Le retrait des États-Unis de l’UNESCO est un bon début

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Trump et son administration devraient également reconsidérer la participation des États-Unis aux autres branches de l’ONU.

Par Marian Tupy.
Un article de Reason

L’administration Trump a annoncé plus tôt ce mois-ci que les États-Unis quitteront l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) à la fin de 2018.

Les États-Unis s’étaient déjà retirés de l’UNESCO en 1984, à cause de la « corruption » et de ce qu’ils considéraient comme « un biais idéologique de l’organisation pour l’Union soviétique [et] contre l’Occident ». George W. Bush, dans sa sagesse, a renversé la décision de Ronald Reagan en 2002.

Le Département d’État s’est longtemps plaint du parti-pris anti-israélien de l’organisation et les États-Unis ont cessé de payer leur cotisation après l’admission de la Palestine en tant que membre indépendant en 2011.

Indépendamment des causes officielles de la décision, il est difficile de ne pas s’étonner de ce qui se passe aux Nations-Unies, et les États-Unis devraient penser à sortir d’autres organisations de l’ONU.

Les droits de l’homme aux mains des pays les plus sinistres

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, par exemple, inclut actuellement le Qatar, qui impose la peine de mort pour des crimes tels que l’apostasie et l’adultère et la flagellation pour consommation d’alcool. Le Venezuela, qui censure la presse et torture et tue ses prisonniers politiques, fait partie du conseil.

Il en va de même pour la Chine, qui ne permet pas l’exercice des libertés fondamentales de l’homme, y compris celles de religion, de parole et d’assemblée, et qui occupe le Tibet.

Le Rwanda, qui tue les opposants du régime au pouvoir au pays et à l’étranger, s’y trouve aussi, tout comme l’Arabie saoudite, un royaume moyenâgeux qui, parmi les innombrables autres transgressions contre les normes de comportement civilisées, décapite les homosexuels.

Et puis il y a l’Organisation mondiale de la santé, qui a nommé la semaine dernière le dictateur zimbabwéen de 93 ans, Robert Mugabe,« ambassadeur de bonne volonté ». Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général éthiopien de l’organisation, a précédemment félicité le Zimbabwe pour « son engagement en faveur de la santé publique » et a déclaré que le Zimbabwe était un pays qui « place la couverture sanitaire universelle et la promotion de la santé au centre de ses politiques visant à fournir des soins de santé à tous ».

Mugabe promu

Après un tollé public, Adhanon a annulé la nomination de Mugabe. Cela dit, réfléchissons un instant à l’action de l’OMS, car, dans la longue liste des dirigeants les plus destructeurs du monde, Mugabe fait certainement partie des cinq premiers.

Premièrement, songez à l’abîme béant qui sépare la rhétorique de la couverture médicale universelle et la réalité de la vie dans de nombreux pays. Les critiques du système de santé américain pointent souvent du doigt certains pays abandonnés par Dieu qui prétendent « fournir des soins de santé à tous ».

La gauche américaine a depuis des décennies salué Cuba comme un exemple de système de soins de santé gratuit et universel pour ses citoyens, ignorant les hôpitaux délabrés, les instruments médicaux primitifs, le manque de médicaments de base, le personnel flegmatique, le linge sale et le manque de nourriture. Michael Moore a même fait un film de propagande goebbelsienne à ce sujet.

L’héritage de Mugabe

Deuxièmement, songez à l’héritage réel du règne de Mugabe sur la santé des Zimbabwéens ordinaires. Il y a bien sûr beaucoup d’exemples parmi lesquels choisir, mais ce qui suit est pertinent car il concerne les créatures invertébrées bien nourries et bien rémunérées qui traînent dans les couloirs de l’ONU et qui occupent les nombreux bureaux de l’organisation dans le monde entier.

En 2005, le gouvernement Mugabe a nationalisé l’approvisionnement en eau du Zimbabwe, puis a rapidement manqué d’argent pour traiter l’eau et entretenir les infrastructures. Le gouvernement a fini par fermer complètement l’approvisionnement en eau et les gens en sont réduits à boire l’eau des étangs et des égouts. En 2008, le choléra a éclaté. Les Nations Unies sont intervenues pour aider le pays aux prises avec des difficultés de trésorerie, mais elles ont progressé à un rythme glaciaire.

Ne pas fâcher le Zimbabwe

Après tout, la position officielle du gouvernement était qu’il n’ y avait  » pas de choléra  » au Zimbabwe. Georges Tadonki, qui dirigeait le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU à Harare, a noté que les Nations Unies « ne voulaient pas fâcher le gouvernement hôte, qui essayait de convaincre le monde en général et l’Afrique en particulier que tout allait bien au Zimbabwe ».

Agostinho Zacarias, qui a dirigé la mission de l’ONU au Zimbabwe, a refusé de donner son feu vert aux mesures de lutte contre le choléra pendant quatre mois, ce qui était crucial car « le choléra est très contagieux, a une période d’incubation d’un à deux jours et peut tuer peu après ».

Au moment où les Nations Unies sont finalement intervenues, j’écrivais à l’époque : « Il y avait déjà plus de 4 000 morts, plus de 100 000 malades du choléra et des millions de personnes touchées directement ou indirectement non seulement au Zimbabwe, mais aussi en Afrique du Sud, en Zambie et au Mozambique. »

L’Organisation des Nations Unies est une organisation malade et l’administration Trump aurait tout à fait raison de reconsidérer la participation de l’Amérique à ses autres ramifications, bien au-delà de l’UNESCO malheureusement.

Traduction Benjamin Guyot pour Contrepoints.

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