propos suivant lesquels plus ENR, c’est plus de centrales thermiques ont un peu de plomb dans l’aile…

  • patatras, toujours en retard d’une « guerre »:
    « Le 11 décembre 2017, lors d’une conférence de presse, Jean- Bernard Lévy, Président-Directeur Général d’EDF a annoncé le lancement du Plan Solaire du Groupe.
    Entre 2020 et 2035, le groupe EDF, à travers sa filiale EDF Energies Nouvelles, a pour ambition de développer et construire 30 GW de solaire photovoltaïque en France, en complément de ses autres activités de développement des énergies renouvelables en France et à l’international. Ce volume représente quatre fois les capacités actuelles de production d’énergie solaire en France »

    • « Entre 2020 et 2035… »
      En mars 2020, JB. Lévy aura 65 ans et fera valoir ses droits à quitter le navire. Une belle annonce politicienne programmée pour ne pas le compromettre…

      • vous, qui êtes si bien au fait de ce qui va se passer à l’avenir, pensez vous qu’il ira jusqu’à la limite d’âge de 68 ans?
        et le plan « cap 2030 » présenté aux cadres EDF en 2015 qui « Nous sommes déjà le premier ­producteur européen d’énergies renouvelables et nous voulons significativement accélérer dans ce domaine. Notre objectif est de doubler notre parc européen, et français, en 2030, c’est-à-dire passer de 28 gigawatts (GW) à plus de 50 GW.

        • suite, et donc ce plan cap 2030 serait une « fumisterie »?

          • Ce n’est pas une fumisterie, c’est une opération politique.
            EDF n’a jamais eu de véritable gestion économique mais une gestion politique devant remplir des objectifs en grande partie politiques (avec l’argent des français).
            Macron aurait fait une fixette sur le développement de production d’électricité à partir de la biomasse utilisant des déjections de porcheries, JB Lévy aurait annoncé un plan annonçant la construction de citernes géantes pour collecter la merde sous toutes ses formes afin de faire tourner des turbines géantes (produites par AREVA bien sûr).
            EDF présente des projets sans se soucier de leur rentabilité comme tout projet politique qui se respecte (en France du moins). L’intendance càd les finances des français, devant assumer les coûts…

        • Je ne suis pas au fait de ce qui va se passer à l’avenir, mais je suis bien au fait de la manière de penser de quelqu’un comme JB. Lévy, dont il se peut même que nous ayons eu quelques conversations ensemble quand nous étions étudiants…

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