Taxe sur les dividendes : les entreprises payeront !

Bruno Le Maire UMP Photos (Creative Commons)

Le problème est que cette taxe a été triplement condamnée : par la Cour de Justice de l’Union, par la Cour des Comptes, par le Conseil Constitutionnel. L’addition est salée : l’Etat français devra rembourser aux actionnaires 10 milliards.

Par Jacques Garello.

Bruno Le Maire a parle de « scandale d’Etat » à propos des manipulations budgétaires qui ont conduit le gouvernement Hollande à instaurer une taxe de 3% sur les dividendes versés par les sociétés. Mais il crée lui-même un nouveau scandale en demandant aux entreprises de prendre en charge les 10 milliards que l’Etat leur doit !

En effet, cette taxe de 3 % signée Hollande, Ayrault, Sapin, Eckert et Macron avait été votée avec enthousiasme en 2012 par la majorité de l’époque : il s’agissait de faire payer les riches pour réduire le déficit budgétaire apparent et rassurer les autorités européennes inquiètes de voir voter des budgets avec des déficits à plus de 5 % du PIB.

Une taxe triplement condamnée

Le problème est que cette taxe a été triplement condamnée : par la Cour de Justice de l’Union (mai 2017), par la Cour des Comptes (juillet 2017), par le Conseil Constitutionnel (octobre 2017). L’addition est salée : l’Etat français devra rembourser aux actionnaires 10 milliards.

Certes, il avait été prévu d’inscrire une provision de 5,2 milliards (un aveu bien masqué) mais Le Maire et Darmanin se trouvent aujourd’hui sans ressources pour payer ce qui est dû aux actionnaires.

Sans ressources ? Il faut compter avec la créativité politique : il n’y a qu’à demander aux grandes entreprises de contribuer au remboursement. Cette contribution, naturellement volontaire et spontanée, consistera donc à diminuer les dividendes versés aux actionnaires desdites sociétés pour rembourser aux actionnaires des dites sociétés l’argent qui leur a été injustement volé.

Double standard de moralité

Il est vrai que les socialistes ont inventé depuis fort longtemps la règle du « double standard de moralité » (Myrdal) : on n’applique pas les mêmes règles morales aux riches et aux pauvres.

Voler les riches n’est pas un vol puisqu’ils ont volé leur richesse. Ces ministres LR dans le gouvernement actuel ne se sont pas encore faits aux mœurs socialistes.

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